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Lu dans la presse : Info ou Intox : Le BHV Marais à Paris menacé d’une coupure d’eau après des impayés
Bien que cette info paraisse étonnante, nous ne pouvons pas vous assurer de sa véracité à ce jour.
Mais avec Frédéric Merlin, ce ne serait qu'un prestataire de plus. Néanmoins, cette affiche ne comporte pas de tampon du service de l'eau? Alors attendons que la presse nous précise !
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Le BHV du Marais à Paris menacé d’une coupure d’eau après des impayés
La régie eau de Paris a adressé un avis de fermeture d’eau d’ici à la fin du mois. Du côté du grand magasin, on assure que l’eau continuera de couler normalement.
Par Le Parisien . LP/Philippe Lavieille
Le 20 mars 2026 à 19h38
Les murs du BHV du Marais, viennent d'être rachetés
Le célèbre grand magasin parisien pourrait-il se retrouver privé d’eau ? La régie Eau de Paris, en charge de l’approvisionnement dans la capitale a adressé un avis de fermeture d’eau au BHV Marais. Sur l’affiche, placardée à l’entrée du magasin et dont une photo a été transmise au Parisien, le syndicat des eaux indique que le branchement sera fermé « fin mars 2026 », en raison d’impayés.
Selon nos informations l’affiche placardée a été retirée dans la journée. Des sources indiquent à BFM Business que le fournisseur de produits hygiéniques a cessé pendant plusieurs jours ses livraisons de papier toilette il y a quelques semaines, pour le même motif de factures impayées. Une information que le BHV, contacté par le Parisien, n’a pas été en mesure de confirmer. Le grand magasin nous assure cependant que l’eau coule toujours et « continuera de couler au BHV ».
Des boutiques asphyxiées par les impayés
Depuis plusieurs mois le Bazar de l’hôtel de ville cumule les impayés. Plusieurs PME installées au BHV, avaient indiqué au Parisien en novembre avoir été contraintes en raison des retards de paiement de licencier des salariés pour maintenir leur activité au sein du grand magasin de la rue de Rivoli.
Les murs de ce dernier ont été rachetés en janvier par le gestionnaire d’actifs nord-américain Brookfield Asset Management, alors que le BHV est en grande difficulté depuis plusieurs mois.
Le point à ce jour du BHV/GL/Brookfield
La cession des murs du BHV Marais à Brookfield (265 M€) masque un passif important laissé par Frédéric Merlin envers les Galeries Lafayette : 60 à 70 M€ de dettes (loyers, achats, services), accumulées sur deux ans.
Pour éviter un redressement judiciaire de la SGM, incompatible avec la transaction immobilière, un accord de remboursement étalé a été structuré avec Brookfield en soutien.
Le remboursement devrait être partiellement financé par une réduction de 40 % des surfaces du BHV Marais, générant ~30 M€ de liquidités et une baisse du loyer de 18 à 9 M€ par an.
Le BHV Parly 2, en cours de cession à Brookfield, (prévu pour mai) constitue un dernier actif mobilisable pour apurer la dette, les créanciers prioritaires restant les salariés et l’État.
Je vous ai préparé un petit tableau récapitulatif, qui analyse rapidement la situation .
CD
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L'article Lu dans la Presse : La lettre, ci-dessous est assez intéressant et assez précis.
BHV les dessous de l'accord aigre-doux entre Philippe Houzé et Frédéric Merlin
Publié le 04/02/2026 par Sophie Lecluse
"Le vieux briscard du commerce, président du groupe Galeries Lafayette, et le jeune loup gérant le BHV ne sont pas vraiment quittes malgré la vente, la semaine dernière, des murs du grand magasin parisien au canadien Brookfield.
Frédéric Merlin laisse une ardoise de plus de 60 millions d'euros, qu'il ne semble pas près de régler. Comme deux catcheurs après un très long match, le président des Galeries Lafayette, Philippe Houzé, et le gérant du BHV (Bazar de l'Hôtel de Ville), Frédéric Merlin, se sont longuement serré la main, mardi 27 janvier au soir, dans les locaux de 14 Pyramides Notaires. C'est là, dans un immeuble cossu de l'avenue Mac-Mahon (Paris 17e), après vingt-quatre heures de négociations quasi continues dans la dernière ligne droite, qu'ils ont finalisé la vente du BHV Marais par les Galeries Lafayette au nouveau partenaire du président de la Société des grands magasins (SGM), le fonds canadien Brookfield Asset Management (BAM). Le vieux routier de la distribution, âgé de 78 ans, a même eu un mot chaleureux pour saluer le courage de l'entrepreneur lyonnais de 34 ans face à la déferlante médiatique après l'arrivée du chinois Shein au BHV.
Pourtant, derrière l'hommage, la séparation entre les deux hommes reste douce-amère.
Certes, la famille Houzé a enfin pu se débarrasser de son actif immobilier et de son encombrant gérant après l'épisode Shein, resté en travers de la gorge. Au-delà des mauvaises pratiques sociales et environnementales du roi chinois de l'ultra fast-fashion, Philippe Houzé n'avait pas apprécié d'être mis devant le fait accompli. Il avait été prévenu de ce partenariat la veille de la publication du communiqué de presse du 1er octobre 2025, un affront qui appartient désormais au passé.
Une dette accumulée sur deux ans
Un autre point de discorde reste toutefois bien présent entre les deux hommes. Frédéric Merlin laisse une belle ardoise aux Galeries Lafayette. Son montant exact est difficile à établir. Il est compris, selon nos sources, entre 60 et 70 millions d'euros accumulés sur deux ans.
La douloureuse est composée d'un mélange d'arriérés de loyer, de marchandises et de services (informatique, encaissement, achat…) partiellement payés. Autrement dit, techniquement, la Société des grands magasins de Frédéric Merlin, qui n'a pas pu dégager de bénéfice sur le BHV Marais en 2025, aurait pu être placée en redressement judiciaire. Or, ce n'était dans l'intérêt ni des Galeries Lafayette, qui voulaient vendre les murs, ni de Brookfield Asset Management, qui souhaitait acheter ces mêmes murs à bon prix – 265 millions d'euros – et sans attendre.
En guise de procédure de redressement, un complexe écheveau d'accords de remboursement, avec étalement progressif dans le temps, a été mis en place entre Brookfield Asset Management et les Galeries Lafayette. Du côté de ces dernières, on estime d'ailleurs que le fonds de private equity canadien était l'un des meilleurs partenaires susceptibles d'apporter un jour les garanties d'un recouvrement pour tout ou partie des millions d'euros en souffrance.
Toutefois, c'est bien à Frédéric Merlin qu'il revient de rembourser. Techniquement, il le pourra en partie grâce à l'échange de mètres carrés contre du cash, tel que prévu avec son nouveau partenaire. Comme l'a révélé La Lettre, la superficie du grand magasin BHV Marais serait réduite de 40 % et limitée à environ quatre étages, en échange d'une trentaine de millions d'euros à percevoir dans le temps pour la SGM et d'un loyer annuel revu à la baisse, passant de 18 à 9 millions d'euros (LL du 30/01/26).
Mais le Lyonnais, qui s'est offert en 2025 une suite à l'année dans le palace parisien Le Bristol, n'est pas franchement connu pour payer ses dettes ou fournisseurs dans les temps.
Parly 2 reste une monnaie de change
Frédéric Merlin ne cesse de répéter autour de lui que les Galeries Lafayette ont fait une très bonne affaire en lui vendant le fonds de commerce du BHV-Marais en novembre 2023. À cette époque, Philippe Houzé voulait lui céder les murs et l'exploitation du magasin en une seule fois. Frédéric Merlin avait alors demandé à Eight Advisory d'estimer l'actif et d'évaluer le business plan de l'exploitation. Comme le magasin perdait 15 millions d'euros par an depuis plusieurs années, le cabinet avait estimé que les Galeries Lafayette auraient dû signer un chèque de 70 millions d'euros pour le céder.
Déjà à cours de cash à l'époque, Frédéric Merlin n'avait racheté dans un premier temps que le fonds de commerce, pour un euro symbolique, et avait même payé 20 millions d'euros supplémentaires pour reprendre le stock de marchandises. Il estime donc que sa dette actuelle équivaut peu ou prou à ce que les Galeries n'ont pas eu à débourser à l'époque et qu'ils sont donc quittes.
Vu la situation financière compliquée de l'ensemble des BHV de Paris et de province, le nouveau propriétaire des murs, Brookfield, veillera à ce que les salariés et le Trésor public soient payés en priorité.
Reste un dernier petit levier : celui de Parly 2. La SGM exploite encore ce magasin BHV de 8 700 m2 sur trois niveaux dans ce centre commercial situé dans les Yvelines. Cet actif est actuellement sous promesse de vente entre les Galeries Lafayette et Brookfield. Le fonds canadien devrait en finaliser l'acquisition avant la fin mai. Ici aussi, le futur nouveau propriétaire pourrait proposer à Frédéric Merlin de rendre tout ou partie des mètres carrés afin de lui accorder de l'argent frais pour payer ses dettes.
Lu dans la Presse Challenges : Ces zones d’ombre qui entourent la vente des murs du BHV
Challenges par Guillaume Echelard
28 janvier 2026 à 16h00
Ces zones d’ombre qui entourent la vente des murs du BHV au fonds canadien Brookfield
Le groupe Galeries Lafayette a annoncé la cession des murs du BHV, ce mercredi 28 janvier. L’acheteur serait le fonds canadien Brookfield. Frédéric Merlin a réussi à trouver une solution pour continuer à exploiter le mythique grand magasin. Mais bon nombre de questions restent sans réponse.
Frédéric Merlin peut souffler un peu. L’homme d’affaires a réussi à trouver un acquéreur pour les murs du BHV, l’emblématique grand magasin parisien de la rue de Rivoli. Depuis trois ans, le Lyonnais de 34 ans cherchait à racheter ce bâtiment, dont il exploite le fonds de commerce, à l’ancien propriétaire-exploitant, le groupe Galeries Lafayette (famille Moulin-Houzé-Lemoine), sans y parvenir. Après avoir échoué à trouver un partenaire bancaire, puis perdu l’appui de la Banque des territoires en pleine tempête médiatique sur l’ouverture d’une boutique Shein au dernier étage du magasin, l’entrepreneur a changé son fusil d’épaule en fin d’année dernière.
