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Articles avec #livres et poesies tag

ALIENOR D’AQUITAINE ET LES BARONS BERRICHONS par Martine Mallein-Leguédois

16 Janvier 2020 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Echos des membres, #Livres et poésies

Vous aimez l’Histoire de France…Vous connaissez le Berry  ou vous êtes un passionné d’Aquitaine… Ce livre est fait pour vous.

Nous avons déjà édité des articles sur notre collègue Martine Mallein Leguédois, et  en ce début d'année nous venons la féliciter car elle manie la plume à la perfection!

Martine vient de publier son nouveau Carnet d’histoire : Aliénor d’Aquitaine et les Barrons Berrichons. Elle nous relate l’histoire d’Aliénor d’Aquitaine dans la première partie de sa vie…. Chut !...

Martine va vous narrer quelques passages de ce carnet… que vous aurez envie de lire. (90 pages)…. La suite, on vous en reparlera.

ALIENOR D’AQUITAINE ET LES BARONS BERRICHONS

Deux cents ans après l’écroulement de l’Empire bâti par Charlemagne, la France comprend une dizaine de grands fiefs, un assemblage disparate lui-même fragmenté et morcelé. Entre 1122 et 1126, Louis VI sort du cadre de sa principauté capétienne, franchit la Loire et mène une première campagne contre Guillaume IX d’Aquitaine. Cette équipée, après l’incendie de Montferrand, sera un échec. Louis VII, son fils, va poursuivre la même politique, son mariage avec la jeune héritière, Aliénor, en 1137, permettra au souverain d’agrandir son territoire jusqu’aux Pyrénées avec l’assujettissement des fiefs de Limoges, Poitiers, Angoulême, Bordeaux et des droits sur le comté de Toulouse.

Ce succès ne sera qu’éphémère car au retour de la deuxième Croisade, les époux se séparent, décision actée au concile de Beaugency en 1152.

La partie occidentale du royaume, soit environ un tiers de sa superficie, est perdue au profit des Plantagenêts. Le remariage d’Aliénor a lieu à Poitiers le 11 mai 1152 avec Henri et le couronnement des époux à l’abbaye de Westminster en 1154. L’empire d’Henri II d’Angleterre s’étend désormais de l’Ecosse jusqu’aux Pyrénées. Le souverain anglais devient vassal du roi de France pour ses possessions françaises.

Quelle sera alors la position d’Aliénor vis-à-vis de ses terres françaises, quelle sera l’attitude adoptée par ses Barons Berrichons, nous le découvrirons lors de la sortie prochaine d’un nouvel ouvrage en cours de rédaction.

Pour l’heure, prenons connaissance de cette princesse devenue Reine de France.

Une si belle princesse, la plus riche, la plus spirituelle du royaume !

Son héritage est énorme.

Il faut le découvrir et prendre connaissance de l’immense étendue de ses fiefs.

Si l’on confiait la parole à Aliénor, elle aurait certainement une faiblesse pour le comté de Poitou intimement lié à l’Aquitaine, avec sa capitale, Poitiers.

Elle rappellerait que, de 828 à 902, le comté de Poitiers était disputé entre les deux familles des Guilhelmides et les Ramnulfides. Ce sont finalement ces derniers qui parviennent à conserver le comté et à le réunir au duché d'Aquitaine. Ramnulf ler de Poitiers est le premier à cumuler les deux titres : Poitou-Aquitaine.

Cette carte donne la dimension des territoires d’Aliénor.

ALIENOR D’AQUITAINE ET LES BARONS BERRICHONS par Martine Mallein-Leguédois
  • Il faut noter le Bas-Berry qui comprend les seigneuries de Déols et d’Issoudun qui lui appartiennent, face aux terres franques, en bleu, de Bourges et Dun-le-Roi.

Aliénor connut l’amour, le pouvoir et le désamour !

Son  père est le duc Guillaume X (1099-1137), marié, à Aénor de Chatellerault (1103-1130).

Quant à sa grand-mère maternelle, Amauberge de l’Isle Bouchard  surnommée, la Dangereuse, femme de tempérament à qui l’on donna ce sobriquet en faisant allusion à son charme. Elle fut la maîtresse de Guillaume le Troubadour. Ne cherchons pas plus loin, on comprendra qu’Aliénor ait pu lui ressembler.

Aénor donna naissance, quelques années plus tard, à Pétronille en 1125, puis à un fils, Guillaume Aigret mort à 4 ans. Elle décèdera à Talmont-sur-Gironde.

Le lieu de naissance d’Aliénor reste un mystère. Dans la région bordelaise, très certainement, au château de Belin-Béliet peut-être, ce qui est avéré, c’est qu’elle a favorisé ce village en lui octroyant une charte avantageuse. On évoque une autre possibilité, le Palais de l’Ombrière à Bordeaux, palais détruit aujourd’hui. Sa date de naissance est vague 1122 ou 1124.

La jeune aristocrate fut intronisée héritière à 12 ans. A la mort de son père, elle n’a que 15 ans.  Elle reçoit une excellente éducation à la cour d'Aquitaine, l'une des plus raffinées de son époque, celle qui voit naître l’amour courtois (le fin amor)[1].

Les troubadours, à sa cour, seront les chantres d’une véritable religion de l’amour en langue occitane, il va se diffuser à la cour des ducs d’Aquitaine.

Pour l’heure, Aliénor est belle, enjouée, pleine d’esprit, cultivée, avec des goûts luxueux. Elle plaît aux hommes[2] de son entourage et à ses vassaux de l’Aquitaine.  Elle va faire preuve d’un tempérament de feu, d’une volonté de fer.

Ci-contre, seul portrait d’Aliénor représenté sur un vitrail de la cathédrale de Poitiers

Aliénor va apporter une dot très particulière à Louis VII. Il était écrit que le duché aquitain ne s’absorberait pas immédiatement dans le royaume de France. L’union devait rester purement personnelle, le duché ne revenant à la Couronne qu’à la génération suivante.

Le jeune Louis a quitté Paris pour Bordeaux à la tête de 500 chevaliers pour rejoindre le bordelais. Les Barons Berrichons prendront le même chemin.

Le mariage entre Aliénor et le prince héritier, Louis, le 25 juillet 1137 se déroule publiquement dans la cathédrale Saint-André de Bordeaux.

 Suger conduit le jeune Louis vers sa future épouse.

La grande nef, de style gothique angevin, est plus que remplie, l’autel est merveilleusement fleuri.

Ce mariage est un événement. Vont suivre, comme de coutume, les festivités profanes de mariage et durer plusieurs jours. Barons et chevaliers participent à cette cérémonie et seront invités au palais de l’Ombrière pour participer à des banquets pantagruéliques.

Ils jugent leur princesse magnifique.....

[1] Il consiste pour un homme de se comporter de belle façon avec une dame pour laquelle on éprouve du désir et des sentiments, il s’agit là d’une attitude tout à fait conventionnelle. La littérature et la poésie évoquent cet amour qui se vit hors mariage où la vénération de la dame conduit le chevalier à se dépasser pour sublimer son désir

[2] Elle saura se montrer fort jalouse lorsque son époux, Henri II, la trompera avec Rosemonde de Clifford.

