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Le blog du Réseau Bazar BHV

Le château de Bouges, une élégante « folie » du XVIIIè siècle. par Martine Mallein 1/2

15 Avril 2021 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #France 5 Centre, #BHV d'hier

Parler du château de Bouges n'est pas un hasard! Voici un moment que des articles sont édités sur le BHV à travers l'histoire , l'histoire du commerce et la vie des Français.

Un homme s'est distingué au BHV :  Monsieur Henri Viguier, qui a succédé en 1900, à  Xavier Ruel . Henri Viguier  était propriétaire d'un château.... 

Merci Martine pour ce reportage qui passera en 2 fois .

A une cinquantaine de km au sud de Bourges, on découvre Bouges-le-Château, (département de l’Indre) petite ville située au cœur de la Champagne berrichonne. Géologiquement cette région est un vaste et morne plateau faiblement ondulé, où domine à perte de vue la monoculture céréalière.

C’est là qu’Henri Viguier[1] (1877-1967), propriétaire du grand magasin, le Bazar de l’Hôtel de Ville, au XXè siècle, et son épouse Renée[2] se portèrent acquéreurs en 1917 d’un petit bijou berrichon, en pierre blanche de Villentrois, de style néo-classique, le château de Bouges, dont on dit qu’il fut inspiré par l’architecture du petit Trianon de Versailles. Il est qualifié de « folie », nom venant du latin folia (feuille) employé depuis le Moyen-Age pour désigner une demeure luxueuse où des gens fortunés, aristocrates ou non, recevaient.

 

Le château de Bouges a été attribué sans preuve à Ange-Jacques Gabriel sur la foi d'une approximative similitude avec le Petit Trianon de Versailles bâti par le célèbre architecte entre 1762 et 1768 soit exactement à la même époque, ce qui suffit à rendre cette attribution hautement improbable. Elle est aujourd'hui récusée par tous les auteurs.

Extérieurement, le château est une construction de plan rectangulaire comprenant neuf travées sur les grandes façades et cinq travées sur les façades latérales. Les façades principales ouvrent l'une sur la cour d'honneur et l'autre sur la grande perspective du "tapis vert". Un fronton triangulaire décore la façade côté jardin sous lequel figure un grand balcon au ler étage sur lequel s’ouvrent trois baies.

Autour de la ravissante demeure s’étend un magnifique jardin arboré de 80 ha, dessiné et restauré par les architectes-paysagistes Henri (1841-1902) et Achille Duchêne (1866-1947), agrémenté d’un étang et d’un généreux jardin de fleurs qui, cueillies, viennent décorer toutes les pièces de la maison.

Les serres recevant des plantes rares ou exotiques, complètent ce jardin, labellisé « jardin remarquable ».

 

 
Le château de Bouges, une élégante « folie » du XVIIIè siècle. par Martine Mallein 1/2Le château de Bouges, une élégante « folie » du XVIIIè siècle. par Martine Mallein 1/2

A l’emplacement d’une ancienne maison-forte, Charles-François Leblanc de Marnaval, maître de forges et directeur de la Manufacture royale de draps de Châteauroux y fit construire dans les années 1760 le château actuel. Il en resta propriétaire jusqu’en 1781. Plusieurs propriétaires se succédèrent dont Charles-Maurice de Talleyrand de 1818 à 1826. Ce dernier le mit à la disposition de l’épouse de son neveu, la duchesse Dorothée de Dino. La propriété des Viguier acquise en 1917 était vidée de tout son mobilier et de ses décorations[3].

En pénétrant à l’intérieur de la demeure, on est frappé par l'ingéniosité de son organisation intérieure en triple profondeur qui ménage une ouverture maximale sur l'extérieur. La création, très probablement à la fin du XIXe siècle d'une verrière éclairée par un lanterneau au-dessus du vide central, a introduit un axe lumineux très original en tirant un intéressant parti de la disposition d'origine.

 

[1] Petit-fils de Xavier Ruel, fondateur du BHV.

[2] Marie-Claire, Renée Normant est issue d’une riche famille de drapiers de Romorantin qui va fournir le drap bleu des uniformes de l’armée.

