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Lu dans la Presse : Comment Frédéric Merlin s’est enfin débarrassé du boulet BHV Marais sans y laisser (trop) de plumes…
Comment Frédéric Merlin s’est enfin débarrassé du boulet BHV Marais sans y laisser (trop) de plumes…
Je découvre ce journal comme vous certainement!...et je partage cet article bien rédigé et intéressant à nos lecteurs du réseau.
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La Minute Riches La Minute Riches est LE média qui vous parle des UltraRiches et de leurs affaires
juin 18, 2026 par Eric Tréguier
Depuis 170 ans, c’est une institution parisienne. Le BHV Marais va changer de mains pour la deuxième fois en trois ans. Et le schéma de cette vente est plus que surprenant.
Frédéric Merlin aura essayé. En rachetant le BHV en 2023, le jeune patron de la Société des Grands Magasins pensait reproduire sa recette : reprendre un actif en difficulté et le redresser. Sur le papier, l’affaire cochait toutes les cases. Dans les faits, elle s’est transformée en piège.
Mécanique enrayée
Certes, le magasin est brièvement repassé dans le vert, mais la mécanique s’est vite enrayée, à cause d’impayés à répétition, qui ont entrainé le départ des marques et la chute de fréquentation. Au début de cette année, les ventes ont nettement piqué du nez, à des niveaux inédits, et le grand magasin, vidé de ses enseignes, est devenu « un repoussoir à clients ». Le BHV est passé du stade de vitrine d’un redressement à un cas d’école marketing et…à un foyer de pertes. Pire : il pompe une part disproportionnée des ressources d’un groupe de 19 centres commerciaux dont son PDG estime la valeur à un milliard d’euros et qui, par ailleurs, reste rentable.
Et c’est là que le sujet change de nature. Pour SGM, le BHV n’était plus un projet, c’était devenu un risque. Car le groupe de Frédéric Merlin repose sur un modèle simple : redresser des actifs sans compromettre l’équilibre global. Or avec le BHV Marais, tout a convergé dans le mauvais sens : pression de trésorerie, image dégradée, complexité politique et commerciale. Le coup de grâce a été porté par la perte des murs, finalement repris début 2026 par Brookfield après l’échec du financement monté par SGM, dans un contexte de taux élevés.
A partir de ce moment s’est alors posée la question de conserver l’exploitation. Frédéric Merlin l’a lui-même reconnu : il n’allait pas passer les prochaines années à se battre pour un actif qui mobilisait autant pour si peu. D’où la solution trouvée il y a quelques jours : vendre. Mais à qui? Un tel monument, avec un tel passif, en a effrayé plus d’un. Des fonds ont préféré laisser tomber. La solution? Laisser le management reprendre l’affaire, laisser ces quatre cadres déjà en place tenter l’impossible. Karl-Stéphane Cottendin, ex-directeur général du BHV et du groupe SGM (il va bien sur quitter ces fonctions),Valérie Chaleyssin, directrice marketing, Medy Ty, directeur artistique et Élodie Nho, la DRH, veulent recentrer le grand magasin “sur son cœur de métier historique : la maison, bricolage, décoration, mobilier, luminaire, culinaire, art de la table, linge de maison, loisirs créatifs, électroménager, literie, librairie, etc.”, selon un communiqué.
Questions stratégiques
Cela posera rapidement deux questions. Quid de Shein? Le sort de la marque de fast-fashion chinoise dont l’installation au BHV avait fait polémique semble être scellé : cette “expérimentation” était “une erreur stratégique”, a reconnu auprès de l’AFP Karl-Stéphane Cottendin, pour qui Shein sera “idéalement” parti d’ici à Noël. Et quid de Brookfield? Le Canadien est en effet propriétaire, depuis le début de l’année, des murs du BHV Marais et était censé récupérer plus de 60 % des locaux pour ses projets de redéveloppement, parmi lesquels un possible hôtel aux deux derniers étages (dont celui occupé par Shein). C’est désormais compromis. La mairie ne semble pas convaincue. Et la nouvelle direction veut renégocier le périmètre exact sur lequel sera déployé le nouveau concept.
Enfin, il y a le financement de cette transaction surprenante. Le 700 salariés vont se voir proposer de participer financièrement à la relance du magasin à travers, dit-on, un scop (une coopérative). Plus de 300 seraient intéressés, devrait-on nous annoncer la semaine prochaine. Un scénario qui séduit l’opinion, les pouvoirs publics… mais qui tient aussi du story-telling. Car les repreneurs salariés n’ont pas les capitaux nécessaires pour financer la reprise. Et ont encore moins l’accès au crédit bancaire. Les banques jugent en effet l’opération trop risquée, trop instable, trop exposée. Et avec l’explosion des taux d’intérêt depuis 2022, inutile d’imaginer une opération de refinancement plus sophistiquée, type LBO. Mais alors, si le montage classique (apport en cash + crédit bancaire) est devenu impossible, comment ont-ils pu conclure la transaction?
Crédit Vendeur
Et bien, dans la situation présente, il ne reste qu’une seule voie : le crédit vendeur. Autrement dit, Frédéric Merlin a vendu son actif, mais a sans doute accepté d’en financer lui-même une partie. Mardi dernier, la SGM reconnaissait vendre “à prix négatif” le fonds de commerce du BHV Marais, institution parisienne depuis 170 ans. Une source proche du dossier interrogée par LMR l’a d’ailleurs confirmé : il a laissé “de l’argent dans le deal…” Et pas seulement les 15 millions d’euros réinjectés dans le magasin depuis sa reprise en 2023. Contacté par LMR, Frédéric Merlin n’a pour le moment pas donné suite à nos questions sur ce point. Et on le comprend. Trop embarrassant…
Dans ce type de situation, ce mécanisme du “crédit vendeur”, habituellement marginal, devient central. Il permet tout simplement au deal d’exister. Du reste, le montant de l’opération elle-même n’a pas dû être faramineux. Il ne s’agit que du transfert de l’exploitation d’un magasin de centre-ville, autrement dit d’un dinosaure du commerce physique. Et qui plus est, un magasin alourdi par le dossier Shein, et qui perd de l’argent… Alors, Frédéric Merlin a fait ce qu’il faut : il a même sans doute fait un chèque pour accompagner le plan de relance des repreneurs.
Schéma pas classique
On n’est donc pas dans le schéma d’une vente classique, mais dans une sortie organisée, où le vendeur a accepté de perdre de l’argent et d’étaler son paiement pour se libérer d’un actif devenu trop lourd. Et il faut le reconnaître : ce calcul a du sens. Se couper le bras plutôt que de perdre tout. Et aujourd’hui, pour la SGM, abandonner le BHV, c’est sécuriser l’avenir de la SGM.
(La Minute Riches est LE média qui vous parle des UltraRiches et de leurs affaires. Une question, une suggestion ? Laissez-nous un message : laminuterichescontact@gmail.com)
Mais qui est donc Karl Stéphane Cottendin
À la demande de plusieurs collègues, nous avons poursuivi nos recherches concernant l'homme d'affaires Karl Stéphane Cottendin, directeur du BHV et dirigeant de plusieurs sociétés.
Nos investigations nous ont permis de constater que M. Cottendin a créé une nouvelle société le 24 avril 2026, en complément de Kergence. Cette structure, dotée d'un capital social de 1 000 euros aussi, exerce l'activité mentionnée ci-dessous.
Dans la seconde partie de cet article, nous reviendrons également sur les éléments figurant dans
l'acte du 8 juin 2026 de cette nouvelle société, où apparaissent encore les soutiens de SGM et SGEM, ainsi que sur l'origine des apports réalisés.
Par ailleurs, il est intéressant de noter que
Kergence, la société chargée de la gestion du BHV, n'a été créée que le 9 juin 2026.
Ces différents éléments soulèvent plusieurs interrogations. Sont-elles fondées ? Chacun pourra se faire son opinion à la lecture des documents et informations présentés. L'avenir nous le dira.
Dirigeants et représentants de KSC ADVISORY Depuis le 24/04/2026
- Cottendin Karl-Stéphane Président 33 ans - 04/1993
Activité de KSC ADVISORY
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Activité principale déclarée : |
La Société a pour objet, en France et à l'étranger : Conseil et assistance aux entreprises en affaires et gestion ; La détention et la gestion de participations dans d'autres sociétés et la fourniture de services administratifs et financiers à ces sociétés ; Location-bail de propriété intellectuelle et de produits similaires, à l'exception des œuvres soumises à copyright, incluant la mise à disposition de brevets et licences ; L'activité de marchand de biens, d'achat et vente de biens immobiliers ; Gestion et administration de portefeuilles d'investissement et de fonds financiers ; La prise, l'acquisition, l'exploitation ou la cession de toutes marques, de tous procédés et brevets, et plus largement de tout droit de propriété intellectuelle concernant ces activités ; La participation de la Société, par tous moyens, directement ou indirectement, à toutes opérations pouvant se rattacher à son objet par voie de création de sociétés nouvelles, d'apport, de souscription ou d'achat de titres ou droits sociaux, de fusion ou autrement, de création, d'acquisition, de location, de prise en location-gérance de tous fonds de commerce ou établissements ; Et plus généralement, toutes opérations de quelque nature qu'elle soit, se rattachant directement ou indirectement à l'objet social ou à tous objets similaires, connexes, complémentaires ou susceptibles d'en faciliter la réalisation ou l'extension. |
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Convention collective supposée : |
Bureaux d'études techniques et sociétés de conseils - IDCC 1486 |
Informations juridiques de KSC ADVISORY
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Forme juridique : |
SAS, société par actions simplifiée |
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Capital social : |
1 000,00 € |
Les coulisses de KSC : Dans le rapport sur la valeur des apports, du 8 juin, que vous pouvez télécharger complétement ci-dessous, vous pourrez lire les paragraphes sur les apports SGM commerce et SEGM BHV, dont je vous joins un passage pour que vous puissiez en prendre connaissance facilement...
