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Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 15:34

 

Eminian AntoineNotre critique littéraire revient ce mois-ci pour vous suggérer un livre

d'Antonio Tabucchi : "Pereira prétend".

Ce roman captivant fut porté au cinéma avec Marcello Mastroianni et Daniel Auteuil en 1996, si le DVD existe : ne le manquez pas.  

Péreira prétendOffrez moi un livre, je vous en serai reconnaissant pour la vie, c’est ce à quoi je pensais quand j’ai reçu par la poste ce bouquin offert par Le Cercle de la Pléiade pour me remercier de ma « participation enthousiaste » à leur enquête sur leur collection. Après lecture je ne peux que les en remercier encore plus chaleureusement.

Antonio TabucchiAntonio Tabucchi est né en Italie en 1943. Ecrivain, il rédige aussi des chroniques pour des journaux italien (Corriere della Sera), espagnol (El Pais), français (Le Monde). Grand connaisseur et traducteur de l’œuvre de Fernando Pessoa le romancier portugais, il s‘est tellement passionné pour ce pays que le Portugal est devenue sa seconde patrie.

 Avec ce roman, Pereira prétend paru en 1994, Antonio Tabucchi raconte la prise de conscience d’un homme confronté à la dictature. L’action se déroule à Lisbonne en 1938. Pereira est un vieux journaliste, après avoir longtemps tenu la rubrique des faits divers, on lui a confié la page culturelle d’un petit journal. Il rédige la page hebdomadaire seul, traductions de textes d’écrivains français et chroniques nécrologiques d’écrivains décédés. Veuf et atteint d’embonpoint il mène une petite vie tranquille toute entière dévouée à la littérature, peu au fait des évènements politiques qui commencent à agiter le monde. Le fascisme étend ses tentacules sur l’Europe, l’Allemagne, l’Italie de Mussolini, l’Espagne et sa guerre civile, le Portugal commence à subir la dictature de Salazar. Tout cela Pereira l’ignore, son monde solitaire se résume à son bureau dans un immeuble indépendant de celui du journal, son appartement où il parle à la photo de sa femme et le café où il a ses habitudes de restauration. « Mais dans quel monde vis-tu, toi qui travailles dans un journal ? » s’étonne un ami prêtre auquel en bon catholique il se confesse régulièrement.

Un jeune homme va bientôt entrer dans sa vie professionnelle, il l’engage comme stagiaire afin qu’il rédige les nécrologies. Bien que les copies rendues soient de mauvaise qualité, Pereira prend pitié du pauvre garçon toujours sans le sou et continue à le rétribuer. Petit à petit, le journaliste va faire connaissance avec la fiancée du stagiaire, on va lui demander de maigres services, puis d’aider à héberger un cousin étranger, activiste dans la résistance à l‘Espagne franquiste. Pereira accepte tout, par pure gentillesse et en toute innocence.

Tout doucement les tentacules de la « bête immonde » vont s’enrouler autour du journaliste, le téléphone de son bureau est surveillé, ses articles littéraires sont critiqués par son directeur qui ne les trouve pas assez patriotiques. Enfin un jour, trois sicaires en civil de la police politique font irruption chez Pereira et tuent le stagiaire que Pereira venait de recueillir à son retour d’une longue absence de Lisbonne. Ce meurtre va enfin ouvrir les yeux du journaliste, dans l’urgence il écrit un article dénonçant clairement le crime et grâce à une complicité réussir à le faire paraître dans son journal au nez et à la barbe de la censure.

Tout le talent d’Antonio Tabucchi est d’avoir écrit ce roman, non pas dans un style énergique proche du polar ou dans une débauche de considérations politiques, critiques à l’appui sur le rôle du journaliste face à la dictature etc. Au contraire, l’écrivain nous prend à contre-pied, le ton du roman est léger, de courtes phrases et de minces chapitres, la vie de Pereira est simple et sans heurts, aucun coup d’éclat. Lentement de petits faits viennent ternir ce tableau idyllique, une réflexion d’un garçon de café sur ce qui se passe en Espagne, une conversation avec une inconnue d’origine juive rencontrée dans le train, les propos de son médecin traitant qui envisage de s’expatrier, tous tissent le décor d’un monde bien réel et répugnant dont Pereira va prendre connaissance inconsciemment jusqu’à éveil et son geste de révolte final.    

