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Le blog du Réseau Bazar BHV

Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°30 La France de 1918

13 Décembre 2019 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #BHV d'hier

Nous voilà à la veille de 1919, et lorsque nous voyons, les années difficiles vécues par nos doyens, il y a un siècle, je crois que nous avons bien de la chance!

Je voudrais préciser, que le but n'est pas de vous écrire un récit historique du conflit de la guerre 14-18. mais de reprendre avant tout, en France:  les avancées sociales, le côté humain,  les grands magasins, le BHV et son quartier.

CD

L’hiver 2017-2018 est identique aux mois précédents, on se bat dans cette maudite guerre…

A Paris, les grands magasins ont sorti des catalogues de jouets très marqués. On y trouve des panoplies de soldats et des armes.

Affiche Hiver 1917-1918 : Regardez ce père-Noël moitié soldat avec ses 2 poupées représentant l'Alsace et la Lorraine et dans ces poches, des soldats, avions et ambulance militaires et...des armes!  Étonnant !...il faut oser ce côté patriotique alors que nous sommes encore en guerre.

 

 

 

En mars 1918, les troupes allemandes avancent en Flandre et en Champagne, elles arrivent à 65 km de paris. Fin  mars, les allemands qui ont testé leur nouveau canon : la Grosse Bertha, sur la Picardie, envoie à plus de 100km  des bombes sur Paris …

Les premiers obus sont tirés sur la Capitale, le 23 mars 1918 depuis la forêt de Crépy dans l’Aisne . Ces tirs atteindront une partie de la rue de Rivoli.

 

Le bombardement du 29 mars atteindra l’église Saint Gervais-Saint Protais, à côté du BHV. Les canons s’étaient tus depuis 2 jours et à l’heure où tous les chrétiens respectent la commémoration de la mort du Christ, moment des vêpres du vendredi Saint, un canon envoie sur une église une bombe faisant de nombreux morts (75) et blessés.

St Gervais, St Protais vu du BHV
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St Gervais, St Protais de nos jours

Erreur de positionnement, des bombes avaient déjà atteint la rue François Miron, était-ce l’Hôtel de Ville qui était visé ? Le grand Bazar de l’Hôtel de Ville fut épargné !

 

 

après la bombe .après la bombe .

après la bombe .

Au mois de mai des grèves dans les usines d’armement, de manifestations pour la Paix sont organisées, à Paris, Saint Etienne, Bourges, Lyon.

A  la mi-juillet, la seconde bataille de la Marne oblige les Allemands à se replier.

A la mi-septembre, aidée par les alliés,  une partie du Pas-de Calais de la Somme et de l’Aisne est libérée, puis ce sera le Nord.

Le 11 novembre à 11 h après avoir repousser les allemands, les combats ont cessé. L’armistice est signé, comme vous le savez tous dans un wagon en forêt de Compiègne  dans la clairière de Rethondes.

Les cloches sonnent à toutes volées dans toute la France, elles étaient interdites de sonner depuis longtemps. Des larmes de joies coulent sur les visages, c’est l’euphorie dans toutes les villes et villages ! 

Mais contrairement à ce que pensent certains, ce n’est pas la fin de la guerre ! C’est la fin des hostilités pendant 36 jours, en attendant la signature du Traité de paix.

La démobilisation durera encore 18 mois. Les plus jeunes resteront mobilisés.

Des troupes partiront en Alsace et en Lorraine qui étaient annexées depuis 1871 à l’Allemagne. Là, les hommes et les femmes ont revêtu leur costume folklorique pour les accueillir, ils sont partagés entre des sentiments d’espoir et d’inquiétude. Les anciens combattants de 1870 acclament les forces françaises. 130 000 soldats allemands seront évacués en Allemagne. Une nouvelle carte d’identité sera établie (une classification sera établie entre les origines française ou allemandes et ceux qui parlent le Français ou non.

Des troupes d’occupation 120 000 soldats français pénètrent en Allemagne, début décembre, puis 10 000 soldats des troupes coloniales arrivent en Rhénanie.

475 000 prisonniers français regagneront la France par des convois de l’armée et de la Croix Rouge.

En France, chaque ville construira son monument aux morts

Les allemands ont tout détruit sur leur passage avant la signature de l’Armistice, laissant des territoires dévastés, des villages en ruine et des arbres fruitiers coupés. Les 300 000 prisonniers allemands serviront de main d’œuvre pas chère pour reconstruire notre pays.

Se nourrir :

Depuis le début de la guerre certaines denrées sont rationnées (pain, sucre) mais fin février, les parisiens iront en mairie chercher des cartes d’alimentation. en novembre, les Français peuvent lire :

« L'armistice qui vient d'être conclu ne saurait être considéré comme susceptible de mettre un terme au régime de la répartition équitable des denrées essentielles, à la base duquel se trouve la Carte Individuelle d'Alimentation : la nécessité de ravitailler les populations retrouvées, exige un soin vigilant et une méthode précise. 