A vous de vous faire votre avis !...
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Le BHV en effervescence, la Presse s'agite, mais que se passet'il ?
Quand la Presse nous annonce le retour des fondamentaux du BHV , nous ne pouvons que nous réjouir !
1. Événement principal : changement de contrôle du BHV Paris
Le BHV Marais entre dans une nouvelle phase de son histoire. La Société des grands magasins (SGM), dirigée par Frédéric Merlin, cède le fonds de commerce du magasin parisien ainsi que celui de Parly 2 à Karl-Stéphane Cottendin, jusqu’ici directeur général du BHV et de la SGM.
Cette opération marque un retrait de Frédéric Merlin après une période marquée par plusieurs controverses et difficultés opérationnelles.
Le retrait de Shein constitue donc un signal fort : la nouvelle direction cherche à réaffirmer l'identité historique du BHV et à s'éloigner d'une logique de communication basée sur la polémique.
Un nouveau repreneur , dont le nom est connu au BHV K S Cottendin
2- La société KARGENCE vient d’être créée le11/06/2026
Nature de l’activité principale : Commerciale
Forme juridique : SASU, Société par actions simplifiée unipersonnelle
Capital social : 1000 EUR
Adresse du siège : 13-15 RUE DE LA VERRERIE 75004 Paris 4e Arrondissement FRANCE
Gestion et Direction: COTTENDIN Karl-Stéphane Qualité : Président de SAS
Origine du fonds : Création
3- Un repositionnement centré sur le cœur de métier, c’est ce que tous les anciens du BHV pouvaient espérer et que nous avons évoqué dans nos précédents articles.
La stratégie annoncée repose sur un recentrage autour de l'univers de la maison :
Activités renforcées :
Bricolage ; Décoration ; Luminaires ; Arts de la table ; Cuisine- Ménage; Linge de maison ; Literie ; Loisirs créatifs.
Plus douteux : parapharmacie ; halle alimentaire. (Ce rayon qui a déjà existé au BHV a été source de perte)
4 - Enjeu principal
Le succès du plan dépendra moins du départ de Shein que de la capacité de la nouvelle direction à résoudre trois problèmes simultanément :
- Rétablir la confiance des fournisseurs et des marques.
Encore faut-il qu’ils soient payés dans un premier temps « au cul du camion ».
- Faire revenir les clients dans un magasin dont l'image s'est brouillée.
Retour à une communication abribus, métro et presse…
- Financer la transformation du BHV tout en absorbant les dettes accumulées.
On n’accueille pas les clients au BHV dans un magasin où les escalators et ascenseurs ne fonctionnent pas.
Le départ de Shein est donc avant tout un symbole ; la véritable difficulté sera de démontrer que le BHV peut redevenir un grand-magasin rentable et différencié dans un marché du commerce physique en pleine mutation.
Il est sûr que si Brookfield se portait garant, on pourrait tous croire à ce projet qui repose sur le fondement même du BHV.
5- Dimension sociale : recherche d'adhésion interne
La nouvelle Direction souhaite associer les salariés à la relance :
- Possibilité d'entrer au capital de la société de reprise (Kargence) ;
- Absence annoncée de plan social ;
- Restaurer la confiance après plusieurs années d'incertitude.
Cette démarche vise à sécuriser l'engagement des équipes dans un contexte où les effectifs ont déjà fortement diminué. Il reste environ 700 personnes à ce jour dont la moitié sur le terrain.
Mais, a-t-on besoin d’une centrale d’achats pour un seul magasin ou deux avec Parly?
A l’époque glorieuse du BHV, l’acheteur-chef de rayon, créait ses produits, les commandait, décidait de ses publicités, participait à l’élaboration des campagnes publicitaires et le BHV fonctionnait à fond-la forme !
Nous souhaitons bonne chance à ce nouveau projet BHV.
Ci-dessous la Note de service, distribuée.
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Les 4 signataires en photo sur l'article LSA : Elodie Nho, Medy Ty, Valérie Chaleyssin et Karl-Stéphane Cottendin
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Lu dans la presse...Le JDD BHV : la déprime se répand dans les allées du grand magasin
L’article du JDD ci-dessous décrit le fort déclin du BHV Marais, malgré son maintien en activité et les promesses de transformation. Les rayons se vident, les équipements tombent en panne, les fournisseurs sont impayés et les clients désertent le magasin.
Les syndicats évoquent un effondrement du chiffre d’affaires, une réduction continue des effectifs et un climat social très dégradé. Officiellement, la direction parle d’un vaste projet de rénovation, mais de nombreux salariés et clients craignent désormais une fermeture à terme. Je vous laisse découvrir...
CD
BHV : la déprime se répand dans les allées du grand magasin
NAUFRAGE. Escalators en panne, rayons clairsemés, salariés désœuvrés, fournisseurs impayés… Le BHV reste ouvert, malgré la fermeture annoncée.
Le JDD : Louise Dugast 14/06/2026
Il y a encore quelques mois, la direction parlait de « réinvention ». Aujourd’hui, dans les allées du BHV Marais, le mot a perdu de sa superbe. On évoque davantage les travaux, la « réorganisation », parfois la « transition », voire la « réduction de surface ». Ce qui, dans le secteur des grands magasins, n’est pas vraiment rassurant.
Rue de Rivoli, l’établissement continue pourtant d’ouvrir ses portes comme si de rien n’était. Sauf qu’à l’intérieur, le bazar a des allures de morne plaine. Les corners se clairsement, les escalators tombent régulièrement en panne et les clients se font tellement rares que leur présence devient un sujet de conversation entre les vendeurs. À la caisse, une salariée tente une explication. « Il n’y a plus de produits parce qu’on est en rénovation », assure-t-elle avant d’évoquer la suite : un hôtel, un restaurant, « un peu comme la Samaritaine », à un horizon de « trois ou quatre ans ». Un grand projet porté par des investisseurs canadiens « qui ont de l’argent », mais dont on ne sait pas grand-chose.
Chez les clients, la dissolution est brutale. Une femme s’arrête devant un rayon à moitié vide : « Ça n’a rien à voir avec le BHV. C’est une déception. » Son amie est encore plus catégorique : « J’étais attachée à ce lieu. Là, ça ne remontera pas. Ça va fermer, c’est sûr. » Au rayon chaussures, une vendeuse dépitée s’épanche, les larmes aux yeux. « On ne sait pas ce qu’on va devenir. Mais on voit bien que ça ne va pas durer. On n’a pas reçu de marchandises depuis quatre mois. Tout se délite. » Quelques mètres plus loin, un autre salarié regarde les rares clients traverser l’étage sans s’arrêter : « On ne me demande plus aucun conseil, je ne sers plus à rien. Je suis spectateur de la chute de ce magasin. »
Pour qui fréquentait le BHV il y a quelques années, le contraste est saisissant. Au rez-de-chaussée, la maroquinerie côtoie la beauté, la bijouterie, mais aussi la librairie. Le mythique rayon bricolage du sous-sol a presque disparu derrière des panneaux noirs annonçant une « réinvention ». Le quatrième étage, consacré à la maison et à la literie, paraît déserté. Deux des trois ascenseurs sont souvent hors service. La plupart des escalators ne fonctionnent plus. Nombre de fournisseurs réclament leur règlement. Les prestataires se montrent de plus en plus réticents à intervenir, à l’image des entreprises de sécurité qui se sont succédé ces dernières années.
Le délitement et l’abandon se manifestent jusque dans les détails. « Il est arrivé qu’on nous demande d’apporter notre propre papier toilette ! » raconte une représentante syndicale. « Le magasin est devenu un repoussoir à clients », résume Carole Prioult, secrétaire générale du commerce de Paris.
Les recettes quotidiennes auraient été divisées par dix
Face aux vidéos qui se multiplient sur les réseaux sociaux pour dénoncer un « magasin fantôme », Frédéric Merlin a choisi de répondre directement. « Ce que vous filmez, c’est un chantier, écrivait-il récemment sur Instagram. On transforme parce qu’on croit encore que ce monument mérite mieux que de survivre. On veut qu’il vive. » Mais derrière cette énième version du récit de la transformation, les chiffres racontent une autre histoire.
Selon plusieurs sources syndicales concordantes, le chiffre d’affaires du BHV Marais se serait effondré en l’espace d’un an, passant d’environ 11 millions d’euros mensuels à un peu plus de 1 million. Les recettes quotidiennes auraient été divisées par dix. « Un samedi, récemment, nous étions autour de 56 000 euros de chiffre d’affaires. Avant la reprise par la Société des grands magasins, un samedi à moins de 400 000 euros était considéré comme catastrophique », assure l’intersyndicale (CFTC, CGT, CFDT, Sud et CFE-CGC).