Pour autant le livre s’achève dans l’expectative, quel sort va connaître Pereira ? Seul indice pessimiste donné par Tabucchi, tout le livre est ponctué de « Pereira prétend », comme si nous lecteurs, lisions la déposition écrite d’un homme arrêté par la police.

« C'est une lecture politique de mon roman qui est responsable de son succès. Pereira prétend est arrivé au bon moment. Sans que je l'aie prévu. Il est sorti en janvier 1994, trois mois avant les élections qui ont vu la victoire de Berlusconi et de sa droite douteuse, typiquement italienne. Beaucoup de gens se sont reconnus dans le personnage et l'époque. Ils ont découvert dans l'air qu'ils respirent aujourd'hui quelque chose qui ressemble aux années 40, celles des Salazar, Franco, Mussolini et Hitler. Surtout, ils ont perçu le livre comme l'histoire d'une mort et d'une renaissance civique dans un environnement nationaliste, xénophobe et raciste. Et Pereira est devenu le symbole, le porte-drapeau de tous les opposants, de tous les résistants à cette droite berlusconienne » déclarait Antonio Tabucchi dans Lire Juillet 1995.

Un livre magistral, simplicité d’écriture et profondeur de propos, le mariage parfait. A lire impérativement.

 « C’est à ce moment-là que Pereira se souvint d’une phrase que lui disait toujours son oncle, lequel était un lettré manqué, et il la prononça. Il dit : la philosophie donne l’impression de s’occuper seulement de la vérité, mais peut-être ne dit-elle que des fantaisies, et la littérature donne l’impression de s’occuper seulement de fantaisies, mais peut-être dit-elle la vérité. Monteiro Rossi sourit et dit que ça lui paraissait être une bonne définition pour les deux disciplines. » 

 

Antonio Tabucchi  Pereira prétend  Folio

 

Peiréra Mastroianni       Film    Cardoso Auteuil

 

Merci Antoine pour cet excellent article!

 

 

 

Par Les federateurs du reseau Bazar - Publié dans : Livres-nouvelles
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Vendredi 25 février 2011 5 25 /02 /Fév /2011 00:10

Jacques Bouloc continue son récit au pays des chercheurs d’or...

  Pour la plupart des garimpeiros, l’or n’a guère de valeur puisqu’ils en trouvent tous les jours, le dépensent tous les soirs, et en retrouvent toujours le lendemain. Le gros des dépenses : produits à consommer achetés très cher, bière, femmes. Seulement quelques uns repartent au pays, riche, un ou deux ans après avoir tant travaillé.

  JB 06

Les arbres géants en forêt primaire

 Nous sommes au centre du village à coté d’un carbet (maison sur pilotis) pas comme les autres. Les seules occupantes, des femmes brésiliennes, cohabitent en vendant leur charme : 3g d’or en faveur de celles dont la nature a éloigné un certain critère de beauté  mais 8 g d’or pour quelques unes possédant un corps de rêve. Certaines ont accumulé tant d’or en si peu de temps, qu’elles peuvent vivre une vie dorée.

  JB 07

 Chasse dans la jungle avec mes deux garimpeiros.

Au Brésil, l’exploitation aurifère est illégale et  strictement interdite et les peines sont dissuasives et extrêmement lourdes.

La population des orpailleurs clandestins est évaluée entre 5 et 7% de la population guyanaise  soit entre 10 000 et 14 000 clandestins, principalement et précisément installés dans la forêt inhabitée.

Le Brésil annonçait également la création d’un parc contigu à la Guyane. Cette zone pourra-t-elle protéger les sites des envahisseurs de la ruée vers l’or ?

 

                                                                                                          Jacques  BOULOC

 

Ce récit a été aussi présenté dans le Pays Briard

  

Jacques va retourner là-bas en septembre, il cherche un membre du réseau ou un ami de confiance présenté, pour 2 mois : septembre et octobre. Qualité requise obligatoire : avoir l’esprit aventurier.

« Recherche compagnon ou compagne pour vivre 2 mois en Amazonie. Le carbet est gratuit (construction amérindienne sur Pilotis). Prévoir un billet d’avion seulement. Je garantis la nourriture : chasse et pêche. L’or étant au plus haut, une grande partie des frais sera récupérée par la vente de celui-ci.  Attention vaccination indispensable et anti-paludisme »

 

Par Les federateurs du reseau Bazar - Publié dans : Voyages
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Mercredi 23 février 2011 3 23 /02 /Fév /2011 15:23

 

Les pages du Blog rezo-bazar ne donnent pas lieu à une diffusion de mail.

