Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°168 : 1999 -Partie 4 Rénovation
Rénovation 1er et 2e étage :
Après avoir rénové sa façade et remplacé quatorze escalators en seulement 36 heures, le BHV Rivoli entame une nouvelle phase de transformation avec la restructuration complète de son premier étage..
Les travaux, prévus pour durer « un bon semestre, marquent une étape importante dans la modernisation du BHV .
1er étage : Sur 5 000 m², ce niveau sera désormais entièrement dédié aux loisirs et aux arts créatifs : photographie, livres, matériel de dessin et de peinture, téléphonie, informatique, musique, télévision… tout y sera rassemblé
Quant à la mode homme, auparavant située à ce niveau, elle a été déplacée au deuxième étage pour connaitre une cure de jouvence.
Sous la responsabilité de Sylvie Brenot, directrice de Département et le parrainage de l’acteur Alain Chabat, l’Homme nouveau » est en place.
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Dans le cadre de la rénovation du BHV Rivoli, l’espace dédié à l’homme a été traité en priorité. Ce sont 2000 m² au deuxième étage du magasin qui ont été réaménagés, avec une offre claire et structurée en deux grands secteurs. Les allées sont larges : 2,20 m.
De nouvelles marques : Tumberland, Malboro, Paraboot, Teddy Smith, Sprinfield.
D’un côté, l’univers « ville », où sont présentés les rayons de chemises, accessoires et confection masculine. On y trouve des costumes, vestes et pantalons, ainsi qu'un stand dédié à la marque Fursac, mis en valeur avec soin.
De l’autre côté, l’espace « sportswear » s’adresse à l’homme décontracté, avec une sélection de vêtements de loisirs : pulls, tenues sportswear et jeans.
Un large rayon de sous-vêtements et chaussettes est également proposé, couvrant toutes les gammes de prix, avec des marques populaires telles que Calvin Klein, Dim et Hom. Quelques modèles originaux viennent compléter l’offre, notamment dans les chaussettes, avec la marque DD.
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Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°167 : 1999 -Partie 3 Convention des Cadres
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Le 12 avril 1999 s’est tenue la convention des encadrants à l’Institut du Monde Arabe.
Cet article pour remémorer les dirigeants de 1999.
La séance d’ouverture a été assurée par Jean-Pierre Boulot, qui a rappelé les faits marquants de l’année 1998 :
L’OPRA (Offre Publique de Rachat d’Actions) portant sur 25 % du capital.
La démission de Gérard Boulot, après 30 années passées en tant qu’administrateur.
Le décès de Georges Meyer, actionnaire principal de l’entreprise.
Le changement de structure juridique de la société, désormais dotée d’un Conseil de surveillance et d’un Directoire.
Le Président du Directoire, Jean-Louis Servent, en poste depuis trois ans, est secondé par Jean-Luc Plouzeau.
Jean-Pierre Boulot a également tenu à féliciter l’ensemble des encadrants pour les excellents résultats obtenus en termes de chiffre d’affaires et de résultat d’exploitation.
Il a rendu un hommage particulier à Yann de Lambilly, qui quitté l’entreprise en avril. Entré en novembre 1959, il avait été promu directeur financier le 1er janvier 1975.
Devant une assemblée attentive, plusieurs intervenants ont ensuite pris la parole :
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Jean-Luc Plouzeau, directeur des services opérationnels
Didier Lahaye, directeur technique et sécurité
Alain Briday, directeur de l’exploitation commerciale
Richard Roche, directeur des aménagements commerciaux, qui a notamment travaillé à la rénovation des façades extérieures, au concept Loisirs et au concept Homme
Puis, sont intervenus :
Rémi Lacointa, directeur de la chaîne
Gérard Bellec, directeur du BHV Rosny
Charles Bernardini, directeur du magasin de Créteil
Ils ont tous trois souligné la vivacité de "l’esprit Bazar", qui continue d’animer les équipes.
La parole a ensuite été donnée à :
Hélène Touati, directrice marketing et communication
Claude B. de Villiers, directeur des magasins spécialisés, qui a évoqué les projets de Beyrouth et Nantes
Enfin, Didier Chesnel a présenté l’ouverture du magasin de Nantes et a partagé les enseignements tirés des premiers mois d’activité.
La clôture de la convention est revenue à
Jean-Louis Servent, Président du Directoire,
qui s’est félicité des bons résultats du BHV et
a salué l’engagement des équipes.
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°166 : 1999 -Partie 2 Nouveaux escalators
Un exploit technique en plein cœur de Paris :
le BHV Rivoli remplace ses escalators en 36 heures
En pleine rénovation, le BHV Rivoli, face à l’hôtel de Ville de Paris, a été le théâtre d’un véritable exploit à la fois humain et technique. En seulement 36 heures, les 14 escalators du magasin ont été intégralement remplacés, une opération habituellement répartie sur quinze jours.
Pour relever ce défi hors norme, la société Otis, en charge du chantier, a mobilisé une grue colossale de 250 tonnes, capable d’opérer au-dessus du bâtiment.
Le président du BHV, Jean-Louis Servent, a salué cette performance :
"Depuis plus de 140 ans, le BHV affirme son esprit pionnier. Aujourd’hui, notre objectif est de doter le magasin d’escaliers mécaniques plus rapides, plus modernes et plus confortables, tout en minimisant les désagréments pour nos clients."
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Retour sur une opération spectaculaire
Tout a commencé samedi 10 avril à 21 h.
Très vite, les médias s’emparent de l’information : le remplacement express des escalators du BHV Rivoli intrigue autant qu’il impressionne. Et pour cause : les anciens dispositifs, en service depuis 1956, sont évacués en à peine deux jours.
Préparation :Grâce à une ouverture créée dans la toiture en béton, chaque Escalator est évacué en un seul tenant par une grue de 250 tonnes. Les nouveaux appareils sont ensuite introduits de la même manière dans le magasin. La création d'une ouverture de 8 x 3 m laisse un passage suffisant à des appareils de 15 m de long si on les incline.
« Tous les travaux annexes ont commencé le 4 janvier : dégagement des plaques palières, revêtements de sols périphériques, faux plafonds et de leurs équipements (éclairages, climatisation, sprinklers, tuyauteries…).
Trois semaines préparatoires
Pendant ces trois semaines de préparation, les escaliers mécaniques fonctionnaient toujours et ce, jusqu'au dernier moment, de manière à gêner le moins possible la vente », commente un contremaître des services techniques du BHV. L'ouverture de la toiture a commencé le 11 janvier et a pris deux semaines, ces travaux étant réalisés de 19 heures à minuit.