Les organisations syndicales décrivent également une lente érosion des effectifs. Le BHV Marais employait encore plus de 1 000 salariés lors de la reprise par la Société des Grands Magasins fin 2023. Ils ne seraient plus que 684 aujourd’hui. « Et cette année, la direction annonce encore entre 200 et 250 départs supplémentaires », précise une source syndicale. Au premier semestre 2026, les représentants du personnel recensent déjà plusieurs dizaines de départs, entre licenciements, démissions, ruptures conventionnelles et fins de contrats. « On assiste à ce qui ressemble à un plan social sans plan social, estime une représentante FO. Ça sent la fin. »
Les tensions sur l’emploi sont la dernière épreuve d’une longue série qui a commencé avec des difficultés déjà anciennes dans les approvisionnements et le paiement des fournisseurs et partenaires. « Les problèmes d’impayés ne datent pas d’hier », assure un adhérent FO également salarié du grand magasin. En coulisses, il décrit un climat de plus en plus tendu à mesure que les difficultés s’accumulent. Il évoque un dirigeant sous pression, parfois explosif. « Frédéric Merlin est quelqu’un de très colérique, comme un enfant à qui l’on refuse un bonbon », glisse-t-il à l’issue d’une visite du patron.
La direction continue de s’accrocher à une stratégie à laquelle plus personne ne croit, et sur laquelle Frédéric Merlin n’a en réalité plus la main, l’exploitant de la société du BHV n’étant plus propriétaire des murs.
Lu sur BFM "On ne va pas finir l'année", à paris comme en province...
"On ne va pas finir l'année": à Paris comme en province, l'inquiétude grandit parmi les salariés des grands magasins BHV, toujours désertés par les marques et les clients
BFM Business OC avec AFP Publié le 06/06 à 09h36
Les syndicats les estimant à l'"agonie" quand la direction invoque une nécessaire période de "transformation".
"On ne va pas finir l'année": à Paris comme en province, l'inquiétude grandit parmi les salariés des grands magasins BHV, toujours désertés par les marques et les clients, les syndicats les estimant à l'"agonie" quand la direction invoque une nécessaire période de "transformation".
"170 ans avec vous, le BHV prépare la suite", clament les façades du Bazar de l'hôtel de ville, au cœur de Paris, où s'affiche un schéma représentant l'emblématique établissement parisien, la formule "rénovation en cours" apposée à chaque étage.
A l'intérieur, parmi les quelques clients présents vendredi matin, Maeva Normand, 31 ans, filme avec son téléphone le vaste espace vide barré de rideaux au rez-de-chaussée, en face de l'espace beauté-bijouterie où les emplettes restent possibles. "C'est impressionnant," commente cette habituée.
Les nombreux escalators en panne viennent renforcer l'impression d'abandon suscitée par les surfaces désertes observées à chaque étage, à part au 6e, où l'installation du premier magasin physique et pérenne de Shein, plateforme asiatique de mode ultra-éphémère accusée de détruire le commerce français, a fait scandale cet automne.
"Nous sommes dans un entre-deux assez atypique"
"Nous sommes dans un entre-deux assez atypique" a reconnu cette semaine Frédéric Merlin, cofondateur de la SGM, l'exploitant du BHV, dans Challenges, invoquant une période de "travaux" pendant laquelle il a "choisi de ne pas fermer".
La mue de l'établissement parisien, qui compte encore quelque 700 salariés, passe par la libération de surfaces au profit du fonds canadien Brookfield, propriétaire des murs (évalués à 300 millions d'euros) depuis janvier, en vue de son plan de redéveloppement.
La SGM, qui a acquis le fonds de commerce du BHV en 2023 auprès des Galeries Lafayette, devait aussi racheter son bâtiment de 45.000 m2. Mais le tour de table s'est avéré plus difficile que prévu, en particulier après le retrait de la Banque des territoires, opposée au partenariat avec Shein.
Confronté depuis des mois à la fuite de marques (Dior, Sandro, Guerlain, etc.) échaudées par des impayés ou mécontents de l'arrivée du géant asiatique, le groupe comptait sur son nouveau bailleur pour se remettre à flot, moyennant une réduction de 40% de la surface à sa main.
Finalement, la SGM n'exploitera plus que 15.000 m2, laissant plus de 60% des locaux à Brookfield, qui explore diverses pistes pour ranimer son immeuble, comme l'installation d'un hôtel aux 6e et 7e étages, selon une source proche du dossier confirmant des informations de presse.
"Flop complet"
Mais la SGM n'a toujours pas reçu les "15 à 20 millions" d'euros espérés de Brookfield, souligne à l'AFP un représentant de l'intersyndicale du BHV.
La source proche du dossier assure qu'"entre 3 et 6 millions d'euros" ont déjà été avancés à la SGM, mais que cette dernière n'a pas respecté certains engagements. Sollicités, la SGM et Brookfield n'ont pas commenté. En attendant, le chiffre d'affaires du BHV est "en chute libre", s'alarme l'intersyndicale. "Le samedi, on fait entre 45.000 et 55.000 euros, alors qu'avant moins de 500.000, c'était une catastrophe", se désole une de ses membres.
Faute de clients, "on erre un peu toute la journée, c'est très long", déplore une employée parisienne.
Même constat dans les huit BHV (dont 7 ex-Galeries Lafayette) hors Paris où quelque 500 salariés "se demandent tous les mois s'ils vont être payés", assure Sabine Le Bourhis, déléguée syndicale centrale CFDT à Orléans. Le coup de grâce est venu, selon elle, de la rupture du contrat entre la SGM et les Galeries Lafayette, opposées à l'arrivée de Shein.
Signe des temps, le BHV de Dijon vient de décider de fermer le dimanche. "Ben, vous savez, il y a pas mal de marques qui ne sont plus là", lâche une vendeuse, dépitée, à un client étonné de ne plus voir sa griffe préférée. Au deuxième étage, une exposition d'artistes-peintres locaux vient combler le vide, quand d'autres espaces sont laissés vacants.
Celui qu'occupe Shein depuis février est le plus achalandé. Mais "ce n'est pas l'affluence débordante", concède Denis Favier, le président de l'association des commerçants du centre-ville de Dijon, pourtant l'un des fervents partisans de la venue de la marque. "Shein, c'est un flop complet" assure Sabine Le Bourhis, convaincue que les BHV ne "verront pas Noël".
A Paris, Palmira, cliente soixantenaire, apprécie les nouvelles collections d'été Shein, mais préfère acheter en ligne: "c'est moins cher".
Ci-dessous, une photo du BHV en 1885, quand il fallait
du jugement, de l'audace et un vrai sens des affaires pour réussir.
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Lu pour vous dans Challenges : « Il parle beaucoup, mais ne paye personne » ...
Encore un article :
L’article dresse le portrait d’un entrepreneur à la fois admiré et contesté. Il présente Frédéric Merlin comme un ambitieux ayant voulu transformer le BHV et bâtir un empire commercial, mais dont les moyens financiers et les choix stratégiques — notamment l’alliance avec Shein — ont déclenché une crise majeure. La question qui traverse tout le texte est de savoir s’il s’agit d’un visionnaire audacieux ou d’un dirigeant qui a surestimé ses capacités.
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« Il parle beaucoup, mais ne paye personne » : ascension et revers de Frédéric Merlin, l’homme qui a imposé Shein au BHV
S’imaginant en révolutionnaire du commerce, l’exploitant du BHV y a installé une boutique Shein. Désormais acculé, l’agitateur de 34 ans doit sauver le grand magasin. Quitte à renoncer à ses rêves de grandeur.
Guillaume Echelard Challenges 3 juin 2026 à 06h30
Mais qu’est-il arrivé au BHV ? Dans un flot de vidéos déversées sur les réseaux sociaux ce printemps, les étagères du grand magasin apparaissent vides, ses murs nus, ses rayons désertés. La scène, surréaliste dans ce lieu très prisé des Parisiens, vient clôturer par un silence glaçant des mois de brouhaha médiatique. Arrivée du géant décrié de la fast fashion Shein au sixième étage, fournisseurs impayés, avenir financier incertain… Derrière cette crise inédite de l’institution née au XIXe siècle se cache un homme : Frédéric Merlin, 34 ans, 233e fortune de France selon Challenges, à la tête d’une foncière aux plus de 400 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, et propriétaire du fonds de commerce du Bazar de l’Hôtel de Ville depuis deux ans.
Attablé chez Noto, restaurant branché du VIIIe arrondissement de Paris, l’entrepreneur – droit sur son fauteuil, impeccable dans son costume cravate – se défend, après s’être fait discret pendant des mois. « Nous sommes dans un entre-deux assez atypique, assume-t-il, regard perçant, voix claire, débit articulé. Le BHV se transforme, fait des travaux, et nous avons choisi de ne pas fermer pendant cette période. »
Certains regrets pointent toutefois. « J’ai beaucoup appris ces derniers mois. A 34 ans, on ne sait pas tout, on peut faire plein de bêtises », dit celui qui promettait de redonner ses lettres de noblesse à l’enseigne parisienne. Aurait-il dû renoncer au partenariat avec Shein en octobre, alors que la marque chinoise accumule les critiques de non-respect des normes sociales et environnementales ? « J’ai sous-estimé la réaction politico-médiatique », concède-t-il. Naïf ? Provocateur ? Huit mois après son irruption dans le débat public, Merlin reste une énigme.