Il a renoncé à racheter les murs du BHV, laissant le fonds canadien Brookfield, dégoté par ses soins, mettre la main dessus, après des premiers contacts établis dès le mois d’octobre. La transaction a été finalisée ce mercredi 28 janvier. Aucun montant n’a été communiqué, mais d’après plusieurs sources, les murs du BHV étaient évalués à 300 millions d’euros pour 40 000 m². Mais que vient faire ce géant du private equity, qui gère plus de 1 000 milliards de dollars d’actifs dans le monde (dont 232 en Europe), dans la tempête politico-médiatique du BHV ?
Un investissement de 120 millions d’euros supplémentaire dans le BHV
Brookfield est présent dans le secteur de l’immobilier commercial, où il détient plus de 112 actifs dans le monde. « Ce sont des gens très sérieux, un des cinq plus gros fonds immobiliers au monde », raconte un bon connaisseur du dossier. Sur le Vieux Continent, Brookfield possède déjà une galerie commerciale sur la célèbre Potsdamer Platz à Berlin. Son arrivée en France date de fin 2024. Deux mois plus tard, il annonçait un investissement de 20 milliards d’euros dans les data centers dans l’Hexagone, confirmé en grande pompe lors du sommet Choose France.
Brookfield France, désormais mené par Grégory Benhamou (ex-BlackRock) semble toutefois vouloir rester discret, son nom n’étant jamais cité dans les communiqués. Sans doute que le brouhaha médiatique n’est pas du goût de cet investisseur qui, en France, met surtout en avant son appétit pour la digitalisation et la décarbonation.
Sur le papier, le ciel s’éclaircit donc pour Frédéric Merlin, alors que Brookfield se serait engagé à investir entre 120 et 150 millions d’euros dans la rénovation et la restructuration du bâtiment, travaillant main dans la main avec l’entrepreneur. Dans un communiqué, la SGM s’est réjouie de « la réhabilitation totale du bâtiment » à venir. Avec cet investisseur solide, Merlin pourrait donc mener à bien son projet de transformation du magasin. « C’est un gros partenariat, ce n’est pas un simple bail de trois ans », garantit une source proche du dossier.
« On pourrait avoisiner les 70 millions » : incertitude autour des impayés
Mais bon nombre de questions restent en suspens. Le jeune spécialiste lyonnais de l’immobilier commercial reste en effet à la place du locataire. Avec les Galeries Lafayette, le loyer payé par Frédéric Merlin était estimé entre 15 et 20 millions d’euros par an. Mais lorsque les Galeries détenaient les murs, via leur foncière Citynove, et exploitaient auparavant le fonds de commerce, le montant était de 30 millions d’euros. Si le montant du loyer payé par Frédéric Merlin à Brookfield n’a pas été communiqué, ce sera sans doute le nerf de la guerre. En 2024, le grand magasin a dégagé un excédent brut d’exploitation (hors frais de siège) de 9,6 millions d’euros. Positif, certes, mais fragile. Le résultat net n’a pas été communiqué et les chiffres 2025 ne sont pas encore connus.
La fragilité financière de Frédéric Merlin est d’autant plus préoccupante que les dettes s’accumulent pour lui. L’entreprise de ménage en charge du BHV a ainsi récemment suspendu le travail, en raison d’1,4 million d’euros d’impayés, avant de le reprendre ce lundi. Selon une source syndicale, l’homme d’affaires devrait également 30 millions d’euros au groupe Galeries Lafayette, pour des produits à leur marque faisant l’objet d’impayés. Certains fournisseurs du BHV ont encore aujourd’hui des factures non réglées. « Si l’on met tout cela bout à bout, on pourrait avoisiner les 70 millions », estime un représentant syndical du BHV.
Des chiffres fermement démentis par une source proche de la direction de la SGM, qui précise qu’il reste quelques impayés ponctuels qui pourront être plus facilement réglés, le dossier immobilier étant bouclé.
Alors, Frédéric Merlin parviendra-t-il à payer ses loyers à Brookfield ?
Pour combien de temps le discret géant du private equity restera-t-il lié à l’électron libre ultra-médiatique ?
Le BHV pourrait-il à terme se transformer en hôtel, alors même qu’en mai dernier Brookfield a mis la main sur Generator Hostels, spécialiste de l’hôtellerie, pour près de 800 millions d’euros, lançant ainsi une offensive sur ce secteur stratégique en Europe ?
« On entre dans le temps long, on va travailler sereinement et la transformation va prendre de 2 à 5 ans », estime une source proche de la SGM.
Avec le rachat des murs du BHV, une page se tourne donc dans ce feuilleton médiatique. Mais un nouveau chapitre commence.
Le BHV Marais entre dans une nouvelle ère : Brookfield prêt à racheter les murs
Cette information est prioritaire et plus importante que le "blabla" de Frédéric Merlin auditionné par la commission des affaires économiques au Sénat, dont je vous parlerai prochainement.
Est joint à la fin de cet article, une information plus complète de CFNEWS IMMO sur les Discussions finales sur la vente des murs du BHV par les Galeries Lafayette.
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Après plus de deux ans et demi de rebondissements, le long feuilleton de la vente des murs du BHV Marais touche enfin à sa fin.
Le fonds nord-américain Brookfield Asset Management s’apprête à officialiser, dans les prochains jours, l’acquisition de cet actif immobilier qu'est le BHV Marais pour un montant avoisinant 300 millions d’euros, auprès du groupe Galeries Lafayette.
Cette opération marque un tournant décisif pour le BHV. Elle met surtout un point final à un dossier complexe, jalonné de tensions financières, de changements de partenaires et de polémiques.
Un projet longtemps fragilisé
À l’origine, la reprise des murs devait être menée par la Société des Grands Magasins (SGM), dirigée par Frédéric Merlin, exploitante du BHV depuis 2023. Mais le projet s’est rapidement enlisé : nombreux fournisseurs impayés, encore de nombreuses dettes à ce jour, départ de grandes marques reconnues, incertitudes sur le modèle économique… et surtout, l’annonce de l’arrivée de Shein au sein du magasin à l’automne dernier.
Ce partenariat avec la marque d’ultra fast fashion Shein a provoqué une rupture de confiance avec la Caisse des Dépôts, qui devait entrer au capital de l’opération via la Banque des Territoires. Jugeant ce modèle incompatible avec ses valeurs, l’institution publique s’est retirée, faisant voler en éclats le montage initial.
Face au risque d’un échec total et à la menace de perdre près de 30 millions d’euros d’indemnités d’immobilisation, un plan alternatif a dû être trouvé en urgence. C’est finalement Brookfield, déjà attentif au dossier depuis plusieurs mois, qui a décidé de reprendre seul la main en décembre dernier.
Un investissement massif pour relancer le BHV
Il faut savoir que le BHV est en pleine dégradation : manque d'entretien , absence de nettoyage, toilettes fermées, deux escalators à l'arrêt, rayons vides, fuite dans le magasin, donc la détérioration du bâtiment est réelle et très importante (photos ci-après).
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Brookfield Asset Management s’engage désormais sur le long terme.
Le fonds prévoit de mobiliser plus de 120 millions d’euros de capex ( terme anglais : dépenses d'investissement d'une entreprise capitalisées au bilan) afin de transformer et moderniser les 50 000 m² du BHV Marais sur plusieurs années.
Si les contours précis du projet restent confidentiels, une chose est claire :
le BHV restera avant tout un grand magasin.
Aucune transformation radicale n’est envisagée, ni création de logements, notamment en raison des règles patrimoniales strictes du secteur sauvegardé du Marais.
L’objectif affiché est plutôt de redonner une dynamique nouvelle à ce lieu emblématique, sans en dénaturer l’ADN.
Alors là... on respire tous!...
La SGM conserve l’exploitation pour le moment.
De son côté, la SGM de Frédéric Merlin continue d’exploiter le BHV, avec une feuille de route qui précise : stabiliser l’activité, régler les impayés fournisseurs et redynamiser l’offre commerciale.
Peut-on y croire ?
Après les turbulences de 2025, la Direction annonce stabiliser en 2026.
Auditionné récemment au Sénat, Frédéric Merlin a défendu le partenariat avec Shein comme une expérimentation visant à générer du flux, tout en reconnaissant des erreurs dans sa mise en œuvre. Une initiative controversée, mais assumée, dans un contexte où l’attractivité des grands magasins reste un défi majeur.
C'est l'image Shein le 23 12 2025
Tourner la page pour mieux repartir !
Avec l’arrivée de Brookfield, les Galeries Lafayette tournent la page d’un épisode mouvementé, tandis que le BHV Marais entre dans une nouvelle phase de transformation.
Entre investissements lourds, repositionnement stratégique et attentes fortes du public qui aimait le BHV et l'a déserté, le BHV joue désormais une partie clé pour retrouver tout son éclat et son rôle central dans le paysage commercial des grands magasins de la capitale.
Une histoire à suivre !
CD
Discussions finales sur la vente des murs du BHV Marais
CFNEWS IMMO; Par Aurélien Jouhanneau
Brookfield Asset Management doit bien officialiser d'ici à quelques jours cet asset deal pour près de 300 M€ auprès des Galeries Lafayette. Le fonds nord-américain, qui s’est substitué à la SGM de Frédéric Merlin – empêtrée dans le scandale Shein –, doit déployer plus de 120 M€ de capex pour offrir une nouvelle dynamique à ce temple du commerce parisien.
