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Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /2009 00:22

Jean de La Fontaine (1621-1695) poète fabuliste et moraliste est l'un des plus grands auteurs de Fables connu dans la littérature Française.

J’ai travaillé avec Jean de Nerville dans les années 77 à 80. Il n’y avait pas mieux au BHV pour éditer une note de service claire et précise. Mais cela ne lui suffisait pas, il vérifiait son application, car disait-il, (Je cite de mémoire) : sur 10 personnes qui vont recevoir la note

- 1 dira ne jamais l’avoir reçue.

- 1 la jettera à la corbeille à papier.

- 1 la posera dans un coin et ne la lira pas.

- 1 la classera dans le classeur à notes, sans la lire.

- 1 la lira, mais ne la comprendra pas…

- 1 la lira et croira la comprendre

- 1 l’interprétera !

- 3 la liront, et peut-être l’appliqueront !....

Jean avait raison !

 Mais aujourd’hui, il écrit toujours…à la manière de l'autre Jean...
Jean de Nerville écrit des fables pour ses petits enfants.
En voici une…très jolie :

À mon petit fils Pierre      

La couleuvre           

      
 



La gente serpentine est d’humeur vagabonde

L’envie souvent lui vient de parcourir le monde

Ma sœur la couleuvre un jour se réveilla

Et de son vivarium voulu franchir le pas

 

« Assez ! dit l’animal, cet espace est réduit

Mon esprit est ailleurs, rien ici me séduit

Et je veux visiter les pays d’alentours

Qu’à travers le verre, j’aperçois les contours. 

Je veux partir d’ici et manger à mon goût.

Des souris, non-merci, c’est un piètre ragoût

Qu’on me sert chaque jour et je n’en suis pas fol

Ha ne plus jamais voir souris dans ma casserole !

 

A moi les musaraignes, je veux leur chercher noise

Et si par aventure je croise une gerboise

J’en ferais un festin, à ce point que je l’aime

Et j’en aurais fini de ce temps de carême.»

 

L’animal rampant après ce beau discours

Quitta son vivarium pour une chasse sans retour

Il partit droit devant sans faire de crochets.

Pourquoi en ferait-il, puisqu’en bouche en n’avait ?

 Pour son premier gibier, ce fut un campagnol.

« Pour moi c’est trop rustique, le vilain en raffole

Je veux manger plus fin, savourer le meilleur

Courons en d’autres lieux, mes délices sont ailleurs. »

 

Un mulot passait là ; il ne le toucha point.

« Un mulot ! Quel horreur ! Allons chasser plus loin. »

Ainsi passa le temps sans manger un morceau

Pas le moindre rongeur, pas même un souriceau

 

Enfin la pauvre bête, ventre creux s’en revint

Penaude et fatiguée d’avoir chassé en vain.

Dans sa cage en silence se glisse et se replie

Ventre creux, affamée et quelque peu marri

 

Alors l’invertébré intérieurement se dit :

« Pourquoi chercher ailleurs, ici tout me sourit ! »

 

Février 2002    
Dans l’avion en revenant de Jordanie         
      
Bon Papa

Bravo et Merci Jean pour cette excellente fable.
qui mérite d'être lue aux grands et aux petits!...

Par Les federateurs du reseau Bazar - Publié dans : Echos des membres
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