Martine présente ses vœux de bonheur et santé à tous les membres du réseau.

Martine nous en dira plus dans quelques semaines!

Merci Martine

CD

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Roman d'été : Un Silence brutal de Ron Rash présenté par Antoine Eminian

10 Mai 2019 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Livres et poésies

Un roman à lire : Un Silence brutal de Ron Rash présenté par notre critique littéraire Antoine Eminian.

Merci Antoine pour cet article, comme toujours remarquable.

Bonne lecture à tous!

 

Ron Rash, né en Caroline du Sud en 1953, titulaire d’une chaire à l’Université, écrit des poèmes, des nouvelles et des romans. Son premier roman paru en France en 2009, Un pied au paradis, avait fait forte impression et Serena en 2011, l’imposera comme l’un des grands écrivains américains contemporains. Son nouveau roman, Un Silence brutal, vient tout juste de paraître.

Une bourgade dans les Appalaches, un coin perdu de Caroline du Nord entre rivière et montagnes, qui fut certainement jadis une imitation du Paradis. Ici tout le monde se connait depuis l’enfance. Les, le shérif n’est plus qu’à quelques semaines de la retraite mais ses derniers jours vont être bien difficiles à gérer quand Tucker, propriétaire d’un relais Nature et Pêche attirant de riches touristes en quête de truites mouchetées, accuse Gerald d’avoir empoisonné la rivière pour couler son entreprise. Le vieux Gerald, malade du cœur, un peu braconnier certes mais amoureux fou de ces poissons pleins de vie, aurait commis ce crime ? Becky, la poétesse, garde forestière éprise de nature, n’y croit pas et Les ne semble pas vraiment convaincu non plus…

Ron Rash est de retour avec un roman franchement superbe offrant de multiples motifs de satisfaction. Vous aimez la nature, vous serez comblé, la faune, la flore, l’air ambiant, les décors sont des cartes postales à rendre écologistes les plus réfractaires. Vous aimez les polars, celui-ci tient la route sans être particulièrement démoniaque non plus et pouvant convenir à tous les publics. Vous aimez les romans avec des personnages dont on s’entiche immédiatement, vous allez être servi car c’est le point fort de ce bouquin.

Roman à deux voix, Les et Becky en sont les protagonistes principaux. Elle et lui ont des passés chargés : Becky, l’homme de sa vie, terroriste écolo est décédé ; Les, sa femme l’a quitté avant de mourir. Chacun évoquera avec ses mots, ses moments de leurs vies d’hier ou de la timide idylle qui faillit les unir autrefois. Ron Rash associe à ces voix, un style d’écriture distinct, à l’identique de ces groupes de rock où les deux guitaristes jouant d’instruments de modèles différents peuvent mêler leurs solos tout en restant bien identifiable l’un de l’autre.

J’ai parlé de nature et de Paradis jadis, mais aujourd’hui, même en ces contrées reculées la drogue (la meth) fait des ravages. Un jeune adjoint du shérif écœuré rendra son insigne après un épisode sordide. Pourtant, Rash ne voulant pas noircir le tableau, en tire une belle image : sur un bout de terrain jonché d’immondices de drogués, seringues et autres joyeusetés, pousse une fleur rare… Le monde va de mal en pis, « Je vous jure, Les, c’est devenu tellement moche que je trouve pas les mots pour le dire, pas vous ? » Si Les n’en dit rien, lui le flic pragmatique et adepte du compromis, on devine que le monde d’hier n’est déjà plus sa préoccupation : il va boucler l’affaire d’une manière toute personnelle, favorisant le bon sens plutôt que la loi, et après… une autre vie commencera.

Un roman dont je me suis régalé, lu lentement pour ne pas arriver trop vite à l’épilogue. Un rythme légèrement traînant, des personnages très humains, c'est-à-dire fragiles et forts, hantés par le doute, des mauvais mais pas trop, des gentils mais pas complètement innocents, tous très attachants néanmoins.

« - On a tué des truites au sommet de la cascade, Les, des truites mouchetées, reprit Becky, dont la voix trahissait à présent davantage d’émotion. « Je suis montée là-haut avec Gerald pour les observer, cet automne. Si tu nous avais accompagnés, ce matin-là… oui, tu saurais que ça ne peut pas être lui. Ces truites mouchetées, Gerald ne voulait pas les prendre pour les manger. Il voulait tout simplement qu’elles soient là, et qu’elles y restent, poursuivit-elle d’une voix qui se brisait. Si tu avais vu comment il les regardait, Les, il les aimait. »

 

Ron Rash   Un Silence brutal   Gallimard La Noire - 257 pages –

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Isabelle Reinharez

POLAR

COUP DE CŒUR

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Interview de Martine Mallein-Leguédois sur son dernier livre.

5 Avril 2019 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Echos des membres, #Livres et poésies

« Petite histoire illustrée

de l’ancienne principauté

de Boisbelle-Henrichemont »

Vous allez adorer ce livre de notre historienne, Martine Mallein Leguédois, bien connue des écrivains locaux.  Martine, dans ce livre a innové, en ajoutant de nombreuses photos des lieux et bâtiments.

Cet ouvrage très illustré en couleur, format paysage sur beau papier brillant de 200 g, est  très plaisant. Il illustre bien cette histoire locale du Berry qu’Elle accompagne par un texte sobre et des documents d’archives.

CD : Martine tu viens d’éditer un nouvel ouvrage intitulé « Petite histoire illustrée de l’ancienne Principauté de Boisbelle-Henrichemont, peux-tu nous le présenter.

MM : Une fois encore c’est le Berry qui est mon centre d’intérêt. Voilà douze ans que c’est mon sujet de prédilection. L’histoire de cette ancienne province française composée depuis la Révolution de deux départements, le Cher et l’Indre, me passionne. J’y trouve un patrimoine historique et culturel exceptionnel, à commencer par le petit village de mes ancêtres où nous possédons une petite maison. 

CD : D’où l'idée de ce nouvel écrit?

MM : Effectivement, voilà une bonne douzaine d’années que j’essaie de découvrir l’origine de cette petite principauté située « près Berry ».

CD : J’aimerais comprendre pourquoi représenter ton village en première de couverture par un Chêne, cela m’intrigue et mettre en 4ème de couverture une photo de sa place centrale ?

Interview de Martine Mallein-Leguédois sur son dernier livre.
Interview de Martine Mallein-Leguédois sur son dernier livre.

MM : Le chêne est tout d’abord le symbole de majesté, de force, de longévité, de solidité, ce qui est le cas de notre petit village dont on trouve l’origine depuis l’an mille et qui connut son apogée au XVIIème siècle avec Sully.

Par ailleurs, si l’on se réfère aux Grecs, le chêne est le temple où demeuraient les nymphes, vivant ainsi en harmonie avec la nature. Or la cité de Sully se cache au milieu des forêts qui l’entourent et selon le folklore berrichon, notre terre est pays d’un certain occultisme. On parle de « birettes » c’est-à-dire de sorcières mais aussi de fées, de jeteurs de sort mais aussi de leveurs de sorts. Ne l’oublions pas qui mieux que George Sand raconta ce pays berrichon dans ses romans champêtres.