Le chapitre final sur la vente des murs du BHV Marais à Paris est bien en passe d’être bouclé. Selon nos informations, des derniers réglages sont en cours entre le groupe Galeries Lafayette, Brookfield Asset Management et la Société des Grands Magasins (SGM), sur cet asset deal d’environ 300 M€. « Mais les dernières difficultés sont en train d’être levées, apporte une source en triple off . Cette signature imminente de l'opération va permettre d’ouvrir la voie à une transformation et une nouvelle dynamique tournée vers l’avenir pour ce grand magasin parisien. » L’écriture de ce dossier – loin, très loin d’être un long fleuve tranquille depuis deux ans et demi (fournisseurs non-payés, partenariat avec Shein, départ de nombreuses marques…) – avait repris le 19 décembre dernier, quand le fonds nord-américain s’est substitué à la SGM de Frédéric Merlin, pour reprendre les 50 000 mètres carrés du BHV Marais. Contactées, les Galeries Lafayette et Brookfield n'ont pas souhaité faire de commentaire ou donné suite à nos sollicitations. « Contre vents et marées, la famille Moulin/Houzé (ndlr : propriétaire des Galeries Lafayette) va réussir à finaliser cette cession, qui a nécessité un travail considérable, et tourner la page d’un épisode aux nombreuses péripéties », ajoute un connaisseur du dossier. Suite au retrait de la Caisse des Dépôts (via la Banque des Territoires) pour reprendre les murs de ce temple du commerce aux côtés de la SGM – en raison de l’arrivée de Shein – à l’automne dernier, Frédéric Merlin avait dû se résoudre à apporter un nouvel investisseur, Brookfield AM . Plusieurs acteurs du real estate évoquaient un ‘‘ mariage de raison ’’ entre le jeune entrepreneur et le fonds, afin d’éviter ‘‘un destin funeste’’ pour le BHV.
Plus de 120 M€ de capex . Toujours selon nos informations, Brookfield AM va reprendre seul cette opération à la localisation prime , bien que le fonds de private equity basé outre-Atlantique ait reçu de nombreux appels du pied de promoteurs immobiliers français pour intégrer le projet, qui va couvrir sur plusieurs années. Même si le programme de transformation du BHV reste Le BHV dans le quartier du Marais à Paris. Encore confidentiel – « il n’est pas question de dénaturer l’essence même du grand magasin, ni d’y créer des logements sociaux compte-tenu des restrictions du PSMV du Marais. Le commerce y restera largement majoritaire », immobilier –, plus de 120 M€ de capex dixit un professionnel vont être mobilisés face à l'Hôtel de Ville de Paris. De son côté, la SGM va poursuivre l’exploitation du BHV, avec l’objectif de le redynamiser. À court terme, Frédéric Merlin et ses équipes vont surtout investir dans les opérations courantes et assainir la situation avec les fournisseurs du magasin – de nombreux impayés n'étant pas encore réglés avec ces derniers.
Des indemnités d’immobilisation d'environ 30 M€. Pour mémoire, la SGM détient cette exploitation et le fonds de commerce du grand magasin depuis 2023. L’été dernier, au début des négociations avec la Caisse des Dépôts (qui devait entrer comme minoritaire, à hauteur de 40 %), Frédéric Merlin défendait bec et oncle un plan de création de valeur ambition. Les loyers attendus devaient atteindre au moins 16 M€ en 2026, puis près de 20 M€ en 2027, pour une valorisation cible de plus de 460 M€ à terme, contre environ 315 M€ à cette date.
En 2024, le BHV Marais affichait déjà un Ebitda de 9,6 M€, Le BHV Marais a ouvert ses portes à Shein en 2025 confortant, selon la SGM, la solidité économique du projet. Mais l'équilibre du dossier rompt le 8 octobre dernier, quand il annonce l’arrivée de Shein sur 1 200 mètres carrés au 6 étage du e BHV. La CDC invoque une « rupture de confiance » et précise que le modèle économique le marque d’ultra fast fashion asiatique n’est pas compatible avec ses valeurs. De facto , l’attelage SGM-CDC pour le rachat des murs du BHV Marais vole en éclats, alors que la réitération était attendue avant la fin 2025. Toujours sous promesse, Frédéric Merlin s’exposait à la perte des indemnités d’immobilisation, d'environ 30 M€, si aucun plan alternatif n’est trouvé d'ici le 19 décembre. Le dirigeant – qui assurait alors discuter avec d’autres partenaires financiers pour co-investir à ses côtés, notamment des fonds opportunistes se tournera finalement vers Brookfield, qui suivait avec intérêt l’évolution de l’opération depuis de nombreux mois.« Deux mois, c'est trop court pour trouver la bonne
« Deux mois, c'est trop court pour trouver la bonne recette » avec Shein
Frédéric Merlin, SGM. Auditionné hier par la commission des Affaires économiques du Sénat, Frédéric Merlin a défendu son partenariat avec Shein, une alliance vivement critiqué pour son impact sur le commerce local et l’environnement. « Deux mois, c'est trop court pour trouver la bonne recette », a-t-il expliqué, tout en indiquant qu’il fallait laisser du temps à cette expérimentation dans le BHV.
Le fondateur de la SGM a toutefois des limites dans l’exécution du projet : « Nous n’avons pas tout bien fait. Peu de clients sont venus réellement pour acheter. Nous n’avions pas la bonne collection. On s’est adapté. » « Notre enjeu à nous, c'est de générer du flux dans l'hyper centre de ces villes moyennes, défendait encore le fondateur de SGM il y a quelques semaines. Et aujourd'hui, générer du flux, c'est créer le buzz et c'est offrir à nos clients ce qu'ils veulent. Dire que faire venir Shein en France, c'est cracher à la tête de l'industrie de la mode, est extrêmement méprisant pour les 25 millions de clients de la plateforme asiatique. »
Publié depuis Overblog
Nous attendions le 19 décembre pour savoir ce que deviendrait la vente du BHV pat les Galeries Lafayette.
La presse s'est emparé du sujet, mais aucun communiqué officiel des GL.
Voici donc un résumé suivi de l'article du Figaro sur le BHV:
- Les Galeries Lafayette négocient exclusivement avec un investisseur anglo-saxon pour vendre les murs du BHV, avec une finalisation prévue en janvier 2026.
- L’acheteur, non divulgué, est spécialisé dans la gestion d’actifs immobiliers.
- SGM (Frédéric Merlin) continuera à exploiter le BHV après la vente. (en tant que locataire)
- La transaction respecterait les mêmes conditions financières que celles initialement prévues avec SGM.
Lu dans la Presse : Le Figaro:
«Dès le mois de janvier» : les Galeries Lafayette en passe de vendre les murs du BHV à un «acteur anglo-saxon»
Par Le Figaro avec AFP
Le 20/12/2025
Le groupe a annoncé ce samedi être «entré en négociations exclusives avec un acteur anglo-saxon», en vue de lui céder les murs de l’emblématique du grand magasin parisien aux conditions prévues par le groupe SGM, qui assure actuellement l’exploitation du BHV.
Coup de tonnerre pour le BHV, en pleine tourmente depuis l’arrivée de Shein dans ses locaux. Le groupe Galeries Lafayette a annoncé ce samedi être «entré en négociations exclusives avec un acteur anglo-saxon», en vue de lui céder les murs du bâtiment BHV le mois de janvier», «aux conditions initialement prévues avec le groupe SGM».
Le nom de cet investisseur «disposant d’une expertise reconnue dans la gestion d’actifs immobiliers», selon le communiqué, n’a pas été donné. Le groupe SGM, cofondé par Frédéric Merlin, qui assure l’exploitation du magasin BHV dans la tourmente depuis l’annonce de son alliance début octobre avec le géant du commerce en ligne Shein, était lié aux Galeries Lafayette par une promesse de vente arrivant à échéance vendredi.
Le tour de table s’est avéré plus difficile que prévu, en particulier après que SGM a été lâché par la Banque des territoires en octobre dernier, dans le sillage du scandale Shein. C’est donc finalement un groupe anglo-saxon, dont ni SGM, ni Galeries Lafayette contactés par l’AFP n’ont voulu donner le nom, qui a acheté les murs. Cette vente se fait selon les conditions qui avaient été proposées au groupe SGM, est-il ajouté sans précision.
«Cette acquisition serait réalisée par l’investisseur en accord avec le groupe SGM, qui continuera à assurer l’exploitation du BHV», ajoute le communiqué. «Nous sommes heureux de cette nouvelle étape franchie», a réagi auprès de l’AFP un porte-parole de SGM, «nous restons focalisés sur la finalisation de cette opération».
«Rupture de confiance»
Frédéric Merlin a suscité un tollé en annonçant début octobre l’installation, au sein du BHV, du premier magasin physique aux couleurs de la marque asiatique de mode ultra-éphémère, accusée de nombreux maux (concurrence déloyale, pollution...). La Banque des territoires, entité de la caisse des dépôts, avait par la suite annoncé son retrait des négociations entamées en juin avec la SGM pour l’aider à s’offrir le bâtiment, invoquant une «rupture de confiance». Refusant de voir son nom associé à Shein, Galeries Lafayette a par ailleurs rompu son contrat avec la SGM concernant sept magasins de province - rebaptisés BHV. Mardi, la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo a accentué la pression en manifestant l’intérêt de la capitale pour les murs du grand magasin, situé comme son nom l’indique (BHV pour Bazar de l’Hôtel de Ville) juste sous les fenêtres de l’Hôtel de ville.
Lus dans La Presse : Libé et le Parisien le 18 nov 2025
Au BHV : derrière les palissades noires des 1/2 ou tiers de plusieurs étages, vidés de toute substance !...
Le magasin a du mal à faire 25 à 30% du chiffe de l'an dernier ( déjà très négatif l'an passé !)
Ainsi, va la vie du BHV de F Merlin...
Le parfumeur Chanel est parti, lui aussi aujourd'hui, mais reste t'on Grand Magasin sans un vrai rayon Parfumerie .
Mai, il y a d'autres plus petits fournisseurs qui souffrent également :
Karma Koma , marque de vêtements féminins Corse.
Quatre semaines auront suffi. À peine installée au BHV Marais, la marque de prêt-à-porter féminin Karma Koma fait ses cartons et rejoint la longue liste des enseignes qui désertent le grand magasin parisien, empêtré dans une crise sans précédent. Aussitôt arrivés nous quittons le BHV.
