Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog du Réseau Bazar BHV

Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°12 1894-1896

26 Avril 2019 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #BHV d'hier

1894

BHV :  le 23 janvier, Xavier Ruel achète le n°45 de la rue de la Verrerie et en fin d’année le n° 5 de l’impasse du Coq St jean.

Grands magasins :

1894 Alphonse Kahn et son cousin Théophile Bader exploitent une petite boutique de frivolités pour la mode, d’une dizaine de m² : « les Galeries Lafayette ».

Les futurs magasins réunis :

Antoine Corbin qui a créé de nombreux magasins dans l’Est de la France, ouvre « le Bazar du Château d’eau " place de la république".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  La mode de 1891 à 1894 a peu évolué. Taille serrée et hanches galbées.

En France:

Le soir du 12 février 1894, un anarchiste Emile Henry lance une bombe dans l’Hôtel Terminus près de la gare Saint Lazare. Une vingtaine de personnes furent blessées.

1894, le 25 juin, le Président Sadi Carnot tombe sous le couteau d’un assassin anarchiste italien : Sante Geronimo Caserio. La France pleure ce président consciencieux, laborieux, digne, aimable et ferme. Des funérailles nationales sont organisées, il sera inhumé au panthéon.

Jean Casimir Périer sera élu Président, le 27 juin 1894, il démissionnera 6 mois plus tard le 16 janvier 1895.

1895 : Paris prend l’aspect d’une capitale cosmopolite. Les parisiens délaissent leur ville, le weekend ou l’été et s’évadent à la campagne ou les bords de l’eau ou des voyages au bord de la mer !

1895 Quelques Publicités BHV !

1895 :  

Félix Faure est élu en 1895, il se rapproche de la Russie, il reçoit le Tsar Nicolas .

1895 Loisirs  : Paris prend l’aspect d’une capitale cosmopolite. Les parisiens délaissent leur ville, le weekend ou l’été et s’évadent à la campagne,  les bords de l’eau ou des voyages au bord de la mer !

Les frères Lumière ont créé le cinématographe (aux deux fonctions de caméra prise de vue et projection). La première séance cinématographique publique ! C’est exceptionnel !  

Le propriétaire du Grand Café, 14 Bd des Capucines  céda son sous-sol  à raison de 30 F par jour. La période de Noël avait été choisie à raison d’1 F la place. Une dizaine de courts métrages, était projetée pendant une vingtaine de minutes. Le succès fut tel qu’on comptait 2000 à 2500 clients par jour. Quel étonnement de voir ces tableaux en mouvement, les spectateurs hallucinaient ! Le cinéma était né !

Les écrivains de l’époque  continuent d’écrire, Emile Zola, Pierre Loti, Alphonse Daudet, Sully Prudhomme. Anatole France, Georges Sand…

Alexandre Dumas fils meurt (La Dame aux Camélias),

Le 5 octobre sont célébrées les funérailles nationales de Pasteur. Grace à lui, l'hygiène est devenu un point plus important au quotidien.

1896 :

1896, Félix Faure  est confronté au développement de l'affaire Dreyfus, officier juif de l’armée française condamné fin 1894 à la déportation en Guyane.

Les  jeux Olympiques eurent lieu à Athènes grâce à Pierre de Coubertin.

Soucieux de promouvoir la Paix dans le monde par le sport, P de Coubertin  développe le sport et l’athlétisme. L’ouverture  des jeux olympiques eut lieu un 25 mars et les épreuves durèrent une dizaine de jours sous les yeux de 80 000 spectateurs.

1896 –1898  Années scientifiques!

Fantastiques découvertes de la physique fondamentale

En Allemagne M Roetgen découvre les rayons X.

le Français Antoine Henri Becquerel  découvre la radioactivité

Pierre et Marie Curie, découvre le radium,

les rayons X seront utilisés en médecine dès 1897.

1897 : Un anglais : Joseph John Thomson, découvre l’électron.

1898 : Pierre et Marie Curie découvre le  polonium.

1896 :Développement de l'automobile.

Exceptionnel, l’automobile se développe et l’on assiste à la première course organisée par "l’Automobile Club de France" : Paris-Marseille-Paris soit 1744 km qui se déroule sur dix jours du 24 septembre au 3 octobre. Les étapes successives, les progrès des automobiles, la qualification des concurrents  exaltent la population. Il faut braver, la chaleur, le mauvais temps le vent, le Mistral... La grande aventure !