CD : Je comprends mieux maintenant pourquoi tu évoques un Chêne. Quelle est la raison qui t’a amenée à mettre au dos de ton ouvrage la photo de la place centrale ?

MM : Car c’est un joyau de l’architecture et de l’urbanisme du XVIIè siècle, on en reparlera plus loin.

 CD : J’en reviens au terme que tu as évoqué une principauté « près Berry » Qu’entends-tu par ce terme de « près Berry » ?

 

Borne limite de la principauté et de la courronne de France

MM : Il s’agit d’un très petit Etat, indépendant du royaume de France, très pauvre, ne couvrant que de 15000 ha seulement. Ma curiosité m’a conduite à remonter le temps, jusqu’à son origine possible vers l’an 1000 et à essayer de connaître ses princes, cousins des rois de France, qui gouvernèrent la Principauté dite de Boisbelle, en toute autonomie.

CD : Tu nous racontes par conséquent l’histoire de cette Principauté de Boisbelle, mais d’où vient ce nom d’ Henrichemont que tu y associes ?

MM : Sully, le grand ministre de Henri IV est passé par là. Voulant se constituer un territoire au cœur de la France, il acheta la Principauté au prince Charles de Gonzague en 1605 et on ne sait pas exactement pourquoi, il décida d’y construire ex nihilo, c’est-à-dire à partir de rien, sa capitale à laquelle il donna le nom de son souverain Henrici Mons d’où Henrichemont.

 

CD : Il a donc construit sa ville ou plutôt sa capitale, c’est incroyable. Il a réussi cette gageure ? Mais comment, avec quels deniers ?

MM : Avec la générosité du Roi. Ainsi la construction de la ville commença-t-elle en 1609 avec un architecte exceptionnel, Salomon de Brosse, qui plus tard construira le palais du Luxembourg et le grand urbaniste, Claude de Chastillon, pour ne citer que les plus célèbres de ces bâtisseurs.

 

Henrichemont pavillon dessin de Salomon de Brosse  biblio de l'institut

Henrichemont pavillon dessin de Salomon de Brosse biblio de l'institut

Henrichemont plan de l'urbaniste Claude de Chastillon

Henrichemont plan de l'urbaniste Claude de Chastillon

CD : Que du beau monde! 

MM : Sully a fait appel au gratin parisien pour construire sa ville et pour faire acheter les belles maisons par les mêmes propriétaires que ceux de la place des Vosges.

Hotel de Sully

Hotel de Sully

CD : Cette cité ne figure pas, me semble-t-il, dans les guides touristiques

MM : Ou si peu, car trois fois hélas, Henri IV était assassiné en 1610 et le chantier de la ville n’allait pas être achevé. Tu comprends maintenant tout l’intérêt que je porte à Boisbelle et à Henrichemont. Beaucoup d’écrivains du XIXème siècle se sont plongés dans l’histoire de cette petite principauté. Les écrits se sont multipliés encore au XXème siècle. J’ai donc souhaité faire connaître la vie de la petite principauté « près Berry » en accordant une primauté à l’image. A l’époque actuelle on croit beaucoup à la culture de l’image. C’est ce que j’ai essayé de faire en adoptant pour l’ouvrage un format original à l’italienne, ce qui m’a permis de mieux mettre en valeur mes nombreuses photos.

 

 

Henrichemont la place Henri IV et le puit
Porche hôtel du boeuf

 

Plus vielle maison de Boisbelle 16e s

Plus vielle maison de Boisbelle 16e s

CD : Je comprends, c'est un beau travail , bravo Martine. Combien de pages ?

MM : Ce livre possède 76 pages avec une centaine de photos, le tout sur un beau papier glacé et une couverture cartonnée. Je le vends 20 € plus frais d’expédition.

CD : Merci Martine pour cette conversation qui nous a permis de découvrir, avec beaucoup d'intrêt « ta principauté »

MM : J’ai oublié de te dire qu’on n’y payait pas d’impôt !

 

Prix 20 € +6.60 de port et emballage.

En vente par correspondance à l’association : «  Maintenir la Mémoire locale/Martine Mallein –Leguédois »

 mail : amml180@yahoo.fr

Photo aérienne Henrichemont 2009 ph  jp Gilbert

Photo aérienne Henrichemont 2009 ph jp Gilbert

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Hommage à Charles Aznavour

5 Octobre 2018 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Livres et poésies

La presse, les médias, les politiques vous en parlent…

Il a été un compagnon de chansons de notre vie et nous l’avons aimé avec son humour et son sourire. 

Je lui rendrai hommage sur ce blog en vous faisant découvrir notre poète et chanteur : Charles Aznavour vu par lui-même, à travers des extraits choisis de son livre :

« Le temps des avants », imprimé en 2003, (Édition Flammarion).

je ne saurai que trop, vous inviter à le lire.

J’ai eu plaisir à le ressortir du rayonnage de ma bibliothèque, ainsi que son livre de chansons et de musiques. Certaines chansons furent composées par d’autres auteurs, mais il en composa la musique :  L’amour c’est comme un jour (texte d’Y Stéphane), la Mama (texte de Robert Gall), Camarade, For me formidable, les Comédiens et la Bohème (textes de Jacques Plante,) Que c’est triste Venise (texte Françoise Dorin)

Hommage à Charles Aznavour
Hommage à Charles Aznavour

 

Sa jeunesse:

« Pour ce qui est de mes débuts difficiles, j’ai été grandement servi, et pour ce qui est de m’être battu, je ne dois rien à personne. Des coups de poing  en tout genre, il me reste encore quelques bleus à l’âme et au menton…

J’ai voulu chanter. On m’a dit qu’il valait mieux m’abstenir, que je n’avais aucune chance dans cette voie-ci avec cette voix-là… J’ai voulu écrire et composer des chansons : on a tout fait pour me décourager.

Pourchassés, malgré le passeport Georgien de mon père, mes parents réussirent à embarquer à Istanbul sur un bateau italien. Ils débarquèrent à Salonique où ma sœur vint au monde. On lui donna pour remercier l’Italie, le nom de Aïda, le nom d’un opéra italien…

Arrivés à Paris, la famille voulait partir aux USA, mais...la vie en décida autrement.

Nous nous installâmes dans une pièce de 20 m ²au deuxième étage d’un meublé au 36 rue Monsieur le Prince… une pièce sombre avec un coin toilette composé d’’une espèce de commode bancale sur laquelle, il y avait une cuvette et un broc ; à côté, une sorte d’alcove où se trouvait le lit de mes parents avec un rideau qu’ils tiraient à l’heure du coucher, comme au théâtre. Tu parles d’une intimité.

Mon arrière grand-mère dormait sur un divan défoncé, ma sœur, et moi tête bêche dans un petit lit en fer...la chambre était agrémentée –quel agrément- d’un poêle Godin qui faisait office de chauffage et de cuisinière.