Un ami m'a envoyé cette info de Ouest France:
Trésors de Lizon,
Virginie Decock, artisane installée à Courseulles-sur-Mer et créatrice des Trésors de Lizon, attend depuis plus d’un an que le BHV Marais la paie environ 5 000 € pour des produits vendus lors de l’opération estivale « So French » en 2024. Elle n’est pas la seule : plus d’une dizaine d’artisans seraient dans la même situation, tous en attente de paiements de la part du magasin parisien.
Etonnant ! non!... J'ai entendu Frédéric Merlin dire à la TV que tout allait bien et que tous les fournisseurs étaient payés !...
Ces quelques photos qui suivent vous donnent la nausée... C'est le BHV d'aujourd'hui. Anciens employés, employés travaillent encore au BHV et clients, pleurent d'un tel massacre !
Souvenez-vous de l'article BHV 1999 avec les loisirs créatifs !
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On apprend en lisant les échos :
Le Slip Français lance Fier (T), un tee-shirt 100 % fabriqué en France, destiné à concurrencer les géants asiatiques comme Shein et Temu. Produits dans l’usine d’Aubervilliers par 47 ouvriers, ces tee-shirts seront vendus 7,90 € HT aux entreprises, associations et institutions, qui pourront les personnaliser. Avec ce projet, le fondateur Guillaume Gibault veut montrer qu’il est possible de proposer des produits français de qualité, en grande quantité et à prix compétitifs. BRAVO
Info Libé
Le BHV et les ex-Galeries Lafayette hors de Paris plombés financièrement
La Société des grands magasins, dirigée par Frédéric Merlin qui gère le BHV Marais, doit faire face à des échéances financières menaçant son avenir. Un recul d’activité qui a commencé bien avant la polémique sur l’arrivée de Shein dans les rayons.
Après la polémique sur l’arrivée de la plateforme d’ultra fast-fashion Shein au magasin parisien le Bazar de l’hôtel de ville(BHV), l’heure des comptes a sonné. Ce magasin parisien est certes l’une des entités majeures du groupe : la Société des grands magasins (SGM) dirigé par Frédéric Merlin. Cependant, figurent également dans le patrimoine de cette entreprise, dix galeries commerciales et sept ex-Galeries Lafayette situées en région (Reims, Dijon, Orléans, Angers, Le Mans, Grenoble, Limoges) qui n’ont plus le droit de porter ce nom. Le décrochage physique des enseignes sur les devantures a d’ailleurs commencé depuis une semaine.
La maison mère parisienne des Galeries Lafayette a peu apprécié l’arrivée programmée de Shein dans ces magasins et a rompu l’accord de franchise qui permettait à Frédéric Merlin de les exploiter sous ce nom. Ils vont donc, à l’avenir, passer sous la bannière BHV. Quant à l’arrivée des articles estampillés Shein dans les magasins de région, elle est tout simplement reportée sine die. Officiellement le temps de «revoir l’offre de produits». Cette réorganisation se heurte peut-être aussi à une fragilité financière grandissante de l’ensemble du groupe SGM, qui compte 2 000 salariés et revendique 430 millions de chiffre d’affaires réalisés sur 21 sites différents.
Manque à gagner
Selon les informations de Libération, les sept ex-Galeries Lafayette situés en région et exploités par SGM accusent une baisse de leur chiffre d’affaires de 30 % en moyenne au cours des derniers mois. Sur la même période, la trentaine de magasins Galeries Lafayette franchisés auprès d’autres exploitants enregistrent un recul de leurs ventes limité à 5 %. L’ensemble des magasins exploités par la société de Frédéric Merlin réalisait auparavant 120 millions de chiffre d’affaires. Ce serait donc plus de 35 millions d’euros de ventes qui, à terme, pourraient s’évaporer avec le recul d’activité. D’autant plus que le décrochage a débuté il y a près d’un an, et ne résulte donc pas uniquement du «Shein-bashing» des dernières semaines. Cependant, l’accueil programmé des produits du site chinois a nécessité un aménagement particulier dans chaque magasin sous forme de «corner». Ce qui signifie une dépense évaluée par une source proche du dossier à 3 millions d’euros pour chaque magasin.
Sollicité par Libération, le directeur opérationnel de la SGM a refusé de commenter ces chiffres et de répondre à une liste de questions écrites. Les sept ex-galeries Lafayette se retrouvent aujourd’hui dans une situation où, outre leurs difficultés de paiement, ils sont confrontés à la perte du réseau d’acheteurs de vêtements et de mobilier que constitue la marque Galeries Lafayette. Ils ne peuvent en outre, pour l’instant, compter sur les recettes tirées de la vente de produits Shein pour compenser ce manque à gagner.
Fin du loyer gratuit pour le BHV Marais
Le BHV, vaisseau amiral parisien, n’est pas non plus à l’abri des ennuis. Frédéric Merlin a signé, au moment de l’acquisition du fonds de commerce du BHV, en mai 2023, un engagement à acquérir les murs pour une somme proche de 300 millions d’ici à décembre 2025. En échange, il bénéficie alors d’une franchise de loyer durant deux ans. Elle est maintenant arrivée à échéance. Seul hic, la Banque publique d’investissement a refusé de prêter une partie des fonds nécessaires à cette acquisition, après la bronca déclenchée par l’arrivée de Shein au BHV. Résultat, la vente de ces murs à Frédéric Merlin, déjà reportée une fois, a du plomb dans l’aile. Ce qui signifie qu’il risque fort de devoir continuer à s’acquitter d’un loyer évalué à 15 millions d’euros par an puisqu’il n’est pas propriétaire des lieux. Une somme de nature à peser sur les comptes du BHV Marais, déjà mal en point après le départ d’une dizaine de marques mécontentes de ne pas être payées en temps et heure.
Toute la question est donc de savoir si la Société des grands magasins peut encaisser cette série de chocs successifs qui alourdissent ses charges et réduisent ses recettes potentielles. Une pointure du commerce de détail formule une hypothèse : «Les mois de décembre et de janvier sont traditionnellement bons et vont donc constituer un répit. En revanche, février, mars et avril traditionnellement plus calmes, constitueront l’épreuve de vérité.» En clair, Frédéric Merlin arrivera-t-il à se constituer suffisamment de trésorerie avec les ventes de fin d’année pour continuer son activité ? Dans les années 2000, le slogan publicitaire d’une des enseignes désormais impossibles à utiliser était : «Aux Galeries Lafayette, il se passe toujours quelque chose !»
Et maintenant ... on ne rigole plus !
Le Parisien Par Auguste Canier
Le 18 novembre 2025
On ne va pas faire de cadeau » : la Ville de Paris prive le BHV de ses animations de Noël rue de Rivoli
Faute d’avoir obtenu l’autorisation préalable de la Ville, le BHV ne pourra pas faire déborder ses animations de fin d’année à l’extérieur du grand magasin. La mairie de Paris assume son refus, en pleine polémique autour de l’arrivée de Shein.
Frédéric Merlin avait vu grand pour rythmer les fêtes de fin d’année. Mais la magie de Noël ne pourra pas dépasser sur le trottoir de la rue de Rivoli à Paris (IVe). Le patron du BHV n’a pas reçu l’autorisation préalable de l’Hôtel de Ville pour installer ses animations sur la chaussée devant le grand magasin, a appris Le Parisien. Des animations qui doivent débuter ce mardi soir avec le dévoilement des vitrines de Noël.
Le plan du BHV était pourtant rodé. Au départ, le partenariat noué avec Disneyland Paris, qui devait ouvrir une boutique éphémère au 6e étage, devait permettre d’organiser un grand défilé de Noël devant le grand magasin.
Retrait de Disneyland
Une première demande d’installation en extérieur, au titre du règlement des terrasses et des étalages, avait d’ailleurs été validée par la mairie de Paris. La préfecture de police avait également répondu favorablement à la demande de modification provisoire de la circulation devant le magasin, rue de Rivoli.
Mais le retrait du parc d’attractions du Bazar, fin octobre, a tout bousculé. Sans leur partenaire initial, Frédéric Merlin et le BHV décident de maintenir des animations en extérieur pour attirer de nouveaux clients. Problème : d’après la Ville de Paris, aucune nouvelle demande d’installation hors les murs n’a été adressée à l’Hôtel de Ville.
« Nos services ont constaté début novembre que les équipes du BHV avaient commencé à installer des sapins et du mobilier à l’extérieur du magasin », détaille Nicolas Bonnet Oulaldj, adjoint (PCF) en charge du commerce à la mairie de Paris. Frédéric Merlin adresse alors une demande formelle, à laquelle la Ville répond par la négative, dans un courrier daté du 12 novembre adressé au BHV. Entre la mairie de Paris et la direction du BHV, la « guerre » déclarée depuis l’installation du géant chinois Shein se joue aussi sur le terrain de l’occupation de la voie publique.
Le BHV verbalisé pour ses affiches Shein
En parallèle, la préfecture de police publie le 14 novembre un nouvel arrêté, retirant son autorisation initiale de modification provisoire de la circulation devant le grand magasin. Contactée par Le Parisien, la préfecture de police laisse la main à la Ville et évoque l’avis défavorable rendu par la mairie de Paris pour justifier la prise de ce nouvel arrêté.
Faut-il voir dans cette décision de la Ville une réponse graduée, deux semaines après l’installation du géant chinois de l’ultra fast-fashion Shein ? Nicolas Bonnet Oulaldj assume. « Nous demandons à M. Merlin de se conformer au règlement. On ne va pas lui faire de cadeau. Il nous a déclaré la guerre, et quand quelqu’un vous déclare la guerre, vous vous défendez », tacle l’adjoint au commerce.
Et l’élu de rappeler que Frédéric Merlin avait fait installer, sans autorisation préalable là encore, plusieurs kakémonos à l’effigie de Shein sur la façade du bâtiment avant l’ouverture de la boutique du 6e étage. Un affichage qui a valu au BHV une verbalisation par la mairie de Paris.
