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Le blog du Réseau Bazar BHV

Tous les jours, il se passe quelque chose dans le groupe Galeries Lafayette

27 Février 2012 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #BHV news

Interview auprès d' Alex Moreau, membre de notre réseau et fin conseiller en Finances. 
Alex, vous connaissez bien le groupe GL-BHV, que se passe t'il aux Galeries Lafayette?
La presse se déchaîne à nouveau sur le groupe Cofinoga et les suppressions de postes!
La fermeture de deux BHV!
Le remue-ménage  est important du côté de Monop....
Comment peut-on interpréter tous ses signes ?

 Alors que la plupart des distributeurs constatent une contraction de leurs ventes du fait de la crise économique et de la récession qu’elle engendre, les Galeries Lafayette ont annoncé en juin 2011 une hausse de 10% de leur chiffre d’affaires avec un pic de 24% pour leur vaisseau amiral parisien. Cette performance est principalement liée, souligne le groupe, à la présence massive de touristes étrangers (50% du C.A.) et notamment des visiteurs chinois (15%) attirés par le « luxe français ».

 

Tout n’est pas rose pour autant.

Le groupe vient d’annoncer la fermeture de deux nouveaux magasins BHV à Montlhéry et Saint Genis-Laval après ceux de Gradignan, Belle Epine, Strasbourg, Caen et autres Rives d’Arcins. A l’issue de ces deux fermetures il ne restera plus que six magasins BHV en France sur les 18 que comptait la chaine.

 

Le Lafayette Maison quant à lui est toujours la danseuse du groupe et Laser Cofinoga vient de confirmer une baisse de 45% de son résultat opérationnel au premier semestre 2011. La chute pourrait atteindre 75% sur le second semestre selon Philippe Lemoine ( Le Monde du 10 février 2012 page 29).

Le groupe a déjà pris la décision de supprimer 433 postes pour freiner l’hémorragie.

En cause, la crise économique de 2008, les nouvelles contraintes réglementaires bancaires liées à Bâle III et la loi Lagarde de 2011 pour lutter contre le surendettement des ménages.

 

Cerise sur le gâteau, la guerre vient d’éclater entre le groupe du boulevard Haussmann et son associé Casino qui, depuis 2000, contrôlent chacun 50% de Monoprix avec ses quatre enseignes : Monoprix, Monop’, Daily Monop’ et Beauty Monop’, soit 440 magasins dans 200 villes en France.

Casino dispose contractuellement d’une option d’achat sur les 50% des Galeries Lafayette qu’il peut exercer dès 2012. Le bouillant patron Jean-Charles Naouri, a fait savoir qu’il entendait exercer cette option mais sur les conseils de la Banque Rothschild il refuse de verser plus de 700 millions d’Euros pour le prix de son acquisition.

Histoire-BHV-3-GL 4121Philippe Houzé patron des Galeries Lafayette, conseillé par la Société Générale, estime ses 50% à 1,3 milliard d’Euros. Le groupe Casino revendique par ailleurs dès maintenant la présidence de Monoprix conformément aux accords de 2000. Le tribunal de Commerce de Paris a été saisi pour trancher le litige.

Jean-Charles Naouri n’en est pas à sa première bataille de ce type. Ses combats contre les Guichard pour l’acquisition de Casino, contre les Baud chez Franprix Leader Price ou aujourd’hui encore contre Abili Diniz le patron de CBD qui tente de racheter les actifs de Carrefour au Brésil pour constituer un géant de la distribution concurrent de Casino montrent que l’homme est coriace.

Philippe Houzé en prenant le contrôle des Galeries Lafayette aux dépens des Meyer a montré lui-aussi qu’il savait manœuvrer habilement.

Toutefois, l’extension possible de la crise grecque à d’autres Etats Européens dans les prochains mois pourrait fragiliser encore plus l’équilibre du groupe en entrainant une contraction de l’activité économique et un éclatement de la bulle immobilière en France susceptible d’affecter le patrimoine immobilier de Monoprix.