La scène, vue du ciel, semble irréelle. Au croisement de la rue du Temple et de la rue de la Verrerie, un vaste périmètre est sécurisé. Une grue blanche monumentale s’élève au-dessus du magasin, entourée de camions et d’une équipe de dizaines de techniciens..
Les passants s’interrogent : accident ? tournage de film ? Rien de tout cela!
C’est une première mondiale, orchestrée dans un timing millimétré.
À 22 h, la grue déploie son bras gigantesque, s’élevant à plus de 40 mètres, dans une lumière de chantier éclatante. Le grutier, posté à 60 mètres de haut, opère presque à l’aveugle.
Durant toute la nuit, les anciens escalators sont extraits un à un, chargés sur 29 camions pour être évacués.
Le dimanche après-midi, les nouveaux équipements arrivent : 14 escalators flambant neufs, préassemblés et testés en usine, prêts à être installés. Dans la nuit, ils sont connectés un par un à l’infrastructure du magasin.
. Dès le lundi matin, une fois les alimentations électriques branchées, tout fonctionnait parfaitement. Le mercredi suivant, l'entreprise de maçonnerie Chapelon-Gervais réalisait l'étaiement et le coffrage pour refermer la toiture.
Dès le jeudi suivant, les clients pouvaient emprunter ces nouveaux escalators, sans même imaginer l’ampleur du défi logistique qui s’est joué quelques jours plus tôt.
Une aventure exceptionnelle, témoin de l’audace et du savoir-faire à la française
Communiqué de presse de l'UCV ... et maintenant ?
À la suite de l’annonce le 1er octobre du partenariat entre la plateforme Shein et le BHV, 𝐥’𝐔𝐧𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐆𝐫𝐚𝐧𝐝 𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐫𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐂𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞-𝐕𝐢𝐥𝐥𝐞 (𝐔𝐂𝐕) 𝐚 𝐝𝐞́𝐜𝐢𝐝𝐞́, 𝐚̀ 𝐥’𝐮𝐧𝐚𝐧𝐢𝐦𝐢𝐭𝐞́, 𝐝’𝐞𝐱𝐜𝐥𝐮𝐫𝐞 𝐥𝐚 𝐒𝐨𝐜𝐢𝐞́𝐭𝐞́ 𝐝𝐞𝐬 𝐆𝐫𝐚𝐧𝐝𝐬 𝐌𝐚𝐠𝐚𝐬𝐢𝐧𝐬.
⚠️ L’UCV, membre de l’Alliance du Commerce, rappelle que le développement de la plateforme Shein repose sur un modèle de contournement des règles condamné à de multiples reprises par les autorités, notamment pour pratiques commerciales trompeuses, faux rabais, informations mensongères, pression à l’achat et infractions aux règles de protection des données personnelles.
💬 L’UCV réaffirme son engagement en faveur d’une concurrence équitable, fondée sur la loyauté des pratiques et le respect des règles communes. Les entreprises du commerce de centre-ville sont résolument tournées vers l’avenir et l’innovation, tout en proposant une offre accessible et respectueuse des standards français & européens qui sont parmi les plus exigeants.
🚨 Ce partenariat illustre une dérive préoccupante : la normalisation d’un modèle économique fondé sur l’évitement des règles communes. L’UCV appelle solennellement les pouvoirs publics français et européens à prendre des mesures urgentes pour rétablir l’équité entre tous les acteurs :
✔️ Instauration de droits de douane sur les produits de moins de 150 euros importés dans l’Union européenne ;
✔️ Mise en œuvre de frais de gestion sur les petits colis dans un cadre harmonisé européen ;
✔️ Renforcement des contrôles et application des sanctions, jusqu’au 𝐝𝐞́𝐫𝐞́𝐟𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐥𝐚𝐭𝐞𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞𝐬, pour garantir l’effectivité des réglementations françaises et européennes.
Qu'en penser ?
Le communiqué de l’UCV est justifié à titre de posture — il sert de signal, de levier de pression, et de prise de position morale dans un débat qui concerne l’avenir du commerce. Il met en garde contre une dérive potentielle : que les modèles ultra‑low cost importés prennent le pas sur des commerces ayant des coûts fixes élevés, des contraintes sociales, des engagements locaux.
Il faut que les acteurs comme SGM / BHV, puissent répondre avec une stratégie crédible : clarté, transparence, respect des normes, dialogue avec les parties prenantes. Est-ce le cas aujourd’hui ?
Ce type de conflit pousse à revisiter les réglementations (douanes, importation, fiscalité, surveillance en ligne). Le résultat dépendra largement de la volonté politique européenne et nationale.
Mais derrière tout cette pagaille, il y a des hommes et des femmes !
Vendeurs, démonstrateurs, caissiers, employés et encadrants!
Ils souffrent, ils ont fait grève vendredi dernier.
La presse Française et même internationale a relayé leur mouvement. Un député et les conseillers de la mairie de Paris sont venus les soutenir.
Qui viendra aider et sauver cette belle institution qu'est le BHV?
CD
Lu dans la Presse : Challenges : « Aucun euro pour nos magasins » : les syndicats du BHV dénoncent le montage financier avec Shein
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« Aucun euro pour nos magasins » : les syndicats du BHV dénoncent le montage financier avec Shein
Challenges Guillaume Echelard 9 octobre 2025
Comme nombre d’acteurs publics et privés, les syndicats du BHV s’inquiètent de l’arrivée du géant chinois de l’e-commerce Shein dans leur magasin. Ils s’interrogent sur le montage financier de l’opération, appellent
à la grève, ce vendredi 10 octobre à partir de 15 heures,
et demandent à stopper le partenariat.
« Nos magasins une nouvelle fois dans l’incertitude. » Dans deux tracts, l’intersyndicale du BHV et des magasins franchisés Galeries Lafayette du groupe SGM(CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, Sud-Solidaires) s’inquiète de l’arrivée de Shein prévue en novembre dans leurs magasins. Ils ne sont pas les premiers à s’indigner : annoncé la semaine dernière, l’accord a suscité une levée de boucliers de la part du groupe Galeries Lafayette, de la mairie de Paris , des fédérations professionnelles de la mode, de fournisseurs, ou encore de la Caisse des Dépôts, qui a même renoncé à racheter les murs du BHV au côté de la Société des Grands Magasins (SGM), propriété de Frédéric Merlin et sa famille. Mais parmi les raisons de leur colère, eux pointent plus précisément le montage financier de l’opération. Exigeant l’arrêt du partenariat, ils appellent d’ailleurs à la grève ce vendredi 10 octobre.
