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Le blog du Réseau Bazar BHV

Mémoires du BHV : Le magasin de mon entrée en 1954 par Alain Dégranges 1/5

25 Janvier 2013 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #BHV d'hier

Passons  aux récits d'Alain Dégranges qui de son entrée au BHV à la promotion des ventes a bien des choses à nous raconter, je vous laisse découvrir cette mémoire vivante du BHV ! C'est extra et super intéressant!

 

Degranges-Alain-2011.JPG

Rentré au BHV en 1954, j’ai eu la chance de connaître une grande partie des anciens qui avaient fait du magasin, ce qu’il était à ce moment-là et de participer à partir de 1960, à la révolution commerciale qui a vu se créer le service du « Marketing » et arriver en nombre les jeunes diplômés  des grandes écoles commerciales qui ont permis à notre grande maison de passer brillamment ce cap difficile pour devenir l’un des leaders du commerce moderne.

Je vous propose pour ce premier article de vous raconter ce dont je me souviens du magasin d’avant 1960.

A mon arrivée le BHV est une entreprise familiale, le grand patron s’appelle : Henri Viguier que l’on peut croiser dans le magasin où il connait un grand nombre d’anciens employés.

Viguier.jpgC’est un grand commerçant et on voit son épouse, faire régulièrement ses courses dans le magasin. C’est ainsi  qu’il me fut raconté par un électricien, qu’un jour, désireux de mettre un nouveau fil à une lampe de chevet comme le lui avait conseillé le chef électricien, il demande un métrage qui parait bien court. Le vendeur fait remarquer à Monsieur Viguier que 50 cm de plus lui semblerait nécessaire, mais notre grand patron qui était très économe lui fait remarquer que « si le fil est vraiment trop court, on peut aussi rapprocher le chevet de la prise de courant ».

Une autre fois, alors qu’il montait par le nouvel escalator central, il reçoit une flèche en papier qu’avait lancé une vendeuse du rayon voisin. Il se précipite alors dans le bureau de l’acheteur et lui ordonne de mettre à la porte la coupable, puis se ressaisissant, il demande au Chef de Rayon acheteur : « C’est une bonne vendeuse ? Est-ce qu’elle fait du chiffre ? L’acheteur embarrassé lui répond alors : « C’est l’une de mes meilleures vendeuses et je la regretterais ». Alors Monsieur Viguier après avoir repris son calme, lui dit : « Dans ce cas, gardez-là ! …» et il reprend l’escalator pour monter à son bureau. Ces courtes histoires nous révèlent le personnage : Un bon patron qui donne l’exemple d’une économie bien comprise.

Avec messieurs Georges Lillaz, René et Gérard Boulot, la famille est propriétaire de la plus grande partie des actions du magasin. A la direction du magasin, nous y trouvons Monsieur Marchand. La direction administrative m’était moins connue, le jeune vendeur que j’étais étant résolument tourné vers la vente.

Les chefs de groupe, comme on les appelait, se partageaient les grandes familles de rayons. Chaque rayon était géré et dirigé par un acheteur assisté d’un chef de ventes, lui-même aidé d’un ou plusieurs seconds.

Les acheteurs bénéficient d’une grande liberté dans leur rayon et ont une autorité qu’on ne peut leur contester.   Mais en 1960, jeune cadre affecté à la promotion des ventes au service «  implantations »,  je suis chargé de rencontrer l’acheteur de la coutellerie afin de lui montrer le plan que nous proposions pour réduire son rayon de quelques m² afin de donner un peu de surface supplémentaire à un rayon voisin saisonnier. J’ai déployé des trésors de diplomatie, mais  ce vieil acheteur ne voulut pas entendre un seul mot et je dus fermement saisi par le bras, monter jusqu’au bureau de son chef de groupe en sa compagnie ! Le chef de groupe lui explique alors que dans la nouvelle organisation du magasin, les implantations, les meubles et marchandises étaient maintenant prévues et organisées rationnellement par la Promotion des Ventes, dont j’étais l’un des rouages. Son dépit fut très grand et je crois qu’il m’en a voulu jusqu’à sa retraite qui n’était pas trop éloignée !

A suivre!....

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M.F. LELONGT 26/01/2013 18:43

Moi qui suis entrée au BHV en 1955,je vois très bien cet acheteur, si je me souviens il avait une coiffure particulière, sa toison n'était pas très fournie et il avait une mèche aérée qui
traversait son crâne, la laque n'existant pas encore, je me demande encore comment elle restait en place toute la journée ! Dans ce rayon, il y avait un aiguiseur et réparateur de couteaux qui
était "meilleur ouvrier de France", il n'a pas fait une longue carrière au BHV, mais à cette époque, il y avait des exceptions de ce genre dans les rayons.
J'attends la suite avec impatience.
Nénette