Les voitures de Classe A 1ère série de 2 à 4 places, 2éme série : + de 4 places, et les motocycles

38 voitures, (4 à vapeur et 34 à pétrole) et 14 véhicules divers( à pétrole) prirent le départ.

La vitesse moyenne des automobiles fut de 22 à 30 km/h selon les étapes! Panhard et Levassor furent les grands gagnants. 

 

 

Les représentants, des véhicules à moteur à vapeur, eurent de très faibles résultats  et ce moyen de locomotion sur route fut définitivement abandonné.

Lire la suite

Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°11 1889-1893

19 Avril 2019 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #BHV d'hier

PARIS : 1889,

Le 6 mai, le président Carnot inaugure l’Exposition Universelle pour fêter le centenaire de la révolution. Elle reçoit d’innombrables visiteurs et la Tour Eiffel achevée, attire la foule.

« Un représentant des ouvriers de la Tour Eiffel prononce une allocution au Président Carnot « Le centenaire que vous célébrez aujourd’hui…montre combien le gouvernement de la république est soucieux des intérêts des travailleurs et prouve que la France sera toujours le berceau de la civilisation et du progrès…Ce gigantesque travail est presque achevé et c’est avec un sentiment d’orgueil que nous sommes fiers de cette présentation… Car nous montrons que l’industrie française sait surmonter tous les obstacles, quelques périlleux qu’ils puissent paraître, dès qu’il s’agit de la gloire du pays !... »

Imaginez …. En regardant la tour Eiffel, l’exposition d’horticulture à sa droite et d’arboriculture à sa gauche. Par delà du champ de Mars : les 3 palais couronnés de dômes. Au dernier plan, le palais des machines et au premier plan l’Histoire de l’habitation Humaine. … les galeries de l’agriculture…

Ainsi l’exposition est découpée par genre et rien n’est oublié :

- Les œuvres d’Art,

- L’éducation et enseignement matériel (de l’éducation du petit enfant , en passant par l’imprimerie, la librairie, la photographie, la musique, la médecine, la géographie et la topographie…

- Le mobilier et accessoires (meubles, cristaux, verrerie, bronzes, tapis, horlogerie, chauffage, maroquinerie, vannerie, brosserie…)

- Les Tissus, vêtements et accessoires

- L’industrie Extractive

- L’outillage et procédés des industries mécaniques. Electricité.

- Les produits alimentaires.

- L’agriculture, viticulture et pisciculture.

- L’Horticulture

Cette multi- exposition nécessite beaucoup de temps pour la visiter

Les moyens de locomotion dans l’enceinte de l’exposition diffèrent : un petit chemin de fer de 6 km, des fauteuils roulants élégants et légers  et des ânes égyptiens, très beaux tout blancs de poil, conduits par des âniers d’Egypte, en costume national !

L’éclairage électrique est présent dans de nombreuses parties de l’exposition et cela… c’est le progrès !

La clôture de l’Exposition eut lieu le 6 novembre. Tout, fut succès, mais l’exposition Habitation, en particulier Coloniale où une véritable ville orientale avec ses fines tours et ses minarets brillaient sur l’esplanade des Invalides, fit l’admiration de tous.

Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire  n°11 1889-1893
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire  n°11 1889-1893Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire  n°11 1889-1893
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire  n°11 1889-1893Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire  n°11 1889-1893

N’oublions pas que durant la période 1874 à 1900, la politique coloniale de la France se poursuit  et atteint son apogée. Sous forme de colonies, ou sous forme de Protectorat. Des pays d’Afrique passe sous la tutelle française  (après l’Algérie, ce fut la Tunisie, le Maroc, le Congo, Soudan, Gabon, Tchad, Madagascar etc…En Asie, le Cambodge et le Laos passe sous contrôle français. La France renforce ses positions dans certaines provinces chinoises.

Les Loisirs : Parmi les distractions  proposées, le cirque, apparu en Angleterre à la fin du XVIIe siècle, connaît dans les années 1890 un grand succès dans la capitale.

Les spectacles et numéros attirent un public de plus en plus nombreux dans des lieux comme l’Hippodrome ou encore les Folies-Bergère.

1890 : Paris qui vient de fêter le nouvel an se réveille dans la panique;  la grippe contagieuse appelée  « influenza » que l’on croyait disparue, fait des centaines de morts. Les employés des Grands magasins du Louvre et leurs clients sont les premières victimes.

