Le BHV Marais entre dans une nouvelle ère : Brookfield prêt à racheter les murs
Cette information est prioritaire et plus importante que le "blabla" de Frédéric Merlin auditionné par la commission des affaires économiques au Sénat, dont je vous parlerai prochainement.
Est joint à la fin de cet article, une information plus complète de CFNEWS IMMO sur les Discussions finales sur la vente des murs du BHV par les Galeries Lafayette.
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Après plus de deux ans et demi de rebondissements, le long feuilleton de la vente des murs du BHV Marais touche enfin à sa fin.
Le fonds nord-américain Brookfield Asset Management s’apprête à officialiser, dans les prochains jours, l’acquisition de cet actif immobilier qu'est le BHV Marais pour un montant avoisinant 300 millions d’euros, auprès du groupe Galeries Lafayette.
Cette opération marque un tournant décisif pour le BHV. Elle met surtout un point final à un dossier complexe, jalonné de tensions financières, de changements de partenaires et de polémiques.
Un projet longtemps fragilisé
À l’origine, la reprise des murs devait être menée par la Société des Grands Magasins (SGM), dirigée par Frédéric Merlin, exploitante du BHV depuis 2023. Mais le projet s’est rapidement enlisé : nombreux fournisseurs impayés, encore de nombreuses dettes à ce jour, départ de grandes marques reconnues, incertitudes sur le modèle économique… et surtout, l’annonce de l’arrivée de Shein au sein du magasin à l’automne dernier.
Ce partenariat avec la marque d’ultra fast fashion Shein a provoqué une rupture de confiance avec la Caisse des Dépôts, qui devait entrer au capital de l’opération via la Banque des Territoires. Jugeant ce modèle incompatible avec ses valeurs, l’institution publique s’est retirée, faisant voler en éclats le montage initial.
Face au risque d’un échec total et à la menace de perdre près de 30 millions d’euros d’indemnités d’immobilisation, un plan alternatif a dû être trouvé en urgence. C’est finalement Brookfield, déjà attentif au dossier depuis plusieurs mois, qui a décidé de reprendre seul la main en décembre dernier.
Un investissement massif pour relancer le BHV
Il faut savoir que le BHV est en pleine dégradation : manque d'entretien , absence de nettoyage, toilettes fermées, deux escalators à l'arrêt, rayons vides, fuite dans le magasin, donc la détérioration du bâtiment est réelle et très importante (photos ci-après).
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Brookfield Asset Management s’engage désormais sur le long terme.
Le fonds prévoit de mobiliser plus de 120 millions d’euros de capex ( terme anglais : dépenses d'investissement d'une entreprise capitalisées au bilan) afin de transformer et moderniser les 50 000 m² du BHV Marais sur plusieurs années.
Si les contours précis du projet restent confidentiels, une chose est claire :
le BHV restera avant tout un grand magasin.
Aucune transformation radicale n’est envisagée, ni création de logements, notamment en raison des règles patrimoniales strictes du secteur sauvegardé du Marais.
L’objectif affiché est plutôt de redonner une dynamique nouvelle à ce lieu emblématique, sans en dénaturer l’ADN.
Alors là... on respire tous!...
La SGM conserve l’exploitation pour le moment.
De son côté, la SGM de Frédéric Merlin continue d’exploiter le BHV, avec une feuille de route qui précise : stabiliser l’activité, régler les impayés fournisseurs et redynamiser l’offre commerciale.
Peut-on y croire ?
Après les turbulences de 2025, la Direction annonce stabiliser en 2026.
Auditionné récemment au Sénat, Frédéric Merlin a défendu le partenariat avec Shein comme une expérimentation visant à générer du flux, tout en reconnaissant des erreurs dans sa mise en œuvre. Une initiative controversée, mais assumée, dans un contexte où l’attractivité des grands magasins reste un défi majeur.
C'est l'image Shein le 23 12 2025
Tourner la page pour mieux repartir !
Avec l’arrivée de Brookfield, les Galeries Lafayette tournent la page d’un épisode mouvementé, tandis que le BHV Marais entre dans une nouvelle phase de transformation.
Entre investissements lourds, repositionnement stratégique et attentes fortes du public qui aimait le BHV et l'a déserté, le BHV joue désormais une partie clé pour retrouver tout son éclat et son rôle central dans le paysage commercial des grands magasins de la capitale.
Une histoire à suivre !
CD
Discussions finales sur la vente des murs du BHV Marais
CFNEWS IMMO; Par Aurélien Jouhanneau
Brookfield Asset Management doit bien officialiser d'ici à quelques jours cet asset deal pour près de 300 M€ auprès des Galeries Lafayette. Le fonds nord-américain, qui s’est substitué à la SGM de Frédéric Merlin – empêtrée dans le scandale Shein –, doit déployer plus de 120 M€ de capex pour offrir une nouvelle dynamique à ce temple du commerce parisien.