Exceptionnellement nous faisons paraître cette newsletter en article.

Merci aux membres du réseau qui ne sont pas inscrits de s'inscrire au moins à la newsletter.

 

Nous portons à votre connaissance régulièrement

- des articles qui figurent au milieu de votre écran  et

- des pages qui sont positionnées sur les côtés,

 exemple la cuisine, lus dans la presse,  etc..

 

Vous découvrirez ainsi dans les pages :

-  "lu dans la Presse " :

 2 articles concernant le BHV (Janvier et février 2011)

-  L'un concerne le département médical,

-  l'autre la fondation d'Art des GL dans des anciens locaux du BHV.

 

Et dans :

- "échos des membres" :

- la vie trépidante de Jacques Bouloc.

 

Bonne lecture et à bientôt,  pour la dernière partie de l'article de Jacques Bouloc

Par Les federateurs du reseau Bazar - Publié dans : Infos Générales
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Lundi 21 février 2011 1 21 /02 /Fév /2011 19:20

 

Suite de cette frissonnante aventure pour certains  ou extraordinaire et à faire ... pour les "routards" en bonne santé. Nous rappelons que Jacques cherche une personne de confiance pour retourner en Guyane, conditions en bas de l’article.

  «  L’étendue à exploiter est dénudée en totalité. L’extraction de la terre est réalisée à l’aide de tuyaux de 180mm, projetant une masse d’eau décapant le sol. Cette boue suit un cheminement pour être aspirée et déversée sur une trémie sur laquelle est fixé un tapis piégeant toute masse d’or, de la paillette à la pépite.

JB 01 

   Un garimpeiro lavant la terre à l’aide d’une puissante lance.

Cette boue sera acheminée sur un tapis piégeant l’or.

  La puissance du jet est telle que le garimpeiro est constamment en déséquilibre précaire à  maintenir le jet sur la surface à décaper. Son travail est de 12 heures, l’amplitude horaire étant nulle sous l’équateur, nuit et jour étant à peu près équitables. Le travail cesse dès la nuit et le site est gardé. Tous les 8 jours, la levée s’effectue et la récupération de l’or se fait avec minutie, en y prélevant en moyenne 1 kg d’or. 

  JB 02

Jacques à l'oeuvre. il faut creuser 2 tonnes de terre par jour pour récupérer 7 à 8 grammes d’or.

Tout se paye en or. Toutes les transactions se réalisent en poudre d’or, en paillettes, en pépites ou amalgame (or impur dont il faudra éliminer les résidus de roche et mercure par électrisation de la chaleur à l’aide d’un chalumeau.)  

Tout y est hors de prix. Le café : 1 gramme d’or les 250 g ; le riz : 0,4g le kg ; les 10 œufs : 1gramme

Le gibier : 1 g le kg = pécari, tatou, singe, hocco, agamis, toucan, caïman. Le tapir, quant à lui, n’est apprécié que par les Guyans Le gibier, protégé ou pas, il n’y a pas de règle pour survivre. Il est chassé surtout la nuit ou il est plus facile à localiser avec la lampe frontale

  Plus à l’écart, un carbet avec joaillier transforme l’or brut en bijouterie fine.  Tout y est fabriqué à la main : bagues, chaines, colliers, à des prix défiant toute concurrence.

  Plus loin, toujours plus loin, c’est le même scénario : des trous béants, des arbres abattus et une profondeur avoisinant les 3 m.

Les clandestins venant d’arriver sont reconnaissables aux plaies diverses : piqûres d’insectes, malaria et autre fièvre. Ils ont parcourus 200 voire 300 km à travers le Brésil et la Guyane dans des conditions extrêmes, dans une souffrance quotidienne. Ne les appelle-t-on pas « les chiens de la jungle »

  JB 08

 Mon carbet et un deuxième en construction.

Le village est constitué d’une vingtaine de carbets (maisons en bois sur pilotis). Il regroupe  les principaux chercheurs d’or dans quelques carbets et des vendeurs de produits alimentaires acheminés par pirogue, dans les autres carbets.

Tout le matériels lourd, moteur 400 kg est transporté en partie par pirogue, ensuite par porteurs à l’aide de perches jusqu’au site a travers l’encombrante végétation.

Les tribus du fleuve, Boni, Saramaka, Djouka sont les plus expérimentées pour mener à bien ce convoyage périlleux.

