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Le blog du Réseau Bazar BHV

L’eau coule sous le pont de SAINTES 5 par Jean-Pierre Franssens

30 Août 2019 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #France 4 Sud-Ouest

L’eau coule sous le pont de SAINTES 5 par Jean-Pierre Franssens

Le pont traversé, nous voici sur les extensions de la ville à l’est, ou nous allons découvrir au rythme de la grande avenue, face au cours National, et nommée Gambetta.

Sur cette partie à l’est, se trouve, le musée, le grand parc, la prison, l’abbaye aux Dames, le Haras national et la gare.

Notre priorité sera l’abbaye, mais rien ne nous empêchera de regarder autour et préciser quelques historiettes.

Commençons dans la bonne humeur par le parc, car là, debout, statufié sur cette allée publique, un personnage considéré comme faisant partie du patrimoine local, nommé Goulebenéze avec un accent aigu car il n’y a rien de grave, en lui.

Il est né en 1877, fils d’Eugène et Néhomaîe Poitevin, à Burie tout près.

Il fait ses études à Saintes et entre-autre, il part à la conquête de toutes les scènes charentaises. Il est chanteur à voix profonde avec des intonations comiques. Il remporte un vif succès.

Il brosse le saintongeais, l’écrit et son pseudo vient du fait local : « avoir la figure réjouie de l’épicurien », soit, la « Goule bien aise » Monsieur Evariste Poitevin dit « Goulebenéze » est mort en 1952, honoré par la ville et statufié en parc et a la villa Musso vue précédemment en partie 4.

PH 95 PH 96

« Noute patois o faut pas avouère j’honte de l’causer pac’qui vint d’loin et o l’est c’qui zi doune sa nobiesse.

Dans la goule de noute Grand Maître à teurtous, Goulebenéze ! Y l’a fait la glouère et la r’noummée de noute Sainthonjhe. »

Après cette amusette, passons le seuil de l’abbaye aux Dames toute proche.

Saint Pallais, l’un des évêques du diocèse de Saintes à ses origines-au VIème siècle- et est celui qui aurait découvert la sépulture de Saint Eutrope (cité en partie 4 précédemment). Son nom fut donné a un faubourg qui accueillera l’abbaye aux Dames.

L’église Saint Pallais jouxte ces bâtiments et l’abbatiale Notre Dame présente un mélange de roman et de gothique. Elle est l’héritière du sanctuaire funéraire de saint Pallais enterré dans la nécropole antique (VIème) au bord de la voie romaine menant au pont.

La place St Pallais servait encore de cimetière au XVIIIème siècle.

La nef se l’église a reçu deux voûtes d’ogives alors que ses piliers du XIIème siècle étaient destinés à recevoir une voûte en berceau romane. Le chœur gothique à chevet plat est du XIIIème siècle.

L’eau coule sous le pont de SAINTES 5 par Jean-Pierre Franssens
L’eau coule sous le pont de SAINTES 5 par Jean-Pierre Franssens

 

 

Nous sommes en 1047 et Geoffroy Martel, fils du comte d’Anjou Foulque Néra qui gérait la Saintonge et Agnès de Bourgogne son épouse, vont s’investir depuis 1030 en la restauration d’édifices et fondations, dont l’abbaye aux Dames. Elle sera consacrée solennellement le 2 novembre 1047.

Les droits et possessions ont été confirmés par une bulle du pape Léon IX en 1049.

Ce fut la plus grande communauté de femmes dans la France du Sud-ouest en cet espace soumis a la règle bénédictine. Elle conservera son indépendance de tout temps.

C’est la révolution qui mit un terme à plus de 7 siècles d’histoire monastique.

Nous trouverons quelques étapes lors de notre visite, a commencer par l’abbatiale Notre-Dame.

L’eau coule sous le pont de SAINTES 5 par Jean-Pierre FranssensL’eau coule sous le pont de SAINTES 5 par Jean-Pierre Franssens
L’eau coule sous le pont de SAINTES 5 par Jean-Pierre FranssensL’eau coule sous le pont de SAINTES 5 par Jean-Pierre Franssens

1- Main divine cernée d’un disque bénissant le fidèle et adorée par les anges.

2- Agneau portant la croix encadré par les quatre symboles des évangélistes.

3- Le massacre des innocents.

4- Les vieillards de l’Apocalypse tenant des coupes et instruments de musique.

 

 

L’abbatiale consacrée en 1047 était une église en forme de croix latine, dotée d’une nef, d’un transept muni d’absidioles et d’un chevet plus court terminé par une abside en hémicycle. Des transformations ont eu lieu au XIIème.

Une nouvelle façade ajoutée en avant de l’ancienne, au début du XIIe.

La nef et le transept conservent pour l’essentiel leurs élévations d’origine, par contre la longueur est passée à 25 mètres et la largeur à plus de 15 m. Les calottes des deux coupoles couvrant la nef ont disparu au XVIIème et furent remplacées par deux plafonds en bois.

