Ultra fast-fashion : retour sur l’audition Shein / BHV au Sénat
4 Février 2026 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #BHV news
Comme promis, avec du retard, car l'actualité primait,
Voici un bref résumé d'1h45 mn d'émission,
mais vous pouvez la regarder sur Youtube :
Le 21 janvier 2026, la commission des Affaires économiques du Sénat a auditionné les représentants de Shein France et du BHV, dans un contexte de vives controverses autour de l’ultra fast-fashion et de l’implantation de la marque chinoise au sein d’un grand magasin historique parisien.
Un cadre sous tension dès l'introduction
En ouverture de séance, le président de la commission a rappelé l’objectif de cette audition :
« Clarifier les pratiques commerciales de Shein et du BHV, répondre aux critiques récentes et expliquer les conditions de l’implantation de Shein au sein du BHV. »
Un cadre posé, mais une atmosphère rapidement devenue tendue, tant les attentes des sénateurs et des acteurs du secteur étaient élevées.
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BHV : une “expérimentation commerciale” assumée
Une stratégie de flux, pas une rupture selon la direction
Frédéric Merlin, président de la Société des Grands Magasins (SGM – BHV), a défendu le partenariat avec Shein comme une initiative expérimentale, destinée avant tout à revitaliser la fréquentation du magasin.
Selon lui, l’espace Shein attire un public nouveau, qui ne se rendait pas auparavant au BHV. Même si les achats ne sont pas systématiques, le gain se mesurerait en flux et en visibilité, avec l’ambition de redistribuer ce trafic au reste du magasin et aux commerces de centre-ville.
Il a toutefois reconnu des erreurs dans la mise en œuvre initiale, notamment dans le choix des produits proposés, mal alignés avec les attentes de la clientèle historique du BHV. Ces ajustements seraient aujourd’hui intégrés dans la stratégie.
Une réponse prudente aux critiques éthiques
Sur les nombreuses polémiques entourant Shein (conditions de production, impact environnemental, transparence), Frédéric Merlin a adopté une position mesurée. Sans nier l’existence de controverses, il a souligné la difficulté de distinguer accusations générales et faits avérés, rappelant que son rôle de dirigeant de commerce physique restait centré sur la création de valeur économique pour le territoire, à Paris comme en région.
Shein : un discours de coopération plutôt que de confrontation
De son côté, Quentin Ruffat, porte-parole de Shein, a insisté sur la volonté du groupe de coopérer avec les acteurs nationaux, rejetant l’image d’un acteur prédateur.
Selon lui, l’implantation physique de Shein ne s’inscrirait pas dans une logique de concurrence destructrice, mais dans une dynamique d’accompagnement et d’adaptation aux réalités du commerce français.
Des réactions très critiques des acteurs externes
les fédérations professionnelles dénoncent un manque de transparence
Plusieurs organisations professionnelles, dont la Fédération française du prêt-à-porter féminin, ont vivement critiqué le déroulé de l’audition. Elles ont reproché aux représentants de Shein et du BHV de ne pas répondre clairement aux questions sur leurs pratiques commerciales et sur l’impact réel de l’ultra fast-fashion sur l’industrie locale.
L’expression ironique de “Pipo & Bimbo au Sénat” a circulé dans les commentaires externes, illustrant le malaise et la défiance d’une partie de la filière.
Des sénateurs très offensifs
Un scepticisme marqué, notamment chez les écologistes
Parmi les interventions marquantes, le sénateur écologiste Yannick Jadot s’est montré particulièrement sévère, qualifiant l’alliance BHV–Shein de « mortifère pour l’industrie textile européenne »,
en soulignant les risques pour les marques locales et l’environnement.
Des interrogations de fond sur le modèle
Au-delà des positions politiques, de nombreux sénateurs ont soulevé des questions transversales :
Cohérence du modèle économique présenté ;
Garanties concrètes pour les PME, artisans et marques françaises ;
Impact environnemental et social de l’ultra fast-fashion ;
Manque de données précises sur les effets réels du partenariat sur les commerces de centre-ville.
Plusieurs élus ont estimé que les réponses apportées restaient trop marketing, insuffisamment étayées par des indicateurs concrets, et parfois défensives face à des inquiétudes jugées légitimes.
Une audition sous haute tension
L’échange a été ponctué d’interpellations directes, certains sénateurs reprochant aux dirigeants auditionnés de ne pas répondre avec suffisamment de précision ou de transparence, notamment sur :
- Les conditions de production,
- Les normes sociales,
- La durabilité environnementale,
- Et l’impact économique réel sur l’écosystème textile français.
En conclusion
Si les sénateurs ont globalement reconnu la nécessité d’analyser la place d’acteurs comme Shein sur le marché français, l’audition a surtout mis en lumière un profond fossé entre le discours des entreprises et les attentes des pouvoirs publics et des professionnels du secteur.
Les questions centrales restent ouvertes :
- Quel avenir pour l’industrie textile locale face à l’ultra fast-fashion ?
- Quelles garanties sociales et environnementales crédibles ?
- Et jusqu’où un grand magasin historique peut-il aller dans ce type de partenariat sans renier son rôle économique et culturel ?
Un débat qui, à l’évidence, ne fait que commencer….
CD
Article le progrès Partiel non développé dans l'article ci-dessus
21 janv. 2026
« Une offre de choix » et non « une injonction à consommer »
Shein revendique « 25 millions d'utilisateurs actifs en France » au premier semestre 2025 et représente « une offre de choix », et non « une injonction à consommer », a plaidé Quentin Ruffat. Il voit dans le modèle de production de Shein « à la demande » une révolution face au commerce plus classique et ses taux d'invendus de « 20 à 40 % ». Shein a un taux « à un chiffre ».
Avec son volume colossal de références proposées, majoritairement en matière plastique, Shein est régulièrement accusé par des ONG environnementales d'encourager la surconsommation et d'aggraver la crise environnementale, des tonnes de vêtements peu durables finissant dans des décharges sauvages à travers le monde. Shein a émis 26,2 millions de tonnes de CO₂ en 2024 (+23,1 % par rapport à 2023), soit plus que Zara et H&M réunis.
Interrogé sur le travail forcé de la minorité musulmane des Ouïghours en Chine, comme le dénoncent des ONG, Quentin Ruffat a renvoyé au chiffre de 95 % des fournisseurs de Shein audités en 2024 par des cabinets indépendants. Shein explique avoir « trois points de zéro tolérance : le travail d'enfants, le travail forcé et le refus de se soumettre à un audit indépendant ». En 2024, Shein a cessé de travailler avec 12 fournisseurs pour ces raisons.
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