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Le blog du Réseau Bazar BHV

Mémoires du BHV : mes débuts au 7éme étage par Antoine Eminian

15 Décembre 2011 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #BHV d'hier

Nous reprenons pour changer un peu : un article écrit par Antoine qui reflête bien l'ambiance qui régnait au 7 éme étage dans les années 70, Ces lignes décrivent à la perfection, le ressenti  d'un jeune qui arrive au BHV . Chaque époque a ses codes et les choses ont bien évolué. Où sont passés les cravattes , chemise blanche et costume noir ou gris à rayures des dirigeants. Une note d'humour agrémente le tout! C'est extra! Merci Antoine

Eminian AntoineMes débuts au BHV

Je vais essayer à travers quelques articles, de faire revivre mes années BHV et raviver nos souvenirs communs, chacun y retrouvera certainement un pan de son passé et peut-être pourrez-vous compléter mes souvenirs par les vôtres, soit en laissant des commentaires en bas des notes, soit mieux encore, en rédigeant un petit billet que Christine intégrera dans le blog.

Les souvenirs des uns et des autres, maillés par ce blog, sont l’étoffe de l’histoire de notre entreprise.

Un dernier mot, je cite des noms que parfois j’estropie peut-être, pardonnez-moi, et enfin, pour que mes souvenirs soient plaisants à lire, je décris ces personnes afin de les faire revivre devant vos yeux ; je l’ai fait avec tendresse et sans méchanceté aucune, tout est vrai et parfaitement honnête de ma part. Prenez-le ainsi, c’est mon seul souhait.      

Mon arrivée au BHV 

 Je suis entré au BHV à l’automne 1971 après avoir obtenu mon BAC commercial en juin. En ce temps-là, le chômage n’existait pas ou à peine, on a du mal à y croire de nos jours.

J’ai débuté à la Centrale d’achats du SAS (Service d’Approvisionnement des Satellites) qui gérait l’approvisionnement des magasins de la chaîne périphérique. J’étais au secteur Tissus d’ameublement/Rideaux, dans un grand bureau qui abritait aussi deux autres secteurs, au septième étage du magasin. Ma première chef, Mlle T, dont sans méchanceté aucune je dirais que c’était une gentille excentrique qui portait des petites culottes en papier ! Je ne sais pas si ça va vous rassurer, mais je le sais, non de visu mais par ouïe dire, car elle s’en vantait au bureau. Il faut dire que les femmes y étaient majoritaires et quand les deux autres Acheteurs (M.Bindault et R Judeck) étaient en déplacement, j’étais le seul homme au milieu de neuf ou dix femmes. J’ai beaucoup appris au cours de ces premières années professionnelles !

 Tout se traitait à la main

A cette époque, les ordinateurs n’existaient pas et je me souviens que nos bureaux étaient noyés sous des piles de papiers, catalogues fournisseurs, factures, bons de commandes etc.

L’Economat n’était pas géré au niveau de chaque service, mais tous les bureaux du septième étage étaient sous la coupe administrative de Mr Pascaut – qui ne rigolait pas beaucoup - et de sa secrétaire Ginette – qui elle, savait détendre l’ambiance.

 Rappelez-vous qu’en ce temps, on était « secrétaire » et non « assistante », équipée d’une machine à écrire avec le papier carbone qui dégueulassait les doigts, le doux cliquetis de la machine et les ponctuations musicales du retour de chariot. Ah ! Quelle époque.

L’Economat, donc, quand on avait besoin d’un stylo ou autre il fallait aller le demander à Ginette, et si on désirait un crayon à papier, on devait rapporter le bout usé pour justifier sa demande.

 Les couloirs du 7éme étage

- Dans le même couloir, d’un côté nos bureaux du SAS, de l’autre les bureaux des Chefs de Groupe, qui coiffaient plusieurs Acheteurs.  Quand on devait leur faire passer un document à  signer, on entrait dans leur bureau sur la pointe des pieds et c’est leur secrétaire qui servait d’intermédiaire car ces messieurs restaient cloîtrés dans leurs bureaux aux cloisons de verre, aquariums pour poissons rares et précieux si on considère l’attitude empreinte de solennité et de respect adoptée par chacun de ceux autorisés à pénétrer ce sanctuaire.

 De cette première partie de ma carrière professionnelle, mon principal souvenir, c’est ce poids de la hiérarchie encore empesée des rites anciens.

-  « Mon » couloir c’était de la gnognotte avec ces jeunes employées et secrétaires, puis le couloir du pool de dactylos qui tapaient à la machine les bons de commandes pour les fournisseurs.

- Enfin, il y avait le fameux couloir de la Direction ! Si vous n’en étiez pas, mais qu’une mission vous y avait expédié, il fallait la remplir rondement, en marchant sur la pointe des pieds pour ne pas troubler le silence pesant qui y régnait. Parfois une porte s’ouvrait, un costume cravate triste comme un soir d’hiver sortait pour rentrer tout aussi rapidement que discrètement dans un bureau voisin, carnaval des masques sérieux où le rire n’avait jamais du pénétrer.

En bref :

Premiers enseignements, la distribution des rôles induit des attitudes !

Dans le service où je travaillais, les employées, toutes jeunes, étaient sympathiques et riantes, leurs chefs Acheteurs pouvaient l’être aussi quand le bureau était en mode: détente.

Plus on montait dans la hiérarchie, moins ça rigolait, et les secrétaires suivaient ces modèles, contaminées par le sérieux de leurs patrons.

Mais le pire, c’était le couloir, enclave, de la Direction. Antichambre des Pompes Funèbres, on n’y rigolait jamais, du moins pas avec le premier venu.

J’imagine néanmoins  que le soir tard, cette façade laissait place au sourire entre eux.

Mais moi, petit employé tout juste arrivé et impressionné, je n’ai pas eu la possibilité de le constater.            

 Merci Antoine et à bientôt pour de nouveaux récits.

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Cherbuet Marianick 16/12/2011 10:15

Merci Antoine pour ces souvenirs, en effet, il fallait rapporter son bout de crayon usé pour en avoir un autre, j'étais au service paye à cette époque situé au 3ème étage du magasin, secrétaire de
M. BORTOT qui ne rigolait pas non plus ! Arrivée en 1975 à la Direction cette ambiance je l'ai ressentie aussi. Pour certains c'était une façade. Bien sincèrement.

Les federateurs du reseau Bazar 16/12/2011 12:42



Merci Marianick de confirmer! C'est très sympa d'avoir écrit un commentaire.


Bonnes fêtes!