Dans un tract, les salariés expliquent qu’il s’agira d’une location-gérance, dont « aucun euro ne doit venir alimenter le résultat de nos magasins, le chiffre d’affaires étant perçu par une société distincte au sein du groupe SGM […] qui achètera en ferme les marchandises auprès de Shein et qui réalisera les investissements notamment mobiliers ». En clair, le chiffre d’affaires des magasins Shein ne circulera pas dans les comptes des points de vente Galeries Lafayette et BHV, mais dans la holding .
Contactée, une source proche de la SGM, explique qu’une société a bien été créée en son sein (nommée SEGM POP) pour acheter la marchandise, en appliquant une marge commerciale. Cette dernière aura un contrat de bail avec les foncières, elles-mêmes propriété de la famille Merlin. Shein, de son côté, financera uniquement les travaux pour son installation. « La direction nous a indiqué réfléchir à une solution permettant de soutenir directement les résultats de nos magasins », complètent les syndicats.
Des magasins pour l’instant déficitaires cette année
Les salariés des boutiques Shein (entre dix et douze par magasin Galeries Lafayette, 35au BHV) seront donc employés par la fameuse société SEGM POP. Mais les équipes « ne compteront dans un premier temps que des salariés intérimaires, ce qui interroge quant à la pérennité du modèle envisagé », regrettent les syndicats, qui estiment que 400emplois ont été supprimés au BHV depuis l’arrivée de la SGM aux commandes.
« Une fois que le partenariat sera stabilisé, l’idée est de voir comment nous ferons évoluer ces contrats », nuance une source proche de la direction. Le modèle économique de l’opération reste toutefois opaque. « Les conditions financières ont été négociées à l’échelle du groupe SGM et ne nous ont pas été présentées. […] Les impacts sur les résultats de nos magasins sont donc dès lors très incertains. »
Les syndicats rappellent que les points de vente auraient pourtant bien besoin d’un coup de pouce, puisque leurs résultats « s’annoncent largement déficitaires faute de marchandises à vendre depuis le début de l’année ». Le BHV, en particulier, verrait son chiffre d’affaires chuter. « La saisonnalité du modèle de tous les grands magasins fait que l’excédent brut d’exploitation est négatif jusqu’au dernier trimestre , réplique une source proche de la direction. Nous ne pouvons donc pas prévoir le profit de fin d’année, notamment avec l’arrivée de Shein qui engendrera une fréquentation et une consommation accrues . »
Des doutes sur la performance commerciale
Mais les salariés ne sont pas certains que Shein fera flamber les tickets de caisse. La clientèle du e-commerçant « ne correspond pas à celle de nos magasins » , explique un tract. Dès lors, le résultat concret pourrait être minime, estiment les salariés, qui rappellent le succès commercial limité, selon eux, des opérations Pokémon et de l’influenceuse Léna Mahfouf au BHV.
D’autres conséquences négatives pourraient advenir. Pour l’intersyndicale, les Galeries Lafayette pourraient rompre leur contrat d’affiliation avec la SGM de Frédéric Merlin .Cela « se manifesterait par des mois de procédure judiciaire », explique le texte, puis « la désorganisation totale des sept magasins de province, aujourd’hui complètement dépendants des systèmes d’information et logistique du groupe Galeries Lafayette. » Les salariés rappellent que la marque propre du groupe représente plus de 6 % du chiffre d’affaires de leurs magasins. Quant au retrait de la Caisse des Dépôts du BHV, il est« dramatique pour l’avenir des deux magasins », de Paris et Parly. « La direction a agi dans la précipitation, sans discussions préalables » , regrette enfin le tract.
Seul point positif aux yeux des syndicats : une probable forte affluence à l’ouverture. C’est l’intérêt de ce type d’opération (là encore, comme celles de Léna Mahfouf et Pokémon) : amener du flux, le nerf de la guerre pour Frédéric Merlin. Les représentants des salariés ont même demandé un renfort de sécurité en novembre.
Une ouverture à Dijon, Grenoble et Reims le 1er novembre
Dans tous les cas, le dossier semble bien engagé : « Le premier lot de commande a déjà été réalisé et une livraison par mois est envisagée. » Sept marques propres seront présentes en rayon, et tous les produits auront fait l’objet d’un audit de conformité, selon la direction. Cela « n’efface pas les conditions de travail déplorables d’autres sous-traitants du géant chinois », tacle le tract.
Selon les syndicats, le BHV, ainsi que les Galeries de Dijon, Grenoble et Reims devraient voir une boutique de l’e-commerçant chinois ouvrir le 1 novembre. Angers et Limoges suivraient le 15 novembre, tandis que les magasins d’Orléans et Le Mans sont encore en réflexion. Les salariés, dans un second tract, réclament aussi la fin des suppressions d’emplois, l’arrêt des ouvertures jusqu’à 20h30, le versement de leurs primes, ou encore le paiement des créances des fournisseurs. Et demandent même aux pouvoirs publics d’intervenir directement.
Merci aux journalistes économiques et pros pour leurs investigations. CD
BHV : Sauver le magasin : Un mouvement de grève, vendredi 10 octobre à 15 h.
Depuis l’arrivée de Frédéric Merlin et la (SGM), la situation économique et sociale s'est fortement dégradée.
Le CA s'effondre, les objectifs commerciaux irréalistes augmentent la pression sur les équipes, et les fournisseurs restent impayés, mettant en péril de nombreuses entreprises partenaires.
Les suppressions d'emplois sont déguisées en « ruptures conventionnelles », et les conditions de travail se détériorent.
L'arrivée de la marque Shein au BHV, malgré la création de 35 emplois, (400 déjà supprimés) est critiquée pour son impact négatif sur l'image des marques françaises et son modèle économique destructeur.
Face à cette gestion jugée irresponsable, l'intersyndicale appelle à la grève et demande des mesures urgentes, notamment :
- L'arrêt du partenariat avec Shein.
- La fin des suppressions d'emplois déguisées.
- Le respect des droits des salariés et des horaires de travail.
- Le paiement des primes et des créances dues.
- L'intervention des pouvoirs publics pour auditer la gestion de SGM.
- L'ouverture de négociations pour une stratégie commerciale viable.
Les syndicats dénoncent une spirale destructrice et appellent à protéger l'emploi, les savoir-faire français et le commerce de qualité.