« Plein d’ambitions »
« Il y a dans son sens de la démesure quelque chose qui rappelle les Illusions perdues », décrit Yann Rivoallan, président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin, inlassable pourfendeur du jeune entrepreneur et des plateformes chinoises. Dans le roman de Balzac, Lucien Chardon, petit-bourgeois ambitieux natif d’Angoulême, rêve de réussite sociale au sein de la haute société parisienne avant de s’y brûler les ailes.
Frédéric Merlin aime à narrer le même conte, la fin en moins. « J’ai grandi à Saint-Symphorien-d’Ozon, un petit village près de Lyon, dans un milieu de classe moyenne, raconte-t-il. Maman ne travaillait pas, mon père était entrepreneur dans la tuyauterie industrielle, on n’a jamais manqué de rien à la fin du mois. »
La petite pizzeria où il mangeait le soir, le bricolage de bon matin avec son père le week-end, son entrée hésitante à la fac de droit de Lyon… Sa jeunesse est heureuse mais ne colle pas aux envies de grandeur de cet adolescent qui ne s’intéresse guère aux jeunes de son âge. « A 13 ans, mon Fredo était déjà plein d’ambition, sourit sa mère, Dominique Merlin. Il disait que, quand il serait grand, il achèterait une voiture et un foulard Hermès pour m’emmener en week-end. » Au détour d’un stage d’un mois au cabinet lyonnais Omnium, le jeune homme se passionne pour l’immobilier, et plaque les études. Grâce à un prêt étudiant de 15 000 euros au Crédit mutuel, il lance son agence de conseil, au côté de sa sœur Maryline.
« Il était vu comme un ovni »
La transformation est rapide. Frédéric Merlin perd « ses dizaines de kilos en trop », confie-t-il, troque le polo pour des costumes de marque, une coiffure impeccable et un sourire ravageur. « Il fonçait, avait de l’ambition, se souvient Nicolas Gagneux, à la tête du promoteur lyonnais 6e Sens Immobilier, qui l’a connu à cette époque. Il nous amenait beaucoup d’affaires. »
Le jeune courtier crée sa foncière en 2015. C’est à ce moment qu’il reçoit l’appui financier décisif de son « mentor » et associé : Jean-Paul Dufour, un ex-industriel lorrain exilé en Belgique, rencontré au début de sa carrière, dont la discrétion n’a d’égale que la richesse.
Trois ans plus tard, coup de poker : Merlin s’oriente vers la reprise de centres commerciaux en déclin du cœur de villes moyennes, de Mulhouse à Roubaix, et fonde la Société des Grands Magasins (SGM), un nom là encore très balzacien. Commence une intense période d’agitation. Dans les petits locaux lyonnais de la SGM, une dizaine de personnes se mettent à rêver d’un empire. « Il était vu comme un ovni, se souvient un membre du noyau fondateur. Qui était ce jeune qui rachetait tous ces centres commerciaux dont personne ne voulait ? »
Peu loquace sur l’origine de ses fonds, Frédéric Merlin se félicite : « On a remis ces lieux sur les rails en créant des espaces de loisir et de restauration. » Le jeune dirigeant savoure. Il peut tenir parole et emmener sa mère en week-end à L’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse). Avec le foulard Hermès et la belle voiture.
« Frédéric Merlin était crédible et était le seul à vouloir mettre le prix »
Car la SGM est avant tout une affaire de famille. Sa sœur, sa mère et surtout son père aident le jeune entrepreneur – même pas 30 ans – à mener son ascension express. Au décès du patriarche, il dit avoir eu un « déclic » pour assumer le rôle de leader. Sa route croise alors celle de Philippe Houzé. Le président du directoire du groupe Galeries Lafayette cherche alors à céder sept magasins de province, soit 200 millions d’euros de chiffre d’affaires cumulé. « Il n’avait qu’un seul enjeu : transmettre la marque », admire Frédéric Merlin.
L’entrepreneur aux airs de gendre idéal s’immisce chez les Houzé, gagne leur confiance, accompagne la matriarche Ginette Moulin jusque dans son domaine au cap Nègre (Var) et décroche la vente. Mais à peine a-t-il le temps de digérer son acquisition qu’un autre dossier cher à la dynastie du commerce français arrive sur son bureau : la vente du BHV, valorisé 300 millions d’euros.
Mission impossible ? « On se demandait comment on pouvait acheter un tel paquebot alors que l’on avait déjà des difficultés à régler tous nos fournisseurs », narre un ancien de la SGM. Mais c’est l’occasion d’entrer dans la cour des grands. « Frédéric Merlin était crédible et était le seul à vouloir mettre le prix », raconte un proche du clan Houzé dépité par la tournure des événements.
« Je ne dois rien à personne, je n’ai rien volé »
Difficile en effet de comprendre la stratégie de Frédéric Merlin ou de saisir sa personnalité. Côté recto s’affiche un homme d’affaires serein, charismatique, au réseau éclectique, embrassant l’influenceuse Léna Mahfouf, le basketteur Tony Parker ou encore l’ancien président Nicolas Sarkozy. « Il aime bien donner l’impression d’être quelqu’un de la jet-set, qui se présente avec un cigare, à Saint-Tropez, avec un gros bateau… », raille un ancien des Galeries Lafayette. Sur son compte Instagram, on le voit à New York, au Japon ou au Bristol, célèbre 5-étoiles.
Au verso se cache un dirigeant maintenu à flot par son éternel soutien, Jean-Paul Dufour, mais qui peine à tenir le rythme de son ambition. « Il devait racheter en même temps les murs et l’exploitation du BHV, mais il nous a plantés en ne reprenant que le fonds de commerce », soupire un autre ancien des Galeries alors que des centaines de milliers d’euros d’impayés s’accumulent en 2025 auprès des fournisseurs et des prestataires.
« Il parle beaucoup, endort les gens, mène un train de vie fastueux, mais ne paye personne », attaque un patron de marque, en pleine procédure judiciaire contre son ancien client. Ce dernier s’agace des critiques sur son mode de vie : « Je ne dois rien à personne, je n’ai rien volé. Je n’ai pas à m’excuser. »
Polémique autour des poupées pédopornographiques
Fonceur génial ou bonimenteur, comme le disent ses détracteurs ? L’ancien courtier excelle certainement dans l’art de la persuasion. Lâché par Natixis, qui devait l’accompagner dans l’acquisition des murs du BHV, il trouve du soutien auprès de la Caisse des Dépôts. Puis, d’un vol d’avion jusqu’à Los Angeles, rencontre le président de Shein, Donald Tang, qui lui propose un plan fou : créer au cœur de Paris la première boutique physique du plus sulfureux des e-commerçants. « On savait qu’on allait se faire taper sur les doigts, sourit l’un des membres du comité exécutif qui l’accompagne. Mais on n’allait pas cracher sur 25 millions de clients ! » Tant pis pour les militants qui ont manifesté en face du BHV. « Je ne serai jamais de leur côté du trottoir », assume Merlin.
Mais cette fois, le coup de poker échoue : la Caisse des Dépôts se retire. Partout en France, la SGM craque. « Son centre commercial est devenu une verrue dans notre ville, dénonce François Grosdidier, maire de Metz. Les déchets n’étaient pas ramassés, j’ai dû le mettre en demeure. »
Les effigies du patron et de Donald Tang qui s’exhibent sur la façade du BHV, en pleine polémique autour des poupées pédopornographiques vendues sur la plateforme chinoise, sont la provocation de trop. En première ligne, Frédéric Merlin écume l’espace médiatique, des bancs de l’Assemblée aux plateaux télé. « Il nous a dit qu’il allait prendre les coups pour nous », se souvient notre source du comité exécutif.
Sortie en douceur ?
Des coups, Frédéric Merlin ne cesse d’en prendre. On le dit mort financièrement. Il rebondit. En janvier, il trouve un fonds d’investissement canadien, Brookfield, pour racheter les murs du BHV à sa place. Convaincu par la débrouillardise du Lyonnais, le fonds ne risque rien : si la SGM échoue, il récupérera l’un des plus beaux actifs de la capitale.
Désormais, Frédéric Merlin – qui s’est retiré en début d’année de la direction générale de sa société au profit de son bras droit historique Karl-Stéphane Cottendin – n’exploitera plus que 40 % de la surface du bâtiment. Un hôtel de luxe pourrait bientôt couronner l’édifice qui se lance dans quatre lourdes années de travaux.
En coulisses, beaucoup estiment que celui qui passe désormais davantage de temps en famille à Lyon prépare sa sortie en douceur. Lui dit n’avoir qu’un unique cap en tête : « Préparer comme il se doit la célébration des 170 ans du BHV en septembre. » Décidé à continuer de rêver.
Lu pour vous dans la Presse : L'informé
Le journal économique : L'informé, mérite bien son nom car l'article paru le 22 mai, éclaire un peu mieux la situation du BHV. Voici un résumé :
Tempête historique sur le BHV Marais : les chiffres chocs révélés par L'Informé.
Un effondrement financier inédit
- -80% de chiffre d'affaires au Q1 2026 (10 M€ générés contre près de 50 M€ au Q1 2025).
- Une fréquentation en chute libre de -40% sur le trimestre.
Des rayons vides et une surface amputée, nous vous avons déjà présenté de nombreuses photos
- Exode massif : Environ 200 marques historiques (Chanel, Dior, Hermès...) ont claqué la porte, échaudées par le "bad buzz" du pop-up Shein fin 2025 et l'accumulation des impayés.