On prenait l’eau sur le palier et les WC se trouvaient à l’étage au dessus…

(je vous passe le détail du travail des parents mais ils ouvrirent un restaurant Caucase, là où se trouve aujourd’hui le théâtre de la Huchette))

Sa vie défile dans le livre au fil des souvenirs, des rencontres, des artistes E Piaf, C Trenet.

Sa sœurette :

Aïda et moi sommes nés à seize mois d’écart, nous avons été élevés pour ainsi dire comme des jumeaux, partageant les mêmes jeux, aimant les mêmes choses….

En 1957 Aïda lui présente Georges Garvarentz, compositeur qui deviendra son époux …

Lorsqu’après avoir terminé un texte, je ne trouvais pas la musique appropriée, je la donnais à Georges. Il a composé pour moi de véritables petits bijoux tels que : Paris au mois d’août, Non  je n’ai rien oublié, Et pourtant, Les plaisirs démodés, Ave Maria et tant d’autres.

(On peut ajouter :  Retiens la nuit   pour Johny,  La plus belle pour aller danser  pour Sylvie Vartan, Hier encore, Une vie d'amour  pour Mireille Mathieu)

La vie :

 Ne m’aurait-on pas volé vingt ans, sans que je m’en aperçoive ? Je n’ai pas vu ce temps passer,*(voir additif) j’ai l’impression d’avoir vingt ou trente ans de moins, lorsque je suis en scène.

Aîe, aïe, aïe, mes doigts qui commencent à ressembler à des ceps de vigne me rappellent à l’ordre…

La vie, c’est la vie et la mort en fait partie, faut faire avec ! … mais ma mort ne m’effraie plus. Elle est devenue quelque chose de naturel, dont je parle et plaisante fréquemment ; car, quand je jette un regard par-dessus mon épaule, évaluant le chemin parcouru, mesurant la chance que j’ai eue malgré tout dans la vie, je me dis que les miracles, ça existe et la mort, je finis par la noyer dans un sourire.

La mort:

Entre quatorze et quinze ans, l’idée seule de devoir affronter la mort un jour ou l’autre me faisait dresser les cheveux sur la tête….

...Puis vient l’âge où, lorsque l’automne arrive, on se surprend à poser un regard attendri sur les feuilles des arbres qui virent du vert au jaune en passant par le pourpre, avant de tomber et d’être balayées par le vent.

C’est l’âge où l’on commence à compter les quelques années qu’il peut nous rester à vivre. L’idée de la mort devient alors la compagne de nos jours, ou plutôt de nos nuits….

… je ne souhaite pas mourir en scène …je préfère m’éteindre si Dieu l’exige, chez moi …entouré de mes enfants, de leurs enfants.

Je ne tiens pas à être le plus célèbre du cimetière de Montfort-l’Amaury, où j’ai acquis un charmant caveau pour douze personnes. En se serrant on pourrait même y tenir à quatorze.

Non, j’ai déjà composé mon épitaphe : « Ci-gît, l’homme le plus vieux du cimetière ». Et quand je dis vieux, c’est vieux, vraiment vieux, avec des rides, des cheveux argentés, le visage décharné, mais l’esprit clair, l’humour alerte et des ongles pour m’accrocher le plus longtemps à cette putain de vie, qui jusqu’à preuve du contraire, est encore ce que je connais de mieux.

 

Hommage à Charles Aznavour
Hommage à Charles Aznavour

Additif :

Chanson : je n'ai pas vu le temps passer

Plus je m'enfonce dans ma vie 
Plus je ne peux que constater 
Qu'au vent léger de mes folies 
Je n'ai pas vu le temps passer 

Entre les draps de la jeunesse 
Quand je dormais à poings fermés


A l'horloge de mes faiblesses 
Je n'ai pas vu le temps passer 

Je n’ai pas vu le temps courir 
Je n’ai pas entendu sonner 
Les heures de mon devenir 
Quand je fonçais tête baissée 
Vers ce qu'était un avenir 
Et qui est déjà du passé 

Aux mille questions que se pose 
Mon esprit souvent perturbé 
Seule une réponse s'impose 

Je n'ai pas vu le temps passer 

A faire le tour de moi-même 
Dans un rayon très limité 
Dans le miroir de mes « je t'aime » 
Je n’ai pas vu le temps passer 

Et d'ouverture en ouverture 
Au tempo des amours pressées 
J'ai dû sauter quelques mesures 
Je n'ai pas vu le temps passer 

Quand je rêvais les yeux ouverts 
En pensant que j'avais le temps

Je n'ai pas entrepris le tiers 
Des choses dont je parlais tant 
Et j'ai vu s'installer l'hiver 
Dans la folie de mes vingt ans 

Et puis soudain la cinquantaine 
Le demi-siècle consommé 
À la table de mes fredaines 
Au moment où les jeux sont faits 
Que tous mes atouts sont jetés 
Je ne peux dire qu'à regret 

Je n'ai pas vu le temps passer

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Une nouvelle d'Antoine Eminian : Ne t’inquiète pas Fripon

23 Mars 2018 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Livres et poésies

Antoine, nous surprend toujours par son style. On apprécie la richesse des descriptions.

Lisez ce teste calmement et vous vous y croirez... 

Le soir commençait à tomber, déjà le soleil refluait lentement laissant la place libre aux ombres de la nuit qui ne tarderaient pas à recouvrir le paysage. La route de caillasses grises disparaissait à l’horizon, déserte de toute vie, les criquets abrégeaient leur concert, de rares oiseaux noirs regagnaient leurs nichées dans les arbres feuillus de la forêt proche.

Un mulot qui logeait dans un trou en lisière du champ aurait pu en témoigner si on devait l’interroger, la petite fille et son chien n’avaient pas bougé de leur place depuis le milieu de la matinée.

Il en était certain car dès qu’il avait émergé de son terrier ce matin pour aller quérir son déjeuner, il avait était très étonné, voire contrarié, d’apercevoir des intrus aussi près de son domicile alors qu’il se hâtait de dégotter sa pitance.

Oreilles aux aguets, narines frémissantes, moustaches fébriles, il avait longuement étudié la situation avant d’en conclure qu’il n’y avait aucun danger, la voie étant libre il était parti vaquer à ses petites affaires.

Plus tard, les criquets corroborèrent les dires du mulot mais n’étant eux-mêmes arrivés sur les lieux que lorsque le soleil fût à son zénith, ils étaient incapables de préciser vers quelle heure l’enfant et son chien étaient arrivés. Beaucoup d’autres étaient dans le même cas, les papillons et la majorité des insectes du secteur ne se risquaient dehors qu’après que le soleil se soit imposé. Tous avaient été étonnés par cette présence incongrue, mais tous en avaient déduit qu’aucun péril n’était à craindre, donc chacun s’était livré à ses occupations favorites.

C’est alors que le mulot se permit une intervention. Il suggéra d’interroger le hibou qui nichait dans le chêne à l’entrée de la forêt, oiseau de nuit, il avait certainement des informations de bonne qualité à fournir sur l’activité nocturne des environs.

