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Le blog du Réseau Bazar BHV

Lu pour vous : Merlin/BHV : l'étrange ligne à 106M€

19 Août 2026 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #BHV news

Merlin/BHV : l'étrange ligne à 106M€

C’est un article étonnant et très bien réalisé, C'est une enquête d'investigation écrite comme un récit par « Zero Bullschitt ». Le style : les phrases sont courtes ; on ressent l’ironie et les sarcasmes....avec un vocabulaire simple et populaire.

Cet article mérite d’être lu et même soutenu. A vous de découvrir et de vous en faire une idée.

Le cas du BHV soulève une question qui dépasse largement les difficultés commerciales du grand magasin. Celui d’une mécanique financière plus complexe

L'analyse de l'enquête consacrée à Frédéric Merlin et au groupe SGM fait apparaître un paradoxe : le BHV n'est pas seulement présenté comme un grand magasin en difficulté, mais comme une entreprise dont la trésorerie aurait largement servi à financer le reste du groupe.

Fin 2025, le BHV aurait détenu 106,5 M€ de créances sur le groupe SGM, tout en ne disposant que de 1,7 M€ de trésorerie. Dans le même temps, ses fournisseurs auraient attendu en moyenne 331 jours pour être payés.

L'enquête met également en évidence un autre élément : sur les 58 M€ d'augmentation de capital annoncés, 53 M€ auraient été réalisés par compensation de créances et seulement 5 M€ en numéraire. Une opération comptable peut donc augmenter le capital sans faire entrer la même somme en cash.

Le véritable sujet devient alors celui de la circulation de la trésorerie au sein du groupe. Le BHV semble avoir généré du cash grâce à son activité, mais une part considérable de cette valeur aurait été transformée en créances sur le groupe.

C'est probablement l'un des points les plus intéressants : derrière les pertes du BHV se cache peut-être moins un simple problème de commerce qu'un problème de liquidité, de financement intragroupe et de répartition du risque.

Bonne lecture

Début de l'article ci-dessus : Merlin/BHV : l'étrange ligne à 106M€

Comment le groupe de Merlin a sorti 106,5M€ du BHV en 2 ans

août 17, 2026

Bonjour,

11 mois. C’est le temps qu’il aura fallu pour arriver à cette enquête en deux épisodes. Une dizaine de sources. 450 fichiers traités. Plus de 6000 pages. Une galaxie de sociétés. De flux. Parfois étonnants. Parfois étranges. Mais qui amène à une manière de lire histoire de Frédéric Merlin et du BHV.

Certains ont écrit qu’il avait tout planté. D’autres qu’il n’a pas su gérer. Ou qu’il a vu trop gros. En réalité, l’histoire est un peu différente. Merlin a racheté pour 2€ une machine à cash qu’il a essoré jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus sortir un euro.

La réponse était planquée au milieu de ces milliers de pages. Résumées (en longueur) aujourd’hui dans Zero Bullshit.....

Bonne lecture.

 

Petit résumé simplifié : 

En une phrase : le texte raconte comment Frédéric Merlin, avec le soutien financier de Jean-Paul Dufour, a bâti rapidement un empire immobilier et commercial en utilisant fortement la dette et la valorisation des actifs, avant de faire du BHV son pari le plus ambitieux — et de s’allier à Shein pour tenter de le financer.

Le texte raconte l’ascension de Frédéric Merlin et du groupe SGM, jusqu’au rachat du BHV Marais, et s’interroge sur la façon dont cette expansion a été financée et valorisée.

1. Le BHV, un magasin historique en grande difficulté
Le BHV Marais, propriété des Galeries Lafayette, est un immense ensemble commercial historique. Malgré son patrimoine et son emplacement exceptionnel, le magasin perd beaucoup d’argent. En 2023, son fonds de commerce est cédé à SGM pour seulement 2 €, auxquels s’ajoutent notamment le stock et la reprise de plus de 1 000 salariés. En revanche, les murs ne sont pas immédiatement achetés.