- Cure d'amaigrissement forcée : Suite à un accord avec le fonds canadien Brookfield (propriétaire des murs), la surface exploitée par la SGM va être réduite de 40 000 m² à 15 000 m². L'enseigne Boulanger quitte la gestion de la SGM, et les 2 derniers étages seront transformés en hôtel.( si cela est accepté!)
L'asphyxie judiciaire
- Les condamnations pour impayés se multiplient (Le Tanneur, Mellow Yellow, Petit Bateau...).
Pour sa défense, la direction invoque des bugs liés à la transition informatique depuis le rachat aux Galeries Lafayette et des saisies coordonnées de fournisseurs. Des arguments qui ne convainquent pas les tribunaux.
Voici l'article légèrement réduit ci-dessous :
"Les chiffres catastrophiques du BHV Rivoli de Frédéric Merlin
Selon les données auxquelles l’Informé a eu accès, l’enseigne iconique du Marais à Paris accuse une chute vertigineuse de son chiffre d’affaires. Et les impayés vis-à-vis de ses fournisseurs continuent de s’accumuler.
Article de :Morgan Leclerc, Guillaume Chazouillères Publié : 22/05/2026
Quatre mois après avoir trouvé le soutien du fond canadien Brookfield, pour reprendre à sa place les murs du BHV, la société des grands magasins, SGM, qui exploite les lieux fait face à un effondrement commercial. L’informé a mis la main sur des données qui révèle l’ampleur des difficultés du bâtiment de la rue de Rivoli. D’après D’après nos informations, l’enseigne, pilotée par le groupe Lyonnais de Frédéric Merlin, a totalisé sur l’ensemble du premier trimestre 2026, un chiffre d’affaires d’environ 10 millions d’euros, en chute de près de 80 % sur un an. Pires, encore : la chute s’accélère. Les recettes du grand magasin du Marais, qui atteignaient environ 5 millions d’euros en janvier, contre près de 20 millions d’euros, un an plutôt, sont tombés à 2,7 millions en février, 13 millions en 2025, puis de 2 millions en mars pour 15 millions en 2025. Les ventes des trois premiers mois de l’année sont d’autant plus décevante qu’elle ne représente que la moitié du budget qui avait été raboté avec un prévisionnel d’un peu plus de 18 millions pour le premier trimestre.
L’emblématique enseigne qui fait face à l’hôtel de ville, n’est, il est vrai, plus que l’ombre d’elle-même. En un an, le magasin a vu ses rayons se vider suite au départ de marques et fournisseurs historiques échaudés par la multiplication des impayés et le « Bad Buzz », causé par l’arrivée de Shein, en novembre dernier. Selon nos informations, environ 200 griffes. (Chanel, Dior, Hermès, Minnelli, Repetto….) on fait leur valises depuis un an. Soit l’écrasante majorité des boutiques présentes sur les sept étages du magasin. (Hors sous sol) l’attractivité des lieux s’en fait, ressentir avec une baisse de fréquentation, tout aussi vertigineuse, de 40 % au premier trimestre, a encore appris l’informé.
Pour ne rien arranger à la situation, la SGM va aussi voir partir l’un de ses fleurons. L’immense espace attribué au marchand d’électroménager, Boulanger, gros vecteur de passage et de chiffre d’affaires, ne sera à l’avenir plus géré par la société de Frédéric Merlin, mais directement par Brookfield, selon les informations de la lettre, confirmées par l’informé, l’enseigne des Mulliez devrait bientôt débarrasser ses corners, des deuxième et troisième étage pour rejoindre le rez-de-chaussée, dont une large partie sera désormais exploitée en direct par le nouveau propriétaire de l’immeuble.
Ce déménagement est l’une des premières conséquences marquantes de l’accord signé entre la société lyonnaise et son bailleur canadien : les équipes de Frédéric Merlin, qui, avant l’arrivée du fond, exploité la totalité des 40 000 m² du magasin devront à l’avenir, se contenter d’à peine 15 000 m².
Dans le cadre de ce contrat, les deux derniers étages de l’immeuble, repris en direct par le fonds ont notamment pour projet d’accueillir un hôtel, confirmait dernièrement un article de challenge suite à un entretien avec la société de gestion Aroxys mandatée par Brookfield, pour piloter la transformation du bâtiment. Une cure d’amaigrissement qui va, certes, alléger les loyers, que la SGM reverse à son nouveau bailleur, mais aussi encore nettement réduire ses revenus… Alors que tous ces problèmes sont encore loin d’être réglés.
Des impayés qui s’accumulent.
Régulièrement pointé du doigt pour ses impayés, Frédéric Merlin avait indiqué fin 2025 dans une interview au magazine LSA qu’une amélioration était à attendre Nous avons déjà réglé une bonne partie des retards de paiement que nous avions. Notre objectif est de régler toutes les marques d’ici la fin de l’année, confié alors le dirigeant à nos confrères. Si les annonces de règlement de ces différents, laissaient entrevoir le bout du tunnel, le flot d’impayés ne s’est visiblement pas tari.
Le patron d’une marque qui a définitivement quitté les rayons du BHV fin 2025, nous a bien indiqué avoir recouvré ses impayés, ainsi que les pénalités. Mais tout le monde n’est pas dans son cas. De nombreux fournisseurs ont en effet dû batailler -et bataillent encore- pour tenter d’obtenir leur dû comme en témoignent les dizaines de procédures dont nous avons eu vent depuis le début de l’année 2026.
Le schéma est identique pour la majorité d’entre elles, avec un empilement de relances restées sans effet.
En février, mars et avril, des dizaines de marques ont encore fait condamner le BHV à leur verser des sommes dépassant parfois la centaine de milliers d’euros. etc...
L’argument ? Les difficultés de comptabilité liée à la bascule entre l’ancien système de règlement, issu des Galeries Lafayette, et le nouveau, un sujet qui, selon l’enseigne, explique ses soucis, récurrent de paiement.
Plus troublant, le BHV, préciser aussi dans ce dossier, en plus de ces difficultés comptables, « avoir fait l’objet de nombreux saisies, coordonnées de ses fournisseurs, ce qui a affecté le fonctionnement normal de ces services. »Pas de quoi amadouer les juges consulaires pour autant.
Sur un autre plan, Petit Bateau a aussi obtenu 104 000 € en justice en mars, au titre du gain manqué.
La fermeture du rayon enfants planifié pour 2025 et communiquée à la marque ne lui laissait que sept mois de préavis, un délai finalement ramené à 12 mois, mais avec un déplacement du stand dans un étage, bien moins adaptée.
Une rupture un peu brutale pour l’enseigne de vêtements pour enfants, après plus de 17 années de collaboration qui a conduit l’ex marque du groupe Rocher à réclamer une indemnisation avec succès. etc...
Fatigué des retards de paiement et impayés, accumulé depuis janvier 2025 et du non-respect des différents échéanciers accordés, il a une nouvelle fois mise en demeure le BHV et la société d’exploitation des grands magasins, (filiale du groupe SGM, qui gère les BHV, situés hors de Paris) de le payer fin janvier. etc...
Contacté, la direction de la SGM n’avait pas répondu à nos sollicitations du moment de notre publication."..
Quand les journaux se déchaînent sur le BHV : La Lettre, Le canard enchaîné et le Parisien, que nous avons lus pour vous.
Vous trouverez ci-après 1
1 Une analyse de la situation actuelle qui s'appuie sur l'article du journal La Lettre du 12 05 2026.
Je crois que c'est une vision sincère!
2 Un article du Parisien de la semaine dernière plutôt descriptif
3 Un article du Canard enchaîné peut-être un peu trop railleur
CD
L’article de La LETTRE du 12 mai 2026 , est intéressant. publié par Sophie Lescuse
En voici une petite synthèse:
Il décrit la situation fragile du BHV et de son exploitant, la SGM dirigée par Frédéric Merlin.
Depuis le rachat des murs du BHV par Brookfield Asset Management en décembre 2025 pour 300 millions d’euros, Brookfield cherche à maintenir temporairement Merlin à la tête de l’exploitation pendant les travaux du bâtiment, malgré de fortes inquiétudes sur la santé financière de la SGM.
Le magasin reste ouvert pendant les travaux, mais la situation commerciale semble très dégradée :
Rayons vides, Salariés et clients inquiets, Chiffre d’affaires fortement en baisse (divisé par 10 selon l’article).
Pour éviter un effondrement rapide :
- Brookfield réduit fortement les loyers de la SGM,
- Accorde des délais de paiement,
- Réduit l’espace exploité par Merlin (de 40 000 m² à environ 15 000 m²),
- Verse environ 10 millions d’euros en compensation.
En parallèle, Brookfield commence à traiter directement avec certaines enseignes stratégiques comme :
Boulanger, et Rougier & Plé. (Arts créatifs)
L’objectif est de préserver l’attractivité du site indépendamment de la SGM.
Le futur BHV de Merlin doit évoluer vers :
Davantage de décoration et moins de mode, une halle alimentaire, une parapharmacie, une structure hybride entre grand magasin et mini centre commercial.
Frédéric Merlin cherche aussi à refinancer ses autres actifs immobiliers (centres commerciaux notamment) pour obtenir de la trésorerie et continuer à survivre financièrement.
