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Le blog du Réseau Bazar BHV

Le naufrage du BHV Parly 2 et lu dans la Presse

28 Août 2026 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #BHV news, #Lu dans la Presse

 Alors que le centre commercial de Parly 2 ( nom né de la contraction PARis-marLY) continue de faire miroiter le luxe et  l’opulence, son enseigne phare, le BHV, s’enfonce dans un vide spectral. 
Souvenir : Inauguré le 4 novembre 1969, le BHV Parly 2 est le premier magasin périphérique de la société dans un centre commercial d'Île-de-France. Avec des horaires nocturnes, ce complexe de 11 000 m² sur trois niveaux emploie 225 personnes à son lancement.
•    Sous-sol : Hi-Fi, culture, papeterie, ameublement et visites fréquentes de célébrités.
•    Rez-de-chaussée : Mode, beauté, arts de la table, SAV et articles de sport en hiver.
•    1er étage : Électroménager, entretien, jardinage, jouets à Noël et un secteur bricolage majeur.

 

1969

1969

Actualité :

1. Du paquebot commercial au magasin fantôme

Le contraste est saisissant. Dans ce centre luxueux, le BHV Parly 2 n'est plus que l'ombre de lui-même. La réalité économique est brutale :

  • 80 millions d'euros de dettes envers les fournisseurs, entraînant une rupture totale d’approvisionnement.
  • Une chute d'activité vertigineuse : le chiffre d'affaires s'est effondré jusqu’à : 5 à10 % de ses niveaux historiques.  Des astuces de façade : pour masquer la vacuité des lieux,  les rayons sont regroupés et on cache les vides.
2. Guerre des décideurs et employés en otages

Il se joue un bras de fer financier féroce entre trois acteurs majeurs :

  • L'exploitant (SGM / K.-S. Cottendin) : Tente d'orchestrer la liquidation du magasin tout en cherchant à faire porter la note du plan social (PSE) et des loyers au propriétaire des murs.
  • Le bailleur (Brookfield) : Refuse d'injecter la moindre liquidité sans preuve de solvabilité, craignant d'être accusé de soutien abusif.
  • La justice et l'inspection du travail : Le parquet de Paris a été saisi pour suspicion de cessation de paiements.

Au milieu de ce jeu d'échecs : 80 salariés à bout de souffle. Épuisés par le stress, masquant la vérité aux clients déconcertés, les employés n’attendent plus qu’une chose : une fermeture synonyme de délivrance et des garanties de départ décentes. 

3. Cette crise illustre parfaitement la faille d’un rachat par des fonds ou des acteurs financiers trop fragiles ; L'exploitant rejette la faute et les coûts, sur l'immobilier, pendant que la santé et l'avenir des salariés servent de simple variable d'ajustement.
Pour en savoir plus : Bon article dans Libération par Par Ismérie Vergne du 26 08 2026
Le naufrage du BHV Parly 2 et lu dans la Presse

" Le propriétaire du BHV situé dans le centre commercial Parly 2 veut purement et simplement liquider le magasin.

Le nouvel exploitant du grand magasin, Karl-Stéphane Cottendin, a fait part, contrairement à ce qu’il affirme, au propriétaire des murs de son intention de stopper ses activités dans les Yvelines. D’après les informations de «Libération», il lui demande de financer les licenciements des 80 salariés.

Le BHV Parly 2 a une dette envers les fournisseurs d'environ 80 millions d'euros. (BHV)

Sur le parking du très chic centre commercial Parly 2 du Chesnay (Yvelines), repérer une place libre entre les bolides à plusieurs dizaines de milliers d’euros demande d’être attentif.

En ce lundi après-midi de la fin du mois d’août, les Franciliens sont nombreux à déambuler dans les allées de la galerie marchande à la dalle imitation marbre, jalonnée de canapés en cuir et de fausses colonnes en bois massif.

Mais il suffit de franchir les portes du BHV, qui occupe depuis 1969 ; 12 000 m2 de surface répartis sur trois niveaux, pour être saisi par le contraste. Les Flâneurs s’y font rares, les étals sont dégarnis et le calme règne. C’est à peine si le brouhaha du mall parvient à animer les rayons désertés. Une situation ressemblant trait pour trait à celle que vit l’emblématique paquebot du BHV Marais situé sur la rue de Rivoli (Paris IVe) depuis plusieurs mois.

Il faut dire que, depuis novembre 2023 et le rachat du fonds de commerce des deux magasins franciliens, par la Société des grands magasins (SGM) dirigée par le sulfureux Frédéric Merlin, c’est la dégringolade. A tel point que les jours du magasin Yvelinois sont déjà comptés. Selon nos informations, alors que Frédéric Merlin a cédé en juin ces deux BHV à son lieutenant Karl-Stéphane Cottendin, le nouveau propriétaire est désormais décidé à se séparer du BHV Parly 2.