Un murmure d’approbation flatteuse gonfla d’orgueil notre souris des champs, tout ouïe d’entendre la suite des événements. D’un commun accord il fut décidé de se déplacer au pied du chêne, question de protocole et de confort pour le vieux sage qui n’aurait certainement pas accepté de se déranger pour venir témoigner au milieu d’une maigre clairière faite d’épis de seigle piétinés par un sanglier de passage.

Le recueil de la déposition du hibou ne fut pas une affaire simple. D’abord il fallut le sortir de sa torpeur car à cette heure et à son âge, pépère somnolait yeux ouverts rêvant à quelques agapes passées ; ensuite, expliquée la présence de cet aréopage au pied de l’arbre et le but de leur assemblée interrogative, passé le temps de reprise de ses esprit par l’antique rapace nocturne, évacués les préambules bavards et quelques effets de plumes posant un notable, notre hibou en vint au fait, au soulagement audible de tous les auditeurs. Effectivement, il avait tout vu, certainement il savait tout de cette histoire aussi étrange que mystérieuse qui agitait le petit monde de ce modeste territoire. Enhardi par une intervention précédente, le mulot se risqua à une question brutale, « Et alors ? ».   

Coupé dans son témoignage, le hibou gonfla ses plumes, tournant la tête de droite à gauche, signes évidents d’une contrariété qui se reporta sur l’assemblée et par ricochet sur notre mulot qui aurait souhaité à cet instant – car il l’avait oublié - être une petite souris pour disparaître dans le moindre trou. Dieu merci, car il y a un dieu des mulots – du moins l’avons-nous appris à cette occasion – le hibou profita de cette interruption pour se rengorger et repartir de plus belle dans son discours logorrhéique qui se résumait à ceci, à peu de chose près : le hibou avait passé une mauvaise nuit, la chasse n’avait pas donné, il était rentré assez tard (pour lui) et vraiment tôt (pour vous) et alors qu’il se préparait à se coucher, le bruit de la voiture avait attiré son attention.

 

« Ne t’inquiète pas Fripon, il va revenir. » La petite fille à la natte, assise sur une mauvaise valise en carton, abritait sous son bras frêle un jeune chien qui n’en menait pas large, inquiet pour ne pas dire effrayé, scrutant l’horizon où avait disparu la voiture de son maître. Depuis dix jours ils étaient en fuite, lui au volant, la barbe lui mangeant le visage chaque jour un peu plus, cramponné à son volant, un œil dans le rétroviseur et l’autre sur un gros sac plein d’on ne savait quoi, posé sur le siège avant à ses côtés. La petite et le chien, recroquevillés à l’arrière de la voiture, ne pipaient mot devinant inconsciemment qu’au moindre borborygme ils en pâtiraient.

Refaire l’historique ne changerait rien à l’affaire, les dés avaient été jetés il fallait continuer la partie, même si la petite savait très bien qu’elle ne maîtrisait rien, qu’elle n’était pour rien dans ce drame mais qu’elle en était un élément central néanmoins.

Le chien en savait encore moins, il n’avait retenu que quelques mots, divorce, chômage, expulsion, précarité, ces derniers mois les mots répétés ad libitum s’étaient introduits dans son cerveau, remplaçant caresses, gamelle, sortir pisser qu’il avait eu pourtant beaucoup de mal à assimiler. Tout s’était précipité avec les mots banque et police, depuis ils n’avaient plus quitté la voiture, roulant sans cesse de nuit et de jour, ne s’arrêtant que dans des endroits déserts, comme ici, pour une pause. 

« Ne t’inquiète pas Fripon, il va revenir » répétait la petite fille, tel un mantra devant porter bonheur.

Calmer le chien évacuait ses angoisses, son père allait revenir, il lui avait juré ; il s’absentait le temps de conclure une affaire en ville et il reviendrait aussitôt la chercher, elle et Fripon son chien adoré ; elle devait être forte et confiante, après ils pourraient espérer un bout de ciel bleu. Il préférait lui laisser une valise avec ses maigres effets, au cas où. Une précaution inutile ma chérie, mais papa doit penser à tout. La voiture s’était éloignée rapidement au petit matin pour disparaître à l’horizon.

 

« Je n’en sais pas plus » conclut le hibou, épuisé par son long discours devant la docte assemblée et pressé de retrouver le calme et le sommeil d’où on l’avait tiré. Le mulot, les criquets, les papillons, tous se retirèrent dans le plus grand silence, troublés par cette révélation qui au final n’aurait aucune répercussion sur leurs propres vies. Entre les herbes folles et les plants de seigle, la vie reprit ses droits, les papillons reprirent leur butinage, les criquets leur concert et notre mulot ses vagabondages en quête de nourriture.

 

Sur la route toujours déserte, la petite fille à la natte, la valise en carton et le chien apeuré, guettaient encore et encore, le retour de la voiture. « Ne t’inquiète pas Fripon, il va revenir ! »       

Tout est bien qui finit bien... nous espérons une fin heureuse.

Antoine nous laisse imaginer la fin!...

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Eric Faye : Eclipses japonaises lu par Antoine Eminian

9 Février 2018 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Livres et poésies

Les XXIIIième Jeux olympiques d'hiver s’ouvrent à Pyeongchang, en Corée du Sud, Ils se déroulent du 9 au 25 février 2018.

 Antoine nous parle d’un roman qui se déroule en Corée du Nord. Il nous en fait une brillante analyse et une critique étonnante. Voici un livre qui va vous passionner.

 

Eric Faye : Eclipses japonaises

 

L’auteur :

Eric Faye, né en 1963 à Limoges, est un écrivain français. Il publie nouvelles et romans depuis 1991. Nagasaki, roman paru en 2010, a obtenu le Grand prix de l’Académie française. Eclipses japonaises, son dernier roman, date de 2016.

Des années 1960 à 1980, la Corée du Nord enlevait des étrangers pour les obliger à former de futurs espions. Les kidnappés devant transmettre leur culture autant que leur langue à des Coréens afin de faciliter leur immersion en pays ennemi. De ces faits avérés et cités en postface avec leurs sources, Eric Faye a tiré une fiction, ce très beau roman.

Le roman :

Pour servir son projet l’écrivain orchestre magistralement une série d’enlèvements ou de faits divers mêlant plusieurs personnages, la trame du roman s’ingéniant à les relier adroitement les uns avec les autres pour créer une émotion démultipliée tout en restant sobre dans la forme. Nous suivrons donc, entre autre, les destinées de Naoko une fillette japonaise enlevée près de chez elle au Japon ou bien, autre cas de figure, le sort réservé à Jim, un soldat américain en poste en Corée du Sud, déserteur de l’armée US en passant au Nord pour s’éviter une mutation au Vietnam alors en pleine guerre…

 

La critique :

Construction habile alliée à une remarquable écriture. Dès les premières pages le lecteur est pris par le rythme paisible, l’empathie de l’auteur pour ses acteurs, sa douce bienveillance, ce style qu’on associe volontiers aux écrivains japonais classiques. Eric Faye aurait pu s’étendre plus longuement sur certains passages, s’attarder sur des scènes, engluer ses lecteurs dans un pathos lourd, non, il préfère nous laisser imaginer ce qui tombe sous le sens. J’appelle ça de la délicatesse car le fond du roman est effroyable : ces gens kidnappés durant plusieurs dizaines d’années, rebaptisés d’un nom coréen pour leur faire oublier leur propre personnalité, leur culture.