Cette année compte d’autres défunts dans le monde politique : le Baron Haussmann, l’ancien président Jules Grévy , le général Boulanger…

BHV :

1890 en décembre, Xavier Ruel acquiert auprès de M Gerbéron le n°58 rue de Rivoli.

 

1891 : L’hiver fut très rigoureux

 

BHV :

En Mars 1891, Xavier Ruel obtient un permis de construire pour un nouvel immeuble : moderne et fonctionnel.

Le 9 rue du Plâtre qui deviendra service des comparaisons, service Formation et Fondation d'Art des Galeries Lafayette de nos jours.

Cette année là, la  tension monte contre les Grands Magasins :

Tout le monde n’apprécie pas l’ascension des grands magasins !La preuve en est, dans ce livre argumenté qui dénonce le nouveau type de commerce : Un fléau national :  les grands magasins de Paris et les moyens de les combattre par Alexandre Weill (1891).

Nous vous en livrons quelques extraits un peu sévères :

"…Dans un de mes derniers numéros de Paris, j'ai promis une enquête sérieuse sur les grands magasins d'accaparement de Paris, que tout le monde (propriétaires, fabricants, ouvriers, employés, marchands de gros et de détail, industriels) attaque, chacun en particulier, sans qu'un journal, jusqu’à ce jour, ait osé leur servir d'interprète, je ne dis pas par un article, mais pas même par une ligne ou un simple mot! 

 Les grands magasins font pour des centaines de mille francs d'annonces dans tout les journaux de France et de l'étranger, et comme la presse la meilleure, dans notre organisation sociale, n'est plus qu'une spéculation d'argent, en mettant au second et même au troisième rang les principes et le talent, et cela sous tous les rapports… il sera toujours impossible à un journal français de signaler les abus et les dangers de ces maisons d'accaparement; abus et dangers qui vont croissants, corrompant non seulement la famille, le commerce, l'industrie, le bien-être de la grande majorité des Français, mais compromettant la moralité, la réputation de l'industrie nationale, et réagissant forcément, en augmentant le déficit, sur le budget général de la France. La presse n'est pas vendue, elle est rendue!

Cette intervention de l'État, qui est urgente, sera considérée comme nécessaire, inévitable, indispensable quand j'aurai prouvé :

Premièrement : que les grands magasins sont la ruine de la famille, de la morale publique et de la population;

Deuxièmement : qu'ils sont la ruine de la propriété grande et petite;

Troisièmement : qu'ils sont la ruine du petit commerce de toute la France;

Quatrièmement : qu'ils sont la ruine, non seulement du petit commerce de détail, mais même du grand commerce en gros;

Cinquièmement : qu'ils sont la ruine des fabricants et des ouvriers qu'ils emploient;

Sixièmement : qu'ils sont la ruine de l'industrie nationale;

Septièmement : qu'ils sont la cause première de la décadence de toutes les industries françaises et de l'infériorité de leurs produits;

Huitièmement : qu'ils sont et qu'ils seront de plus en plus la ruine du budget.

Enfin, que tôt ou tard, maîtres absolus et des producteurs et des consommateurs, s'ils ne sont pas enrayés par des lois, ils empiéteront forcément, isolés ou réunis et fusionnés, sur le domaine politique et deviendront, s'ils ne le sont pas déjà, un danger politique et social.

Je viens d'ouvrir une discussion sur une question vitale et brûlante. Impossible de l'éviter, car j'ai dit tout haut ce que tout le monde se dit tout bas…..

Il faut qu’on trouve les moyens pour faire disparaître ces maisons d’accaparement car il faut absolument qu’elles disparaissent !!!"

Malgré cet avis, les publicités continuent pour les grands magasins et pour les nouveaux produits du quotidien : machine à coudre appelées aussi couseuses, filtre à eau : ancêtre du Brita !outillages, appareils médicaux, appareils photos.

1892 Le BHV

Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire  n°11 1889-1893

1892-1893  Une série d’attentats sanglants marquent l’histoire de Paris.

Explosions du 27 mars, rue de  Clichy et Saint-Germain ; un anarchiste Ravachol est arrêté. 

La police multiplie les perquisitions, expulse des étrangers suspects. Paris présente un visage de ville assiégée. Sa prospérité s’en ressent : Plus de promeneurs dans les rues, des boutiques, musées et théâtres sont fermés. Bien sûr, les recettes des magasins s’effondrent. Alors que le calme revenait, on découvre de la dynamite à la préfecture et une autre bombe explose  rue des Bons Enfants.