Une pépite

Si, sous la coupe des Galeries Lafayette, son ancien propriétaire avant la SGM, le magasin perdait de l’argent depuis une quinzaine d’années, «on ne fait plus qu’entre 5 et 10 % du chiffre d’affaires de l’époque», assure Christian Poncet, délégué syndical CGT Parly 2. A la fin de l’année, les ventes annuelles devraient à peine atteindre 1,4 million d’euros, après un mois d’août qui devrait se terminer à 190 000 euros. La faute à une dette colossale envers les fournisseurs, autour de 80 millions d’euros, qui a fait partir les marques, et leurs produits,  les unes après les autres. Les caisses du BHV sont vides et empêchent toute commande auprès des fournisseurs.

Pour faire illusion, les vêtements de la mode masculine du deuxième étage ont été rapatriés au premier avec la mode femme, condamnant de fait une partie de l’étage. Le long d’un mur, une centaine de cartons scrupuleusement annotés «cintre bois pinces», «cintre Caroll plastique», «cintres Levi’s à pince» sont empilés dans l’ombre. «Ce ne sont que des cintres, ça montre tout ce qu’on a vendu et qu’on a plus», glisse un salarié. Tout est en rayon, les étagères des réserves ne comptent plus un seul produit en stock.

Pourtant le magasin, vanté en interne comme «une pépite», a tout pour réussir. Situé dans le très aisé ouest parisien, à deux pas de Versailles et de La Celle-Saint-Cloud, le centre commercial Parly 2 est présenté par la profession comme l’un des plus performants d’Ile-de- France, avec plus de 12 millions de visiteurs annuels. Sa clientèle dispose d’un pouvoir d’achat élevé et est friande du positionnement du BHV.

Accoudée à sa caisse, une salariée est au bord des larmes quand elle évoque la situation.

Autour d’elle, des rayonnages bricolage entièrement vides. «On a reçu ni ampoules, ni adhésif, ni piles, ni vis depuis octobre», désespère-t-elle. Pour ses rayons, parmi les plus sinistrés, la recette de la caisse atteint à la fin d’après-midi 1 300 euros pour une quarantaine d’encaissements, contre 500 euros la veille. «Je ne me serai jamais imaginé voir ça un lundi, c’était la meilleure journée avec le samedi», se désole celle qui a plus de 35 ans d’ancienneté.

On est au bout de notre vie

Faute de clients, les équipes attendent que le temps passe : on scrolle indéfiniment sur sontéléphone, on papote, on replie ce qui a à peine été déplié… «Le plus dur c’est d’être confronté en permanence aux questions des clients. Pourquoi c’est vide ? Vous êtes en travaux ? Vous fermez quand ?» soupire un vendeur. D’autant plus dur qu’ils n’ont pas les réponses. «On en a marre, on est au bout de notre vie, c’est usant. Ça devient psychologiquement et socialement difficile à supporter», complète un autre. Plusieurs se disent même «en attente d’une délivrance», lassés de «ne pas pouvoir se projeter».

Très pessimistes sur leur avenir, les salariés ont raison de l’être. D’après nos informations, Karl-Stéphane Cottendin s’est tourné début juillet vers son nouveau bailleur, le fonds d’investissement canadien Brookfield, propriétaire des murs depuis fin mai – à l’exception de quelques centaines de m2 au deuxième étage qui sont directement loués à Unibail- Rodamco-WestHeld (URW), le propriétaire exploitant du centre commercial. Il lui a demandé une nouvelle rallonge pour financer le licenciement économique des salariés en échange d’une restitution anticipée de la totalité des surfaces pour la fin septembre.

En effet, impossible de recaser les 80 salariés du BHV Parly 2 (contre 118 en 2023) au magasin de la rue de Rivoli, déjà largement en sureffectif avec 640 salariés (contre 1 000 en 2023) pour une surface de vente réduite de 45 000 m2 à 15 000 m2. A l’origine, le BHV Parly 2 devait libérer pour fin juillet la moitié du rez-de-chaussée et du premier étage pour que Brookfield entame ses travaux, afin notamment de créer des boutiques propres qu’il mettrait en location. Le BHV devait ainsi n’occuper à terme qu’un tiers du premier étage et la moitié du deuxième étage. Lors de leur passage fin juillet et fin août, les huissiers ont pu constater que cet engagement n’était pas respecté.

Je ne demande pas la lune

Pourtant Karl-Stéphane Cottendin, interrogé par Libé le 20 juillet lors d’une conférence de presse, assurait au même moment que «Parly faisait bien partie du plan de relance du BHV» avec «un recentrage sur la maison» comme à Rivoli. Il chantait les louanges d’«un des plus beaux centres commerciaux de la région parisienne, entièrement refait (…) on a un emplacement rêvé, en face d’Apple et de la partie alimentaire. On a un beau magasin avec une très belle clientèle qui est fidèle au BHV». Une volte-face pour un groupe qui n’a plus les reins suffisamment solides pour assumer des coûts d’exploitation faramineux, avec des passages en caisse au compte-goutte.