Au début des années 2000, la Corée du Nord a reconnu après des années de dénégation, l’enlèvement de treize citoyens japonais, un chiffre sans doute largement sous-estimé et qui n’a cessé d’être contesté depuis. Pour ceux qui seront libérés, le plus dur peut-être ( ?) reste à venir, quand on a vécu toute sa vie (mariage, enfants) dans un pays en tant que captif, est-il possible de revenir auprès des siens dans son pays natal ? Et les vôtres, peuvent-ils vous accueillir comme si de rien n’était ?

Un roman étourdissant et poignant à voir ces vies confisquées, falsifiées, pour les victimes des rapts ; vies en suspension éternelle à ne pas savoir ce qui est arrivé, pour leurs proches. Un roman en apesanteur dont on redoute à chaque instant qu’elle ne cesse, ce qui serait synonyme de chute brutale.

P.S. : On notera que l’écrivain semble connaitre parfaitement la culture japonaise et sa langue, et par ailleurs qu’il avait déjà utilisé des sources réelles pour écrire Nagasaki.

  « Revoir le Japon ! Une sensation de malaise innerve ce commencement de joie. Comment ferai-je pour leur expliquer, là-bas au Japon, la vie que j’ai menée ici tout le temps, se dit-elle. Oui, comment comprendront-ils ? Ils ne comprendront pas. Ceux qui nous attendent, préféreraient sans doute que nous revenions décharnés, dans la tenue rayée des survivants des camps, marchant comme des automates… Mais voilà, ils nous ont bien nourris, ici, ils nous ont même mariés, Jim et moi, ils ne nous ont pas fait de mal ; nous étions un peu leur trophée de chasse, qui plus est utiles ; (…) Comment expliquer, au retour, que nous n’avons pas été malheureux tout le temps ? »

Eric Faye  Eclipses japonaises  Seuil – 225 pages -

 

Nous remercions Antoine pour ses critiques littéraires toujours excellentes.

 

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Jean Novosseloff : Résistance et timbres

29 Octobre 2017 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Membres info, #Livres et poésies

En cette période de vacances de la Toussaint, nous souhaitons de bons moments à ceux qui vont profiter de leurs enfants ou petits-enfants.

Nous aurons aussi une pensée pour ceux qui nous ont quittés.

 

Jean, lors de la rencontre de 2014

Jean Novosseloff nous a fait parvenir un sujet, fort intéressant et difficile, qui concerne notre histoire : la Résistance.

Cette résistance qui fut la mémoire de l’occupation, une réaction patriotique face à l’ennemi. Cette période de guerre fut marquée par des hommes de l’ombre, ils agissaient en silence, souvent sous un pseudonyme. Ces hommes et femmes de la guerre 1940-1945 avaient une double vie, ils devaient se méfier et ne connaissaient pas toujours les membres de leur propre réseau. Ils revêtaient plusieurs identités selon leurs besoins d’avancement.

 

Jean nous dit :

J’ai toujours été passionné par l’histoire et entre-autre, celle de la Résistance.

Il y maintenant plus d’une dizaine d’années,  j’ai rejoint l’Association des Amis de la Fondation de la Résistance et après en avoir été le secrétaire général, j’en pris la présidence.

Cette association a un site, qui explique le but de l'association et qui accueille les bras ouverts, toutes celles et tous ceux qui partagent « le travail de mémoire » qui guide les Amis de la Fondation de la Résistance. 

 

Passionné aussi par les timbres je viens de coécrire un livre avec l’historien Laurent  Douzou : « La Résistance oblitérée - sa mémoire gravée par les timbres ».

 

 

En un mot « Cet ouvrage n’est pas une histoire de la Résistance mais bien un examen de sa mémoire dans l’espace public telle que l’émission des timbres commémoratifs la donne à voir. Il accorde une attention particulière aux cinq séries dites des « héros de la Résistance » (1957-1961) qui constituent une remarquable anomalie. 

Depuis la Libération, la Résistance a été chichement célébrée par les timbres, avec de longues éclipses.

À sa manière, la politique d’État conduite pour les émissions de timbres aura ainsi vérifié la difficulté extrême de trouver le registre approprié pour évoquer la mémoire de la Résistance.

Comment transposer en images simples la réalité cachée et complexe de l’univers de la lutte clandestine ? 

Au fil de leur recherche, les auteurs ont eu accès aux archives postales, aux maquettes et projets élaborés pour réaliser les timbres ainsi qu’aux demandes d’émissions postales venues de tous les horizons ».

 

Pour ce livre qui vient de sortir le 19 octobre 2O17, j’ai créé un site : www.la-resistance-obliteree.com qui permet de commander ce livre paru aux Ed. des Félin.

J.N

Autour du « Livre Résistant »

Samedi 2 décembre 2017 à partir de 14 heures

 Écrivains et historiens dédicaceront leurs derniers livres parus sur la Résistance.

 Le Timbre est l’invité d’honneur de cette 14ème édition

 Salon des Fondations de la Résistance et pour la Mémoire de la  Déportation

 

30, BOULEVARD DES INVALIDES PARIS 7ème

Métro : ligne 13 – station : Saint-François Xavier

 

Réservation par mail : memoresistance@gmail.com

Par téléphone : 01 45 66 92 32

Merci beaucoup Jean pour cette information qui est très intéressante.

Au plaisir d'accueillir d'autres articles.

 

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"César Borgia, une idylle à Issoudun" par Martine Mallein Leguédois

10 Mai 2017 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #France 5 Centre, #Livres et poésies

C’est avec plaisir que nous retrouvons notre collègue Martine Mallein-Leguédois et des nouvelles de ses romans.

Martine continue à écrire, à fouiller l’histoire, c’est une vraie passion.

Elle a publié un nouveau roman en  2016 dont nous n’avions pas encore parlé.

« Charlotte d’Albret,

une Borgia en Berry »

Si vous le pouvez, lisez son livre, mais mieux encore ... pour ceux qui ne seraient pas loin d'Henrichemont, assistez à sa conférence!

"César Borgia, une idylle à Issoudun" par Martine Mallein Leguédois

Lors de son récit, basé sur des faits et des personnages historiques, Martine évoque la vie de Charlotte d’Albret (1480-1514).

 

Cette princesse, née en 1480 était l’une des filles d’Alain d’Albret. Objet d'une tractation : Elle fut mariée d’office  à Blois à l’âge de 19 ans  à César Borgia, homme sanguinaire, fils illégitime du pape  Alexandre VI,  par Louis XII. Louis XII devenu roi en 1498, fit annulé  son mariage par le pape Alexandre VI afin d’épouser Anne de Bretagne. Ce mariage politique permettait à Louis XII de renforcer l’union entre la France et la Bretagne.