Des étrangers affolés prennent la fuite…Certains commerçants voyant la baisse de clientèle et de chiffre d’affaires pensent à s’installer en Province. Au milieu de cette tourmente des orateurs se font connaître : jean Jaurès, Sébastien Faure ou Jean Grave, l’un des pionniers de l’anarchisme !

Le 9 décembre 1893, une bombe explose à la chambre des députés, elle fut déposée par un certain Vaillant.

Le BHV

1893 Le BHV rénove, agrandit ses baies sur la rue de Rivoli.

En 1893  Xavier Ruel réalise rue du Cloître Notre-Dame une salle des fêtes et un abri pour les voitures de livraison, les écuries et le fourrage.

 

Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire  n°11 1889-1893
la salle des Fêtes

Le plus important est le dispensaire, il reçoit chaque jour plus 100 enfants, sans distinction, ceux qui s’offrent, et à  qui à l’aide de médecins dévoués et de soins assidu, il rend la santé et quelques fois la vie, pendant qu’il rend aux familles l’espérance et le courage. Et tous ceux qu’il a secourus pendant ces 12 années témoignent de leur reconnaissance pour cette œuvre maîtresse, à laquelle la ville de Paris a rendu hommage.

Mais ce n’est pas assez. Ruel qui avait dès la guerre de 1870 commençait des distributions de secours en nature et en argent, les continuera infatigablement chaque année pour tous ceux qui s’adressent à lui ou que sa sollicitude découvre.

En  1893,  Xavier Ruel est nommé chevalier de la Légion d’honneur. Son personnel fête cet événement à la Salle des fêtes : le Casino Notre-Dame. La joie de tous, lui fut certainement plus sensible que le ruban de sa boutonnière.

Et c’est ainsi que, pendant 20 ans, les élus du 4e arrondissement marche au côté de  cet homme de bien, resté humble dans la fortune et la personnalité.

 

 

A bientôt en 1894, puis nous alternerons  par d'autres thèmes....

 Nous parlerons du nouveau restaurant Eataly ...

Notre ami Jean-Pierre nous parlera de Saintes..

Et Antoine nous proposera un livre. 

Lire la suite

Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°10 1887-1889

13 Avril 2019 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #BHV d'hier

En France :

Entre 1887 et 1889, un grand nombre d'opposants au régime participèrent  à un mouvement politique : «  le Boulangisme » qui rassemblait les adversaires du régime en place au point de le menacer. (Réuni sous le nom du général Boulanger)

Cette période de la IIIe République développait l'idéal patriotique d'alors, d'une gauche jacobine à une droite nationaliste. Aucune figure populaire n'incarnait plus, ni le gouvernement, ni l'opposition.

Pour mémoire : Avant 1880, se manifestait une renaissance patriotique. Jules Ferry voulait que les instituteurs puissent façonner l’âme des petits écoliers; il fit distribuer dans les écoles des chants militaires. Il encouragea les sociétés de gymnastique, des bataillons scolaires. La France,  rêvait de revanche sans vouloir la guerre. Dans les villes dominait le désir de la revanche et dans les campagnes la crainte de la guerre.

A partir de 1881, une dépression mondiale atteignit la France. Elle affectait surtout le monde agricole. Le prix du blé baissa de 30%. Les vignobles furent détruits par le phylloxéra. La valeur de la terre s'effondra. Une crise financière frappa l'épargne paysanne.

La bourse baissa. Le portefeuille d'escompte de la Banque de France perdit environ ¼ de sa valeur  entre 1881 et 1885. Le commerce général perdit 30% de son chiffre d’affaires.

Le commerce:

Les petits commerçants étaient particulièrement touchés, car, malgré cette crise, les Grands Magasins développaient leur clientèle. (publicité Mars 1888)

Cette année est favorable aux grands magasins du Louvre.

Le Louvre a absorbé l'Hôtel du Louvre avec ses splendides salles des fêtes . Les clients découvrent un véritable palais : " Coupoles de glaces et d'or, escaliers royaux...  Les comptoirs sont élargis...Air, lumière, ascenseurs..."

Grands magasins du Louvre Le grand Hall, rayon des soieries. (Le monde Illustré 1888)

Dans ce ralentissement de l'activité économique, le budget de l'État creusait son déficit, et la dette publique s'accroissait.