Rien d'anormal à leurs souhaits !
Espérons que ce mouvement soit entendu !
NB : le 2e article, sur BHV d'hier 1999, est reporté d'une semaine suite à cette brulante actualité .
Merci de votre compréhension.
CD
Où en est-on de Shein et du BHV Marais.
3 parties :
Communiqué de fin de négociations de la Banque des Territoires (Caisse des Dépôts)(ci-dessous)
Analyse du BHV à ce jour
Article Challenges du jour
Analyse du BHV à ce jour:
L'arrivée annoncée de Shein au BHV et dans 5 magasins du Groupe SGM-GL : Angers, Dijon, Grenoble, Limoges et Reims) suscite de vives inquiétudes parmi les représentants du personnel.
Les espaces Shein ouvriront en novembre, d’après Frédéric Merlin, mais les conditions financières et les impacts sur les résultats des magasins restent flous. Les espaces seront gérés par une société distincte du Groupe SGM, sans implication directe des salariés des magasins.
Les conséquences de ce partenariat sont très incertaines : si cela peut attirer une nouvelle clientèle, Elle risque fort de provoquer le départ de marques existantes, déjà fragilisées par des retards de paiement. Nous n’en citerons que quelques-unes qui viennent de quitter le navire :
- AIME (cosmétique) — retrait annoncé, valeurs invocables.
- Talm — ne renouvellera pas le contrat avec le BHV à partir de 2026.
- Merci Handy — a rejoint le boycott.
- Le Slip Français — absent depuis ~15 jours (au moment des articles), après dix ans de partenariat ; des impayés évoqués.
- Farrow & Ball (peinture / décoration) — a quitté le BHV
- Swarovski (bijoux) — également parti.
- American Vintage (vêtements) — partie.
- Mariage Frères (thés) — a suspendu ses ventes via le BHV.
- Culture Vintage — citée comme s’étant désolidarisée.
- Maison Lejaby également confirmée partie.
- France Canapés
Le scénario catastrophe comme le retrait de la Caisse des Dépôts, communiqué en haut de page, va aggraver la situation financière d'une possible reprise du magasin.
On notera que les représentants du personnel déplorent le manque de communication de la Direction et demandent des réponses claires sur les impacts de cette collaboration. Ils restent mobilisés pour défendre les intérêts des salariés face à cette situation préoccupante.
Nous apportons tout notre soutien moral au Personnel.
Enfin
cet Article Challenges est très bien écrit et mérite d'être lu de tous nos lecteurs du Réseau.
Le BHV entre dans une tornade à l’issue incertaine, après le retrait de la Banque des territoires
Outrée par l’arrivée d’une boutique Shein au BHV, la Banque des Territoires met un terme à ses discussions avec Frédéric Merlin (SGM) en vue de racheter les murs du grand magasin. Le deal avait pourtant des airs de dernière chance pour l’entrepreneur, qui assure vouloir toujours racheter les murs.
Guillaume Echelard 8 octobre 2025 à 14h47
C’est un feuilleton qui n’en finit pas. La Banque des territoires a annoncé, ce mercredi 8 octobre, renoncer à racheter le bâtiment du BHV au côté de la Société des Grands Magasins (SGM) de Frédéric Merlin . Annoncé en février 2023, le rachat des murs auprès du groupe Galeries Lafayette a depuis été plusieurs fois repoussé. Trouver des financements est un défi de taille pour la jeune foncière, qui, étouffée par des taux d’intérêt qui flambaient, a essuyé plusieurs refus, dont celui de Natixis . Avant l’été, Frédéric Merlin, 34 ans, espérait enfin avoir trouvé un soutien de poids en la Banque des territoires (Caisse des Dépôts ), avec qui il devait monter une joint-venture afin de mettre les 300 millions d’euros nécessaires sur la table. Un soutien hautement politique, alors que le grand magasin, situé en face de la mairie de Paris, est un symbole local – voire national – du commerce.
Seulement voilà, là encore les discussions ont stagné pendant l’été. Et l’annonce surprise par Frédéric Merlin d’une alliance avec le décrié e-commerçant chinois Shein a fini de dynamiter le partenariat. La Banque des territoires, qui revendique « soutenir une économie responsable et de proximité » et a appris l’information par la presse évoque une « rupture de confiance ». La SGM estime, de son côté, que la Caisse des Dépôts a cédé aux « pressions politiques », mais martèle : « Le projet de rachat des murs se fera » avec « d’autres partenaires ».
Seulement voilà, Frédéric Merlin va devoir les trouver. Et d’ici là, le BHV bascule dans l’inconnu. D’autant que la réputation désormais sulfureuse du grand magasin ne risque pas de lui faciliter l’ouverture des portes des banques. « Si tout le monde sait que Frédéric Merlin va se crasher, personne ne va lui prêter d’argent » , résume un connaisseur du dossier. Certes, la SGM est soutenue de longue date par l’homme d’affaires lorrain Jean-Paul Dufour. Mais l’industriel va-t-il s’engager dans cet investissement risqué ? Et en face, le groupe Galeries Lafayette, propriétaire actuel, pourrait s’impatienter.
L’impatience des Galeries Lafayette
Les relations entre le vendeur et son potentiel acquéreur sont aujourd’hui considérablement dégradées : le non-paiement de bon nombre de fournisseurs par Frédéric Merlin (entre 15 et 20 millions, selon un des mécontents) pénalise le groupe Galeries Lafayette, qui distribue certaines marques communes avec le BHV. Et la tempête médiatique autour du partenariat entre Shein et les magasins de Frédéric Merlin (dont cinq franchises Galeries Lafayette) entache l’image du groupe. Celui-ci a d’ailleurs annoncé vouloir empêcher par tous les moyens l’arrivée des boutiques de l’e-commerçant chinois dans les magasins franchisés. De plus, le groupe attend de pied ferme le paiement du bâtiment du BHV : il a déjà dû céder une partie de ses actions Carrefour en 2024, en raison de l’absence de rentrée de cash.
Alors que l’opération aurait dû être bouclée fin juin, les Galeries Lafayette avaient autorisé un délai supplémentaire à Frédéric Merlin, mais dans l’espoir que les choses se concrétisent rapidement avec la Banque des territoires. La famille Moulin-Houzé-Lemoine va-t-elle se mettre en quête d’un nouvel acquéreur, alors que tout semble reparti à zéro ? « Tant qu’ils sont dans un schéma de promesse de vente, ils ne peuvent pas chercher un autre repreneur » , explique un expert du dossier. La famille se retrouvera toutefois face à un choix à un moment donné : proroger encore cette promesse, ou chercher de nouveaux investisseurs.
