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Le blog du Réseau Bazar BHV

Articles récents

Visite du Centre de Coubert organisée par Jean-Claude Charmoy

15 Novembre 2010 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Rencontres

 

Jean-Claude Charmoy notre ambassadeur du 91, organise pour tous les membres du réseau qui seraient libres ce jour là, une visite du Centre des chiens guides d’aveugles à Coubert dont nous avions eu l’occasion de parler, en novembre 2009 avec une inteview de Philippe Renard.

 SDC10160-copie-1.jpg

JCC

 

Le Lundi 17 Janvier 2011

Rendez-vous à 10h50

 

 

Chiens Guides d’Aveugles d’Ile de France

Lieudit «Poteau» - RD 319

 77170 COUBERT

Après le rond-point (Ancienne) RN19 - D 619 direction Provins/Troye.

Entrée à la cueillette "Chapeau de paille».

Cette visite sera suivie d’un repas pour ceux qui peuvent rester

Lieu :  

Restaurant : L’Escargot d’or

6 rue Eugène Dorlet

77 170    COUBERT

Participation: 20€ tout compris (Apéro-entrée-plat-dessert).


La réservation se fait auprès de Jean-Claude Charmoy

Lui téléphoner ou lui envoyer un mail pour connaître son adresse.

Tel : 06 12 63 91 69, mail   charmoy.brie@orange.fr

Réservation obligatoire envoyer un chèque de 10 euros ou la totalité : 20 euros.

 

Bravo Jean-Claude et nous espérons que vous serez nombreux.

                                           

Photo d'archive : Philippe Renard sa chienne Bonnie et la formatrice.

Remise-21-12-07-Bonny-Philippe-06.jpg

 

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Et si vous alliez visiter Arles par François Paris

12 Novembre 2010 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #France 6 Sud-Est

Vous aimez, l'art, la sculpture, la peinture Arles est la ville qu'il vous faut visiter!  

Arles et l’amphithéâtre dit « les arènes romaines », son théâtre antique, sa Cathédrale St Trophime (1er évêque de la cité) , son cloître, l’hôtel de ville en sortant du musée lapidaire païen inspiré de l’art Corinthien  et ses 5 musées méritent une halte. Si l’un de nos membres pouvait nous faire un reportage sur cette superbe ville ce serait très bien. Il y a  beaucoup à dire, tant sur le plan historique que sur le plan artistique puisque Gauguin y séjourna chez son ami Van Gogh , ou sur le plan littéraire avec Frédéric Mistral et MIREIO (Mireille (1852), œuvre dans laquelle l’auteur exprime la beauté de son pays …

Mais place au reportage de François sur un des musée d’Arles !...

  ET SI VOUS ALLIEZ VISITER « ARLES »…. ?

  L’ARÈNE Arles A35

 

Arles-A33.jpgSurtout ne manquez pas son musée !

 

ARLES antique, ses tombeaux blancs sculptés dans des blocs de marbre

3 Tombeau -3    4 Tombeau 4

 

5 Tombeau 5    6 Tombeau

 

Personne n'imagine le nombre d'heures passées à ces sculptures aussi fines.

Une très belle collection d’amphores grecques, romaines et africaines

             7 amphores    8 amphores 

   

Les amphores africaines contenaient principalement du vin de Maurétanie césarienne(Algérie),du vin et de l’huile de Tripolitaine Byzacène(Libye) et enfin des sauces de poisson et de l’huile de Byzacène sud (Tunisie).

10 amphores    9 amphores

 Ces produits voyageaient avec de la vaisselle fine (assiettes, bols, cruches)et culinaire

(marmites et plats).

 11amphores12 plats pichets

Bols et tasses, Plats et pichets

Ce grand courant commercial qui couvre l’ensemble du Bassin méditerranéen démarre à la fin du 1er siècle de notre ère (avec les amphores Africaines précoces) jusqu’à l’Antiquité tardive(VII e siècle)

   13 maquette 14 maquette

maquettes des embarcations de l’époque ,

   14 ancres 15 ancres

Les ancres de pierre

  16 sculpt 17 sculpt

De magnifiques objets en bronze, poignées d’épée, sceaux, aiguilles.

De très belles statues de marbre, en pierre et bronze

    16 Jules César      17 Bacchus 

La tête de Jules César en marbre(souvenez vous les fouilles du Rhône)et BACCHUS

    18 drappé     19 personnage antique

Très joli drapé.                  Personnage antique.

21 mosaïque 2

 

 

De grandes mosaïques de sol

20 mosaïque 1

Voilà , J’espère vous avoir donné envie de vous arrêter au musée antique d’Arles.

 

François de Monpeûl…

 

Nous rappellerons simplement, qu'il y a de très belles choses à découvrir à Arles 

L’allée des Alyscamps, qui subsiste aujourd’hui, a été aménagée par les religieux Minimes au XVIIIe siècle.

Arles A27

En 1888, Van Gogh et Gauguin vinrent peindre dans ces lieux romantiques. Les Alyscamps fait partie des tableaux que Gauguin et Van Gogh peignirent ensemble !