Les ouvriers touchaient des salaires de 5 à 6 francs par jour à Paris, de 3 à 4 francs en province, pour des journées de travail de onze à douze heures. Des grèves éclataient, ici et là.

L'opinion n’appréciait pas l'instabilité gouvernementale.

Les radicaux apparaissaient comme de dangereux théoriciens et non pas comme des hommes de gouvernement.

La France dans les élections avait dit ce qu'elle ne voulait pas mais, les candidats sans attrait, ne lui permettait pas de dire ce qu'elle souhaitait. La France voulait autre chose !

Après la réélection de Jules Grévy, celui-ci demanda à C de Freycinet de former un nouveau ministère qui groupait : opportunistes et radicaux. Le 7 janvier 1886, le portefeuille de la Guerre fut confié à un jeune général républicain du nom de Boulanger.

Georges Boulanger est décrit comme un bel homme, élégant. Il possédait de beaux états de services, brillant soldat et officier politicien, il arriva au gouvernement poussé par Clemenceau Il dépose un projet de réorganisation de l'armée qui fait sortir les officiers du rang et établit le service militaire obligatoire pour tous. Il se dresse contre les réactionnaires, et aussi contre les opportunistes. Boulanger très doué sait se faire aimer des troupes en améliorant le sort du soldat et du sous-officier.

On le voit partout ; les parisiens se déplacent pour l’apercevoir, il préside, inaugure, fait des discours où le républicain se mêle au patriotique ; on ne cesse de parler de lui. Il monte un beau cheval noir ; sa barbe est blonde, son uniforme étincelant. On l’aime comme le héros de la revanche. Il fait peur à Bismark.

Ce général, ministre de la Guerre donne confiance dans un avenir de gloire

Dans le pays, des manifestations révèlent l'évolution du boulangisme.

Manifestations . (Le Monde Illustré 1888)

On a acclamé Boulanger, homme de gouvernement, puis, on l'acclame contre le gouvernement (députés et les sénateurs.) Tous ces sentiments vont se terminer en une formidable révolte de l'opinion publique contre le parlementarisme.

 Nous sommes donc en 1888.  Élu député du Nord en avril, Boulanger devient le chef du camp nationaliste à la Chambre. Il mène alors une campagne vigoureuse contre le gouvernement. Il exige la révision de la Constitution, prône la dissolution de l’assemblée parlementaire.

On n'ignorait pas la popularité de Boulanger, mais personne n’imaginait qu’il puisse réussir. Deux sentiments avaient eu raison de lui : l'antiparlementarisme et sa popularité.

Devenu l’homme le plus populaire de France, il était acclamé dans toutes les rues de Paris !

Après certaines agitations les grèves commencent : celle des terrassiers qui œuvrent pour la future exposition universelle, les violences contre les personnes furent réprimées, pourtant on vit des tombereaux renversés, des cafés saccagés sans que des sanctions soient prises.

Grève des coiffeurs(le Monde Illustré 1888)
grève des terrassiers (le monde Illustré 1888)

Le gouvernement commit l'erreur de chasser le Général Boulanger de l’armée. Le général Boulanger dépouillé de son grade et de son uniforme devenait pour le gouvernement un adversaire redoutable car il n’était plus retenu par les liens de la discipline

 

Boulanger se présenta à toutes les élections partielles où il avait des chances. Il fut élu cinq fois député au cours de l'année 1888.

Le 12 juillet, le Président du Conseil, Charles Floquet et Boulanger vont se battre en duel : Boulanger est blessé…


C'est le 27 janvier 1889 que le boulangisme atteignit son apogée. Ce jour-là, Boulanger fut élu député de la Seine par 245 000 voix contre 162 000 à son adversaire républicain. L'élection avait pris le caractère d'un choix entre Boulanger et le régime. Ce fut un triomphe éclatant

La police était boulangiste ; l’armée était boulangiste, à Paris la foule débordait d'enthousiasme : Boulanger n'avait qu'un geste à faire pour être porté à l'Elysée. Ce geste, il ne le fit pas. Boulanger démissionne de sa charge de député, se fait à nouveau plébisciter à l’occasion de nouvelles élections partielles.

Dans le pays, l’agitation est à son comble. Le gouvernement réagit en dénonçant le "complot boulangiste", et lance un mandat d’arrêt contre le général, en avril 1889. 
Boulanger s’exile alors à Bruxelles avec sa maîtresse. Il est condamné par contumace. Les élections législatives de septembre 1889 ne lui sont pas favorables.