 

Elle vécut avec César,  le temps de l’amour en Berry à Issoudun, puis César repartit en Italie pour mener une vie de grandes aventures...

Charlotte quatre mois à peine, après son mariage, enceinte, ne revit jamais son mari . Sa solitaire et  courte vie (décédée à 34 ans) s’acheva dans la piété et le recueillement, auprès de la duchesse de Berry ex-femme de Louis XII, fréquentant le couvent de l’Annonciade à Bourges.

Puis elle se retira avec sa fille au château de la Motte-Feuilly (Indre).

"César Borgia, une idylle à Issoudun" par Martine Mallein Leguédois

L'association MML a le plaisir de vous inviter le samedi 13 mai à 17h à la Mairie d'Henrichemont pour assister à la conférence donnée par Martine Mallein-Leguédois :

"César Borgia, une idylle à Issoudun"

L’ancienne petite principauté de Boisbelle, située au cœur du Berry, vécut un temps sous l’égide de la puissante famille d’Albret.

Découvrir lors d’une promenade dans l’Indre, au détour d’un sentier, l’imposant château de la Motte-Feuilly et le cénotaphe renaissance de la belle Charlotte d’ Albret, nous interpella. Qui était-elle ? Apporter la réponse à notre interrogation fut l’occasion d’un ouvrage romancé sorti en juin 2016 « Charlotte d’Albret, une Borgia en Berry». (1)

Borgia n’était-ce pas le nom d’un pape dont la noirceur de l’âme et de toute sa famille nous fait encore frémir ? Certes. C’est ainsi que César Borgia, fils de pape, épousa la jeune Charlotte à Chinon et passa sa lune de miel et quelques mois à Issoudun, en Berry.

Martine Mallein-Leguédois vous présentera, lors de sa conférence, les raisons de cet incroyable mariage et les conséquences qui en résultèrent.

(Prix d'entrée: 5€)

 

  1. Ouvrage de l’auteur : « Charlotte d’Albret, une Borgia en Berry » de 200 pages

En savoir plus

Contact : association Maintenir la Mémoire Locale – 19, rue G. de Maupassant – 92500 Rueil-Malmaison – amml180@yahoo.

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L'hibiscus pourpre par Antoine Eminian

20 Juillet 2016 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Livres et poésies

Vous ne savez pas quel livre emporter dans vos bagages! Demandez à Antoine, il vous conseillera...

Nous lui faisons confiance pour ce livre : "L'hibiscus pourpre"!

Et si vous aussi, vous avez une recommandation littéraire, ou un joli voyage en France, en Europe ou ailleurs, n'hésitez pas à nous en faire part aussi!

Merci Antoine de ta participation et de cette recommandation sur ce roman poignant traité avec finesse.

L'hibiscus pourpre par Antoine Eminian

Les vacances approchent ou sont là, vous avez plus de temps disponible pour la lecture, je vous propose un excellent roman, qui plus est dans une collection de poche, pour un investissement faible et un gain de place certain dans vos bagages : « L’Hibiscus pourpre » de Chimamanda Ngozi Adichie.

J’ai découvert cette écrivaine nigériane il y a quelques mois seulement – malgré sa renommée internationale avérée – et je me suis pris une grosse claque ! J’ai lu deux de ses romans, « Americanah » et cet « Hibiscus pourpre » qui sont bons tous les deux, mais je préfère celui-ci. Alors si le cœur vous en dit, en route pour l’Afrique !

Chimamanda Ngozi Adichie est née en 1977 au Nigeria. A l’âge de 19 ans, elle quitte son pays pour les Etats-Unis, d’abord à Philadelphie puis dans le Connecticut afin de vivre plus près de sa sœur. Elle poursuit là ses études en communication et en sciences politiques et en 2001, elle y décroche son diplôme universitaire avec mention avant d’achever ensuite un master en création littéraire à l’université Johns Hopkins de Baltimore en 2003. Auteur du roman très remarqué, « Americanah » ainsi que d’un essai, « Nous sommes tous des féministes », son premier roman, « L'Hibiscus pourpre », paru en 2003, vient d’être réédité en poche. 

La narratrice, Kambili, à peine seize ans, vit dans une famille nigérienne aisée, entourée de sa mère, de son frère aîné Jaja et de son père Eugene, patron d’usines et d’un journal mais aussi et surtout catholique fondamentaliste, très respecté dans la communauté d’Enugu, leur petite ville où il dispense ses largesses. Si Kambili a une vie de privilégiée, son quotidien n’est pas facile pour autant car le père mène la maison d’une main de fer, dictée par ses croyances religieuses faisant régner la peur et bien qu’il aime ses enfants, il n’hésite pas à employer la violence pour les punir du moindre écart. Un jour, les circonstances amènent Kambili et Jaja à passer quelque temps chez la sœur de leur père, Tatie Ifeoma, une universitaire, et ses trois enfants. Ils vont y découvrir un autre monde riche en enseignements pratiques et moraux.

Précisons tout de suite que le bouquin ne démarre réellement qu’après une centaine de pages et l’entrée en scène de Tatie Ifeoma, donc si vous trouvez le début d’un intérêt mince, ne renoncez pas, la suite vous remboursera largement. Le roman est très frais, de cette fraicheur insufflée par la jeunesse en cours d’apprentissage de la vie - et prendre une jeune fille pour narratrice, ça marche à tous les coups.

Kambili et Jaja, habitués à la vie guindée et sévère prônée par leur père, se retrouvent plongés dans un environnement beaucoup plus libéral, où l’on rit, « Il y avait toujours des éclats de rire qui fusaient dans la maison de Tatie Ifeoma », où il n’y a pas de domestiques chacun participant aux tâches ménagères, où l’on peut discuter, mais aussi devoir faire avec le manque d’argent. Des journées sans emploi du temps strict, sans le poids de la religion, une liberté qui effraie et attire. Les deux enfants vont apprendre à connaître leur grand-père Papa-Nnukwu, paria aux yeux d’Eugene car il refuse la religion, préférant s’en tenir à ses croyances ancestrales.  

Le roman de Chimamanda Ngozi Adichie traite de nombreux sujets. Celui de l’identité, leur père a adopté la religion des Blancs et leur mode de vie, jusqu’à leur langue (l’anglais) tandis que son propre père, un vieillard, est resté fidèle à son passé, sa culture, sa langue natale (ibo), entre les deux Tatie Ifeoma montre plus de pragmatisme. Kambili et Jaja confrontés à une autre vision du monde vont prendre leurs distances avec l’éducation donnée par leur père, s’émancipant du joug, tandis qu’en parallèle, la jeune fille va frémir, pour la première fois, au contact du Père Amadi, ce qui nous vaut de très belles pages pleines d’émotion. Autre questionnement, devant la situation politique du pays, doit-on rester et combattre ou bien partir ? « Les gens instruits s’en vont, les gens qui ont le potentiel pour redresser les torts. Ils abandonnent les faibles derrière eux. Les tyrans continuent de régner parce que les faibles n’ont pas la force de résister. Tu ne vois pas que c’est un cycle ? Qui va briser ce cycle ? »

Si la tonalité générale de l’écriture est douce, le fond l’est beaucoup moins par sa violence physique et morale, esquissée ou suggérée. L’auteur sait aussi glisser dans son texte, des références à la situation sociale et politique de son pays, l’essence qui manque, les queues à la banque, la corruption généralisée, le coup d’Etat et les violences contre les journalistes indépendants… Et la dernière partie du roman voit ce microcosme, la famille d’Eugene d’un côté et celle d’Ifeoma de l’autre, éclater dramatiquement, avant de se clore sur une note d’espoir qui demande à être confirmée. 