Un loyer de 15 à 20 millions d’euros
Sur le papier, trouver un autre acheteur pour les murs du BHV ne paraît pas insurmontable pour les Galeries. Certes, l’investissement est onéreux (300 millions pour 40 000 m2 ), mais il est rentable : le loyer est estimé de 15 à 20 millions d’euros par an. Seulement voilà, un acheteur doit avoir la garantie que Frédéric Merlin soit capable de payer son loyer.
Or, si le résultat brut d’exploitation est repassé dans le vert l’année dernière (à 10 millions d’euros), l’équilibre reste fragile, et le chiffre d’affaires peine à repartir. De quoi refroidir certaines ardeurs. « Mais si Merlin échoue en tant que locataire, le nouveau propriétaire des murs sera libre de trouver un nouvel occupant , se projette un expert de l’immobilier commercial. Et s’il cesse d’être locataire avant même la vente, alors les murs seront encore mieux valorisés. » Mais un tel schéma ouvrirait la voie à l’arrivée d’un investisseur qui aurait un autre but (hôtel, événementiel…) que de faire du BHV un lieu de commerce. La survie du plus parisien des grands magasins est menacée.
Analyse d'un sujet qui inquiète : Le BHV Marais et Shein & 3 articles
Les articles sur Shein au BHV fusent de partout, je vous fais part de mon analyse à ce jour.
A la suite de cette analyse, suivent 3 articles de Presse.(Communiqué Caisse des dépôts, un article : le Parisien, un article le Figaro) . C'est un peu long, mais je crois que chacun pourra se faire une opinion.
Analyse d'un sujet qui inquiète : Le BHV Marais et Shein
1. Un projet économiquement attractif, pour SGM), mais socialement controversé
- Shein, mastodonte de la fast fashion, cherche à s’implanter physiquement en France avec un magasin permanent au BHV Marais.
- Pour la Société des Grands Magasins (SGM), cela pourrait redynamiser un lieu emblématique et fragilisé.
- Mais cette arrivée s’accompagne de critiques massives : atteinte au commerce local, conditions de travail opaques, impact environnemental.
2. L'intervention de la Caisse des dépôts : un signal politique fort dont certains articles sont joints ci-après.
- La Caisse des dépôts, bras financier de l’État et acteur de l’intérêt général, refuse de cautionner le projet. Elle envoie un message clair : l’argent public ne doit pas appuyer des entreprises controversées.
On rappellera qu’Éric Lombard, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique de la France, était Directeur de la Caisse des dépôts avant de laisser sa place à Olivier Sichel Directeur général délégué. Pour mémoire, son père Alfred Lombard fut cadre dirigeant aux Nouvelles Galeries.
- Cela met à mal le plan de financement du rachat immobilier, (Prêt prévu de 350 millions sur 600) montrant à quel point les critères éthiques prennent de l’importance dans les décisions économiques publiques.
3. Un choc des visions du commerce
- D’un côté, la rentabilité et la modernisation rapide (symbolisée par Shein et la SGM).
- De l’autre, la défense du commerce de proximité, de l’environnement, et d’un modèle économique plus soutenable, défendu par des élus, fédérations et citoyens.
En conclusion :
Les points positifs de cette prise de position
- Elle montre que les institutions publiques ne veulent plus être complices de modèles économiques contestés, même indirectement.
- Elle contribue à ouvrir un débat public sain sur les critères d’implantation des grandes enseignes en France.
- Elle rappelle que les valeurs d’un territoire (comme le Marais) comptent autant que la rentabilité commerciale.
Le point le plus ambigu
- Le refus de la Caisse des dépôts ne règle pas le problème structurel du BHV Marais, qui reste un lieu commercial en difficulté.
CD
Communiqué de Presse de la Caisse des Dépôts.
Paris, le 2 octobre 2025
À la suite des informations parues dans la presse concernant un projet commercial associant la Société des Grands Magasins (SGM) et l’entreprise Shein, le groupe Caisse des Dépôts souhaite apporter les précisions suivantes.
Le projet de foncière actuellement en négociations entre la Banque des Territoires et la SGM ne concerne en aucun cas ce partenariat commercial. Il s’agit d’un projet de foncière immobilière (dont la SGM serait majoritaire) permettant l’achat des murs du BHV Marais, projet immobilier distinct, inscrit dans un projet de transformation durable de l’actif, visant à conforter les commerces de proximité au cœur de Paris.
Le groupe Caisse des Dépôts tient à préciser qu’il n'a jamais été informé des projets commerciaux de la SGM avec l'entreprise Shein avant les informations parues dans la presse ce jour et qu’il n’y est pas favorable.
A cet égard, nous rappelons que toute décision d’investissement de la Caisse des Dépôts et de ses filiales est strictement conditionnée au respect des valeurs qui fondent notre action : soutenir une économie responsable et de proximité, favoriser la transition écologique et accompagner les collectivités locales et les acteurs de terrain dans leurs projets à impact positif. Ces principes constituent un cadre incontournable, tout projet accompagné par la Caisse des Dépôts doit s’y inscrire.
Le Parisien du 03/10/2025
Ce vendredi, les rayons du Bazar de l’Hôtel de Ville (BHV) à Paris (IVe) ont vu défiler les cartons, et des étagères se sont encore un peu plus vidées. Des marques présentes dans le grand magasin parisien depuis longtemps plient bagage. Et si certaines le font en réaction à l’arrivée prochaine de la marque d’ultra fast fashion Shein d’autres avaient déjà pris leur décision avant.