Plus largement, la mairie de Paris justifie son refus d’autoriser le BHV à aménager l’extérieur du magasin en raison des nombreux événements prévus sur la voie publique ces prochaines semaines. « Le marché de Noël doit s’installer à l’Hôtel de Ville la semaine prochaine, nous devons faire des choix », justifie Nicolas Bonnet-Oulaldj.
Contactée, la direction du BHV n’a pas donné suite. Sur ses réseaux sociaux, Frédéric Merlin a donné rendez-vous au public ce mardi soir à 18 heures pour le lancement des animations de Noël et la découverte des vitrines.
Le dossier du BHV et de Shein sera aussi largement débattu au Conseil de Paris, où tous les groupes représentés ont déposé un vœu appelant la Ville de Paris à tout mettre en œuvre pour faire cesser la vente de produits Shein au BHV. L’épilogue du feuilleton autour de ce dossier « devenu très politique », reconnaît Nicolas Bonnet Oulaldj, est encore loin.
Lu dans la Presse : Challenges : « Aucun euro pour nos magasins » : les syndicats du BHV dénoncent le montage financier avec Shein
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« Aucun euro pour nos magasins » : les syndicats du BHV dénoncent le montage financier avec Shein
Challenges Guillaume Echelard 9 octobre 2025
Comme nombre d’acteurs publics et privés, les syndicats du BHV s’inquiètent de l’arrivée du géant chinois de l’e-commerce Shein dans leur magasin. Ils s’interrogent sur le montage financier de l’opération, appellent
à la grève, ce vendredi 10 octobre à partir de 15 heures,
et demandent à stopper le partenariat.
« Nos magasins une nouvelle fois dans l’incertitude. » Dans deux tracts, l’intersyndicale du BHV et des magasins franchisés Galeries Lafayette du groupe SGM(CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, Sud-Solidaires) s’inquiète de l’arrivée de Shein prévue en novembre dans leurs magasins. Ils ne sont pas les premiers à s’indigner : annoncé la semaine dernière, l’accord a suscité une levée de boucliers de la part du groupe Galeries Lafayette, de la mairie de Paris , des fédérations professionnelles de la mode, de fournisseurs, ou encore de la Caisse des Dépôts, qui a même renoncé à racheter les murs du BHV au côté de la Société des Grands Magasins (SGM), propriété de Frédéric Merlin et sa famille. Mais parmi les raisons de leur colère, eux pointent plus précisément le montage financier de l’opération. Exigeant l’arrêt du partenariat, ils appellent d’ailleurs à la grève ce vendredi 10 octobre.
Dans un tract, les salariés expliquent qu’il s’agira d’une location-gérance, dont « aucun euro ne doit venir alimenter le résultat de nos magasins, le chiffre d’affaires étant perçu par une société distincte au sein du groupe SGM […] qui achètera en ferme les marchandises auprès de Shein et qui réalisera les investissements notamment mobiliers ». En clair, le chiffre d’affaires des magasins Shein ne circulera pas dans les comptes des points de vente Galeries Lafayette et BHV, mais dans la holding .
Contactée, une source proche de la SGM, explique qu’une société a bien été créée en son sein (nommée SEGM POP) pour acheter la marchandise, en appliquant une marge commerciale. Cette dernière aura un contrat de bail avec les foncières, elles-mêmes propriété de la famille Merlin. Shein, de son côté, financera uniquement les travaux pour son installation. « La direction nous a indiqué réfléchir à une solution permettant de soutenir directement les résultats de nos magasins », complètent les syndicats.
Des magasins pour l’instant déficitaires cette année
Les salariés des boutiques Shein (entre dix et douze par magasin Galeries Lafayette, 35au BHV) seront donc employés par la fameuse société SEGM POP. Mais les équipes « ne compteront dans un premier temps que des salariés intérimaires, ce qui interroge quant à la pérennité du modèle envisagé », regrettent les syndicats, qui estiment que 400emplois ont été supprimés au BHV depuis l’arrivée de la SGM aux commandes.
« Une fois que le partenariat sera stabilisé, l’idée est de voir comment nous ferons évoluer ces contrats », nuance une source proche de la direction. Le modèle économique de l’opération reste toutefois opaque. « Les conditions financières ont été négociées à l’échelle du groupe SGM et ne nous ont pas été présentées. […] Les impacts sur les résultats de nos magasins sont donc dès lors très incertains. »
Les syndicats rappellent que les points de vente auraient pourtant bien besoin d’un coup de pouce, puisque leurs résultats « s’annoncent largement déficitaires faute de marchandises à vendre depuis le début de l’année ». Le BHV, en particulier, verrait son chiffre d’affaires chuter. « La saisonnalité du modèle de tous les grands magasins fait que l’excédent brut d’exploitation est négatif jusqu’au dernier trimestre , réplique une source proche de la direction. Nous ne pouvons donc pas prévoir le profit de fin d’année, notamment avec l’arrivée de Shein qui engendrera une fréquentation et une consommation accrues . »
Des doutes sur la performance commerciale
Mais les salariés ne sont pas certains que Shein fera flamber les tickets de caisse. La clientèle du e-commerçant « ne correspond pas à celle de nos magasins » , explique un tract. Dès lors, le résultat concret pourrait être minime, estiment les salariés, qui rappellent le succès commercial limité, selon eux, des opérations Pokémon et de l’influenceuse Léna Mahfouf au BHV.
D’autres conséquences négatives pourraient advenir. Pour l’intersyndicale, les Galeries Lafayette pourraient rompre leur contrat d’affiliation avec la SGM de Frédéric Merlin .Cela « se manifesterait par des mois de procédure judiciaire », explique le texte, puis « la désorganisation totale des sept magasins de province, aujourd’hui complètement dépendants des systèmes d’information et logistique du groupe Galeries Lafayette. » Les salariés rappellent que la marque propre du groupe représente plus de 6 % du chiffre d’affaires de leurs magasins. Quant au retrait de la Caisse des Dépôts du BHV, il est« dramatique pour l’avenir des deux magasins », de Paris et Parly. « La direction a agi dans la précipitation, sans discussions préalables » , regrette enfin le tract.
Seul point positif aux yeux des syndicats : une probable forte affluence à l’ouverture. C’est l’intérêt de ce type d’opération (là encore, comme celles de Léna Mahfouf et Pokémon) : amener du flux, le nerf de la guerre pour Frédéric Merlin. Les représentants des salariés ont même demandé un renfort de sécurité en novembre.
Une ouverture à Dijon, Grenoble et Reims le 1er novembre
Dans tous les cas, le dossier semble bien engagé : « Le premier lot de commande a déjà été réalisé et une livraison par mois est envisagée. » Sept marques propres seront présentes en rayon, et tous les produits auront fait l’objet d’un audit de conformité, selon la direction. Cela « n’efface pas les conditions de travail déplorables d’autres sous-traitants du géant chinois », tacle le tract.
Selon les syndicats, le BHV, ainsi que les Galeries de Dijon, Grenoble et Reims devraient voir une boutique de l’e-commerçant chinois ouvrir le 1 novembre. Angers et Limoges suivraient le 15 novembre, tandis que les magasins d’Orléans et Le Mans sont encore en réflexion. Les salariés, dans un second tract, réclament aussi la fin des suppressions d’emplois, l’arrêt des ouvertures jusqu’à 20h30, le versement de leurs primes, ou encore le paiement des créances des fournisseurs. Et demandent même aux pouvoirs publics d’intervenir directement.
Merci aux journalistes économiques et pros pour leurs investigations. CD
Lu pour vous dans la presse l'Informé du 22 septembre
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"L’énorme bourde du BHV qui ravive la fronde de ses fournisseurs impayés
En envoyant par erreur un email à ses partenaires sans les mettre en copie cachée, le directeur commercial de la célèbre enseigne parisienne a fédéré tous ceux qui se plaignent de retards de paiement."...
Lu dans : l’Informé
Publié : 22/09/2025 par Morgan Leclerc
Jeudi 18 septembre, le directeur commercial adresse un email aux très nombreux fournisseurs du grand magasin parisien pour les prévenir de la prochaine opération commerciale. La BHV Week, qui se déroulera du 10 au 17 octobre, promet d’être haute en couleur puisqu’une fanfare paradera dans la rue lors de la soirée d’avant-première tandis qu’un Monsieur Loyal et des hôtesses distribueront des tickets à gratter aux passants. Ce soir-là, la fermeture sera plus tardive que d’habitude. Et, dans son email, le directeur commercial qui veut motiver ses partenaires leur suggère d’adapter les horaires de leurs salariés en conséquence. Jusqu’ici, rien que de très normal.
Je vous résume la suite :
Une erreur d’e-mail qui ravive la colère des fournisseurs
Cédric Moulart, directeur commercial du BHV, a envoyé un e-mail à 240 destinataires sans masquer leurs adresses. Cette maladresse survient alors que les tensions sont déjà vives depuis le rachat du BHV par la SGM fin 2023. De nombreux fournisseurs, toujours en attente de paiements, ont lancé des actions en justice. L'incident a entraîné la création d’un collectif de victimes d’impayés, et le patron du Slip Français a appelé à une action commune contre le BHV.
Cet article fait suite à un autre article intéressant du 8 septembre
En Russie, Auchan voit la valeur de sa filiale fondre…
Publié : 08/09/2025 à 14:33 de Morgan Leclerc
Résumé de l’article :
Alors qu’Auchan voit la valeur de sa filiale russe s’effondrer, une autre crise touche le BHV. En France, une crise de confiance grandissante oppose le BHV à ses fournisseurs, en raison d’impayés massifs.
Tout est parti d’un message d’un fournisseur, qui a fait boule de neige et conduit à la création d’un fichier partagé sur Google Sheets recensant les dettes du BHV envers ses partenaires. Au 15 septembre, près de 40 entreprises y sont mentionnées, pour un montant total de 3,9 millions d’euros d’impayés, uniquement pour le BHV. 1,3 million d’euros supplémentaires concernent les magasins Galeries Lafayette en région, gérés par une autre entité (SGM).