Van Gogh écrivit à son frère Théo, avec beaucoup de poésie !

"…je crois que tu aimerais la chute des feuilles que j’ai faite. ...Ces troncs d’arbres comme des peupliers bordent une allée où sont à droite et à gauche alignés de vieux tombeaux romains d’un lilas bleu. Or le sol est couvert, comme un tapis, par une couche épaisse de feuilles orangées et jaunes tombées. Comme des flocons de neige il en tombe toujours encore… "

  Les-Alyscamp

 

  

 

 

 

 

 

 

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Dictionnaire amoureux des explorateurs par Antoine Eminian

9 Novembre 2010 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Livres et poésies

Ce n'est le Goncourt ! mais ce livre mérite d'être lu!
Michel Le Bris est né en Bretagne  en 1944,  écrivain, romancier, philosophe et éditeur.  

Ses meilleures ventes  de  livres :

Le dictionnaire amoureux des explorateurs (Plon, mai 2010),

La porte d’or (Avril 2010), La beauté du monde(Grasset, 2008), Africa (nov99), Un hiver en Bretagne (Nil éditions, 1996).

 Peut être une idée de cadeaux pour les fêtes!....

  Dictionnaire

 

jpg Le Bris-p M Pelletier-CorbisWEB-09e81Michel Le Bris, écrivain, philosophe, fondateur du célèbre festival Etonnants Voyageurs, ce colosse était seul capable de s’atteler à cette tâche phénoménale, écrire un dictionnaire et qui plus est, un dictionnaire où serait recensés les principaux explorateurs de tous les temps et de tous les horizons.

 

Le bouquin est énorme, dans tous les sens du terme, tant par son contenu que par son poids qui doit avoisiner le kilo pour un millier de pages. Celui qui tomberait à l’eau, absorbé par sa lecture, est sûr de périr noyé emporté vers le fond, aussi inutile de vous dire que vous ne pourrez pas le lire dans le métro ou le RER, à moins que vous n’ayez prévu une valise à roulettes pour le trimballer !

 

De A comme acéphales, jusqu’à Z comme Zimbabwe, Michel Le Bris nous raconte la découverte du monde à travers ces explorateurs qui pour certains laissèrent leurs vies, pour d’autres endurèrent des souffrances sans nom. Explorateurs réels, hommes et femmes (car certaines, à une époque où elles n’étaient même pas reconnues comme des égales des hommes, se lancèrent dans des expéditions qui laissent pantois, aujourd’hui encore), personnages de légendes sortis de l’imagination débridée d’écrivains, pays de cocagne ou villes mythiques, tous les aspects de l’exploration sont abordés. Car les explorateurs sont des faiseurs de rêves, le petit Michel quand il était enfant est tombé dedans pour ne jamais sans remettre et il nous fait partager sa passion avec enthousiasme et culture. On devine et il nous le laisse entendre qu’il a énormément lu, sachant qu’il a aussi voyagé « en vrai » on se demande comment il trouve le temps de tout faire ?

Pour être certain de ne pas en rater une miette, j’ai débuté ma lecture à la page une pour la terminer à la page mille treize, mais comme il s’agit d’un dictionnaire on peut très bien piocher selon son humeur ou son intérêt.

Les vingt-six lettres de l’alphabet sont utilisées pour les entrées, alors laissez vous guider par votre intuition pour découvrir ou redécouvrir, Jacques Arago (1790-1855) – par ailleurs frère du mathématicien - explorateur aveugle ! Ou bien encore lady Stanhope (1780-1839) devenue « Reine du désert », j’arrête les exemples car on n’en finirait plus de citer tel ou tel. De toute façon ils sont tous là ou presque – j’imagine que chacun a un petit chouchou qui manquera à l’appel, c’est obligatoire dans ce genre d’ouvrage qui ne peut pas être exhaustif, moi-même j’ai déploré l’absence de Alexandra David-Néel qui m’a tant régalé de ses voyages au Tibet et en Asie…

Si vous aimez les voyages, ou la géographie, ou les rêves, ou les histoires extraordinaires arrivant à des êtres exceptionnels, ou tout à la fois, vous ne pouvez pas manquer ce pavé monstrueux. L’inconvénient avec une telle mine, c’est que même en me restreignant, j’ai noté dans mon petit carnet au moins une dizaine d’ouvrages qu’il va absolument falloir que je lise un jour ou l’autre.

  250px-Michel Le Bris

« Qu’est-ce donc qui se joue dans l’aventure de Melville, de Loti, de Gauguin, de Warren Stoddard, de Stevenson, puis de Segalen et de London, dans les mers du Sud ? Au contact des œuvres d’art polynésiennes , rien de moins qu’un renouvellement de la création, un souffle nouveau – qu’accompagne une interrogation lancinante qui va hanter l’Occident pendant des décennies, faire naître l’art moderne : si ces « sauvages » sont capables d’une pareille beauté, où l’artiste puise-t-il sa force de création ? Non pas comme on pouvait le croire d’un « toujours plus » de culture, de maîtrise de codes et de techniques, mais d’une part inconnue, ou peut être assoupie, oubliée de l’âme humaine- d’un en deçà de la culture, d’une part « sauvage » qu’il s’agit de retrouver au plus près de ces cultures « premières ». Le mystère de la naissance des formes : voilà ce que tous vont tenter d’approcher, chacun à sa manière, dans les mers du Sud… »  

 

Michel Le Bris  Dictionnaire amoureux des explorateurs  chez Plon     

 

Merci Antoine

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100 photos … à voir au Petit Palais !

