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Le blog du Réseau Bazar BHV

Les Mémoires de l’US BHV par Jean-Pierre Franssens 5/6

3 Juin 2013 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #BHV d'hier

Franssens JP BlogRendez-vous avec Jean-Pierre, comme prévu, pour la suite de cette série sur l'union sportive...

L’INTER MAGASIN SPORT 

US BHV 004

L’I.M.S était un groupement des sociétés sportives des grands magasins de nouveautés de Paris.  Sa fondation remonte à l’année 1894. Sa direction était assurée par un président qui était secondé par trois vice-présidents, un trésorier, un archiviste et des censeurs. Les différents sports étaient représentés par des présidents de commissions.

En juillet 1933, suite au décès d’un Monsieur dénommé Fras qui était président IMS et aussi dirigeant de l’Union Sportive du Louvre (magasin) et d’un vice –président, les statuts de l’organisation furent modifiés. Quatre vice-présidents au lieu de trois. L’un chargé du cyclisme, le second de l’Athlétisme, du cross et du tir, le troisième de l’escrime et du tennis et le quatrième du football et de la natation.

Le financement : Celui ci était assuré par le versement des cotisations de la part des grands magasins de nouveautés.

Lors de difficultés financières les cadres dirigeants se permettaient de faire effectuer, par qui de droit, quelques placements  pour le bien général.

 Le 2 février 1936 il est dit que : « Le trésorier fait savoir qu’il a placé 10.000 francs en bons de la défense à 2 ans 4% à la date du 28 janvier »….de façon plus intéressée fut décidé d’autorises le port de maillots publicitaires par les cyclistes, contre finances, bien que cela se soit fait après d’âpres discussions et réunion de comité de l’I.M.S du 4 janvier 1934 : « A la suite d’une controverse de Monsieur Lemoine ( tout à la fois le dirigeant de l’époque de l’I.M.S et de l’US BHV), le comité décide d’autoriser la publicité sur les maillots cyclistes. » .

On assistait à la naissance de ce que nous nommons de nos jours, pour reprendre un anglicisme répandu, le « sponsoring ».                                                                                            

En 1925, de nombreux magasins parisiens de nouveautés participaient à l’I.M.S. Le BHV, le Louvre, le Printemps, la Samaritaine, le Bon Marché, les Galeries Lafayette. Il y avait aussi la présence d’équipes sportives de, la Belle Jardinière, Esder’s, Halte-là, les Magasins Réunis, le Palais de la Nouveauté et Pygmalion.

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 En 1938, cette liste était considérablement étoffée et des équipes de Sociétés industrielles participaient alors aux compétitions. (Il serait ardu de vouloir les citer toutes en ce récit). Entre autres, Dunlop-sport, Roger et Gallet, Palmolive, Pyrex, Gibbs, Révillon…..etc……..                                                                       

 Pour encourager l’esprit de compétition, l’I.M.S, avait institué un calendrier de challenges dans tous les sports qui faisaient se rencontrer les différentes équipes sportives des grands magasins.             

Lors de ces rencontres, les sportifs défendaient l’honneur de leur employeur… A l’US BHV, chaque futur licencié avait « l’obligation morale de faire tous ses efforts pour aider à son développement » et devait «  coopérer de tous ses moyens et proposer au comité toutes les mesures qui lui paraîtraient propres à accroître la prospérité du club. »                                                                                                             Les sportifs ne recevaient pas d’argent en cas de victoire, mais ce qu’on nommait à l’époque des « breloques », à savoir des médailles, des coupes ou des maillots. Seul le sport devait compter, il était hors de question que l’argent fasse parler de lui.


Le SPORT

Par le sport l’Homme (grand H) entretenait sa forme, par l’éducation physique se faisait en quelque sorte une partie de l’éducation générale des personnes. Contrôler la pratique sportive de ses employés, c’était pouvoir influer sur une partie de leur vie privée.

On renforçait par ce biais la cohésion de son personnel. Chaque personne trouvait de la sorte sa place au sein d’un groupe et avait l’impression d’avoir une réelle utilité, d’être plus qu’un simple agent ou un simple travailleur de grand magasin.

 Pouvoir se mesurer à armes égales avec l’un de ses supérieurs donnait à une personne une autre vision de son mode quotidien, de son univers de travail. Tout à la fois on transformait un être en une partie disciplinée d’un seul corps au travers du principe de l’équipe et tout à la fois on faisait de lui une personne bien distincte, avec des qualités propres qu’on lui permettait de cultiver au travers du sport pratiqué, mais toujours dans l’optique de l’intérêt du groupe.                                                                                                                                                                      

Assurer le bien être physique revêtait donc une grande importance pour les diverses directions de grandes enseignes parisiennes. Et quand le physique ne suivait plus, que la maladie frappe, là aussi on intervenait. Choyer et soigner son personnel était un devoir moral et une obligation structurelle : un travailleur en forme est un travailleur qui va assurer une bonne rentabilité à son employeur(….)    Il valait mieux payer pour assurer la santé de ses employés que rechigner à le faire et perdre de l’argent de manière indirecte.                                                                                                                                   

 Dans le droit fil de cette volonté de faire le bien furent aussi pris d’autres types de décisions qui avaient pour but d’assurer l’éducation de jeunes personnes, de distraire son personnel, de venir en aide à des associations caritatives et de secourir les nécessiteux. Ces dernières mesures ne concernaient pas exclusivement les employés des magasins, mais assuraient une publicité certaine à ces derniers.

Se faire de la publicité tout en se donnant bonne conscience fit partie d’une politique mûrement pensée de la part des différentes directions,  politique qui faillit en 1936.

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M.F. LELONGT 04/06/2013 15:33

Cet "esprit" sportif ressemble beaucoup à la théorie et la pratique du sport de Georges HEBERT, inventeur ou initiateur de la gymnastique naturelle (bien avant la gymnastique suédoise). On fait du
sport pour SE dépasser, pas pour dépasser les autres ; le sport, c'est une compétition avec soi-même....le contraire de ce qui se passe actuellement !

BENADINER 04/06/2013 13:06

Très bon article sur le sport en général qui aujourd'hui devrait être reproduit
Hélas nous vivons un autre monde ou l'argent prend une importance démesuré restons dur des bases plus saines

Amitiés Philippe Benadiner