Parmi les marques concernées : Kusmi Tea, Aubade, Eden Park, Moleskine, Repetto, IKKS, YellowKorner, ou encore des PME du secteur chic ou spécialisé. Certaines entreprises disent attendre des paiements depuis plus d’un an, parfois pour des montants supérieurs à 150 000 voire 400 000 euros. Plusieurs ont déjà cessé leurs livraisons, voire quitté les points de vente.
La situation provoque un grand malaise. Un dirigeant de marque s’indigne : « Je suis à la fois atterré et affligé. » En interne, certains évoquent des problèmes de système comptable liés au rachat du BHV, mais beaucoup y voient surtout un problème de trésorerie.
En attendant, la défiance reste forte, et de nouvelles marques continuent à alimenter le fichier partagé, symbole d’un mécontentement collectif rarement exprimé aussi ouvertement dans le secteur.
En réponse, Karl Stéphane Cottendin directeur du BHV, a reconnu des retards, critiqué la communication « maladroite » de son directeur commercial, et promis un retour à la normale d'ici novembre, une fois un nouvel outil.
Lu dans la Presse Médiapart :C'est ... les millions d’euros d’impayés du patron du BHV
Après l'article de Challenges, très bien réalisé, on me demande de vous faire suivre celui de Médiapart.
Frédéric Merlin, patron du grand magasin parisien, a encore accumulé des retards de paiement en 2025 auprès des marques présentes dans ses rayons : près de 30 millions d’euros au printemps, selon ses propres chiffres. Interrogé par Mediapart, il dément pourtant toute difficulté financière.
Lorsque nous l’avions rencontré en décembre 2024, le jeune patron du Bazar de l’hôtel de ville (BHV), Frédéric Merlin (34 ans), nous l’avait pourtant juré : les retards de paiement qu’il avait accumulés les mois précédents – et que nous avions révélés – auprès des enseignes qui peuplent les couloirs du grand magasin parisien de la rue de Rivoli, c’était terminé.
Ces impayés étaient, nous disait-il, dus aux lourdeurs d’un changement de logiciel de comptabilité mis en place après la reprise pour des clopinettes, en novembre 2023, du fonds de commerce du BHV aux Galeries Lafayette.
À partir de 2025, nous avait-il promis, il réglerait, certes pas rubis sur l’ongle, mais « sous quarante-cinq jours » les marques qui vendent dans les rayons du grand magasin et dont, rappelons-le, le BHV encaisse les ventes – et donc le chiffre d’affaires – avant de le leur rétrocéder, minoré d’une commission. Pour des commerçants de taille modeste dont la santé financière dépend beaucoup des ventes au BHV, l’accumulation d’impayés pouvait donc rapidement devenir mortifère.
Hélas, à peine l’année 2025 avait-elle commencé que Frédéric Merlin se montrait de nouveau incapable de régler aux enseignes les ventes encaissées par le BHV durant la période des fêtes, mettant sous tension des dizaines d’entre elles, et plus globalement les quelque 800 personnes qui travaillent dans le grand magasin de la rue de Rivoli.
« Le BHV a soldé nos factures en octobre 2024. Mais depuis, de nouveau, nous n’avons plus de règlement », déplore le patron d’une petite marque du rayon bricolage qui dit « lutter pour continuer à maintenir un savoir-faire artisanal malgré les difficultés ». Comme beaucoup d’autres, il a mis le BHV en demeure pour impayé.
Une autre cheffe de petite entreprise n’a pas perçu de règlement en 2025. Lassée, elle a décidé de partir : « Frédéric Merlin et ses équipes font peu de cas de notre situation. Alors que nous nous retrouvons contraints de licencier notre vendeur à cause des factures non réglées, ils ne montrent aucune émotion, ne décrochent même pas le téléphone malgré nos multiples relances. »
Une autre entrepreneuse dans la décoration de maison a carrément déposé le bilan. « Mon entreprise est exsangue », déplore-t-elle, totalement désabusée. Pour ces marques, les impayés grimpent jusque plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Jusque 750 000 euros de retard de paiement
Mais cela peut monter beaucoup plus haut pour les enseignes les plus importantes, jusqu’à 750 000 euros TTC pour une grande marque de luxe par exemple. Au rayon bricolage, une autre marque importante de peinture intérieure a même quitté les lieux le 4 juin, se fendant d’un mail à ses partenaires et client·es : « Nous tenions à vous informer que nos concessions BHV ferment leurs portes. Aujourd’hui est notre dernier jour au BHV Marais et demain sera le dernier au BHV Parly. » Selon nos informations, le BHV devait à cette marque 665 000 euros TTC.
Autant d’argent non rétrocédé qui vient alimenter la trésorerie du grand magasin. « Ce n’est pas difficile de faire de l’argent en étranglant ses “fournisseurs” de la sorte », peste un patron déjà cité. Par conséquent, les rayons du BHV se vident à tous les étages et beaucoup d’enseignes ne se risquent plus à renouveler leurs stocks. « On n’a jamais vu aussi peu de camions de livraison depuis le covid », déplore une salariée.
La presse s’est fait largement l’écho de ce mal-être généralisé : « “Rayons vides”, “retards de paiements”, des clients qui “ne viennent plus” : à Paris, le BHV vacille-t-il ? », a titré Le Parisien. « “On a l’impression de voir un magasin d’après-guerre” : au BHV, fournisseurs et salariés inquiets », écrivait aussi France Inter. Sur LinkedIn, une flopée de témoignages en commentaire d’un post alertant sur les retards de paiement du BHV montre l’ampleur des dégâts.
Cependant, contacté par Mediapart, Frédéric Merlin nie catégoriquement toute situation catastrophique : « Je ne peux pas laisser dire que le BHV va dans le mur et qu’il y a des fournisseurs qui n’ont pas été payés depuis six mois ou plus, alors même que j’ai au maximum quinze jours de retard de paiement en moyenne », nous a-t-il dit en guise de propos introductif.
Il ajoute : « Je ne nie absolument pas les difficultés concernant certains fournisseurs, qui sont d’ailleurs essentiellement de petits fournisseurs, mais nous avançons avec eux. Par ailleurs, j’ai toujours dit que le processus d’autonomisation des outils de comptabilité du BHV vis-à-vis des Galeries Lafayette durerait au minimum jusqu’à octobre 2025. Enfin, je veux être clair : le BHV est surcapitalisé – j’y ai investi 58 millions d’euros de mon groupe, la Société des grands magasins (SGM) –, il paie et paiera in fine ses dettes à ses fournisseurs. »
À l’inverse de l’ambiance pesante qui règne dans le grand magasin, Frédéric Merlin dit même avoir « le sentiment qu’il y a du mieux par rapport à décembre 2024 ».
Près de 30 millions d’impayés au printemps
Voulant montrer patte blanche, il a même demandé au directeur général du BHV, Karl-Stéphane Cottendin, de nous exposer l’état réel des retards de paiement du BHV au 16 juin, documents à l’appui. Un effort de transparence à saluer.
On a ainsi pu constater que le BHV présentait une ardoise auprès de plusieurs dizaines d’enseignes de taille importante – principalement dans la mode (parfum, textile…) et les équipements de maison – dépassant les 100 000 euros.
La somme totale des retards de paiement inscrite sur le document atteint 17,8 millions d’euros TTC au 16 juin (le détail précis des chiffres est à retrouver en annexe de cet article), dont près de 13 millions d’euros sont au-delà de soixante jours, c’est-à-dire au-delà du délai légal.
Mais ces montants seraient en fait très faibles, selon Frédéric Merlin, qui les met en rapport avec le chiffre d’affaires annuel de 260 millions d’euros réalisé par le BHV. « Cela n’équivaut qu’à deux semaines de chiffres d’affaires ! », répète-t-il.
Selon Karl-Stéphane Cottendin, la situation du grand magasin vis-à-vis de ses fournisseurs s’améliore même nettement : courant avril, le montant des retards de paiement était d’environ 10 millions d’euros supérieur à actuellement, soit près de 30 millions d’euros.
Mais ce volume important, précise Karl-Stéphane Cottendin, « était aussi le reflet de la saisonnalité des ventes. Pour rappel, les deux derniers mois de l’année représentent près de 30 % du chiffre d’affaires annuel du BHV, ce qui explique mécaniquement que les sommes à devoir sont plus importantes, et ne signifient pas forcément une dérive ».
Le directeur général du BHV nous jure que lui et ses équipes travaillent nuit et jour pour remédier à la situation : « On a huit personnes dédiées pour répondre au téléphone aux enseignes dont les factures n’ont pas été réglées à temps. La tâche n’est pas simple : il faut savoir que le BHV a près de 2 000 fournisseurs et prestataires, dont beaucoup ont des retards de paiement qui représentent de très faibles montants. » Mais comme son patron, Karl-Stéphane Cottendin assure être « très confiant pour l’avenir ».
Mais après vingt mois d’atermoiements de Frédéric Merlin et de ses équipes, la plupart des enseignes présentes au BHV ne croient plus aux belles paroles. « Récemment, je me suis entretenu avec le service téléphonique dédié aux fournisseurs, nous dit l’un des chefs d’entreprise déjà cité. Mais on nous ressort toujours le même discours qu’en 2024 qui, pour moi, n’est plus entendable. Je considère ce procédé comme des méthodes de “voyou”. »
Mais alors pourquoi Frédéric Merlin met-il autant de temps à payer ? Est-ce uniquement par manque d’effectifs et de compétences en interne pour faire face au flot énorme de fournisseurs et de prestataires du BHV ? Cette hypothèse n’est pas à exclure.
Mais ce serait la preuve que le BHV était une marche trop haute pour celui qui était jusqu’ici à la tête d’une foncière immobilière commerciale – la Société des grands magasins (SGM) – possédant quelques magasins dans des villes moyennes.
Un financier qui a déjà eu affaire aux équipes de Frédéric Merlin n’est pas loin de le penser : « Frédéric Merlin est dans l’entourloupe. C’est le genre de gars qui tue le commerce en France. On n’aurait jamais dû le laisser reprendre une affaire aussi importante que le BHV. »
Convaincre ses financiers
Autre question : Frédéric Merlin a-t-il volontairement fait de la rétention de paiement pour combler un manque de trésorerie, et ainsi montrer patte blanche à ses partenaires financiers dont il doit obtenir l’aval d’ici au 30 juin pour racheter les murs du BHV rue de Rivoli – pour environ 300 millions d’euros – comme promis aux Galeries Lafayette ?