5 Novembre 2010 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Art & Culture

A découvrir en cette période automnale : « 100 photos de Pierre et Alexandra Boulat », au petit Palais. Nous savons que parmi vous , certains adorent la photographie. Souvenez-vous, pour les premiers inscrits :  Roger Vantomme nous avez parlé de cette passion!

J'ai trouvé remarquable cette exposition et vous conseille de prendre le temps de la voir.

2 PPEntre les décors  et plafonds peints de Besnard, Cormon, Roll et Humbert  qui ont orné les deux galeries de 15 mètres de long et les seize bustes en plâtre représentant des hommes célèbres, comme Delacroix, Lescot ou Mansart, vous découvrirez les œuvres du musée données par des collectionneurs passionnés et éclectiques, d’une grande diversité.

Peintures, sculptures et objets d’art permettent des rapprochements qui illustrent les principaux courants artistiques, depuis l’Antiquité grecque jusqu’à la guerre de 1914-1918.

   1 PP 

Dans cette salle, diverses photos nous amènent vers le hall Jacqueteau.

Au sous sol : l’exposition : « 100 photos de Pierre et Alexandra Boulat » nous interpelle.

Ces deux reporters, nous font découvrir des belles photos, parfois pleines de poésie  et  parfois, révoltantes et cruelles, véritables témoignages d’une réalité souvent ignorée.

         1945 PB al'écart de Noce Berry    1953 PB greco

A l'écart de la noce(ds le Berry)                         Juliette Gréco

1957 NY hotel-plaza   1957 course pr le bus   1957 PB la recrue

New-York Le Plazza   Américaine courant après un bus       La recrue

1962 PB YSL 1962 ysl-essayage

Yves St Laurent avant une présentation        YSL : l'essayage

Les reportages de Pierre Boulat, sur les rues de Paris, sur le mariage dans le Berry, ou sur les femmes américaines, dégagent la même intensité que ceux de sa fille Alexandra quarante ans plus tard à Gaza, sur les souffrances de femmes afghanes .

A travers ces photos : nous ressentons un regard plein d’humanisme, plein de respect, qui sait faire passer les émotions et  la souffrance des êtres photographiés.

      1996 Vieil Hom Sarajevo       1999 AB Accueil soldats all de l'otan 

 à Gauche :Sarajévo Vieil Homme au milieu des ruines

                           à droite : accueil des soldats allemands de l'Otan

      1999 AB transport-kossovar       2001 AB priere-pour-la-paix

     Transport Kossovar                       Prière pour la paix

 

2001 refugiee-afghane

                                                   Réfugiée Afhgane

Qui était Alexandra Boulat ?

Fille du reporter Pierre Boulat, qui a collaboré vingt cinq ans avec « Life », et de la fondatrice de l’agence photo Cosmos, Annie Boulat, Alexandra après avoir fait des études aux Beaux- Arts, choisit, en 1989, de rejoindre la profession de son père.

Ses photos séduisent alors les plus grands journaux et magazines mondiaux par leur approche et les jeux entre lumière et obscurité … Tous lui commandent des reportages aux quatre coins du monde. Son thème favori  restera quand même : l’homme pris dans le feu de la guerre !

    1991 civils Serbes armés     2003 ABcadav jf tuée bombardemt

Civils serbes armés                 Jeune fille tuée dans un bombardement

    2004 AB centre de tir

Centre d'entrainement au tir pour femmes

2004 AB Vote

                                              Jeune femme votant

 Les photos de cette exposition sont impressionnantes.

Shaima qui s'est immolée par le feu

2006 AB shaima immolée par feuMerci aux organisateurs, d’avoir rendu hommage à 2 grands noms du journalisme : « Pierre » et « Alexandra Boulat. »

 

L’absence de liberté de la presse touche un tiers de la population mondiale.

Accueillons ces photos avec leur sensibilité, leur gravité, et leur message d’espérance !...

 

Ayons une pensée pour ces femmes et ces hommes reporters qui risquent leur vie, afin de vous diffuser une information pourtant bien légitime !

 

Boulat 100 photosPar votre visite, rendez leur hommage et si vous ne pouvez pas vous déplacer achetez dans votre magasin de la presse : le n°34 de « reporters sans frontière».

 

 CD

 

 

 

Adresse : Petit Palais

Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

Avenue Winston Churchill

75008  Paris

Métro : Station Champs-Elysées Clémenceau

Horaires : Ouvert du mardi au samedi de 10h à 18h

Tarifs : Entrée gratuite

C’est jusqu’au 27 février 2011.