« On a décidé de partir il y a quinze jours », confie ainsi Guillaume Gibault, patron de la marque de sous-vêtements le Slip Français. « On travaillait depuis dix ans avec le BHV, ce point de vente a fait partie de nos dix meilleures boutiques. Mais on a couru après nos paiements depuis des semaines, les engagements commerciaux ne sont pas respectés. »
Dans son viseur, la Société des grands magasins (SGM) dirigée par Frédéric Merlin, propriétaire du BHV depuis novembre 2023. Celle-ci devrait des millions d’euros aux fournisseurs occupant ses rayons. Ces derniers mettent à disposition leur stock, leur personnel, et le BHV doit leur verser régulièrement le fruit de leurs ventes. Pour Le Slip Français, l’ardoise a atteint en septembre environ 120 000 euros : « On a passé des mois sans toucher un centime. »
Plusieurs départs ce vendredi
« On se demande si le buzz créé par l’annonce de Shein n’est pas destiné à cacher les impayés », soupire Cédric Dhalluin, dirigeant d’EMDE, entreprise d’encadrement présente depuis 24 ans au sein du grand magasin parisien. Lui estime que le BHV lui doit 240 000 euros. Depuis février, il n’a reçu aucun virement. « C’est catastrophique pour notre trésorerie. Fin août, nous étions à deux doigts de la cessation de paiement. »
« On est face à un cow-boy qui encaisse et ne reverse rien », assène la directrice d’une marque de prêt-à-porter masculin. Alors qu’elle relance constamment pour obtenir le versement des 240 000 euros que lui doit l’enseigne, la direction lui a promis fin septembre un virement immédiat. « J’ai les mails qui me confirment un paiement le jour même. Depuis, c’est silence radio et toujours pas d’argent en vue. » Sa marque a quitté le grand magasin ce vendredi.
Guillaume Alcan, cofondateur de la marque de baskets Odaje, a vidé son stand le même jour. « Nous avons plus de 100 000 euros d’impayés, c’est trop pour nous. Le dernier virement date du 7 août et, à ce moment-là, c’était un paiement des ventes du mois de mars. Mais ce qui a vraiment provoqué notre départ, c’est Shein. C’est en désaccord avec nos valeurs, nous sommes une entreprise B corp, ce non-respect du droit commercial et humain, ça ne nous va pas », souffle-t-il.
La patronne d’une petite marque d’accessoires de mode l’assure : elle va aller récupérer les derniers articles qui restaient encore sur une étagère au sein du prestigieux immeuble de la rue de Rivoli. « On a arrêté de remettre de la marchandise, alors qu’on recevait des avis de paiement… Mais rien sur notre compte. »
« On nous a expliqué qu’il n’y avait pas assez de comptables »
Plusieurs fournisseurs racontent l’ambiance surréaliste lors d’un webinaire organisé en juillet. « On nous a expliqué qu’il n’y avait pas assez de comptables pour faire les virements, raconte l’un d’eux. Que le nombre de virements était limité chaque jour. Tout était dingue. » Une autre décrit un Frédéric Merlin « légèrement mégalo, condescendant », qui évoque « un partenariat, sans doute Shein », et promet un échéancier de paiement. Il n’est pas respecté.
« Plus de 20 ans que nous sommes présents, rue de Rivoli, 35 000 euros d’impayés du magasin et cette année notre chiffre d’affaires a été divisé par deux, peste le dirigeant d’une marque de déco. Les rayons sont vides. Il y a des jours où mon vendeur ne parle à personne. Des clients me demandent si le BHV va fermer ! » Le malaise s’est aussi diffusé parmi le personnel du site, craignant pour l’avenir : dès 2024, les syndicats s’inquiétaient des retards de paiement.
À la mi-septembre, un mail annonçant un événement commercial au BHV est envoyé à l’ensemble des partenaires. La liste des destinataires est visible, et permet aux uns et aux autres d’entrer en contact. « On a pris conscience de l’ampleur du problème », glisse l’une d’entre eux, qui réalise aussi qu’elle n’est pas la seule à avoir saisi le tribunal pour tenter d’obtenir son dû.
Interrogée, la Société des Grands Magasins assure qu’elle continue « de travailler à la régularisation des retards » : « Nous ne nions pas la situation, bien au contraire, mais nous voyons la fin du tunnel avec notre chantier d’autonomisation qui sera complété en novembre, et nous donnera enfin nos propres outils de paiement. »
La Caisse des dépôts « jamais informée » de l’arrivée de Shein.
Mais l’affaire Shein pourrait compliquer les plans de la SGM. Dans un communiqué publié jeudi, la Caisse des dépôts, groupe d’investissement public censé soutenir la société dans l’achat des murs du BHV Marais, précise qu’elle n’a « jamais été [informée] » du partenariat avec le géant de l’ultra fast-fashion. Et souligne « que toute décision d’investissement (…) est strictement conditionnée au respect des valeurs » fondant son action — « soutenir une économie responsable et de proximité », « favoriser la transition écologique ».
Une piqûre de rappel saluée sur le réseau social LinkedIn par la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, selon laquelle « les réactions courageuses et les désaccords profonds exprimés en réponse aux annonces de Shein envoient un signal fort » à ceux qui lui font une place sur le marché français.
Le Figaro du 04/10/2025 Par Enguerrand Armanet
Des députés demandent au premier ministre de bloquer l’installation de Shein au BHV et de finaliser la loi anti-fast fashion
Dans une lettre adressée à Sébastien Lecornu ce vendredi matin, les députés Anne-Cécile Violland (Horizons) et Antoine Vermorel-Marques (Droite Républicaine) réclament également la mise en œuvre au plus vite de la proposition de loi contre la «fast fashion».
Comment freiner l’implantation de magasins Shein dans les centres commerciaux ? Plusieurs députés ont adressé ce vendredi 3 octobre un courrier au Premier ministre Sébastien Lecornu, réclamant le blocage par la Caisse des dépôts du partenariat entre Shein et le BHV. «L’installation d’une marque comme SHEIN au cœur d’un espace commercial financé en partie par le contribuable nous paraît inopportune», écrivent les députés Anne-Cécile Violland (Horizons) et Antoine Vermorel-Marques (Droite Républicaine). «Nous attendons de la cohérence de la part du gouvernement», explique ce dernier au Figaro.
«À quel moment un groupe français décide qu’il est normal de s’allier avec Shein pour couler la filière textile française, sacrifier notre santé et détruire l’écologie ?», questionnait dans une publication LinkedIn, Anne-Cécile Violland, jeudi 2 octobre. La député de Haute-Savoie rappelle notamment la condamnation récente de Shein à une «amende record de 40 millions d’euros pour pratiques commerciales trompeuses en France». «Selon l’OCDE, l’activité de cette même entreprise n’est pas conforme au droit français et européen», affirme-t-elle avant de saluer la position des Galeries Lafayette qui s’opposent au projet de la SGM, propriétaire du BHV et des cinq autres centres commerciaux concernés en province.
