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Le blog du Réseau Bazar BHV

Où en est-on au BHV ?

6 Août 2026 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #BHV news

Peu de nouvelles actuellement en cet été caniculaire où même les clients n'iront pas au BHV pour se rafraichir !

Les relations entre l’exploitant du BHV Marais et son propriétaire, le fonds canadien Brookfield, se sont fortement dégradées six mois après le rachat des murs. Le conflit cristallise autour de la restitution et de la mise en conformité de la moitié des surfaces commerciales, dans un contexte de lourds impayés et de situation financière critique pour le grand magasin. 

Nous ne vous avions pas communiqué cet article de Libération qui est assez bien informé !...

Où en est-on au BHV ?

Discorde BHV Marais : pourquoi les relations s’enveniment entre l’exploitant et le nouveau propriétaire des murs

Publié le 22/07/2026 Libération par Ismérie Vergne

Six mois après le rachat du bâtiment par Brookfield, la confiance est rompue entre les deux partenaires, malgré un plan de relance présenté lundi par l’enseigne. La restitution, moyennant finances, de surfaces commerciales est au cœur de ce conflit.

Après s’être mis à dos une grosse centaine de marques, avoir perdu la confiance d’une bonne partie des salariés, avoir vu ses clients déserter les rayons, s’être attiré les foudres de la mairie de Paris avec le sulfureux partenariat avec Shein, avoir été lâché par ses partenaires financiers pour le rachat des murs, voilà que le BHV Marais voit aussi ses relations avec son nouveau bailleur, le fonds d’investissement canadien Brookfield, tourner au vinaigre.

Faute de liquidités suffisantes, la Société des grands magasins (SGM) de Frédéric Merlin, qui détenait depuis novembre 2023 le fonds de commerce de la prestigieuse enseigne de la rue de Rivoli (Paris IVe), avait dû renoncer à son projet de rachat des murs auprès des Galeries Lafayette, laissant fin janvier le champ libre à Brookfield. Avec un deal : le locataire doit restituer sous 12 à 15 mois au propriétaire la moitié des 40 000 m2 de surfaces commerciales en échange d’une indemnité de l’ordre de 12 millions d’euros, à laquelle s’ajouteraient, une fois le permis de construire délivré, 2 à 5 millions d’euros supplémentaires.

 Mais alors que la deadline court jusqu’au premier trimestre 2027, les surfaces sont «depuis mai libres et prêtes mais pas encore rendues» faute d’argent reçu, assure Karl-Stéphane Cottendin, ancien directeur général du BHV et lieutenant de Frédéric Merlin, auquel ce dernier, devenu un repoussoir en affaires, a cédé son magasin à la surprise générale mi-juin. Alors que les marchandises ont été rapatriées sur une moitié d’étage, les travaux n’ont toujours pas commencé. Et au locataire de renvoyer vertement la balle à Brookfield : «Le bailleur ne respecte pas ses engagements.»

 Mise en conformité des surfaces

 A moins que les torts ne soient inversés ? Le versement de la compensation est conditionné à une restitution des surfaces après leur mise en conformité. Mais depuis le rachat du BHV par la SGM en 2023, les rapports périodiques de maintenance n’ont pas été mis à jour et l’entretien effectué en dilettante.

En témoigne la détérioration du bâtiment depuis trois ans : escalators capricieux, ascenseurs en panne, climatisation qui lâche en pleine canicule, obligeant le magasin à fermer au public ses deux derniers étages, extincteurs automatiques à eau défaillants… D’après les informations de Libération, suite à une batterie de mises en demeure de l’inspection du travail, relayées par le propriétaire, plusieurs dizaines de rapports de vérification ont été dressés entre fin avril et début juin, faisant état de près de 300 réserves. L’un d’eux pointe «un fonctionnement défectueux du moteur de désenfumage» et «un débit d’extraction d’air insuffisant», sans statuer sur la dangerosité et la nécessité de fermer ou non le bâtiment.