 

pour mémoire, et nous l'entendons chaque jour sur France 3 :

"Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, journalistes, sont toujours otages en Afghanistan "

Ils sont un exemple d'hommes courageux qui vivent pour notre information.

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Un petit tour en mer! photos de notre reporter Breton Guy Laennec

4 Novembre 2010 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #France 3 Bretagne

 

La route du Rhum se déroule du 31 octobre au 9 novembre 2010

Entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre, c’est une navigation contre vents, courants, et marées sur 3510 miles !

Tous les 4 ans, cette course se pratique en solitaire.

St Cast Octobre 2010 Route du rhum 026   St Cast Octobre 2010 Route du rhum 030

St Cast Octobre 2010 Route du rhum 046   St Cast Octobre 2010 Route du rhum 063

  

Cette épreuve est ouverte aux multicoques et aux monocoques qui sont répartis en plusieurs classes selon leur longueur :

- Multicoques (Classes ULTIME et Multi 50)

- Monocoques (Classe IMOCA, Catégorie Rhum, Class 40)

 Ils ont laissé derrière eux Saint-Malo « beau port de mer » (dit la chanson.)

            St Cast Octobre 2010 Route du rhum 036    St Cast Octobre 2010 Route du rhum 094

La course est passée par Ouessant puis par le Golfe de Gascogne ; là, nos monocoques ou multicoques ont affronté des vents contraires et des dépressions qu’ils subiront jusqu’aux Açores. Puis chacun ajustera sa stratégie et sa tactique pour essayer d’arriver le premier à Pointe-à-Pitre.

St Cast Octobre 2010 Route du rhum 091

Record à battre : celui de Lionel Lemonchois en 2006 : 7 jours, 17h et 19 minutes.

St Cast Octobre 2010 Route du rhum 076   St Cast Octobre 2010 Route du rhum 089

Qui de Franck Cammas (Groupama3), Yann Guichard (Gitana 11) Thomas Coville (Sodebo) ou Francis Joyon (Idec) arrivera le premier ? La mer réserve quelques fois des surprises. En attendant : Comme dit l’expression : « Cela décoiffe ! ».

Nous remercions Guy Laennec qui nous a envoyé ces superbes photos pour les amoureux de la mer ! Regardez bien celui-ci, je crois qu'il a ses chances

 St Cast Octobre 2010 Route du rhum 029

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Jean de Nerville : Une apparition dans le Tassili du Hoggar

1 Novembre 2010 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Echos des membres

 

 Cette aventure peut vous faire froid dans le dos, elle est véridique et trouve sa place en cette période Halloween! Merci Jean.

 

P1010004C’était au soir de ma deuxième journée dans le Tassili du Hoggar. 

La veille, l’avion m’avait déposé à Tamanrasset aux environs de midi après un décollage très matinal de Roissy.

Ce matin là, Tamanrasset fut une brève étape, juste le temps de nous reconnaître, participants et  accompagnateurs touaregs avec lesquels nous allions partager cette quinzaine qui allait nous mener jusqu’aux frontières du Mali.

 

Puis nous avions pris la direction du sud en empruntant la piste du Tassili. Un dernier arrêt à un puits équipé d’une pompe pour faire le plein d’eaux et notre convoi composé de 3 véhicules 4x4 s’était ébranlé à nouveau.

Avant la tombée de la nuit qui vient tôt sous cette latitude, profitant de cette dernière heure de soleil, nous nous sommes arrêtés aux environs de 17 heures pour monter le bivouac,

 Comme j’avais l’habitude de le faire à chaque étape du soir lors de mes précédents voyages, j’avais descendu mon sac du toit du 4x4, et m’étais mis à la recherche d’un endroit isolé assez éloigné de mes autres compagnons pour être hors de portée des bruits et si possible de leur vue. Après une journée passée ensemble, je trouve agréable ces moments de calme et de solitude à l’écart du reste du campement.

 Mais cette nuit là, dans ce fond d’oued où j’avais installé mon couchage, un petit vent frais remontant l’oued s’était insinué entre mon bonnet de laine enfoncé jusqu’aux oreilles et mon chèche, pieuse relique de ma campagne du Rif dans un régiment de Spahis, enroulé autour de mon cou et du bas de mon visage.

Ce vent coulis ajouté aux éclats d’une conversation joyeuse mais bruyante de nos guides touaregs regroupés autour du feu, m’avais réveillé à plusieurs reprises.

Pour la nuit prochaine, j’étais donc décidé à me trouver un endroit tranquille pour une nuit complète et reposante

Ce fut la première journée.

P1010187

 En fin d’après midi de ce deuxième jour, après une très belle course à travers de magnifiques paysages, notre convoi stoppe pour l’étape du soir.

 Mon sac descendu du 4x4, je pars à la recherche d’un emplacement abrité, à l’écart de tout tohu bohu. En arrivant j’avais repéré une petite barre rocheuse derrière laquelle je pensais trouver l’endroit idéal.

Je la franchis aisément pour trouver de l’autre coté, à ces pieds sur le sable, un endroit abrité avec un petit retour de rocher faisant à la fois tête de lit et paravent.