Nul doute que Jean-Charles Naouri, dont le groupe avoisine 30 milliards d’Euros de chiffre d’affaires consolidé, saura en profiter.

Merci Alex pour cette synthèse et bien entendu vous pouvez retrouver certains articles de presse dans la rubrique "Lu dans la presse" de ce même blog, sur la gauche.

 

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Alain Der MATHEOSSIAN 05/03/2012 10:06

J'avais compris que le différend Casino/GL sur Monoprix se résumait à une histoire de valorisation d'entreprise.
Le prix de cession s'évalue à l'aide d'un coefficient multiplicateur sur une formule au nom quelque peu barbare: L'EBITDA. Un mot d'explication du spécialiste (A.MOREAU) sur cette formule qui
permet de valoriser la trésorerie serait peut être utile. Cdlt

Les federateurs du reseau Bazar 08/03/2012 23:06



Réponse d'Alex Moreau :


Alex MOREAU 8 mars 2012


Merci à tous ceux et celles qui m’ont adressé leurs commentaires sur l’article intitulé « tous les jours il se passe quelque chose dans le groupe Galerie Lafayette ».



Une question m’a été posée concernant la notion d’Ebitda souvent utilisée dans le groupe.


Il existe plusieurs méthodes pour valoriser une entreprise : chiffre d’affaires annuel, actif net revalorisé, multiple du résultat ou de l’Ebitda etc……


En général on fait une moyenne de ces différentes approches et on obtient une première idée sur la valeur de l’entreprise.


L’Ebitda (earning before interest, tax, depreciation and amortization ou résultat avant frais financiers, taxes provisions et amortissements) est un indicateur de gestion Anglo-Saxon qui
correspond à L’EBE (excédent brut d’exploitation) dans nos soldes intermédiaires de gestion.


L’EBE (ou EBITDA) correspond donc au résultat d’exploitation (REX) auquel on ajoute les provisions pour dépréciation et le montant des amortissements.


Si Monoprix a un chiffre d’affaires avoisinant 3,7 milliards d’euros (2009) et si son Ebitda s’élève à 9% de son C.A.,  la part d’Ebitda des Galeries Lafayette (50%) s’élève à :
3,7 x 9% x 50% = 166 millions d’euros.


Si on valorise Monoprix à 8 fois l’Ebitda (l’équivalent PER dans les sociétés cotées), la part des G.L. vaut 166 millions x 9 = 1.3 milliard.


Mais ceci n’est qu’un indicateur parmi plusieurs autres, surtout si la valeur du patrimoine immobilier devait chuter à la suite de l’éclatement de la bulle immobilière actuelle.



PARENT Martine 04/03/2012 16:08

Bravo Alex
Que tout cela est fort bien expliqué , et que l'avenir du BHV est bien sombre
Au plaisir de te lire

Michel Bindault 29/02/2012 09:55

Merci, Alex, pour cet article qui permet de comprendre simplement une situation que les médias compliquent à l'excès.
Cordialement

Fançois Paris 28/02/2012 20:31

Merci à Mr Alex Moreau des Galerie Lafayette,spécialiste du monde de la finance de nous éclairer sur les manières de faire de ce grand groupe.Que de talents pour avoir exterminé temps d'emplois et
l'on sent bien la grande considération humaine qui a pu arracher le coeur de ces grands décideurs.Il en est même qui s'étonnent qu'après s'être privé du chiffre d'affaires à crédit (des magasins
fermés) le groupe soit amené à laminer 430 postes à Cofinoga. Que de gâchjs depuis une vingtaine d'années et je doute fort que de tels actes soient la meilleur façon de redorer le blason du groupe.
Certains anciens PDG (disparus)doivent être outrés. Toute ma considération à tous ceux qui sont ou vont être concernés par ces licenciements. Coup de gueules d'un cadre retraité.

BENADINER 28/02/2012 18:19

Très intérèssant ce monde de la finance , et triste ..... Philippe Benadiner