En mai 1889  s'ouvrit l'Exposition universelle. (Nous en parlerons plus tard).Les boulangistes n'avaient pas osé troubler son ouverture. Quelques mois plus tard, les boulangistes perdirent les élections. Et ce fut la fin du Boulangisme.

Georges Boulanger est mort en Belgique en septembre 1891, bouleversé par la disparition de sa maîtresse, il se suicidera sur sa tombe.
Même sans Boulanger, on peut penser que le boulangisme existait déjà d'une certaine manière. Il a exprimé, au cours de son évolution, une déception profonde de ce qui était, et une aspiration confuse vers quelque chose d'autre, mais quoi?

Le boulangisme est né d’une volonté d'un grand pays vaincu de prendre sa revanche, de retrouver sa foi en l'avenir ; de l’écœurement d'un régime instable qui piétinait et de la crise économique, 

Il y a toujours, dans notre démocratie, un boulangisme latent qui, suivant les circonstances, demeurent endormi ou se  réveille.

BHV :

En 1889 Xavier Ruel acquiert le 9 rue du Plâtre. Futur service formation.

Le BHV communique : on peut lire cette annonce dans la presse de l’exposition universelle.

 

 

 

 

   En témoigne aussi cette affiche.

 

Paris :1889, il y a 130 ans

L'Exposition « universelle et internationale » de Paris a été saluée par tous les contemporains comme un gigantesque succès de la France, triomphe de l'intelligence, du sens de l'organisation et du goût français.

Elle a été l'avènement du métal comme matériau avec la construction de deux édifices impressionnants : la Tour de 300 m de M. Eiffel et la Galerie des Machines de M. Formigé.

 

Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire  n°10 1887-1889

Nous reviendrons prochainement sur cette exposition.

CD

Lire la suite

Interview de Martine Mallein-Leguédois sur son dernier livre.

5 Avril 2019 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Echos des membres, #Livres et poésies

« Petite histoire illustrée

de l’ancienne principauté

de Boisbelle-Henrichemont »

Vous allez adorer ce livre de notre historienne, Martine Mallein Leguédois, bien connue des écrivains locaux.  Martine, dans ce livre a innové, en ajoutant de nombreuses photos des lieux et bâtiments.

Cet ouvrage très illustré en couleur, format paysage sur beau papier brillant de 200 g, est  très plaisant. Il illustre bien cette histoire locale du Berry qu’Elle accompagne par un texte sobre et des documents d’archives.

CD : Martine tu viens d’éditer un nouvel ouvrage intitulé « Petite histoire illustrée de l’ancienne Principauté de Boisbelle-Henrichemont, peux-tu nous le présenter.

MM : Une fois encore c’est le Berry qui est mon centre d’intérêt. Voilà douze ans que c’est mon sujet de prédilection. L’histoire de cette ancienne province française composée depuis la Révolution de deux départements, le Cher et l’Indre, me passionne. J’y trouve un patrimoine historique et culturel exceptionnel, à commencer par le petit village de mes ancêtres où nous possédons une petite maison. 

CD : D’où l'idée de ce nouvel écrit?

MM : Effectivement, voilà une bonne douzaine d’années que j’essaie de découvrir l’origine de cette petite principauté située « près Berry ».

CD : J’aimerais comprendre pourquoi représenter ton village en première de couverture par un Chêne, cela m’intrigue et mettre en 4ème de couverture une photo de sa place centrale ?

Interview de Martine Mallein-Leguédois sur son dernier livre.
Interview de Martine Mallein-Leguédois sur son dernier livre.

MM : Le chêne est tout d’abord le symbole de majesté, de force, de longévité, de solidité, ce qui est le cas de notre petit village dont on trouve l’origine depuis l’an mille et qui connut son apogée au XVIIème siècle avec Sully.

Par ailleurs, si l’on se réfère aux Grecs, le chêne est le temple où demeuraient les nymphes, vivant ainsi en harmonie avec la nature. Or la cité de Sully se cache au milieu des forêts qui l’entourent et selon le folklore berrichon, notre terre est pays d’un certain occultisme. On parle de « birettes » c’est-à-dire de sorcières mais aussi de fées, de jeteurs de sort mais aussi de leveurs de sorts. Ne l’oublions pas qui mieux que George Sand raconta ce pays berrichon dans ses romans champêtres.