Le reste du campement n’est pas loin, car en me haussant un tant soit peu, je peux voir au-de là de cette barre, les toits des 4x4 garés près du feu du campement à une petite centaine de mètres.

 Alors qu’il reste encore quelques instants de jour, et avant d’aller chercher ma cuvette d’eau pour des modestes ablutions du soir, j’installe ma couche.

 Par précaution, je ne déroule mon sac de couchage qu’au moment de m’y glisser afin d’éviter que des petites bêtes malfaisantes ne viennent s’y blottir au chaud en mon absence. 

J’étale donc mon mince matelas de mousse le long de la paroi rocheuse, et place mon sac de couchage encore enroulé en tête du matelas contre le petit retour du rocher.

Et comme chaque soir, je prends quelques photos de mon installation. Ainsi je borne mes journées ce qui m’aidera à rassembler mes souvenirs dans mes relations de voyages à mon retour à Paris.

Dans tous mes bivouacs au désert, je n’ai jamais manqué à ce rituel.

Je fais un aller retour vers les 4x4 pour remplir ma cuvette au jerricane d’eau  placé à coté des voitures puis toilette faite, si on peut dire, torche en main la nuit étant tombée entre temps, je franchis la barre et rejoins le reste de l’équipe groupé, accroupi autour du feu dans l’attente du frugal repas du soir.

Sous une magnifique voûte étoilée, ces instants de convivialité sont des moments d’amitié partagée, de rappel des incidents de la journée et particulièrement riches lorsqu’un des guides touaregs se lance dans le récit toujours poétique de légendes où le coq et le chacal jouent les rôles qui chez nous sont en général attribués au renard et au corbeau. Mais chez les Touaregs, c’est le volatile qui est l’animal rusé.

La soirée se termine par la traditionnelle dégustation du thé à la menthe sucré et brûlant servi en trois fois dans des petits verres.

- Le premier verre est amer comme la vie

- Le second est fort comme l’amour

- Le troisième est suave comme la mort.

Puis sous un ciel clair parsemé d’étoiles, à la lueur de sa lampe torche, chacun rejoint son couchage.

Pour moi, tournant le dos au gros de la troupe, je franchis cette petite croupe rocheuse et me sépare du reste du campement.

Maintenant tout est silence. À moins d’être à proximité d’une oasis, dans le désert la nuit tout est silence. Des petites bêtes marchantes ou rampantes dont on relève les traces sur le sable au levé du jour circulent dans l’obscurité, sans bruit.

Avant de préparer ma couche, je sors de mon sac mon pyjama que j’enfile. Pour y voir claire, je place ma lampe torche à ma droite sur le plat de mon sac à dos, en direction de mon sac de couchage.

Puis à genoux devant mon matelas, face au rocher, je pivote sur ma gauche pour atteindre mon sac encore roulé lorsque quelque chose attire mon attention comme une présence et me force à tourner mon regard au de-là du petit retour de rocher qui me sert de tête de lit. 

Et je crois distinguer à trois mètres de moi, semblant surgir de derrière ce rocher, de profile, une silhouette brouillée mais imposante d’un touareg en marche.

 ombre

Vision très fugace et silencieuse!

Surpris, mais non impressionné, ce genre de manifestation, les phantasmes ou autres apparitions, n’ayant jamais traversé mon esprit, je mets ce phénomène sur le compte d’une surexposition sur ma rétine de l’image du retour de rocher situé sur ma gauche. Tranquillement, je me lève, prends ma lampe torche pour aller regarder derrière le rocher. Naturellement! Rien sous le faisceau de ma lampe ; la nuit est calme et j’ai hâte d’en finir avec mon installation et de me glisser dans mon sac pour retrouver un peu de chaleur car la fraîcheur de la nuit commence à tomber.

Je m‘installe à nouveau à genoux devant mon matelas pour l’installation de mon sac de couchage.

Très vite, à nouveau, une même impression que quelque chose de bizarre se passe sur ma gauche ; je tourne la tête et revois dans la nuit la même vision. Toujours ce touareg de grande taille qui passe en glissant, sans toucher terre, sa djellaba flottante comme emportée par son mouvement.

Cette fois il n’y a aucun  doute : ce que j’ai vu, je l’ai vu. Il ne s’agit plus d’un dérangement de ma vue. D’un bond je me lève et me précipite vers cette apparition en lui criant de partir :  "Va-t-en, va-t-en".  Puis, plus rien que la nuit et mon cri qui laisse traîner un léger écho sur l’autre bord de l’oued. 

L’ai-je fait partir en criant ou cette forme a-t-elle disparu au moment même où je me suis levé ? Tout est allé si vite.

Mon cœur battant la chamade, je reviens vers mon matelas.

Pendant un court moment je suis tenté de repasser la barre pour me replier vers le feu. Mais je n’arrive pas à croire à une telle hallucination.  Il doit y avoir une cause naturelle qui m’échappe et qui m’a bêtement affolé.