« Vous vous arrachez les cheveux », nous a répondu Frédéric Merlin lorsqu’on lui a formulé cette dernière hypothèse. « Je ne retiens pas le cash par plaisir », a-t-il précisé, martelant que tous les retards de paiement depuis novembre 2023 étaient dus à son souci de logiciel de comptabilité.
Il nous a toutefois assuré que le rachat des murs du BHV, c’était pour bientôt, grâce à un accord trouvé avec la Caisse des dépôts et consignations (CDC), une banque publique, qui lui sauverait donc la mise. « Je vous confirme que l’on va travailler avec la Caisse des dépôts », nous a-t-il dit. Côté Caisse des dépôts, on explique que, même si les choses avancent, rien n’est encore fait.
Un communiqué commun de la SGM et de la CDC a été envoyé à la presse le 17 juin pour annoncer que les deux parties entraient en négociation exclusive pour le rachat des murs du BHV. Mais l’accord final est encore « soumis à la mise en place d’un financement bancaire complémentaire ».
Si l’opération arrivait à son terme, il est en outre dit dans le communiqué que le futur BHV accueillerait « un marché alimentaire » haut de gamme, ainsi qu’« une salle de sport de nouvelle génération, pensée comme un espace de bien-être apaisant », tout « en préservant l’univers historique du bricolage à la maison, en passant par les arts de la table, la papeterie ou la mode ».
Selon La Lettre et CFnews, le montage financier du rachat des murs du BHV devrait comporter une grande part de dette – environ 60 % : les banques Caisse d’épargne, BNP Paribas, la Banque postale et Bpifrance pourraient être des partenaires arrivants. Une de ces banques nous a cependant précisé que le dossier « était à l’étude » et donc pas finalisé.
Au total, les banques apporteraient 200 millions d’euros de prêts et Frédéric Merlin et la Caisse des dépôts 130 millions d’euros de fonds propres. L’homme d’affaires mettrait 70 millions de sa poche pour détenir une part majoritaire, tandis que la Caisse des dépôts, via sa filiale de la Banque de territoires, apporterait le complément de 60 millions.
Mais où Frédéric Merlin a-t-il pu trouver cet argent, lui qui traîne des pieds pour payer en temps et en heure ses fournisseurs au BHV ? En empruntant au niveau de sa société mère, la SGM. Début juin, il a en effet bouclé une levée de dette hypothécaire de près de 100 millions d’euros auprès de plusieurs banques (Crédit mutuel Arkéa, Bpifrance, BNP Paribas et des Caisses d’Épargne) gagée, selon CFnews, sur six de ses centres commerciaux basés à Lille, Roubaix, Mulhouse, Kremlin-Bicêtre, Châlons-en-Champagne et Metz.
Bref, Frédéric Merlin manie la levée de dette à tous les étages. Dette qu’il faudra bien rembourser un jour. Inquiétant pour le BHV ? Pas le moins du monde, nous assure Frédéric Merlin : « Le montant de la dette de mon groupe ne représente que 43 % de l’actif total, c’est très faible. Et toutes mes dettes sont amortissables : elles se remboursent tous les ans au moyen des loyers qu’on encaisse dans nos centres commerciaux. C’est ce type de modèle qu’on va mettre en place au BHV. Donc on ne pousse pas un mur de dettes. C’est le modèle de dette le plus sain possible. »
« A tous les étages, des rayons sont vides » : dans les coulisses du BHV, la révolte des fournisseurs gronde
Lu pour vous dans la presse : Voici l'article de Challenges toujours bien documenté et analysé.
suivi des articles des Echos et du Parisien.
Bonne lecture et comme on dit : qui vivra verra.
CD
Challenges : GUILLAUME ECHELARD 19 JUIN 2025
« A tous les étages, des rayons sont vides » : dans les coulisses du BHV, la révolte des fournisseurs gronde
Alors que la Société des Grands Magasins (SGM) a annoncé cette semaine être entrée en négociation exclusive avec la Caisse des dépôts en vue d’acquérir les murs du BHV, certains fournisseurs se rebellent. Ils dénoncent les impayés qu’accumule la famille Merlin, à la tête de la SGM.
« On peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. » C’est par cette phrase que Frédéric Merlin, à la tête de la Société des Grands Magasins (SGM), a commenté sur le réseau social LinkedIn une enquête de Challenges sur son difficile rachat du BHV, parue en mai dernier. Un mois plus tard, la conclusion de l’entrepreneur, 207e fortune de France, est plus que jamais d’actualité. D’un côté, il a annoncé cette semaine entrer en négociation exclusive avec la Banque des territoires (Caisse des Dépôts) afin de racheter, via une forme de joint-venture où la SGM serait majoritaire, les murs du BHV. « Une bonne nouvelle », souffle une source proche des Galeries Lafayette, l’actuel propriétaire qui, depuis 2023, cherche à les lui céder pour 300 millions d’euros. De l’autre côté, la révolte des fournisseurs, dont les impayés s’accumulent, gronde contre Frédéric Merlin.
Car il n’est pas le seul à avoir commenté l’enquête de Challenges sur LinkedIn. Marion Carrette, à la tête de la marque de laine Anny Blatt, a expliqué publiquement début juin ses difficultés à être payée par celui qui exploite depuis peu le fonds de commerce de l’emblématique grand magasin parisien. Dans son texte, elle explique : « Demain, cela fera six mois que le BHV aurait dû nous payer le chiffre d’affaires du mois de décembre 2024 réalisé chez eux lors d’une boutique éphémère. […] Si tout va si bien au BHV, qu’attendez-vous pour nous payer, Frédéric Merlin ? »
Fronde sur LinkedIn
Si la situation a depuis été résolue pour l’entrepreneuse, sa publication a fait l’effet d’un électrochoc. En réponse à son texte, une série de fournisseurs ont réagi sur le même réseau social. « Le BHV doit vite cesser ce type de comportement sous peine de perdre toute crédibilité envers ses fournisseurs », estime ainsi Bernard Vanderschooten, à la tête d’un groupe de linge de maison. « Je passe plus de temps depuis un an à courir après les règlements qu’à animer mes équipes sur le corner », rebondit Christophe Verley, à la tête de la maison Serge Lesage, spécialiste du tapis. Cédric Stirling, cofondateur de la marque de bijouterie Gemstar Brands, enfonce le clou : « Depuis novembre 2024, notre marque est présente en corner permanent au BHV, et nous n’avons à ce jour jamais reçu le moindre règlement ».
Un fournisseur de longue date du BHV constate : « Tous les fournisseurs sont en train de se réveiller. » Pour ce commerçant, présent depuis des années dans le grand magasin de la rue de Rivoli à Paris, la situation date de l’arrivée de Frédéric Merlin aux manettes. Dès l’été 2024, Mediapart avait signalé des problèmes d’impayés de la part du BHV. La source anonyme a même entamé une action en référé, pour les dizaines de milliers d’euros de préjudices que lui laisse la SGM. « On va saisir le plus vite possible les fonds qui nous manquent, parce qu’on pense qu’il n’y en aura pas pour tout le monde », reconnaît-il, constatant la prise de conscience des fournisseurs.
Situation « réglée dans les prochaines semaines »
Du côté de la SGM, on assure vouloir agir. Selon l’entreprise de Frédéric Merlin, c’est toujours la bascule difficile du système de paiement des fournisseurs des Galeries Lafayette (anciens propriétaires) vers celui du nouveau locataire des lieux qui est en cause. La SGM a aussi dû monter de toutes pièces un service d’acheteurs, qui était jusqu’ici assumé par les fonctions centrales des Galeries Lafayette. Or le choc a été rude pour mettre sur pied cette équipe au plus vite. « Cette situation sera réglée dans les prochaines semaines, estime une source proche de la SGM. Cela prend du temps, mais nous prêtons une attention particulière aux petits fournisseurs. »
Si plusieurs marques expliquent avoir reçu des virements ces derniers jours, les règlements se feraient encore de manière sporadique et désorganisée. Certains s’agacent. « Ces non-paiements sont un moyen de montrer une trésorerie suffisante à la Banque des territoires, pointe Frank Halard, à la tête de la marque de papier peint Au fil des couleurs, présente au BHV depuis dix ans. La SGM prend 100 % de notre chiffre d’affaires au lieu de prendre une commission de 20 % ! » Si la taille de son entreprise (6 millions d’euros de chiffre d’affaires) lui permet de rester à flot, l’entrepreneur explique avoir dû fermer son corner au BHV, et par conséquent licencier trois personnes, en raison d’un impayé de 80 000 euros. « Et je renonce à un demi-million de chiffre d’affaires en fermant ma concession », soupire-t-il. Chez certains gros fournisseurs, l’ardoise se chiffrerait en centaines de milliers d’euros. « Je pense que la SGM laisse les paiements en attente le temps de dealer avec la Caisse des dépôts (CDC) et la Banque des territoires », espère un fournisseur qui raconte, chaque mois, recevoir une nouvelle promesse de paiement du BHV, jamais finalisée. « Une fois que le rachat des murs sera réglé, ils nous paieront », espère-t-il.
Agacement croissant du personnel
En attendant, la conséquence pour le personnel est concrète, explique un salarié : « A tous les étages, des rayons sont plus ou moins vides. Des clients viennent demander un article. On leur ment, car on ne sait pas quand on va être réapprovisionné, ce sont des situations invivables. » Et l’employé de longue date du BHV de décrire : « Au 2e étage, le rayon des cadres est vide. A la papeterie, il n’y a plus de stylos. Au 4e étage, on avait l’un des meilleurs points de vente de tringle à rideaux : il est vide ! » En mai, Frédéric Merlin assurait toutefois à Challenges que le sous-stockage n’était que de l’ordre de 4 %.
