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Jean de La Fontaine (1621-1695) poète fabuliste et moraliste est l'un des plus grands auteurs de Fables connu dans la littérature Française.
J’ai travaillé avec Jean de Nerville dans les années 77 à 80. Il n’y avait pas mieux au BHV
pour éditer une note de service claire et précise. Mais cela ne lui suffisait pas, il vérifiait son application, car disait-il, (Je cite de mémoire) : sur 10 personnes qui vont recevoir la
note
- 1 dira ne jamais l’avoir reçue.
- 1 la jettera à la corbeille à papier.
- 1 la posera dans un coin et ne la lira pas.
- 1 la classera dans le classeur à notes, sans la lire.
- 1 la lira, mais ne la comprendra pas…
- 1 la lira et croira la comprendre
- 1 l’interprétera !
- 3 la liront, et peut-être l’appliqueront !....
Jean avait raison !
Mais aujourd’hui, il écrit toujours…à la manière de l'autre Jean...
Jean de Nerville écrit des fables pour ses petits enfants.
En voici une…très jolie :
À mon petit fils Pierre
La
couleuvre
La gente serpentine est d’humeur vagabonde
L’envie souvent lui vient de parcourir le monde
Ma sœur la couleuvre un jour se réveilla
Et de son vivarium voulu franchir le pas
« Assez ! dit l’animal, cet espace est réduit
Mon esprit est ailleurs, rien ici me séduit
Et je veux visiter les pays d’alentours
Qu’à travers le verre, j’aperçois les contours.
Je veux partir d’ici et manger à mon goût.
Des souris, non-merci, c’est un piètre ragoût
Qu’on me sert chaque jour et je n’en suis pas fol
Ha ne plus jamais voir souris dans ma casserole !
A moi les musaraignes, je veux leur chercher noise
Et si par aventure je croise une gerboise
J’en ferais un festin, à ce point que je l’aime
Et j’en aurais fini de ce temps de carême.»
L’animal rampant après ce beau discours
Quitta son vivarium pour une chasse sans retour
Il partit droit devant sans faire de crochets.
Pourquoi en ferait-il, puisqu’en bouche en n’avait ?
Pour son premier gibier, ce fut un campagnol.
« Pour moi c’est trop rustique, le vilain en raffole
Je veux manger plus fin, savourer le meilleur
Courons en d’autres lieux, mes délices sont ailleurs. »
Un mulot passait là ; il ne le toucha point.
« Un mulot ! Quel horreur ! Allons chasser plus loin. »
Ainsi passa le temps sans manger un morceau
Pas le moindre rongeur, pas même un souriceau
Enfin la pauvre bête, ventre creux s’en revint
Penaude et fatiguée d’avoir chassé en vain.
Dans sa cage en silence se glisse et se replie
Ventre creux, affamée et quelque peu marri
Alors l’invertébré intérieurement se dit :
« Pourquoi chercher ailleurs, ici tout me sourit ! »
Bravo et
Merci Jean pour cette excellente fable.
qui mérite d'être lue aux grands et aux petits!...
Bravo, Jean, pour cette délicieuse fable. Ton petit-fils Pierre a de la chance d'avoir un Bon papa poète !
Avoir un grand père poète c'est merveilleux et si réconfortant les jours sombres...
Merci Jean et peut-être à dimanche prochain au marché de Noël à Saint Molf
j'avais mis un petit mot à votre intention le jour de la parution de votre fable sur le blog mais j'ai du faire une fausse manœuvre car il n'est pas sorti alors je récidive. Je vous félicite donc pour cette jolie fable et j'espère qu'il y en aura d'autres. J'apprécie d'autant plus que, comme vous le savez, je taquine aussi la muse et c'est avec plaisir que je vous lis. A bientôt donc avec de nouvelles aventures fabuleuses.
M Lahoste