En regardant autour de moi je cherche une explication. Je vois alors ma lampe torche posée à ma droite sur le plat de mon sac à dos.

Mais oui bien sûr, c’est son faisceau dirigé vers moi qui projette sur ma gauche mon profil comme une ombre sur l’écran la nuit. En effet c’est bien quand je me lève que l’apparition disparaît. Je me suis fait piéger par ma lampe torche ; pourvu que mes cris n’aient pas été entendus de l’autre coté du rocher.

Je change donc l’orientation ma lampe torche et la place toujours à ma droite mais au ras du matelas car il me faut bien un peu de lumière pour dérouler mon sac de couchage. A genoux devant mon matelas, je reprends mon installation.

 Mais cette fois ci, il n’y a plus de doute ! Il est toujours là ; il vient de passer!... Exactement la même silhouette, le même mouvement feutré et ce n’est pas mon ombre.

Affolé, je ramasse en vitesse ma torche, franchis la barre rocheuse et courre me réfugier près du feu où se réchauffent les guides touaregs. Tout ému, je leurs raconte ce que je viens de voir. Le Touareg est superstitieux ; il a gardé un fond de croyance aux génies, les Djenouns en arabe (ceux de la solitude) .

Je me souviens qu’en Libye, nous avions du déplacer un bivouac parce qu’il était trop près de l’Indinen, massif rocheux au relief tourmenté, hanté par les Djins.

Mais là, mon récit ne rencontre que scepticisme et même, je crois sentir de leur part un peu d’ironie. C’est la lumière de leur feu, c’est un coup de vent qui a fait lever du sable….

Mais je suis trop troublé parce que je viens de voir pour trouver dans leurs explications une cause naturelle qui puisse me rassurer.

Pour moi, il n’est pas question de retourner seul à mon bivouac pour récupérer le reste de mes bagages. L’un d’entre eux m’accompagne donc et après avoir regardé une dernière fois derrière le rocher, (j’allais écrire dans l’au-delà) je viens m’installer auprès d’eux autour du feu. Je suis pris d’un tremblement nerveux qui me tient jusqu’à ma rencontre avec le sommeil.

Si je n’ai pas été le témoin d’une manifestation surnaturelle, pourquoi alors en consultant sur mon appareil numérique mes photos prises la veille, celles de mon bivouac ont disparues!..   Jean de NervilleP1010025 dune

 

Merci Jean pour ce récit. Peut-être qu'un de nos grands voyageurs du blog aressenti un jour un évenement similaire ...

 

 

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Le 16 octobre dernier : la rencontre rezo-bazar en Rhones-Alpes

29 Octobre 2010 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Rencontres

 

 Je laisse le soin à nos ambassadeurs Rhone-Alpes représenté par Jean-Luc Lesueur et notre ambassadeur Sud-est représenté par François Paris, le soin de nous raconter cette merveilleuse rencontre.

Toutes nos félicitations pour ce premier rendez-vous où tous, ont passé un agréable moment.

Le point d’accueil était fixé à la Cave de Clochemerle.

Tous les membres, ayant répondu à l’invitation, étaient présents :

 

- Marie Madeleine et Roland Cazé

N° 11 -La famille Caze N° 13 -Marc et Ien Bouchacourt

- Marc Bouchacourt avec son épouse Ien et leur fille Elodie

 - Christian Hustache  et Jean-Claude Razaire  ci-dessous

 C Hustache & J Razaire N°12 -Mr et Mme Siorat

- Michel Siorat et son épouse

 

- Jean-Luc Lesueur et son épouse Marie-France

 - Francois Paris

 Les conditions climatiques n’étaient malheureusement pas idéales pour profiter du paysage de vignes aux couleurs d’automne et le Mont blanc était invisible dans la brume.

Après les présentations et les émotions des retrouvailles nous avons visité le musée Gabriel Chevallier et poser pour la photo devant le monument le plus marquant du village, la pissotière de Clochemerle.

 N° 8 -Devant la célèbre pissotière de Clochemerle

DSC00184 DSC00187

 

Mle & Me Bouch MSio Me Cazé Me Sio Marc Bouch N° 10b -Tous les anciens BHv sauf Jean-Luc

 Nous avons égrené nos souvenirs devant un verre de beaujolais à la Cave de Clochemerle, avant de rejoindre le restaurant gastronomique L’Auberge de Clochemerle où nous avons fait la fermeture.

N°15b. Au restaurant N°16b Au restaurant

N°17b N°19b

 

Certains sont rentrés sur Lyon, d’autres avaient pris une chambre d’Hôtes.

Avant de nous quitter nous avons convenu que nous ne resterions pas aussi longtemps sans nous revoir.

Peut être au printemps à Lyon…...en espérant que d’autres anciens BHV nous rejoindront.

 Jean-Luc. L DSC00173

 

La parole est à François:

 

C’est à l’invitation de Jean Luc Lesueur que nous avons découvert ce village virtuel dont le nom fut attribué définitivement dans les années soixante.

En effet Gabriel Chevalier, auteur du roman ; né en1895 a reçu son enseignement dans une école religieuse et en sort après avoir fait les beaux arts de LYON (en 1911).