Une explication insuffisante en interne. La semaine dernière, les syndicats – CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, Sud – ont distribué un tract. Ils y dénoncent pêle-mêle : « les produits manquent et l’image du magasin s’effondre » ; « les clients s’énervent et ce sont les salariés qui subissent leur insatisfaction » ; « notre charge de travail explose » ; « certaines marques ont déjà quitté le magasin » ; « on nous pousse à bout ». Le tract s’attaque également à un projet d’extension des horaires du magasin. L’intersyndicale conclue : « Le silence n’est plus une option. L’inaction non plus. »
Vers un BHV centre commercial ?
Une source proche du dossier estime que la méthode de Frédéric Merlin serait surtout un moyen de renouveler rapidement l’offre du magasin. En poussant des marques vers la sortie (en ne les payant pas), il permet à de nouveaux acteurs de prendre leur place, notamment de plus grosses concessions, et ainsi se rapprocher de ce que la SGM connaît le mieux : les centres commerciaux. Tout l’enjeu pour le dirigeant est de renforcer sa rentabilité, alors que son excédent brut d’exploitation (hors frais de siège) est déjà revenu dans le vert en 2024.
Frédéric Merlin prévoit également d’augmenter l’offre de restauration avec la création d’un « marché alimentaire ». Il veut aussi installer une salle de sport. Les loisirs et la restauration ont été les clés du succès des centres commerciaux en province de l’entrepreneur de 33 ans. Cette fois, suffiront-ils à relancer le cargo BHV, en perte de chiffre d’affaires et déserté par certains fournisseurs ? Pour l’instant, tous les regards sont tournés vers la Caisse des dépôts. Selon une source proche du dossier, l’alliance avec la SGM est quasiment actée. A l’inverse, à la CDC, on garantit que rien n’est encore joué, les tractations battant encore leur plein. Dans tous les cas, la date de bouclage du deal avec les Galeries, prévue pour la fin juin, devrait être une nouvelle fois reportée. Elle était initialement prévue en mars 2024.
2 e article : La Caisse des Dépôts prête à aider à racheter les murs du BHV |
18/06/2025 Les échos Philippe Bertrand
La Banque des Territoires, l'une des directions de la Caisse des Dépôts et Consignations, a annoncé ce mardi être entrée en négociations exclusives avec la SGM en vue « d'un partenariat stratégique ». Ce partenariat vise « l'acquisition de l'actif immobilier du BHV Marais dans le cadre d'un ambitieux projet de transformation ». L'opération complète la vente par le groupe Galeries Lafayette du fonds de commerce du grand magasin situé face à l'Hôtel de Ville de Paris opérée mi-février 2023.
Lors de cette cession, le repreneur, la foncière Société des grands magasins (SGM) de Frédéric Merlin, devait aussi acquérir les murs du bâtiment ainsi que plusieurs immeubles des rues avoisinantes appartenant également aux Galeries Lafayette.
Marché alimentaire
La brusque remontée des taux d'intérêt avait rendu impossible l'obtention d'un financement à un prix raisonnable. Les Galeries Lafayette s'étaient alors résolus à céder les lots immobiliers situés autour du BHV à d'autres investisseurs.
Le groupe de la famille Moulin-Houzé avait accordé un délai pour les murs du magasin, délai qui arrive à échéance à la fin du mois de juin. L'opération s'élève à un montant de 300 millions d'euros. Le partenariat avec la Banque des Territoires consiste, selon nos informations, à créer une foncière qui achèterait l'immobilier du BHV.
Selon La Lettre, qui a la première évoqué ce montage, la SGM serait majoritaire dans la nouvelle structure.
Pour autant, le processus de rachat n'est pas encore achevé. Il reste « soumis à la mise en place d'un financement bancaire complémentaire », indique le communiqué. La Lettre évoquait un apport en fonds propres de 100 millions par la foncière ad hoc créée par les deux partenaires, auquel devaient s'ajouter 200 millions d'emprunts. Mais les négociations pourraient porter sur un ajustement des montants. Le nom de la Caisse d'Epargne a été évoqué pour le financement complémentaire. Dans son communiqué commun avec la Banque des Territoires, la SGM précise aussi son projet commercial. « Ce 'nouveau' BHV accueillera un marché alimentaire permanent au cœur du bâtiment, véritable vitrine du savoir-faire gastronomique français. Ce marché réunira les sept métiers de bouche emblématiques - boucherie, poissonnerie, boulangerie, fromagerie, épicerie, primeur et cave », indique le texte qui rappelle que les rayons bricolage historiques seront préservés. « Nous voyons dans ce projet […] une opportunité unique de faire de ce lieu emblématique un moteur du dynamisme commercial du coeur de Paris », a déclaré François Wohrer, directeur de l'Investissement de la Banque des Territoires.
3e article
Le BHV en plein Bazar
2025 06 18 Le Parisien : Paul Abran
« Bonjour, avez-vous des patins pour mettre sous les pieds d’un meuble ? » À la question de cette cliente, une salariée du BHV répond : « Oui, ça, nous avons. » Moins de chance pour ce Parisien qui refait sa douche. « Je n’ai pas trouvé de flexible », souffle-t-il. « Les gros fournisseurs en robinetterie n’approvisionnent plus », explique une vendeuse au sous-sol.
Cette semaine, nous avons déambulé dans les étages du célèbre grand magasin de la rue de Rivoli (IVe) qui connaît une période tumultueuse. Au bricolage, des rayons sont clairsemés. Un corner de décoration d’intérieur plie bagage. « Je me rends au BHV pour des besoins spécifiques, en électricité, ainsi qu’aux beaux-arts. Mais l’offre diminue », observe cette habituée.
« Situation intenable »
Ce fleuron du commerce parisien vacille-t-il ? Cédé par le groupe Galeries Lafayette à la Société des grands magasins (SGM) présidée par Frédéric Merlin fin 2023, le site fondé au XIXe siècle fait face à une « situation intenable », selon l’intersyndicale. Cette dernière ne veut pas voir le beau bazar des passionnés et ses 38 000 m2 de surface commerciale « mourir en silence ».
. De nombreuses références manquent dans certains rayons, notamment au sous-sol.
Car « les clients ne viennent plus », observent plusieurs salariés rencontrés ce début de semaine — certains comptant plusieurs décennies d’ancienneté et réclamant l’anonymat. « Des collègues n’ont pas été payés depuis des mois, des corners quittent les lieux… Ces départs se comptent en dizaines », poursuivent-ils, illustrant un climat social tendu.
« Courir après les règlements »
La patronne d’une enseigne française de pulls a récemment partagé sa situation sur le réseau LinkedIn. « Ça fait six mois que le BHV aurait dû nous payer le chiffre d’affaires de décembre 2024 réalisé chez eux lors d’une boutique éphémère. Notre contrat prévoyait un paiement sous dix jours, (…) nous en sommes à 180 », écrit-elle.
Alors « après moult relances auprès de la comptabilité, envois de lettre recommandée, messages au patron, je me suis décidée à déposer une injonction de payer auprès du tribunal de commerce de Paris », annonce-t-elle. Un gérant d’une marque de tapis d’ajouter : « Je passe plus de temps à courir après les règlements qu’à animer mes équipes sur le corner ».
Équilibre économique
Des retards de paiement avaient déjà été observés au cours de l’été dernier. À l’époque, la direction reconnaissait des « perturbations » et assurait qu’il ne s’agissait que d’une « période transitoire » marquée par la mise en place d’un nouveau mode de gestion comptable. Rappelant au passage que l’enseigne enregistrait, avant la reprise, des pertes de 15 millions d’euros annuels.
La SGM a récemment évoqué un « retour à la rentabilité » sur l’année 2024 et le rétablissement de « l’équilibre économique » communiqué en avril 2025. Alors la situation tend-elle à se résoudre ? Les syndicats, eux, déplorent toujours des « rayons vides ». « Les produits manquent et l’image du magasin s’effondre », alertent-ils dans un récent tract.
Des enseignes vendant des produits au BHV déplorent des impayés depuis plusieurs mois.
Des clients du BHV lui sont pour autant toujours fidèles. « J’ai préféré venir ici, comme dans les années 1990, au lieu d’aller à Leroy Merlin pour acheter un judas de porte », commente Martine, la soixantaine. « La situation évolue dans le bon sens et aucun élément nouveau ou aggravant n’est à signaler », rassurait il y a quelques jours la direction dans un communiqué, tout en assumant « pleinement cette situation temporaire liée au passage progressif de l’ancien exploitant vers notre autonomie complète en matière de gestion administrative et financière. »
Quid des ruptures dans certains rayons ? Celles-ci « résultent d’une réorganisation stratégique profonde de notre assortiment », assure la direction dans cette même déclaration. Et de rappeler ses ambitions à court et moyen termes avec « de nouvelles marques, l’ouverture prochaine d’espaces de restauration, de halles alimentaires et d’espaces sportifs ». Une démarche impliquant « d’écouler certains stocks », justifie-t-elle.
« Transformation en profondeur »
La SGM veut-elle rassurer quant à la santé économique du BHV ? Elle annonce en tout cas ce mardi engager avec la Banque des territoires (filiale de la Caisse des dépôts) « des négociations exclusives en vue de l’acquisition des murs du BHV Marais » auprès des Galeries Lafayette, ancien propriétaire de la marque et du fonds de commerce, et aujourd’hui encore propriétaire du bâti. L’opération de rachat serait estimée à 300 millions d’euros.
Ce partenariat « a pour objectif une réhabilitation patrimoniale et commerciale », et « prévoit une transformation en profondeur pour répondre aux nouveaux usages urbains et modes de consommation », tout en préservant « l’univers du bricolage à la maison, les arts, la papeterie et la mode ».
« Le BHV est un commerce très ancien avec une identité forte, commente Nicolas Bonnet-Oulaldj, adjoint (PCF) d’Anne Hidalgo en charge du commerce qui a reçu l’intersyndicale l’an passé. La Ville y est très attachée. Dans une récente étude sur la rue de Rivoli, le BHV est le deuxième lieu d’attractivité derrière les Halles. Tous les commerces alentour profitent aussi de leur clientèle.
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