Mercredi, Shein et la Société des grands magasins (SGM) ont annoncé leur partenariat pour ouvrir progressivement six magasins physiques permanents, dont un au BHV Marais à Paris. Jusqu’ici exclusivement en ligne ou via des boutiques éphémères, Shein fait pourtant face à des critiques pour son impact environnemental et sur la filière française du prêt-à-porter. Une conquête de l’Hexagone par le géant chinois que la loi anti-«fast fashion» entend bien stopper, si le texte parvient à sortir à temps de la navette parlementaire.
Accélérer la procédure parlementaire
Les signataires de la lettre adressée à Matignon ce vendredi demandent ainsi la convocation rapide d’une commission mixte paritaire (CMP) afin de finaliser le projet de loi anti-«fast fashion», adoptée par l’Assemblée nationale en mars 2024 et le Sénat en juin 2025. «Cette étape est indispensable pour concrétiser l’engagement pris devant les Français de lutter efficacement contre les dérives de la fast fashion et de promouvoir une industrie textile plus responsable», écrivent les parlementaires.
Si le texte ne permet pas de bloquer l’installation par Shein de six magasins physiques permanents, dont un au BHV Marais à Paris, il entend «réduire l’impact environnemental de l’industrie textile». Entre 2010 et 2023, le nombre de vêtements mis sur le marché en France est passé de 2,3 à 3,2 milliards. Chaque année, plus de 48 vêtements par habitant sont commercialisés dans le pays, et 35 sont jetés chaque seconde, selon l’Ademe, l’Agence de la transition écologique. «Aujourd’hui, ces géants de la mode ultra-éphémère envahissent le marché sans aucun contrôle. Il est urgent de fixer des règles et de les appliquer de manière stricte et efficace», insistait en juin Sylvie Valente Le Hir, sénatrice Les Républicains, chargée de présenter le texte au Sénat.
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°165 : 1999 -Partie 1
1999 une année inoubliable !
Quand on pense à 1999, on revoit défiler des images fortes, parfois lourdes d’histoire, parfois empreintes de magie ou de chaos.
1er semestre :
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Ce printemps là, les journaux parlaient sans cesse du Kosovo. Depuis 1998, les violences s’y multipliaient et, le 24 mars 1999, l’OTAN lançait une vaste offensive aérienne contre la Yougoslavie. 8000 militaires Français seront envoyés. Même à distance, on sentait bien que l’Europe vivait un tournant.
Mais 1999, c’est aussi l’année où l’euro a fait ses premiers pas. Pas encore dans nos portefeuilles, mais déjà bien présent dans les banques : virements, transactions, tout se faisait désormais dans cette monnaie unique. Il faudra patienter jusqu’en 2002 pour glisser enfin les premiers billets tout neufs dans nos poches…
Un souvenir marquant aux GL!
Aux printemps 1999, les Galeries Lafayette, organisent une opération marketing provocante : des mannequins féminins défilent en lingerie Chantal Thomass dans les vitrines du magasin, aménagées en pièces d’appartement. Les jeunes femmes, en sous-vêtements, simulent des scènes de vie quotidienne sous le regard des passants, sans jamais interagir avec eux.
L’objectif de l’opération est clair : attirer l’attention du public et des médias, ce qui fonctionne parfaitement. L'événement crée un buzz médiatique international.
Cependant, la mise en scène suscite rapidement une forte polémique, en particulier chez les associations féministes. L’action est dénoncée comme : Une exploitation commerciale du corps féminin ou une incitation au voyeurisme !..
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Des figures comme Clémentine Autain appellent au boycott et manifestent devant le magasin. Sous la pression, la Direction des GL interrompt l’exhibition prématurément.
Le site internet « Cyberbricoleur » créé en 1998 se développe bien .
Sa vocation est de favoriser les conseils et astuces entre internautes férus ou passionnés de Bricolage.
En 2000, on parlera de 5000 visites sur l’année.
BHV 1er trimestre
Un exercice 1998 très positif : L’année 98 s’achève sur une progression de 5 % du chiffre d’affaires, une performance d’autant plus remarquable que l’inflation est restée nulle. Cette croissance témoigne de la bonne dynamique de l’ensemble de nos activités.
Dans le détail :
- La chaîne parisienne enregistre une hausse de 7 % ;
- Les magasins spécialisés progressent de 6 % ;
- Le magasin de Rivoli affiche une croissance de 3 % ;
- La vente sur entrepôt connaît une véritable envolée avec +17 % de chiffre d’affaires.
Par ailleurs, la Coupe du Monde a fortement dynamisé les secteurs Loisirs et Multimédia, qui ont connu une croissance significative.
1999 sera l’année du changement
Une transformation en profondeur
Le BHV s’engage dans l’un des plus vastes chantiers de son histoire : la rénovation complète du magasin de la rue de Rivoli, prévue sur trois ans. Cette transformation s’inscrit dans la stratégie menée par Jean-Louis Servent, président du directoire, qui s’inspire du modèle ayant permis le renouveau des grands magasins tels que le Printemps, les Galeries Lafayette ou encore le Bon Marché.
Après la rénovation des BHV de Créteil Soleil et Rosny en 1998, c’est désormais le « navire amiral » de Rivoli, qui représente à lui seul la moitié de l’activité de la chaîne, qui fait l’objet de toutes les attentions.
Tous les étages seront réaménagés et l’offre produits repensée. Les premiers rayons concernés seront ceux des Loisirs et de la Confection Homme.
Une ambition claire : redevenir un multi spécialiste de référence.
Jean-Louis Servent insiste sur une conviction forte :
« Le retour de l’achat-plaisir bénéficiera davantage aux grands magasins qu’aux hypermarchés. »
Le repositionnement du BHV repose sur une offre large, transversale, enrichie, et sur une politique de prix revue à la baisse. L’objectif est clair : imposer l’enseigne comme un multi spécialiste, notamment dans les Loisirs, avec une offre allant de celle de la Fnac jusqu’aux loisirs créatifs, en passant par les produits high-techs comme les téléviseurs, ordinateurs, ou encore les pochoirs.
Une évolution majeure : la modernisation des systèmes d’encaissement.
À partir du 8 mars 1999, tous les magasins seront équipés du système IBM.
Ce déploiement a débuté dès 1989 pour Rivoli (finalisé en 1992), puis s’est poursuivi en 1998 pour 11 magasins. En 1999, Belle Épine, Flandre et Montlhéry seront à leur tour équipés.
L’Euro : une transition préparée de longue date
Le projet Euro du BHV a nécessité trois années de préparation, impliquant des représentants de toutes les directions : Communication clientèle, Relations fournisseurs, Encaissement, Système marchandise, Ressources humaines, Comptabilité, secrétariat général, contrôle de gestion.