Mobilisé en 1914, il est blessé un an plus tard et retourne au front jusqu’à la fin du conflit. Démobilisé en1919 et après avoir exercé plusieurs métiers, il commence à écrire des romans en 1925 : une vingtaine jusqu’à sa mort en 1969. C’est en 1934 qu’il connaitra le succès avec « Clochemerle ».Traduit en vingt six langues et vendu à des millions d’exemplaires, cet ouvrage lui assura gloire et fortune. Ce chef-d’œuvre est encore réédité en collection de poche.

Une douzaine de personnes sont venus dans ce village au cœur du Beaujolais et se sont retrouvés avec beaucoup de chaleur et plaisirs partagés de tous.

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Ce village situé au milieu des vignes offre un paysage très vallonné  et laisse une trouée qui laisse apercevoir le Mont blanc par beau temps.

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Très bien entretenu, la place principale du village rassemble l’église, l’école, la mairie avec ses volets bleus, blanc, rouge, le vieux pressoir de 1870 et le château.

 

L’artère montante nous fait découvrir une très belle auberge ou nous avons partagé notre repas très raffiné. Un peu plus haut de cette rue sur la gauche une deuxième place ou se trouve la « cave du Beaujolais, le musée, le théâtre tournant  de Clochemerle, qui raconte en six tableaux, l’historique du village.

(et des photos des films de Fernandel à Clochemerle)

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Au centre une vieille pissotière publique cylindrique, rappelant les querelles de clocher dont Jean-Luc nous a si brillamment parlé.  A bientôt...

FRANCOIS.

 

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Rencontre du 11 octobre 2010

23 Octobre 2010 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Rencontres

L’endroit était magique à Paris au pied de la tour Eiffel  et pittoresque pour la région Rhône- Alpes à Clochemerle ! Nous en sommes vraiment heureux.

Je remercie Philippe Benadiner et  Jean-Luc Lesueur  pour l’enthousiasme et l’organisation de ces rencontres à Paris et sur la région Lyonnaise.

J'adresse une pensée particulière et un profond encouragement à tous ceux qui auraient voulu venir et que les événements de la vie : santé, travail ou problème de climat social, ont retenu loin de nous.

Je remercie  tous les présents de leur témoignage de sympathie et je remercie tous ceux qui ont pris le temps de répondre même, s’ils ne pouvaient pas être présents, en nous témoignant d’expressions cordiales.

Si l’heure et la journée déplacée n’étaient pas faciles pour les actifs, nous ferons un sondage dans les mois à venir pour une rencontre un dimanche en fin d’après-midi. Actifs et « retraités-actifs » auraient ainsi la joie de se retrouver. C’est une réflexion que je vous offre dès à présent et qui j’espère aura le temps de germer dans vos esprits.

Nous voudrions que ces belles expériences, qui comblent de bonheur un petit nombre trouvent leur échos auprès d’un plus grand nombre de membres du réseau.

Ce serait alors un signe de  témoignage et de générosité du rezo-bazar!

 

 Place à quelques photos; Les inscrits du réseau auront la joie de retrouver ces images et d’autres encore dans le bulletin de fin d’année.   CD

1 And A et Lions2 de Ros Jacob Valmo

3 Lions, Caland Biache Pieters24 Ed D Charm2 Par Such Dieud Bena

5 Par Such Dieud6 Perriaud Allary

7 Farg Lelongt8 Martin 2

18Gusm &co9Bagna Gouill De Ner2

10de Nerv J et M11DSC05225b

12DSC05240b14Perriaud Couple

13Hen Zerg de Ro de Mon16And Gamber

15AD Osw Mich Paris f19Mathieu & Lahoste

20Moreau Pasquier21Parent 2 & Moreau

22Richard Habert Bureau23Such Biach Rich

17de Rosny David24CD Bena Peyr Oswalt

 

Un autre article suit  dans quelques jours pour Clochemerle.

 

 

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Cougourlude … découvertes archéologiques récentes par François Paris

16 Octobre 2010 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #France 6 Sud-Est

 

François vient ici, nous faire découvrir un lieu

exceptionnel découvert lors des journées du patrimoine

pas très loin de Monpellier.

Merci François pour ce reportage.

Drôle de nom pour ce village découvert par les archéologues de l’Inrap, vieux de 2500ans à l’âge de fer, ce village qui a précédé la Lattes Etrusques (entre Montpellier et Palavas). Cougourlude est installé sur les berges de la Lironde, petit fleuve côtier coulant à un kilomètre à l’est de Lattes.

lattesarcheo 

Ce village fait de cabanes sur poteaux porteurs fut repéré dès les années 1960

Incroyable ce village créé en 550 avant JC et qui disparait sans raison apparente moins d’un siècle plus tard (Isabelle Daveau). Il semble qu’un millier de personnes, des Celtes (futurs Gaulois) y vivaient dans des maisons en briques d’adobe. On y travaillait le cuivre, le fer on y élevait des animaux ou on vivait de l’agriculture.

boite-a-sceau-en-bronze-en-forme-de-lampe-a-huile-gallo-rom Cougourlude 3 amphore cuillère en bronze denier-en-argent-d-Auguste-frappe-a-Rome-entre-29-et-27-av

Des pépins de raisin  et des amphores ont été retrouvés attestant de la première culture de vignes connue dans cette partie de la Gaulle.