A la vue de cette situation, nous pouvons en déduire :
1. Brookfield protège surtout son investissement immobilier
Le point central du texte est que Brookfield ne « sauve » pas réellement Frédéric Merlin par loyauté ou vision industrielle. Le fonds protège avant tout :
La valeur de son actif immobilier, la continuité d’exploitation, l’image du BHV, et le trafic commercial pendant les travaux.
Un BHV fermé ou placé brutalement en redressement judiciaire ferait chuter :
La fréquentation, la valeur locative, et la capacité à attirer de nouvelles enseignes.
Brookfield agit donc comme un investisseur pragmatique :
Soutien minimal, réduction des charges, maintien temporaire de Merlin, mais possibilité implicite de le remplacer plus tard.
2. Frédéric Merlin semble très fragilisé
Plusieurs signaux indiquent une situation potentiellement critique :
Trésorerie sous tension, Reports de loyers, réduction drastique des commandes, recours au refinancement bancaire, apport personnel supplémentaire de plus de 10 M€.
Cela ressemble à une gestion de survie à court terme.
Perte de confiance des marques
Le fait que certaines enseignes refusent désormais de traiter avec lui est très révélateur.
L’article mentionne explicitement sa réputation liée aux impayés.
Dans le commerce, cette perte de confiance est souvent un signal très préoccupant :
Les fournisseurs plus prudents, délais raccourcis, conditions financières dégradées, difficultés à renouveler l’offre.
Réduction du périmètre
Le passage de 40 000 m² à 15 000 m² exploités par la SGM signifie quasiment un changement de modèle économique imposé.
Cela ressemble davantage à une mise sous assistance qu’à une relance offensive.
Le maintien du BHV ouvert est stratégique mais risqué
Garder un grand magasin ouvert pendant de lourds travaux comporte des risques :
Expérience client dégradée, baisse du chiffre d’affaires, image de magasin “en déclin”, et démotivation des salariés.
Shein : symbole d’une tension stratégique
La présence de Shein est intéressante car elle apporte du loyer,à la SGM, mais brouille l’image patrimoniale du BHV.
Ce dossier semble toujours instable.
3. Brookfield prépare probablement un modèle “hybride”
Le projet fait penser :
A la transformation des grands magasins historiques, la montée des espaces expérientiels, une logique de centre commercial premium, avec multiplication des partenaires spécialisés.
Le BHV deviendrait progressivement devenir une plateforme multi enseignes.
Brookfield semble vouloir :
Réduire les surfaces peu rentables, augmenter la densité commerciale, attirer des enseignes locomotives, monétiser l’immobilier plus efficacement.
Conclusion
De son côté, FrédéricMerlin semble engagé dans une course contre la montre :
Manque de liquidités, confiance commerciale affaiblie, modèle économique en réduction, dépendance croissante au soutien du propriétaire.
Le scénario de l’article est implicite :
Soit Merlin survit en devenant un exploitant plus petit dans un BHV restructuré,
Soit Brookfield finit par reprendre totalement la main avec d’autres partenaires commerciaux.
CD
Le Parisien du 6 05 2026
« Regardez autour de vous, il n’y a plus rien » : en plein chantier, le BHV Paris est-il devenu un « magasin fantôme » ?
Étages vides, escalators à l’arrêt, fréquentation en berne… En plein travaux de réaménagement, l’état du BHV Marais (Paris IVe) inquiète. Si la direction donne rendez-vous à l’automne, salariés et syndicats peinent à croire en cette transformation et alertent sur une possible catastrophe industrielle.
Le grand patron, Frédéric Merlin, est monté lui-même au créneau, dans un post Instagram au ton offensif et sarcastique, pour fustiger les « pseudo-influenceurs » partageant des vidéos édifiantes des espaces vides à tous les étages du BHV Marais, à Paris (IVe). Ces dernières semaines, de nombreux internautes ont en effet documenté la transformation en cours du Bazar de la rue de Rivoli, donnant à l’intérieur du site des airs de « magasin fantôme ».
Des étages entiers laissés vides, des escalators à l’arrêt, de l’eau qui coule du faux plafond au 4e étage, de rares clients désorientés et des salariés désœuvrés en colère… Le BHV reste certes ouvert pendant sa mue, mais le visiteur lambda pourrait croire que le magasin vit ses dernières heures. « Laissez-nous construire », répond à ses détracteurs Frédéric Merlin, à la tête de la Société des grands magasins (SGM), exploitante du BHV depuis fin 2023. Et l’homme d’affaires de 34 ans donne déjà rendez-vous au public à l’automne pour découvrir l’aboutissement de la première phase de ce projet de transformation majeur du grand magasin, qui célèbre cette année ses 170 ans d’existence.
Un chantier parti pour durer
« Le BHV est en chantier, confirme la direction du magasin au Parisien. Cela implique des zones fermées, des espaces en réaménagement, une offre réduite par endroits. C’est visible. C’est assumé. Ce n’est pas le signe d’un abandon, c’est le signe que quelque chose se construit. » La feuille de route de ce chantier avait été présentée fin novembre 2025, dans un courrier interne adressé aux salariés et aux fournisseurs.
Le projet, inscrit « dans un calendrier resserré jusqu’en 2027 », prévoit notamment la création d’une halle alimentaire de 1 000 m2 installée au sous-sol, à côté de l’emblématique rayon bricolage, ainsi qu’une animalerie.
Au rez-de-chaussée, le BHV veut s’éloigner du luxe pour recréer « une place centrale, arpentée par des rues très achalandées et animées », proposant des accessoires et des articles de beauté, des bijoux et de la maroquinerie mais aussi des services du quotidien : un opticien, une parapharmacie, un fleuriste…
Prudente, la direction du BHV n’en dit pas plus, pour l’heure, sur les contours précis du visage qu’affichera le Bazar à l’automne. Mais salariés et syndicats, déjà échaudés par la polémique Shein, craignent de voir l’enseigne s’orienter vers une offre standardisée, plus proche d’un centre commercial que d’un grand magasin parisien. « Regardez autour de vous, il n’y a plus rien, ça ne reviendra pas comme avant. On en a ras le bol », peste une vendeuse au 2e étage.
La surface de vente réduite de 60 %
La transformation du site revêt pourtant un caractère stratégique et financier pour la SGM. Après avoir trouvé in extremis un accord avec le fonds canadien Brookfield pour racheter les murs du magasin en décembre 2025, le BHV réorganise son espace intérieur, en accord avec son bailleur, afin de libérer de la surface commerciale pour obtenir une baisse de loyer.
« Brookfield investit presque 120 millions d’euros pour des travaux en profondeur sur tous les niveaux, ça va durer plusieurs années, détaille un membre de l’intersyndicale. La SGM rétrocède environ 60 % du magasin à Brookfield, en contrepartie du versement d’une indemnité d’environ 15 millions d’euros censée relancer l’exploitation. » Les salariés ignorent cependant ce que compte faire Brookfield de la surface libérée. Frédéric Merlin évoquait en janvier, dans un entretien au Figaro, la possibilité d’y installer une salle de sport ou des restaurants. Mais rien ne semble encore avoir été acté.
« L’incertitude, c’est la pire des choses, on n’a aucune visibilité pour l’avenir, mais je ne vois pas comment les choses pourraient s’améliorer », confie l’employée d’une marque de décoration. Un sentiment de mal-être partagé par de nombreux salariés qui inquiète les syndicats. « C’est devenu insoutenable, au point que certains espèrent même que tout s’arrête définitivement. On ne trouve plus de sens dans notre travail », souligne une membre de l’intersyndicale.
Financièrement encore sur un fil
Déjà fragilisé par les retards de paiement de ses fournisseurs, le BHV a-t-il cependant les épaules pour supporter une activité quasiment réduite à néant jusqu’à l’automne ? Les syndicats évoquent un chiffre d’affaires moyen oscillant actuellement entre 25 000 et 40 000 euros par jour. « À l’époque des Galeries Lafayette, on pouvait faire un million d’euros un dimanche », souligne une déléguée, à titre de comparaison.
Et cette dernière de s’inquiéter d’une possible rupture du contrat en cours avec la mutuelle d’entreprise, que la SGM n’a plus payé depuis le dernier trimestre 2025. « La dette s’élève à plus d’un million d’euros. L’argent est collecté sur nos salaires, mais n’est pas reversé », alerte la même employée.
Un chef d’entreprise installé au BHV depuis plus de quinze ans, qui réclame toujours plus de 200 000 euros d’impayés à la SGM, craint de ne pas pouvoir tenir jusqu’en septembre. « Mes avocats me disent d’arrêter de travailler avec eux car ils sont proches de la cessation des paiements », croit savoir le patron
1 Le canard enchaîné
De grand magasin à hôtel de luxe-Le BHV bazardé par les banquiers et par ses proprios
- Publié le 11 mai 2026 par Adélina et Hervé Liffran
[RÉCIT] Le grand magasin parisien vit une agonie sans fin, entretenue par les erreurs de gestion de son patron Fréderic Merlin. Le fonds d’investissement Brookfield, nouveau propriétaire des murs du Bazar de l'Hôtel de Ville, vient de présenter au maire de Paris, Emmanuel Grégoire, son plan pour transformer les lieux en hôtel et commerces de luxe.