Le chapitre final sur la vente des murs du BHV Marais à Paris est bien en passe d’être bouclé. Selon nos informations, des derniers réglages sont en cours entre le groupe Galeries Lafayette, Brookfield Asset Management et la Société des Grands Magasins (SGM), sur cet asset deal d’environ 300 M€. « Mais les dernières difficultés sont en train d’être levées, apporte une source en triple off . Cette signature imminente de l'opération va permettre d’ouvrir la voie à une transformation et une nouvelle dynamique tournée vers l’avenir pour ce grand magasin parisien. » L’écriture de ce dossier – loin, très loin d’être un long fleuve tranquille depuis deux ans et demi (fournisseurs non-payés, partenariat avec Shein, départ de nombreuses marques…) – avait repris le 19 décembre dernier, quand le fonds nord-américain s’est substitué à la SGM de Frédéric Merlin, pour reprendre les 50 000 mètres carrés du BHV Marais. Contactées, les Galeries Lafayette et Brookfield n'ont pas souhaité faire de commentaire ou donné suite à nos sollicitations. « Contre vents et marées, la famille Moulin/Houzé (ndlr : propriétaire des Galeries Lafayette) va réussir à finaliser cette cession, qui a nécessité un travail considérable, et tourner la page d’un épisode aux nombreuses péripéties », ajoute un connaisseur du dossier. Suite au retrait de la Caisse des Dépôts (via la Banque des Territoires) pour reprendre les murs de ce temple du commerce aux côtés de la SGM – en raison de l’arrivée de Shein – à l’automne dernier, Frédéric Merlin avait dû se résoudre à apporter un nouvel investisseur, Brookfield AM . Plusieurs acteurs du real estate évoquaient un ‘‘ mariage de raison ’’ entre le jeune entrepreneur et le fonds, afin d’éviter ‘‘un destin funeste’’ pour le BHV.
Plus de 120 M€ de capex . Toujours selon nos informations, Brookfield AM va reprendre seul cette opération à la localisation prime , bien que le fonds de private equity basé outre-Atlantique ait reçu de nombreux appels du pied de promoteurs immobiliers français pour intégrer le projet, qui va couvrir sur plusieurs années. Même si le programme de transformation du BHV reste Le BHV dans le quartier du Marais à Paris. Encore confidentiel – « il n’est pas question de dénaturer l’essence même du grand magasin, ni d’y créer des logements sociaux compte-tenu des restrictions du PSMV du Marais. Le commerce y restera largement majoritaire », immobilier –, plus de 120 M€ de capex dixit un professionnel vont être mobilisés face à l'Hôtel de Ville de Paris. De son côté, la SGM va poursuivre l’exploitation du BHV, avec l’objectif de le redynamiser. À court terme, Frédéric Merlin et ses équipes vont surtout investir dans les opérations courantes et assainir la situation avec les fournisseurs du magasin – de nombreux impayés n'étant pas encore réglés avec ces derniers.
Des indemnités d’immobilisation d'environ 30 M€. Pour mémoire, la SGM détient cette exploitation et le fonds de commerce du grand magasin depuis 2023. L’été dernier, au début des négociations avec la Caisse des Dépôts (qui devait entrer comme minoritaire, à hauteur de 40 %), Frédéric Merlin défendait bec et oncle un plan de création de valeur ambition. Les loyers attendus devaient atteindre au moins 16 M€ en 2026, puis près de 20 M€ en 2027, pour une valorisation cible de plus de 460 M€ à terme, contre environ 315 M€ à cette date.
En 2024, le BHV Marais affichait déjà un Ebitda de 9,6 M€, Le BHV Marais a ouvert ses portes à Shein en 2025 confortant, selon la SGM, la solidité économique du projet. Mais l'équilibre du dossier rompt le 8 octobre dernier, quand il annonce l’arrivée de Shein sur 1 200 mètres carrés au 6 étage du e BHV. La CDC invoque une « rupture de confiance » et précise que le modèle économique le marque d’ultra fast fashion asiatique n’est pas compatible avec ses valeurs. De facto , l’attelage SGM-CDC pour le rachat des murs du BHV Marais vole en éclats, alors que la réitération était attendue avant la fin 2025. Toujours sous promesse, Frédéric Merlin s’exposait à la perte des indemnités d’immobilisation, d'environ 30 M€, si aucun plan alternatif n’est trouvé d'ici le 19 décembre. Le dirigeant – qui assurait alors discuter avec d’autres partenaires financiers pour co-investir à ses côtés, notamment des fonds opportunistes se tournera finalement vers Brookfield, qui suivait avec intérêt l’évolution de l’opération depuis de nombreux mois.« Deux mois, c'est trop court pour trouver la bonne
« Deux mois, c'est trop court pour trouver la bonne recette » avec Shein
Frédéric Merlin, SGM. Auditionné hier par la commission des Affaires économiques du Sénat, Frédéric Merlin a défendu son partenariat avec Shein, une alliance vivement critiqué pour son impact sur le commerce local et l’environnement. « Deux mois, c'est trop court pour trouver la bonne recette », a-t-il expliqué, tout en indiquant qu’il fallait laisser du temps à cette expérimentation dans le BHV.
Le fondateur de la SGM a toutefois des limites dans l’exécution du projet : « Nous n’avons pas tout bien fait. Peu de clients sont venus réellement pour acheter. Nous n’avions pas la bonne collection. On s’est adapté. » « Notre enjeu à nous, c'est de générer du flux dans l'hyper centre de ces villes moyennes, défendait encore le fondateur de SGM il y a quelques semaines. Et aujourd'hui, générer du flux, c'est créer le buzz et c'est offrir à nos clients ce qu'ils veulent. Dire que faire venir Shein en France, c'est cracher à la tête de l'industrie de la mode, est extrêmement méprisant pour les 25 millions de clients de la plateforme asiatique. »