La paix elle-même ne mettra pas fin immédiatement aux mesures de sage économie que la France victorieuse a le devoir d'appliquer pour faire face à ses charges nouvelles. Quelque temps encore, les terres fertiles du Nord demeureront en jachère; longtemps le fret sera indispensable pour le transport des matières premières nécessaires à la reconstitution des régions dévastées; le blé n'affluera pas immédiatement sur le marché.

Il est donc prudent de ne pas laisser naître des espoirs irréalisables et de préparer les esprits aux nécessités de l'après-guerre.

Lorsque le calme sera complètement revenu, lorsque la vie normale aura repris sa marche, chacun pourra ainsi jeter un regard en arrière, mesurer la part qu'il aura prise dans l'effort commun, s'en réjouir sans réserve et s'en enorgueillir à bon droit. »

L’état décide d’une répartition de la population en 6 catégories, pour la mise en place de tickets de rationnements.

E: Enfants de moins de 3 ans révolus.

J : Enfants âgés de 3 ans, jusqu'à 13 ans révolus.

A : Enfants de plus de 13 ans et les adultes de  moins de 70 ans,  ne se livrant pas à des travaux de force.

T : De 13 ans à moins de 70 ans se livrant à un travail pénible, nécessitant une grande dépense de force musculaire.

C : Les enfants âgés de 11 ans au moins et les adultes et vieillards se livrant personnellement et professionnellement aux travaux agricoles  et fermiers.

V : Les plus de 70 ans, dont les occupations ne peuvent autoriser la catégorie C.

La France gagne la guerre, la grippe espagnole sévit, mais combien d'hommes a-t'on perdus ?

10 millions d’hommes furent tués dont 1,4 million de Français et comme si cela ne suffisait la vague d’épidémie de  grippe espagnole sévit à partir de la fin juillet ; elle gagne en virulence et de 300 décès en septembre, elle atteint son paroxysme au mois d'octobre où le nombre des victimes est proche de 7000 victimes en France. Médecins et hôpitaux surpris sont complètement submergés.

 A Paris, on fait le choix d'hospitaliser tous les grippés. Il faut créer des salles spéciales pour eux et augmenter le nombre de lits. Mais le manque de personnel est grave car les infirmiers et médecins sont encore mobilisés. Des médecins militaires aideront. 

Le personnel soignant est atteint à son tour ! Il y a pénurie de médicaments, de linge, de matériel... Les pharmaciens sont en rupture de quinine, d'aspirine. On manque d’ambulances… Et bien sûr, il est difficile d’organiser autant d'enterrements, en si peu de temps !

E n novembre, la baisse s’amorce à Paris mais il faudra attendre juin 1919, pour en voir le bout ! La seule constatation  est que cette grippe n'atteint que peu les jeunes enfants et les vieillards, mais d’une façon très importante les adultes dans la force de l’âge.

On ne pouvait pas fermer les usines ou les administrations. Certaines écoles, et salles de spectacles, reconnues comme foyers de contamination durent fermer leurs portes provisoirement. Des soldats ou des prisonniers libérés en novembre 1918, moururent de cette grippe quelques jours après avoir regagné leurs foyers.

Cette pandémie de 1918, fut un grand défi au corps médical qui croyait en avoir fini avec les grands fléaux des siècles précédents. (La grippe espagnole a tué 50 millions de personnes dans le monde.)

Sur le plan Economie :

Faute de liquidité, la poste est mise à contribution et crée les Chèques Postaux.

Le 30 novembre 1918 le roi Georges V se rend à Paris pour quelques jours.

Cette photo a été prise lors de sa visite à l'Hôtel de Ville.

 

En route pour 1919.... à bientôt, avec cette belle affiche !

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costenberg 18/12/2019 16:26

mille bravos, tu nous régales encore et encore !!! passez de bonnes fêtes et beaucoup de bonheur à vous deux pour cette nouvelle année bises

Les federateurs du reseau Bazar 19/12/2019 19:23

merci Sylvie et beaucoup de joies en cette fin d'année. On s'appelle au début 2020 . Plein d'amicales bises à vous deux.

franssens jean pierre 17/12/2019 12:33

Bravo Christine pour cet historique . Belle recherche, bien ciblée et bien relatée. Merci pour avoir placé "notre BHV" au centre de l'Histoire parisienne, car il'le vaut bien. Silencieux, mais fidèle et dans un premier temps, bonne préparation de NoëL. Amitiés et bises a vous deux et "Atous" (à la mode…) Jean Pierre

Christine D 17/12/2019 14:52

Merci jean-Pierre pour ce gentil encouragement . Bonnes fêtes de fin d'année. amicales bises à vous deux;