Si les stands du rez-de-chaussée du BHV se sont timidement regarnis, début mai, de quelques articles de mode, les clients se font toujours aussi rares dans les allées du magasin, où traînent des dizaines de vendeurs désœuvrés. Les fournisseurs, eux, courent toujours après le paiement de leurs marchandises. Et les salariés en sont réduits à attendre que l’entreprise daigne reverser à leur mutuelle les cotisations prélevées sur leurs salaires (« Le Parisien »). Bienvenue chez les morts-vivants du Bazar de l’Hôtel de Ville, le grand magasin parisien qui n’en finit plus de mourir…
A entendre les prédictions de plusieurs professionnels de l’immobilier et de hauts cadres de la Mairie de Paris, l’agonie ne devrait plus durer trop longtemps. A court de liquidités, la société SGM dirigée par Frédéric Merlin, un jeune loup de 34 ans, qui a racheté le BHV aux Galeries Lafayette en 2023, pourrait bien être contrainte de jeter l’éponge « dans les prochains mois » et laisser le champ libre au fonds d’investissement canadien Brookfield, le nouveau propriétaire des 45 000 m² du bâtiment principal qui piaffe d’impatience pour transformer en machine à cash cette pépite immobilière. Ce dénouement signerait la fin d’une histoire commencée voici 170 ans avec l’ouverture, en 1856, du modeste Bazar Napoléon par le « bimbelotier » (vendeurs de bibelots), Xavier Ruel.
Rencontre avec Emmanuel Grégoire.
Brookfield ne veut plus perdre de temps. Ses responsables ont rencontré peu après les élections municipales, le nouveau maire de Paris…. Pour présenter leur plan. Le programme comprend l’installation d’un hôtel de luxe au sommet de l’immeuble et la création de nouveaux espaces commerciaux dans les deux tiers restants du bâtiment. Quant à l’enseigne BHV, celle-ci pourrait disparaître même si rien n’est encore acté de ce côté. Pour amadouer la ville, Brookfield à laisser entendre qu’il pourrait céder à la municipalité des locaux annexes pour aménager des logements sociaux, une stratégie du donnant- donnant déjà joué avec succès par Bernard Arnaud, lors de la rénovation de la Samaritaine voisine. Aux dernières nouvelles, la mairie semble plutôt séduite par les propositions des Canadiens, mais les discussions de marchand de tapis ne font que commencer.
Cela fait un bon moment que le dossier BHV empoisonne la mairie de Paris. Le naufrage du navire, amiral du commerce de la rue de Rivoli a commencé au début des années 2020, quand son propriétaire de l’époque, les Galeries Lafayette a décidé après plusieurs tentatives de relance de bazarder le BHV et ses1240 salarié.
En 2023, aucun investisseur ne se montrant intéressé pour prendre l’affaire, les Galeries Lafayette refile, moyennant une somme symbolique, le fonds de commerce à Frédéric Merlin, qui gère, avec sa sœur et sa mère, la société des grands magasins qui exploite des petits centres commerciaux de centre-ville. Estimer à 300 millions d’euros, les murs du magasin, seul actif de valeur du BHV, reste alors provisoirement dans le giron de la famille Moulin(GL), la SGM s’engage à les racheter avant la fin de 2025.
Commence alors, pour Frédéric Merlin, une invraisemblable course aux liquidités qui va lui donner des airs de Bernard de Palissy, ce potier de la Renaissance réduit à brûler son mobilier pour alimenter ses fours. Tout en promettant, urbi et orbi d’investir au BHV des moyens financiers et humains importants. Le jeune patron lamine toutes les dépenses dès son arrivée aux manettes: les budgets d’entretien et de dératisation de l’immeuble sont sabrés, les produits d’hygiène ne sont plus distribués qu’au compte-gouttes, les salariés sont invités à quitter l’entreprise et les fournisseurs qui doivent attendre des mois pour être réglé … quittent un à un le navire. La SGM justifie alors ces retards de paiement par la nécessité d’installer de nouveaux logiciels de facturation. La belle blague ! En réalité, Frédéric Merlin, fait de la cavalerie comptable en utilisant l’argent de ses fournisseurs pour payer salaire, loyer et impôts
Il ment tout le temps
Peine perdue, malgré le départ de 45 % des effectifs, la SGM est toujours prise à la gorge. Son patron ne multiplie pas moins les déclarations rassurantes : son plan se déroule à merveille, et il a juste besoin d’un peu de temps pour le mener à bien. « Il ment tout le temps balaie, alors un ponte de la mairie de Paris. En réalité, Merlin se lance dans un cycle infernal de réduction de ses surfaces commerciales pour réduire ses pertes au risque de s’appauvrir encore davantage.
L’opération commence en 2025 par la disparition de toutes les boutiques annexes: animalerie, matériel, médical etc. qui ont essaimé dans le quartier et par l’annonce de la fermeture des 8500 m² du BHV de la rue de la verrerie. Incapable d’honorer sa promesse de reprise des murs du magasin principal, Merlin est contraint : à l’automne 2025 de céder son option d’achat au Canadien de Brookfield. Ces derniers vont pratiquer avec lui la politique du nœud coulant pour récupérer au plus vite la jouissance, de la plus grande partie du bâtiment…
Faute de pouvoir payer le loyer de 45 000 m² de la rue de Rivoli, la SGM, renonce d’emblée à 18 000 m² pour ne conserver que 60 % de la surface commerciale, restante. Ce printemps à la revue encore à la baisse ses ambitions : aux dernières nouvelles, la société ne se contenterait plus que du tiers du bâtiment, « encore un effort et le royaume de Merlin se limitera à une cabane à frites »: ironise, un professionnel de l’immobilier
Xavier Niel ne dit pas bye bail.
Pour alléger ses charges, le patron de l’AS SGM, à bien tenter de résilier avec deux ans d’avance, le bail de location de l’immeuble du BHV homme qu’il n’utilise que depuis le 1er janvier, mais le milliardaire Xavier Niel, qui a racheté l’édifice pour en faire un espace dédié aux jeux vidéo a refusé, tout net l’arrangement. Le financier qui semble ne se fait aucune illusion sur la viabilité de la SGM prive, ainsi, Frédéric Merlin d’un précieux bol d’oxygène.
Condamné à garder provisoirement les clés du BHV homme. Frédéric Merlin a bien imaginé d’y transférer les espaces aujourd’hui dévolus à Shein au sixième étage du magasin principal, afin d’économiser une part supplémentaire des loyers dus à Brockfield. Pas de bol : cette fois, ce sont les dirigeants de la Marque d’ultra Fast Fashion, qui ont mis leur veto en exigeant de rester dans l’immeuble de la rue de Rivoli. Leur démarche ne fera pas venir un client de plus dans l’instant occupé par chaîne qui réalise un chiffre d’affaires, ridicule, de 1000 € par jour. Mais elle risque fort d’accélérer la faillite du BHV, attendu avec impatience par les investisseurs…
BHV : ça va, ça vient et article Challenges
Le BHV pris entre restructuration économique, tensions internes et perception publique négative, avec un avenir encore très incertain. Dommage ! l'année de ses 170 ans.
Un BHV en pleine transformation : Frédéric Merlin réduit fortement la surface exploitée pour faire face à ses difficultés financières et s’adapter à un accord avec Brookfield. Il ne peut exploiter que 40% de la surface.
Le Bailleur Brookfield souhaite récupérer les 5e, 6e et 7e étage + 60% des surfaces du RDC au 4e étage.
De nombreux procès pour impayés auprès des fournisseurs...
Cette transition crée des tensions (notamment avec Shein). Pour vider la surface Shein, Frédéric Merlin l’a fait déménager dans l’ancien BHV Homme, mais une journée plus tard, les articles repartaient au 6e étage, le patron de Shein n’étant pas d’accord !...
Le magasin est partiellement vide et des inquiétudes sociales liées aux suppressions d’emplois sont nombreuses. La centrale d’achats du 15 verrerie doit quitter les lieux , mais pour aller où ??? Comme d'autres centrales ? en banlieue ?
L’image du BHV se dégrade aussi par les vidéos des réseaux sociaux.
Bref comme dit la chanson de Slimane : " Ça va, ça vient, ça va, ça vient, Ça tient à rien, Au fond, tout va bien…"
Je vous laisse lire l’article de Guillaume Echelard de Challenges , très explicite et très clair !
Boutique Shein, étages vides, comptes dans le rouge… l’immense casse-tête de Frédéric Merlin pour sauver le BHV
L’homme d’affaires lyonnais ne va plus louer que 40 % de la surface du bâtiment du BHV à son bailleur, le fonds Brookfield. Mais pour réduire sa surface de vente, Merlin doit reconfigurer l’espace du grand magasin. Et se heurte à des difficultés, en particulier avec la boutique Shein du sixième étage.
Guillaume Echelard 5 mai 2026 à 12h30
La vidéo a fait le tour des réseaux sociaux le week-end du 1er mai, « aimée » plus de 37 000 fois : l’influenceur Florin Defrance se promène dans un BHV totalement désert. « C’est un magasin fantôme », s’inquiète-t-il, filmant des étages entièrement vides. « C’est vrai qu’en ce moment des rayons sont vides, concède un bon connaisseur du dossier, médusé devant le succès de la vidéo. Mais c’est parce que Frédéric Merlin, l’exploitant, est en train de réduire sa surface locative. Donc oui, vider le BHV, c’est son plan ! » Une source proche de la SGM, la société du Lyonnais, confirme : « On est dans un entre-deux, le bâtiment se transforme complètement. » Les investissements pourraient frôler les 200 millions d’euros. Mais en attendant, le bâtiment reste curieusement vide, inquiétant clients et employés.
