Nous reprenons pour changer un peu : un article écrit par Antoine qui reflête bien l'ambiance
qui régnait au 7 éme étage dans les années 70, Ces lignes décrivent à la perfection, le ressenti d'un jeune qui arrive au BHV . Chaque époque a ses codes et les choses ont bien évolué. Où
sont passés les cravattes , chemise blanche et costume noir ou gris à rayures des dirigeants. Une note d'humour agrémente le tout! C'est extra! Merci Antoine
Mes débuts au BHV
Je vais essayer à travers quelques articles, de faire revivre mes années BHV
et raviver nos souvenirs communs, chacun y retrouvera certainement un pan de son passé et peut-être pourrez-vous compléter mes souvenirs par les vôtres, soit en laissant des commentaires en bas
des notes, soit mieux encore, en rédigeant un petit billet que Christine intégrera dans le blog.
Les souvenirs des uns et des autres, maillés par ce blog, sont l’étoffe
de l’histoire de notre entreprise.
Un dernier mot, je cite des noms que parfois j’estropie peut-être,
pardonnez-moi, et enfin, pour que mes souvenirs soient plaisants à lire, je décris ces personnes afin de les faire revivre devant vos yeux ; je l’ai fait avec tendresse et sans méchanceté
aucune, tout est vrai et parfaitement honnête de ma part. Prenez-le ainsi, c’est mon seul souhait.
Mon arrivée au BHV
Je suis entré au BHV à l’automne 1971 après avoir obtenu mon BAC commercial en juin. En ce
temps-là, le chômage n’existait pas ou à peine, on a du mal à y croire de nos jours.
J’ai débuté à la Centrale d’achats du SAS (Service d’Approvisionnement
des Satellites) qui gérait l’approvisionnement des magasins de la chaîne périphérique. J’étais au secteur Tissus d’ameublement/Rideaux, dans un grand bureau qui abritait aussi deux autres
secteurs, au septième étage du magasin. Ma première chef, Mlle T, dont sans méchanceté aucune je dirais que c’était une gentille excentrique qui portait des petites culottes en papier ! Je
ne sais pas si ça va vous rassurer, mais je le sais, non de visu mais par ouïe dire, car elle s’en vantait au bureau. Il faut dire que les femmes y étaient majoritaires et quand les deux autres
Acheteurs (M.Bindault et R Judeck) étaient en déplacement, j’étais le seul homme au milieu de neuf ou dix femmes. J’ai beaucoup appris au cours de ces premières années
professionnelles !
Tout se traitait à la main
A cette époque, les ordinateurs n’existaient pas et je me souviens que
nos bureaux étaient noyés sous des piles de papiers, catalogues fournisseurs, factures, bons de commandes etc.
L’Economat n’était pas géré au niveau de chaque service, mais tous les
bureaux du septième étage étaient sous la coupe administrative de Mr Pascaut – qui ne rigolait pas beaucoup - et de sa secrétaire Ginette – qui elle, savait détendre
l’ambiance.
Rappelez-vous qu’en ce temps, on était « secrétaire »
et non « assistante », équipée d’une machine à écrire avec le papier carbone qui dégueulassait les doigts, le doux cliquetis de la machine et les ponctuations musicales du retour de
chariot. Ah ! Quelle époque.
L’Economat, donc, quand on avait besoin d’un stylo ou autre il fallait aller
le demander à Ginette, et si on désirait un crayon à papier, on devait rapporter le bout usé pour justifier sa demande.
Les couloirs du 7éme étage
- Dans le même couloir, d’un côté nos bureaux du SAS, de l’autre les
bureaux des Chefs de Groupe, qui coiffaient plusieurs Acheteurs. Quand on devait leur faire passer un document à signer, on entrait dans leur bureau sur la pointe des pieds et c’est
leur secrétaire qui servait d’intermédiaire car ces messieurs restaient cloîtrés dans leurs bureaux aux cloisons de verre, aquariums pour poissons rares et précieux si on considère l’attitude
empreinte de solennité et de respect adoptée par chacun de ceux autorisés à pénétrer ce sanctuaire.
De cette première partie de ma carrière professionnelle, mon principal souvenir, c’est ce
poids de la hiérarchie encore empesée des rites anciens.
- « Mon » couloir c’était de la gnognotte avec ces
jeunes employées et secrétaires, puis le couloir du pool de dactylos qui tapaient à la machine les bons de commandes pour les fournisseurs.
- Enfin, il y avait le fameux couloir de la Direction ! Si vous
n’en étiez pas, mais qu’une mission vous y avait expédié, il fallait la remplir rondement, en marchant sur la pointe des pieds pour ne pas troubler le silence pesant qui y régnait. Parfois une
porte s’ouvrait, un costume cravate triste comme un soir d’hiver sortait pour rentrer tout aussi rapidement que discrètement dans un bureau voisin, carnaval des masques sérieux où le rire n’avait
jamais du pénétrer.
En bref
:
Premiers enseignements, la distribution des rôles induit des
attitudes !
Dans le service où je travaillais,
les employées, toutes jeunes, étaient sympathiques et
riantes, leurs chefs Acheteurs pouvaient l’être aussi quand le bureau était en mode: détente.
Plus on montait dans la hiérarchie, moins ça rigolait, et les
secrétaires suivaient ces modèles, contaminées par le sérieux de leurs patrons.
Mais le pire, c’était le couloir, enclave, de la Direction. Antichambre
des Pompes Funèbres, on n’y rigolait jamais, du moins pas avec le premier venu.
J’imagine néanmoins que le soir tard, cette façade laissait place
au sourire entre eux.
Mais moi, petit employé tout juste arrivé et impressionné, je n’ai pas
eu la possibilité de le constater.
Merci Antoine et à bientôt pour de nouveaux
récits.
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