A suivre

 Jacques va retourner là-bas en septembre, il cherche un membre du réseau ou un ami de confiance présenté, pour 2 mois : septembre et octobre. Qualité requise obligatoire : avoir l’esprit aventurier.

« Recherche compagnon ou compagne pour vivre 2 mois en Amazonie. Le carbet est gratuit (construction amérindienne sur Pilotis). Prévoir un billet d’avion seulement. Je garantis la nourriture : chasse et pêche. L’or étant au plus haut, une grande partie des frais sera récupérée par la vente de celui-ci.  Attention vaccination indispensable et anti-paludisme »

 

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Vendredi 18 février 2011 5 18 /02 /Fév /2011 00:10

Au pays des chercheurs d’or, Jacques qui a fait une longue carrière comme acheteur au BHV,  a infiltré un groupe de garimpeiros.

Vous avez envie de vivre l’aventure, avec un grand A, Jacques Bouloc  cherche un compagnon ou une compagne pour retourner chercher de l’or en Guyane Française.

Les conditions et conseils seront répétés en bas de chaque article.

Vous allez découvrir la Guyane d’un aventurier. La Guyane française (84 000 km² et environ 230 000 habitants)  est assimilée  à « l’enfer vert » amazonien. La forêt y est dense, la flore et la faune sont surprenantes, vous entendrez sans cesse ces concerts d’animaux bruyants : perruches, crapauds ou singes hurleurs. Pourtant si le bagne de Cayenne vous vient à l’esprit...L’aventure de Jacques ici, n’est que liberté !

 

portrait JB"Jouxtant le Surinam à l’ouest et le Brésil au sud et à l’est, cette partie d’Amazonie en Guyane française connaît des règles environnementales strictes qui ne sauraient tolérer les orpailleurs clandestins utilisant du mercure dangereux et non biodégradable.

Pourtant des sites illégaux se sont multipliés ces dernières années à cause de la flambée des cours de l’or, rendant bien des secteurs sensibles pillés où l’or la végétation et la faune en paient parfois un lourd tribut.

JB 04

  Racine d’arbre à la recherche de l’humidité et ancrage au sol.

Jacques Bouloc, passionné d’aventures, sac à dos et fusil à l’épaule, à infiltré un noyau de garimpeiros avec la complicité d’un Brésilien, Antonio, accompagnés d’un porteur clandestin recruté sur son ancien chantier d’orpaillage.

« Nous voilà tous trois, sacs à dos, fusils, hamacs et eau pénétrant la pleine forêt, entourés d’insectes crissant, tambourinant et stridulant accompagnés de nombreux batraciens arboricoles très bruyants et d’un singe hurleur. Troublant concert !

 

JB 05

Le lendemain matin il ne restait que quatre heures de marche pour accéder au site recherché dont les pentes abruptes, encombrées de lianes accrocheuses et coupantes ou épines acérées sur certains troncs de palmier nous rendaient la progression délicate mais facilitée par le sabre d’abattis indissociable.

Au fur et à mesure de notre approche, nous parvenait le bruit des groupes, des pompes suceuses. Puis, subitement, le choc visuel : une citée fantôme constituée de carbets nous apparue comme tombée d’un décor de théâtre, au fond de la vallée. Une population sortie de nulle part surgissait alors, petit à petit, et trois clandestins s’en détachent et  nous accueillent    Antonio, le porteur et moi. Mon ami aura comme principale activité, de régler ses ‘’affaires’’, mais ne voulant pas m’impliquer dans ce domaine je vais visiter le site »

 Nid de guêpes tueuses. Ce jour là,  la chasse ne fut pas fructueuse.

JB 03

   La légion étrangère a incendié le village clandestin qui sera reconstruit  20 km plus loin

A suivre

Jacques va retourner là-bas en septembre, il cherche un membre du réseau ou un ami de confiance présenté, pour 2 mois : septembre et octobre. Qualité requise obligatoire : avoir l’esprit aventurier.

« Recherche compagnon ou compagne pour vivre 2 mois en Amazonie. Le carbet est gratuit (construction amérindienne sur Pilotis). Prévoir un billet d’avion seulement. Je garantis la nourriture : chasse et pêche. L’or étant au plus haut, une grande partie des frais sera récupérée par la vente de celui-ci.  Attention vaccination indispensable et anti-paludisme »

 

 

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