Pour comprendre la situation, il faut revenir au mois de janvier dernier. Le propriétaire du fonds de commerce, Frédéric Merlin, trouve un acquéreur pour les murs du BHV, à savoir le fonds canadien Brookfield. L’homme d’affaires lyonnais devait au départ les racheter lui-même mais, lâché par ses potentiels partenaires bancaires dont Natixis puis par la Caisse des Dépôts, il avait dû renoncer à ce projet. Face à des comptes dégradés et des impayés vis-à-vis de ses fournisseurs, Frédéric Merlin décide toutefois, d’un commun accord avec le gestionnaire d’actifs nord-américain, de n’exploiter plus que 55 % de la surface du bâtiment, contre 100 % avant janvier 2026. Les 45 % restants auraient été remis en location par Brookfield auprès d’autres acteurs.
Sauf qu’en avril, les plans se sont précisés, et l’espace loué par Frédéric Merlin s’est encore réduit : seulement 40 % de la surface du bâtiment. Pour finaliser son deal avec Brookfield et desserrer l’étau financier qui l’entoure, le Lyonnais doit donc rendre la majeure partie de la surface du BHV. Or, si une partie du bâtiment s’est vidée naturellement face au départ de marques impayées, il reste encore du travail.
Shein au BHV Homme jusqu’à mi-2027 : « Il n’en a jamais été question »
Signe de ce casse-tête, Merlin a un temps envisagé de rendre les clés de l’intégralité du sixième étage. Or, c’est là où la boutique Shein est installée. Le flagship du e-commerçant chinois aurait alors rejoint pour quelques mois l’ancien bâtiment du BHV Homme, loué par Frédéric Merlin à quelques rues du vaisseau amiral, comme l’a révélé le 4 mai le média La Lettre. Mais cette piste aurait tourné court, et la vedette du commerce en ligne ne devrait finalement pas déménager. « Un commercial de Shein a débarqué au BHV et a fait un scandale pour rester dans le bâtiment principal », raconte un salarié du BHV.
« Frédéric Merlin n’a jamais vraiment compté faire ce déménagement. Il menaçait de le faire pour exiger de ne plus payer de loyer sur ce bâtiment qui devrait être exploité à partir de mi-2027 par le propriétaire des murs Xavier Niel » pour en faire une salle de gaming, estime une autre source. « Il n’a jamais été question que nous déménagions », s’agace encore une source chez Shein. Un salarié raconte en tout cas que le déménagement – qui avait bien été amorcé – serait actuellement annulé. « Les cartons remontent au sixième étage », sourit-il, n’excluant pas de nouveaux rebondissements dans les prochains jours.
« Laissez-nous construire », se défend Merlin
Derrière ces va-et-vient baroques, se cache une réalité bien plus sérieuse. Car ce grand vide qui se crée au BHV inquiète les salariés, alors que la célébration des 170 ans de l’enseigne, à l’automne prochain, approche à grand pas. Ils étaient 1 240 lors de la reprise du grand magasin par Frédéric Merlin, ils sont désormais un peu moins de 700. Et si la surface d’exploitation continuait d’être réduite, des emplois pourraient encore être supprimés.
Une petite musique monte aussi chez certains, alors que Brookfield semble chaque jour prendre un peu plus la main sur le bâtiment. « Frédéric Merlin est-il en train de préparer son départ en douceur du BHV ? », s’interroge un représentant syndical. Le dirigeant, lui, s’est défendu dans un post offensif sur son compte Instagram : « Tout le week-end, des 'pseudos influenceurs' ont posté des vidéos sur les réseaux d’espaces vides au BHV Marais. […] La critique ? Elle ne me pose aucun problème. Surtout quand elle vient de ceux qui ne font rien. Flaubert disait que 'les cons, il n’y en a que deux sortes : ceux qui veulent démolir et ceux qui ne veulent rien changer'. Je travaille pour les autres. Laissez-nous construire. » La tension ne redescend décidément pas au BHV.
Dans Libération, un article évoque :
Au BHV Marais, l’intersyndicale dénonce « un plan social déguisé".
« Selon les syndicats 484 emplois ont été supprimés en 2024 et 2025… »
« On ne reçoit plus de marchandises, donc on n’a plus de clients ». Or le paiement des salaires représentent 2,5 millions d’euros par mois indique l’intersyndicale . Un montant de plus en plus difficile à supporter pour un magasin qui n’a engrangé que 1,3 million d’euro de CA en avril ….
Les déménagements se font sans escalators et sans monte-charge…(en panne).
Le moral des employés est au plus bas !
Merci à notre reporter Bernadette pour toutes les photos.
CD
Nouvelle politique BHV 2026 prévue par F Merlin
L’enjeu réel : réduire le risque immobilier et transformer le BHV en plateforme commerciale hybride.
Les Forces du nouveau projet
1. Réduction du risque financier
- Passage à 25 000 m² (taille cible rentable)
- 40 % des surfaces externalisées
- Modèle commissionné avec Shein → moins de risque stock
2. Peut-être un apport de trafic
- Shein attire une clientèle jeune, massifiée qui pourrait générer du flux vers les autres univers
3. Partenariat avec Brookfield
- Sécurisation des murs
- Mutualisation du risque immobilier
- Professionnalisation de la gestion des surfaces commerciales
4. Re-segmentation claire par univers comme le démontre le schéma d’installation des rayons, ci-après
On notera qu’à partir du 1er niveau, chaque moitié d’étage côté Temple jusqu'à l'escalator central sera exploitée par Brookfield (zones purement commerciales ouvertes sur le BHV). Le plan de sauvegarde et de mise en valeur du Marais interdit la construction d’un hôtel.
Nouvelle organisation des niveaux :
🔹 Sous-sol
- Parapharmacie (~300 m²)
- Bricolage et Lapeyre
- Halle alimentaire Du Lyonnais , Cerise et Potiron sur 1000 m²
🔹 Rez-de-chaussée
Partiellement occupé actuellement par des ventes de voitures de collection Devinci Cars, pour meubler l'espace.
Voitures Devinci
Seront implantés les rayons suivants:
- Maroquinerie (~400 m²)
- Bijouterie / Beauté / Senteurs
- Thé Mariage Frères
- Boutique cadeaux (~120 m², ex-Agora)
- Librairie côté Archives (~250 m²)
- L'enseigne Boulanger descend côté Temple (~700 m²)
- Arts créatifs : Rougier & Plé (~450 m², en location-gérance)
Dans les Étages :
De l'escalator Central à la rue du Temple : Brookfield et en vis à vis les rayons du BHV Marais
- Etage 1 : Mode + chaussures
- Etage 2 : Déco / Ameublement / Tringles & stores / Tissus
- Etage 3 : Culinaire sachant que 3 fournisseurs quittent le navire dont les marques Cristel et Staub
- Etage 4 : Luminaire / Literie / Linge de maison
- Etage 5: Bagagerie (380 m²) + Restauration + zone saisonnière ( un peu plus de 100 m²)
- Etage 6 : Shein : Ajustement du modèle Shein au BHV & Restaurant Mikuna
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Les débuts de Shein ont été très compliqués :
Prix perçus comme plus élevés qu’en ligne, actuellement : 40% pour liquider la collection.
Des corrections devraient être apportées :
Élargissement des tailles et Produits plus accessibles,
à suivre...
Les Risques du nouveau projet :
- Incompatibilité perçue entre BHV historique (depuis sa création en1856) et l’ultra fast fashion
- Perte d’identité de notre Grand Magasin réputé.
- Perte potentielle de clientèle
- Clientèle Shein peu transversale (achat ciblé, faible panier moyen)
- Réputation du BHV associé aux controverses de Shein
- Si Shein ne performe pas → effet domino , sachant qu’existe des Risques politique et réglementaire : Pression sur la fast fashion (taxes, régulation environnementale) et Surveillance accrue des produits importés.
Modèle hybride complexe
- Coexistence BHV / Brookfield / concessions → gouvernance fine requise
Sur le Plan Economique :
Le mouvement clé n’est pas Shein, mais :
La réduction du risque opérationnel retail et la bascule vers un modèle plus immobilier que commerçant.
Schéma implicite :
|
Avant |
Après |
|
BHV assume le risque stock |
Commissions et concessions |
|
Grand magasin intégré |
Plateforme multi-exploitants |
|
Forte surface = charges élevées |
Surface optimisée |
|
Dépendance au retail pur |
Mix retail + services |
On assiste à une “fonciarisation” du modèle BHV.
Brookfield devra attirer :
- Des marques complémentaires
- Des offres expérientielles centrées sur le client
- Des acteurs générant du temps passé
En conclusion
Ce n’est pas un pari idéologique.
C’est un pari de survie économique structuré, avec :
- Gestion du risque financier
- Réallocation des surfaces
- Hybridation du modèle
Mais le risque majeur est intangible :
La perte d’âme du BHV.
Le BHV, fondé en 1856, est associé à : L’artisanat, la quincaillerie historique et une identité parisienne
Si le projet devient purement transactionnel, il survivra peut-être économiquement… mais perdra son capital symbolique.
CD
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