2. Frédéric Merlin construit SGM avec Jean-Paul Dufour
Merlin commence très jeune dans l’immobilier lyonnais. Le récit estime que sa réussite ne repose pas uniquement sur ses ressources personnelles, contrairement à la légende qu’il raconte parfois.
Le soutien déterminant vient de Jean-Paul Dufour, un industriel proche de sa famille, qui apporte une grande partie des fonds et surtout des garanties financières.

Le groupe fonctionne alors à deux niveaux :

  • Merlin est l’homme visible, chargé du développement, du réseau et de la communication ;
  • Dufour est le principal soutien financier, en apportant fonds propres, cautions et garanties.

Le texte souligne que Merlin est en réalité minoritaire dans la structure capitalistique, malgré son image de dirigeant tout-puissant.

3. Une méthode fondée sur l’endettement et la valorisation des actifs
La stratégie de SGM consiste à acheter des centres commerciaux ou magasins en difficulté, les redresser, puis faire réévaluer les immeubles à des montants beaucoup plus élevés.

Le point central de la critique est que la valeur semble souvent apparaître dans les comptes avant de devenir du cash :

l’argent n’arrive pas forcément avec une opération rentable ; il arrive parfois avec une réévaluation comptable ou une expertise.

Les exemples cités sont notamment :

  • des réévaluations immobilières qui augmentent fortement les capitaux propres ;
  • des actifs inscrits au bilan à une valeur supérieure à leur prix d’achat ;
  • des opérations comptables contestées par des commissaires aux comptes.

4. Le modèle rappelle celui de Michel Ohayon
Le récit rapproche la stratégie de Merlin de celle de Michel Ohayon, autre investisseur ayant racheté de nombreux magasins Galeries Lafayette en province grâce à un modèle fortement financé par la dette.

La comparaison est utilisée pour poser une question : SGM est-il un redresseur de commerces en difficulté ou un groupe dont la croissance dépend excessivement du levier financier et de la revalorisation des actifs ?

5. Le BHV devient le pari ultime
Pour Merlin, le véritable enjeu n’est pas tant le fonds de commerce acheté 2 € que les murs du BHV, estimés autour de 300 M€ pour Rivoli, auxquels s’ajoutent d’autres immeubles.

Problème : SGM n’a pas les moyens de financer seul cette acquisition. Plusieurs investisseurs et institutions hésitent ou refusent d’entrer au capital. Les Galeries Lafayette prolongent donc à plusieurs reprises le délai laissé à Merlin pour conclure.

6. L’arrivée de Shein est présentée comme une opération de survie
C’est dans ce contexte qu’intervient Shein. Merlin rencontre son dirigeant Donald Tang à Los Angeles et négocie l’ouverture d’un magasin Shein au BHV.

L’annonce est faite brutalement, fin octobre 2025, sans véritable concertation avec la famille propriétaire des Galeries Lafayette ni avec certains partenaires financiers.

La décision provoque immédiatement une polémique :

  • la famille Houzé est furieuse ;
  • des acteurs du commerce de centre-ville dénoncent le partenariat ;
  • Shein est accusé d’incarner la fast-fashion, la production massive, les prix très bas et un modèle soupçonné de contourner certaines règles sociales et environnementales.

L’idée centrale du texte

Le véritable sujet n’est donc pas seulement « Shein arrive au BHV ».

L’enquête cherche surtout à montrer que le rachat et le développement de SGM reposeraient sur un modèle très fortement dépendant de l’endettement, des garanties de Jean-Paul Dufour et de la hausse comptable de la valeur des actifs.

Le BHV devient alors le test ultime de ce modèle : Merlin a réussi à acheter l’exploitation pour presque rien et à redresser plusieurs actifs, mais il doit désormais trouver plusieurs centaines de millions d’euros pour acquérir les murs. L’arrivée de Shein apparaît dans le récit comme un moyen de rendre le BHV plus attractif financièrement et de sauver un montage immobilier qui peine à boucler.

Merci pour vos commentaires.

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