Depuis le 1er janvier 1999, les chèques en euros sont acceptés dans nos magasins. L’affichage des prix en francs et en euros se met progressivement en place, et l’ensemble du personnel de vente et de caisse sera formé dans les semaines à venir.
Nous traiterons dans les articles suivants :
1er semestre :
1 - L’année 1999 verra l’installation de nouveaux escalators.
2 - La convention des cadres
3 - la rénovation des étages "Loisirs & Nouveauté Homme" à Rivoli
2e semestre
4 - une communication améliorée
5- Divers dernier semestre
Lu dans la Presse : SHEIN au BHV Marais & Communiqué de Presse GL
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Article 1 : Apres l'accord très controverse avec Pimkie, Shein annonce ouvrir des magasins aux Galeries Lafayette et au BHV
Par Paul Louis Journaliste BFM Eco BFM 01/ 10 /2025 -
Le géant chinois annonce ce mercredi ouvrir six magasins en France. Le premier doit voir le jour au sixième étage du BHV à Paris. Les autres ouvriront dans la foulée dans cinq Galeries Lafayette en régions. Mais la maison mère des Galeries Lafayette (qui n'exploitent pas les magasins en régions) disent "refuser l'installation".
Après le partenariat polémique avec Pimkie, c'est une annonce qui risque à nouveau de déclencher la colère du secteur du prêt-à-porter. Dans un communiqué publié ce mercredi, Shein annonce ouvrir pour la première fois en novembre un magasin physique au sixième étage du BHV à Paris, emblématique magasin situé dans le 4e arrondissement de la capitale.
Et ce n'est pas tout: Shein prévoit dans la foulée d'ouvrir un magasin dans cinq Galeries Lafayette à Dijon, Grenoble, Reims, Limoges et Angers. Le géant chinois s'est allié pour ce faire avec la Société des Grands Magasins (SGM), une foncière commerciale qui détient et exploite notamment le BHV Marais et des magasins Galeries Lafayette.
Mais dans la foulée, on apprend que les Galeries Lafayette à Paris (qui ne sont pas l'exploitant des magasins en province) "refusent l'installation" de Shein dans les magasins franchisés en province. "Les Galeries Lafayette tiennent à exprimer leur profond désaccord avec cette décision (de SGM) au regard du positionnement et des pratiques de cette marque d'ultra fast fashion qui est en contradiction avec leur offre et leurs valeurs", selon un communiqué.
S'il choisit la France, c'est parce que l'Hexagone est son premier marché en Europe: "Ce n’est ni une expérience temporaire, ni un pop-up store. C’est un engagement sur le long terme. Nous plantons nos racines à Paris et partout en France, avec l’intention de grandir aux côtés des communautés que nous servons", explique Donald Tang au Figaro.
"Un engagement pour revitaliser les centres-villes"
Régulièrement accusé de concurrence déloyale en inondant le marché de produits discount vendus en ligne, Shein assure que l'ouverture de ses premiers magasins physiques est "un engagement pour revitaliser les centres-villes". "Nos magasins intégrés vont attirer une clientèle jeune qui bénéficiera au BHV et aux Galeries Lafayette affiliées en région. Cela profitera aux autres marques présentes dans ces grands magasins et aux quartiers commerçants alentours. C’est tout un écosystème qui sera valorisé et cela créera de l’emploi", affirme également Donald Tang.
Cette initiative risque de faire hurler le secteur du prêt-à-porter qui s'était déjà ému du partenariat noué il y a quelques jours entre Shein et Pimkie, l'enseigne féminine ayant annoncé que ses produits seraient disponibles sur la plateforme du géant chinois. Elle avait dans la foulée été exclue de l’alliance du commerce.
Auprès du Figaro, Donald Tang dit "ne pas comprendre" cette opposition. "Personne n’a su m’expliquer pourquoi c’était mauvais pour leur business. Notre partenariat avec Pimkie, et avec d’autres marques françaises, repose sur le respect, la collaboration et la mise à disposition de services dédiés", poursuit-il. Et d'affirmer que Shein a été "contacté par de nombreuses marques de modes françaises" depuis l'annonce de cette alliance.
Article 2 : « Une façon de créer le buzz » : le BHV et cinq Galeries Lafayette vont accueillir Shein en magasin
Le Parisien Par Estelle Dautry Le 1 octobre 2025 à 17h01
EXCLUSIF. Frédéric Merlin, qui a racheté le BHV il y a près de deux ans, annonce un partenariat inédit avec Shein. Le géant chinois de l’ultra fast-fashion s’installera dans le magasin parisien et cinq Galeries Lafayette de province en novembre.
Les coulisses des défilés de la fashion week parisienne n’auront bientôt qu’un seul sujet de conversation. Shein, géant de l’ultra fast-fashion chinois, va installer des boutiques physiques en France à partir du mois de novembre. Le groupe SGM (société des grands magasins) qui possède le BHV à Paris, sept magasins Galeries Lafayette en province et des centres commerciaux a conclu un partenariat en exclusivité.
Frédéric Merlin, le président du groupe, nous explique cette décision qui n’a pas tardé à faire réagir. Dès cette annonce, Les Galeries Lafayette ont exprimé « leur profond désaccord » avec l’installation de la marque dans cinq magasins affiliés dans des villes françaises, dont le groupe Galeries Lafayette n’est toutefois plus l’exploitant, ces établissements étant détenus par le groupe SGM.
GALERIES LAFAYETTE : COMMUNIQUE DE PRESSE
Les Galeries Lafayette refusent l’installation de Shein dans les cinq magasins affiliés du réseau français appartenant au groupe SGM Paris, le 1er octobre 2025
Les Galeries Lafayette ont été informées de la volonté du groupe SGM d’installer la marque Shein au sein des cinq magasins affiliés qu’il détient en province situés à Angers, Dijon, Grenoble, Limoges et Reims. Les Galeries Lafayette tiennent à exprimer leur profond désaccord avec cette décision au regard du positionnement et des pratiques de cette marque d’ultra fast fashion qui est en contradiction avec leur offre et leurs valeurs. Elle est également contraire aux conditions contractuelles d’affiliation qui lient le groupe SGM aux Galeries Lafayette. L’entreprise a fait part de sa position au groupe SGM et à son président, Frédéric Merlin. Les Galeries Lafayette empêcheront la mise en œuvre de cette décision.
Contact presse Alexandra van Weddingen / Alva Conseil avanweddingen@alvaconseil.com
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