Echaudés par plus d’1,5 million d’euros d’impayés accumulés, les prestataires ont, comme les marques, claqué la porte les uns après les autres. Le plus gros, Vinci, chargé notamment de la sécurité incendie, se retrouve avec une ardoise qui s’élève à plus d’un million d’euros. Même sort pour Kone, responsable des escalators, des ascenseurs et des monte-charges qui a plié bagage fin 2025. Côté sécurité, trois boîtes ont jeté l’éponge en trois ans. En novembre 2025, le tribunal des affaires économiques de Paris a condamné le BHV Marais à s’acquitter auprès de l’entreprise IPS de ses factures impayées liées à des contrats de sûreté et de gardiennage pour près de 800 000 euros.

De guerre lasse, Brookfield s’est résolu mi-juillet à entreprendre lui-même les travaux de mise en conformité du bâtiment, d’après les informations de Libération. Une remise en état chiffrée entre 1 et 2 millions d’euros, que la foncière a l’intention de déduire de l’indemnité attendue par le BHV.

 KarlStéphane Cottendin estime que la mise en conformité «n’est presque plus un sujet» et s’offusque de n’avoir pas récupéré d’argent «au titre de la libération des surfaces». Or, une avance de l’ordre de 5 à 6 millions d’euros a déjà été versée en février à son prédécesseur, Frédéric Merlin, qui est censé avoir transmis en même temps que la société, les contrats, dettes et actifs associés. «Ce n’est pas à un bailleur de financer la trésorerie de l’exploitant», grince une source proche du dossier. Le changement d’interlocuteur est loin d’avoir apaisé les relations entre les deux partenaires.

 «Plus de 10 millions d’euros de cadeau»

Mais le grand magasin, tenu à la gorge financièrement, a besoin de son bailleur et de ses avances pour maintenir la tête hors de l’eau. Il est pris en tenaille entre une dette colossale envers ses fournisseurs (chiffrée entre 50 et 100 millions d’euros), plus de 800 salaires à verser chaque mois rubis sur l’ongle et des charges d’exploitation exorbitantes. Le loyer annuel du BHV Rivoli s’élevait à 20 millions d’euros avant la ristourne accordée par Brookfield pour le ramener à environ 9 millions d’euros. Sans compter les six premiers mois de loyer gratis, soit «plus de 10 millions d’euros de cadeau qu’il a tendance à oublier», peste-t-on en coulisses. En juillet, le couperet du loyer est tombé sur un BHV exsangue, dont nombre d’observateurs estiment qu’il devrait être placé en cessation de paiements ce que dément Karl-Stéphane Cottendin. Appelé en début de mois, le loyer n’a à ce jour pas été versé.

 Du côté du BHV, on promet une renaissance, avec les 170 ans du magasin en octobre et Noël en ligne de mire. Dernière trouvaille pour tenter de séduire à nouveau les marques : faire une croix sur les commissions et leur assurer un paiement au jour le jour. Mais sans commission, comment faire rentrer de l’argent dans les caisses ? D’autant qu’aucune banque n’a voulu monter à bord du paquebot dirigé par un nouveau capitaine. Il n’y a que des coups à prendre dans ce dossier exposé et flottant.

 Le nouveau patron se raccroche alors aux signaux faibles d’un frémissement de relance du magasin évoquant «une réaction hyperpositive du marché» à l’annonce du changement de main. Sans chiffres à l’appui, il assure que l’activité de juin a été doublée par rapport au mois précédent «contre une hausse habituelle de + 20 % à cette période». Or d’après les informations communiquées en CSE mardi, elle s’élevait à 1,5 million d’euros en mai et 1,8 million en juin, soit une hausse similaire aux autres années. Le BHV continue pourtant de maintenir que l’augmentation était de + 100 %. Et de s’enorgueillir de l’arrivée de 37 anciennes ou nouvelles marques (Ligne Roset, Madura, Guy Degrenne, France Canapé…) et du retour du Slip français pour habiller les vendeurs et réaliser le merchandising.