CD : Je comprends mieux maintenant pourquoi tu évoques un Chêne. Quelle est la raison qui t’a amenée à mettre au dos de ton ouvrage la photo de la place centrale ?

MM : Car c’est un joyau de l’architecture et de l’urbanisme du XVIIè siècle, on en reparlera plus loin.

 CD : J’en reviens au terme que tu as évoqué une principauté « près Berry » Qu’entends-tu par ce terme de « près Berry » ?

 

Borne limite de la principauté et de la courronne de France

MM : Il s’agit d’un très petit Etat, indépendant du royaume de France, très pauvre, ne couvrant que de 15000 ha seulement. Ma curiosité m’a conduite à remonter le temps, jusqu’à son origine possible vers l’an 1000 et à essayer de connaître ses princes, cousins des rois de France, qui gouvernèrent la Principauté dite de Boisbelle, en toute autonomie.

CD : Tu nous racontes par conséquent l’histoire de cette Principauté de Boisbelle, mais d’où vient ce nom d’ Henrichemont que tu y associes ?

MM : Sully, le grand ministre de Henri IV est passé par là. Voulant se constituer un territoire au cœur de la France, il acheta la Principauté au prince Charles de Gonzague en 1605 et on ne sait pas exactement pourquoi, il décida d’y construire ex nihilo, c’est-à-dire à partir de rien, sa capitale à laquelle il donna le nom de son souverain Henrici Mons d’où Henrichemont.

 

CD : Il a donc construit sa ville ou plutôt sa capitale, c’est incroyable. Il a réussi cette gageure ? Mais comment, avec quels deniers ?

MM : Avec la générosité du Roi. Ainsi la construction de la ville commença-t-elle en 1609 avec un architecte exceptionnel, Salomon de Brosse, qui plus tard construira le palais du Luxembourg et le grand urbaniste, Claude de Chastillon, pour ne citer que les plus célèbres de ces bâtisseurs.

 

Henrichemont pavillon dessin de Salomon de Brosse  biblio de l'institut

Henrichemont pavillon dessin de Salomon de Brosse biblio de l'institut

Henrichemont plan de l'urbaniste Claude de Chastillon

Henrichemont plan de l'urbaniste Claude de Chastillon

CD : Que du beau monde! 

MM : Sully a fait appel au gratin parisien pour construire sa ville et pour faire acheter les belles maisons par les mêmes propriétaires que ceux de la place des Vosges.

Hotel de Sully

Hotel de Sully

CD : Cette cité ne figure pas, me semble-t-il, dans les guides touristiques

MM : Ou si peu, car trois fois hélas, Henri IV était assassiné en 1610 et le chantier de la ville n’allait pas être achevé. Tu comprends maintenant tout l’intérêt que je porte à Boisbelle et à Henrichemont. Beaucoup d’écrivains du XIXème siècle se sont plongés dans l’histoire de cette petite principauté. Les écrits se sont multipliés encore au XXème siècle. J’ai donc souhaité faire connaître la vie de la petite principauté « près Berry » en accordant une primauté à l’image. A l’époque actuelle on croit beaucoup à la culture de l’image. C’est ce que j’ai essayé de faire en adoptant pour l’ouvrage un format original à l’italienne, ce qui m’a permis de mieux mettre en valeur mes nombreuses photos.

 

 

Henrichemont la place Henri IV et le puit
Porche hôtel du boeuf

 

Plus vielle maison de Boisbelle 16e s

Plus vielle maison de Boisbelle 16e s

CD : Je comprends, c'est un beau travail , bravo Martine. Combien de pages ?

MM : Ce livre possède 76 pages avec une centaine de photos, le tout sur un beau papier glacé et une couverture cartonnée. Je le vends 20 € plus frais d’expédition.

CD : Merci Martine pour cette conversation qui nous a permis de découvrir, avec beaucoup d'intrêt « ta principauté »

MM : J’ai oublié de te dire qu’on n’y payait pas d’impôt !

 

Prix 20 € +6.60 de port et emballage.

En vente par correspondance à l’association : «  Maintenir la Mémoire locale/Martine Mallein –Leguédois »

 mail : amml180@yahoo.fr

Photo aérienne Henrichemont 2009 ph  jp Gilbert

Photo aérienne Henrichemont 2009 ph jp Gilbert

Lire la suite