Un très bon roman qui mérite le voyage. 

 

« C’était ce que faisait Tatie Ifeoma avec mes cousins, me rendis-je compte alors : leur placer la barre de plus en plus haut dans sa façon de leur parler, dans ce qu’elle attendait d’eux. Elle le faisait tout le temps, confiante qu’ils pouvaient franchir la barre. Et ils la franchissaient. C’était différent pour Jaja et pour moi. Nous ne franchissions pas la barre parce que nous nous en croyions capables, nous la franchissions parce que nous étions terrifiés à la pensée de ne pas y arriver. »

 

Chimamanda Ngozi Adichie   « L’Hibiscus pourpre »  Folio  - 400 pages –

 

Pour information, je vous rappelle que vous pouvez retrouver toutes mes chroniques littéraires sur mon blog 

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Antoine Eminian a lu : 2084 La fin du monde de Boualem Sansal

9 Décembre 2015 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Livres et poésies

Nous avons demandé à Antoine de nous conseiller dans le choix d’un livre, à ajouter à la liste des Cadeaux de Noël. Un roman a porté toute notre attention. Ce n’est bien sûr qu’un roman… mais, il a quelque chose de plus !...

L’écrivain Boualem Sansal, vous l’avez certainement vu à la TV, sur BFM TV avec Ruth Elkrieff ou à la Grande Librairie sur FR5, fin septembre.

Place à Antoine qui nous présente toujours merveilleusement et avec grand intérêt le livre et sa critique. Merci Antoine.

Boualem Sansal 

Boualem Sansal, né en 1949 dans un petit village des monts de l’Ouarsenis, est un écrivain algérien d'expression française, principalement romancier mais aussi essayiste, censuré dans son pays d'origine à cause de sa position très critique envers le pouvoir en place. Il habite néanmoins toujours en Algérie, considérant que son pays a besoin des artistes pour ouvrir la voie à la paix et à la démocratie. Ses ouvrages, en France et en Allemagne particulièrement, ont reçu de nombreux prix. Son dernier roman, 2084 La fin du monde, vient de paraître et a obtenu le Grand prix du roman de l'Académie française. 

Boualem Sansal

Boualem Sansal

2084 La fin du monde

L’Abistan est un immense empire, au cœur d’un désert, dont le système politique – en fait une dictature religieuse - est fondé sur l’amnésie et la soumission à un dieu unique. Toute pensée personnelle est interdite et un système de surveillance pointu permet de connaître les idées et les actes déviants. Officiellement, la population vit dans un bonheur serein. Un homme pourtant va s’interroger. Ati, le héros de ce roman, revenu dans la capitale après deux ans d’absence, exilé au loin pour soigner une tuberculose, a rencontré lors de son périlleux voyage, Nas, un ethnologue qui vient de découvrir un village antique parfaitement intact mais qui risque de remettre en cause les fondements de la religion dominante…

Le titre du roman n’est pas un clin d’œil discret à celui de George Orwell (1984) mais une référence carrément assumée et complétée par différents éléments éparpillés dans le texte. Ici aussi nous avons, dans un avenir pas si lointain, une utopie qui vire au cauchemar. Boualem Sansal entend ainsi mettre en garde le lecteur en montrant les conséquences néfastes d’une idéologie ou d’une pratique religieuse radicale présente à notre époque. Pas une seule fois dans ce roman, vous ne lirez les termes : Coran, Allah et Mohamed son prophète, pourtant ils sont là partout présents mais sous d’autres noms, Gkabul, « Yölah le tout-puissant et Abi son Délégué ».

L’intrigue est assez complexe à suivre si on s’attache aux détails mais dans ses grandes lignes disons qu’Ati, poussé par une saine curiosité intellectuelle qui l’amène à penser qu’il y aurait une autre vie, hors des règles et des lois en vigueur en Abistan, va se retrouver impliqué dans une conspiration entre membres de l’élite gouvernante. 

Antoine Eminian a lu : 2084 La fin du monde de  Boualem Sansal

Le roman est magnifique, répondant parfaitement aux critères qualifiant un bon livre pour Bernard Pivot (notre maître à tous) que je cite approximativement de mémoire, « Une histoire, une écriture, une ambition ». J’ai rapidement évoqué le scénario, je ne manquerai pas de signaler la qualité de l’écriture qui joue sur une contradiction, une « douceur » dans la narration qui pourtant nous peint un monde épouvantable. Des mots choisis, un rythme empreint d’une certaine langueur, une écriture particulièrement travaillée qui s’accommodera assez mal d’une lecture dans le métro ou de ruptures trop fréquentes. Quant à l’ambition, elle n’est pas mince, puisqu’il s’agit de dénoncer les dérives et l’hypocrisie du radicalisme religieux qui menace les démocraties. Je ne vous fais pas un dessin.

Roman ou pamphlet, on y trouvera aussi une réflexion sur le lien croyant/croyance « Le croyant doit continûment être maintenu en ce point où la soumission et la révolte sont dans un rapport amoureux » et sur la religion, « la religion s’appauvrit et perd de sa virulence si rien ne vient la malmener. » Enfin j’ai adoré cette idée romanesque d’un musée du XXème siècle qu’Ati aura l’occasion de visiter et vous avec lui, ce que je souhaite.   

« Il découvrit aussi, perçues par tous très tôt, mais minimisées, relativisées par lourdeur, peur, calcul, porosité de l’air ou simplement parce que les alerteurs manquaient d’acuité et de voix, les prémices de ce que serait le monde avant peu, si rien n’était fait pour remettre les choses à l’endroit. Il avait vu arriver 2084, et suivre les Guerres saintes et les holocaustes nucléaires ; plus fort, il vit naître l’arme absolue qu’il n’est besoin ni d’acheter ni se fabriquer, l’embrasement de peuples entiers chargés d’une violence d’épouvante. Tout était visible de chez prévisible mais ceux qui disaient « Jamais ça » et ceux qui répétaient « Plus jamais ça » n’étaient pas entendus. Comme en 14, comme en 39, comme en 2014, 2022 et 2050, c’était reparti. Cette fois, en 2084, c’était la bonne. L’ancien monde avait cessé d’exister et le nouveau, l’Abistan, ouvrait son règne éternel sur la planète. » 

Antoine Eminian a lu : 2084 La fin du monde de  Boualem Sansal
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