A la fin du XIXème : transformation du chevet

L’eau coule sous le pont de SAINTES 5 par Jean-Pierre Franssens

 

 

 

 

 

Dans l’abbatiale romane l’art contemporain se manifeste à travers un ensemble de 13 tapisseries sur le thème de la création du monde...appelées ; « La Tapisserie de la Genèse ». Celle-ci est l’œuvre de l’artiste Jean-François FAVRE et, pour la réalisation, celle de la communauté Chrétienne de l’Abbaye aux Dames.

Une rencontre harmonieuse et vibrante entre la musique et les arts plastiques et un souhait du directeur du festival de musique ancienne...du textile sur les murs. Ce choix date de 1982 préparé et choisi par le prêtre Michel Fournier.

L’achèvement et la mise en situation s’est faite en 1996.

Ces tapisseries sont en laine sur canevas de lin.

18 000 heures de travail pendant 14 années à plus de 700 personnes en relais et en collectif. 12 tapisseries de 3m sur 1,60 m et 1 de 6 m sur 3,60 m.

Travail suivi par Madame Favre, le père de François, Georges Favre a créé 14 pièces pour orgue en 1987 et une œuvre du compositeur Y, claqué pour l’inauguration de juin 1991.

 

 

 

 

Je me suis permis de prendre en photos quatre des 13 tapisseries afin, par cette sélection vous présenter une humble partie de ce travail gigantesque et qui vaut d’être évoqué pour l’esprit, la beauté, la patience et le don aux visiteurs de l’abbatiale. Famille FAVRE ...Merci.

Revenons maintenant sur cette cour de l’abbaye où nous découvrons l’aile monastique qui a connu tout au long des siècles des occupations et des incidents divers. En voici quelques époques….relatées succinctement ….

Capétiens et Plantagenets se battent pour la ville au XIIIème, au XIVème des destructions au sein de l’abbaye par des anglo-saxons. La restauration est terminée au XVème à la faveur d’une reprise économique du Moyen Age.

Au XVIème siècle, une Françoise de la Rochefoucault va protéger l’abbaye de la guerre civile.

Au XVIIème, les bâtiments monastiques furent touchés par deux incendies.

A ce moment là se tenait une école tenue par des femmes de grandes familles et fréquentée par des jeunes filles de la noblesse, dont une entre autre, nommée Françoise Athénaîs de Mortemart de Rochechouart devenue Marquise de Montespan.

De 1597 à 1663 une nommée Françoise de Foix dirigeait la communauté des Moniales selon la règle bénédictine ; 66 années de rigueur, dévouement et habit noir.

Mais nous l’avons vu ci-dessus, la révolution va bouleverser 7 siècles, l’église devient communale, la communauté dispersée et le lieu devient une prison pour prêtres réfractaires, puis 1808, Napoléon en fit une caserne et plusieurs régiments, infanterie ou cavalerie jusqu’au XXème siècle vont y séjourner.

De ce fait,  tous les locaux marqués "cloître"vont être détruits afin de libérer l’espace central pour entraînements hommes et chevaux.

L’eau coule sous le pont de SAINTES 5 par Jean-Pierre Franssens
L’eau coule sous le pont de SAINTES 5 par Jean-Pierre FranssensL’eau coule sous le pont de SAINTES 5 par Jean-Pierre Franssens

L’église, classée aux monuments historiques en 1840 en 1 ère liste, donc entretenue, a été rendue au culte en 1939.

1944, bombardement et nouvelle restauration qui va servir d’asile aux familles bombardées et enfin 1972, des bénévoles lancent l’entretien des locaux et créent le festival de juillet, de musique ancienne et qui aujourd’hui s’est ouvert sous le slogan « Cinq siècles de musique contemporaine ».

1988 Inauguration nouvelle pour la réhabilitation des bâtiments monastiques en présence du Président François Mitterrand.

Entrons, si vous le voulez bien…. par la porte maniériste du XVIIème siècle …..

 

 

 

 

 

 

 

 

L’eau coule sous le pont de SAINTES 5 par Jean-Pierre FranssensL’eau coule sous le pont de SAINTES 5 par Jean-Pierre Franssens

Et voilà qu’ils m’éteignent la lumière…alors quelques vues en nocturne, merci pour votre visite et les lumières reviendront certainement …. Bientôt

 

N'oublions pas le guide ! un commentaire lui sera agréable!...

Nous retrouverons jean-Pierre la semaine prochaine pour la fin de ce super feuilleton! Si vous passez en Charentes, Vous ne visiterez pas Saintes par hasard!

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Michel Bindault 31/08/2019 11:53

Bonjour Jean-Pierre,
Tu nous as sorti un " sacré numéro " avec ces reportages sur la ville de Saintes !
Je sais que Fontcouverte est très proche de Saintes mais tu connais chaque monument, rue et personnage ayant illustré cette cité;
Félicitations pour les descriptifs, commentaires et détails illustrés par des photos bien choisies.
La richesse patrimoniale de cette ville de Saintes est impressionnante.
Nous attendons la suite de ce descriptif " monumental".
Belle fin d'été et amitiés .