[3] En raison de la succession difficile du précédent propriétaire, Henri Dufour. Sa veuve qui vit à Biarritz fait enlever toutes les tapisseries de la salle à manger et les dessus-de porte, des trumeaux  façon du peintre à la Boucher .

A suivre...

CD

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A lire : De nos Ombres, présenté par Antoine Eminian

1 Avril 2021 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Livres et poésies

Nous retrouvons avec joie notre critique littéraire Antoine. Il vous propose de lire dans cette période de nouveau confinement un livre remarquable : "De nos ombres".

Chez vos libraires ou sur Amazon, à commander absolument.

Bon courage à tous!

CD

Jean-Marc Graziani, 44 ans, a fait des études d’histoire, puis a suivi la voie familiale en devenant sapeur-pompier, comme son père. Il vit et travaille en Corse.

 De nos ombres qui vient de paraître,  est son premier roman.

Bastia en 1954. Joseph, un gamin d’une douzaine d’années est affligé d’un don qui l’effraie, il entend des voix. Accompagné de son arrière-grand-mère, Mammo, il va être entrainé dans une mystérieuse aventure au cœur de son histoire familiale dont il ignorait tout et riche en émotions…

Oh ! Le beau roman que voilà ! Pour un premier livre Jean-Marc Graziani vient de réussir un coup de maître.

Je n’ai donné qu’un très bref résumé de l’ouvrage car il faut avouer qu’il est assez difficile à suivre et qu’en en disant plus, je déflorerais le sujet ; quant au don du gosse, ne vous imaginez pas que cela en fait un roman fantastique – même si, de-ci de-là, on flirte avec ce genre, mais nous sommes en Corse avec une grand-mère au cœur de l’intrigue, donc toutes les hypothèses sont possibles. La réalité plus prosaïque, ces mystères tiennent surtout à la construction savante de l’intrigue et l’écriture superbe de l’écrivain.

L’intrigue, donc, est une longue quête où les indices et les pièces du puzzle se dévoilent lentement, un anneau perdu jadis qu’on retrouve, une vieille photo, un disque dans un grenier ; aux faits s’ajoute l’entrée en scène de personnages multiples construisant l’arbre généalogique dont Joseph est le dernier rejeton.

Le roman initiatique, se fait roman chorale, les uns et les autres, vivants ou morts à différentes époques, prennent la parole, ajoutant leur pierre à l’édifice qui se construit sous nos yeux sans qu’on en voit encore réellement la forme. L’ambiance mystérieuse en permanence nimbe le texte de fantastique (oui, quand même) quand les décédés accompagnent silencieusement les vivants. La complexité se corse (!) quand l’auteur intervient à petites doses, avouant que son histoire le dépasse : « C’est étrange ces deux histoires qui cohabitent, celle que je voulais écrire et celle qui s’impose à moi. »

In fine, Joseph découvrira le secret de son arrière-grand-mère remontant à la Seconde guerre mondiale. Si Mammo est le personnage central, d’autres femmes, nombreuses, y ont un rôle important, des mères, des femmes, des maîtresses…

Un excellent roman, très émouvant, tout en mystères pour tenir le lecteur en haleine devant le déroulé complexe de l’intrigue servie par une écriture somptueuse de grâce et d’élégance. Il faudra absolument se pencher sur le prochain livre de cet écrivain, un futur grand vient peut-être de naître ?

 

« Il revoyait tout, le pauvre : la main aimée à laquelle il reste juste assez de force pour achever d’écrire et plus assez pour replier le mot ; celle, anonyme, qui le fait à sa place et qui, pour satisfaire la dernière volonté du mourant, trouve n’importe quel disque pour le glisser à l’intérieur, et le disque dans l’enveloppe, et l’enveloppe dans la boîte ; les doigts qui la retrouvent derrière le meuble où elle avait glissé ; la main du facteur fouillant dans sa musette ; de Mammo qui ne savait pas ; la mienne déchirant le papier ; enfin la sienne, portant la lettre à ses yeux où les images se brouillent dans les larmes. »

 Jean-Marc Graziani   De nos ombres   Joëlle Losfeld Editions – 191 pages –

 

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