Autre point de crispation entre le BHV et Brookfield : l’avenir de Shein.

Le locataire a claironné mettre à la porte la marque chinoise d’ultra fast-fashion qui occupe le sixième étage depuis novembre mais en réalité, c’est le propriétaire qui a imposé que le contrat avec l’enseigne, qui expire au printemps 2027, ne soit pas renouvelé. Si le BHV «travaille à un départ anticipé» de la plateforme asiatique, les négociations n’ont pas encore abouti car l’accord a été noué directement avec la SGM, société mère de Merlin, et non avec la société qu’il avait créée pour exploiter le BHV Marais.

Projets commerciaux incompatibles

Au-delà du désaccord sur l’application de leur contrat, le BHV et Brookfield peinent à concilier leurs projets commerciaux. Le premier tourne le dos au luxe et à l’ultra fast-fashion et rêve d’un grand magasin tourné vers la maison. Avec au sous-sol des rayons bricolage et une halle alimentaire qui accueillerait courant 2027 les métiers de bouche. Un rez-de-chaussée exploité en partie par l’enseigne d’électroménager Boulanger (sans que celle-ci ne soit au courant des modalités) et celle de loisirs créatifs Rougier & Plé auquel se grefferaient une librairie, un «pavillon made in France» et un drugstore. Puis des étages recentrés sur la mode féminine et l’équipement de la maison (arts de la table, mobilier, décoration, literie…). Derrière cette «rupture nette», une reprise presque trait pour trait du plan présenté par Frédéric Merlin fin 2025.

Le second veut monter un hôtel sur les deux derniers étages et ouvrir une salle de sport. Pour attirer la clientèle, il veut aussi intégrer au rez-de-chaussée des boutiques propres de marques internationales. Or, le BHV n’a pas du tout l’intention de céder à son bailleur un mètre carré du niveau qui donne sur la rue de Rivoli. Pourtant, la répartition des espaces fixée dans le bail prévoit qu’à terme le BHV n’exploite au rez-de-chaussée et aux deux premiers étages qu’un îlot au centre du bâtiment, laissant place tout autour à des boutiques sélectionnées par Brookfield.

 Peu dire que ce bras de fer engagé entre les deux partenaires n’augure rien de bon alors que les travaux menés par le propriétaire sur l’ensemble du bâtiment devraient s’étaler jusqu’en 2032 et que l’exploitant s’est fixé pour objectif «la rentabilité en 2028 avec un chiffre d’affaires de 165 à 170 millions d’euros». Le chiffre actuel du mois de juillet ne dépasse pas les 600 000 euros.

 

Un Article LIBE  précédent : avait décrit la situation suivante :

 

Le BHV Marais, est visé par une procédure judiciaire suite à une suspicion de cessation de paiements. Mi-juillet, l'inspection du travail a saisi le parquet de Paris pour signaler cette situation, sur la base de l'article 40 du code de procédure pénale (obligation pour un agent public de signaler une infraction).

  • Contexte : Depuis plus d'un an, les dirigeants du BHV Marais sont régulièrement convoqués devant le tribunal des affaires économiques de Paris, poursuivis par des fournisseurs impayés.
  • Changement de direction : Frédéric Merlin a cédé l'entreprise mi-juin à Karl-Stéphane Cottendin (son ancien directeur général depuis avril 2025), tout en sécurisant sa propre holding, la Société des grands magasins.
  • Enjeu juridique : Si le passif dépasse l'actif disponible (cessation de paiements), le gérant a l'obligation légale de saisir lui-même le tribunal sous 45 jours pour demander un redressement judiciaire, sous peine d'interdiction de gérer.
  • Signes avant-coureurs : Un retard de paiement des salaires en février avait déjà alerté sur la fragilité financière de l'entreprise. Depuis, le magasin veille à payer ponctuellement ses quelque 800 employés.

L'enseigne devra donc présenter ses comptes pour éviter l'ouverture d'une procédure collective.

L'avenir nous le dira...

 

 

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