Mais grâce  à ses traces d’amphores, on sait  que ces futurs « gaulois » terme utilisés par les romains, aimaient le vin et qu’ils  étaient d’excellent commerçants  avec tout le bassin méditerranéen à observer les pièces de monnaies, les bijoux, les amphores, les céramiques découvertes sur place.

A suivre dans tes nouvelles recherches François, bientôt Arles!....

 

 

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Jim Harrisson: les jeux de la nuit par Antoine Eminian

12 Octobre 2010 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Livres et poésies

Harrison a dit  « Je ne comprends le monde que lorsque je l'écris » ...

Antoine Eminian vous invite à lire le livre Les jeux de la nuit .

Merci Antoine d''accepter d'être notre critique littéraire.

 

Jim Harrison : Les Jeux de la nuit

Livre les jeux de la nuit

 

Chaque nouveauté de l’écrivain américain est attendue avec impatience par de nombreux lecteurs dont je fais partie. Ce nouveau livre est un recueil de trois nouvelles d’une centaine de pages chacune où à chaque fois, un personnage solitaire cherche à calmer une souffrance qui le ronge et trouver la rédemption.

La fille du fermier nous narre le désir de vengeance de Sarah, une très jeune adolescente violée par un fils d’éleveur après une fête bien arrosée. Sarah n’a pas d’amis, ou si peu, une copine Marcia beaucoup plus délurée qu’elle et un jeune gars affligé d’un pied-bot. « Son piano était littéralement sa parole, la seule conversation qu’elle entretenait avec le monde. Son père parlait peu, et sa mère, tout occupée à trouver ce qu’elle allait répondre, n’écoutait pas. »

Chien Brun, le retour, comme son nom l’indique nous retrouvons ici Chien Brun, l’ami Indien de l’auteur qui va et vient au gré de l’inspiration de Jim Harrison à travers son œuvre forte aujourd’hui de près de vingt-cinq livres. Aujourd’hui Chien Brun, célibataire endurci, est sorti illégalement des Etats-Unis vers le Canada avec sa nièce que les autorités veulent placer dans un foyer pour jeunes handicapés. Une épopée paillarde où l’Indien nous livre quelques secrets sur sa vie passée tout en étant à l’affût de la moindre occasion pour satisfaire sa libido débordante alors que son amie Gretchen abonnée aux plaisirs saphiques exclusivement, a jeté son dévolu sur lui pour une insémination artificielle !

La dernière nouvelle qui donne son titre à l’ouvrage, Les jeux de la nuit est une variante du mythe du loup-garou. En voulant sauver un louveteau orphelin, un jeune garçon est mordu accidentellement par l’animal et chaque mois quand survient la pleine lune, une puissante force intérieure le ronge et le pousse dans des excès de gloutonnerie et de sexe. La solitude semble inexorable, l’obligeant à ces époques à fuir vers les grands espaces déserts des forêts et montagnes.

Sans entrer dans les détails pour ne pas vous gâcher la lecture, disons que Jim Harrison ménage une porte de sortie plutôt optimiste à ses personnages même si l’avenir de certains ne s’annonce pas vraiment rose. Les trois textes ne sont pas du même niveau d’écriture qui va du très bon (Les Jeux de la nuit) au moyen (Chien Brun, le retour), on trouve des répétitions étranges entre les textes où par exemple tout le monde écoute la même chanson de Patsy Cline, mais on se régale toujours des paysages de cette Amérique chère à l’écrivain et à notre cœur, du Montana au Texas, la nature toute puissante, la faune et la flore, les parties de pêche, les bivouacs au bords des rivières. Les préoccupations basiques de Jim Harrison sont toujours les mêmes, boire de bons coups, bien bouffer mais, et c’est là le bémol que je mettrai à ce livre, ses délires sexuels égrillards d’autrefois semblent prendre une part plus importante et frôler la pornographie, une facilité moins intéressante trahissant les fantasmes d’un vieil homme (73 ans) en difficulté de ce côté-là ? A cette heure le luron est toujours vivant et il nous offre un très bon bouquin, c’est tout ce qui compte pour nous au pays des lecteurs.  

 

« Ce premier automne, nous faisions de longues virées parmi les collines des environs, cachant nos vélos avant de poursuivre à pied dans les canyons, tuant des serpents à sonnette avec la Remington de calibre .22 à un coup de Lawrence. Il achetait des cartouches bourrées de chevrotine et dégommait des cailles qu’Emelia cuisait ensuite avec habileté sur une pierre plate entourée de braises. Petit Dicky avait toujours du sel sur lui, dans une bourse fixée à sa ceinture. »

 

Jim Harrison  Les jeux de la nuit  chez Flammarion

Jim-Harrison

 

    

 

 

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