Pour fermer le magasin de Parly 2, le dirigeant a fait part au propriétaire des murs de ses nouvelles exigences financières : qu’il abandonne les 360 000 euros de loyers (que le BHV n’a pas versé cet été) qui lui sont dus et, cerise sur le gâteau, qu’il s’acquitte du loyer que le BHV doit à URW (500 000 euros par an). Pas gêné aux entournures, Karl-Stéphane Cottendin demande donc également à son propriétaire de financer l’indemnisation des salariés.

Pour cette dernière requête, si initialement, l’exploitant a demandé une enveloppe de 10 millions d’euros, il a revu à la baisse ses ambitions et table désormais sur un peu moins de 5 millions d’euros. Un montant largement surévalué, d’après des estimations internes qui chiffrent le plan social, en prenant en compte l’ancienneté et l’âge des employés, autour de 2,5 millions d’euros au minimum. «Je ne signerai absolument jamais un plan de sauvegarde de l’emploi s’il n’y a pas une garantie pour que l’argent soit dépensé uniquement pour les salariés, affirme Christian Poncet. Je veux un accompagnement correct des salariés, je ne demande pas la lune, juste que ce soit propre.»

Pour l’heure, aucune discussion officielle entre les représentants syndicaux et la direction n’a été engagée. Interrogée par Libé sur ces négociations, l’équipe dirigeante du BHV rappelle son «projet [de relance du] BHV pour en faire le grand magasin de la maison, dans le Marais et à Parly 2».

Suspicion de cessation de paiement

Mais d’après nos informations, Brookfield, qui a déjà accordé au BHV une avance entre 4 et 6 millions d’euros en février (sur 8 millions d’euros au total) pour dédommager la libération partielle des surfaces à venir, est ouverte aux négociations mais conditionne leur ouverture à une preuve de non cessation de paiements de la part du grand magasin. Un sésame sur lequel ni le bailleur ni les organisations syndicales ne parviennent à mettre la main alors que l’exploitant assure mordicus ne pas être dans une telle situation.

Cette impasse a conduit à la saisie du parquet de Paris par l’Inspection du travail pour suspicion de cessation de paiements du BHV. Pour Brookfield, financer son locataire sans garanties financières suffisantes revient à prendre le risque d’être poursuivi pour soutien abusif. Mais le gestionnaire d’actifs a aussi tout intérêt à se libérer rapidement de son preneur : «Ils n’ont presque pas de travaux. C’est l’espace qui leur coûte le moins cher et qui leur rapportera le plus rapidement, ils peuvent rentabiliser tout de suite et ils savent faire, ce sont des bailleurs», analyse un interlocuteur au fait des discussions.

Depuis plusieurs mois, le bailleur et l’exploitant sont empêtrés dans une guerre de position concernant le respect de leurs engagements contractuels et la restitution des surfaces. «C’est un peu comme en bourse. Tant que tu n’as pas vendu une action tu n’as pas perdu. Karl-Stéphane Cottendin raisonne pareil. Tant qu’il n’a pas rendu ses surfaces, il se dit qu’il peut espérer gratter plus d’argent», grince une source proche du dossier.

Faux courrier

A tel point que les coups bas sont permis. D’après nos informations, à l’issue d’une réunion informelle qui s’est tenue fin juillet, un membre haut placé de l’équipe dirigeante a proposé aux délégués syndicaux de signer un courrier pré rédigé à destination du bailleur. D’après le brouillon que Libé a pu consulter, prétendument signé «l’intersyndicale du BHV Marais», «le projet de repositionnement du magasin autour de l’univers de la maison» est présenté comme «porteur» et «le départ de Shein» comme «une opportunité». Une position et des éléments de langage qui ne reflètent pas ceux des organisations syndicales. Cette manœuvre entend instrumentaliser les salariés pour mettre la pression sur le bailleur pour qu’il libère à nouveau de l’argent, malgré ses avances.

 «Depuis des mois, les salariés ont accepté des contraintes importantes afin de permettre la restitution rapide des surfaces à votre demande … Aujourd’hui, ces sacrifices n’ont toujours pas été suivis des investissements et du soutien dont le magasin a besoin pour assurer sa relance... Nous vous demandons de prendre clairement position en faveur de la relance du BHV Marais et de respecter les engagements financiers pris pour accompagner cette nouvelle étape», peut-on y lire. Le membre de la direction a reçu une fin de non recevoir. Sollicitée sur ce point, l’équipe de direction du BHV ne confirme pas cet épisode.

Mais d’en rajouter une couche vis-à-vis de son bailleur, usant d’une rhétorique similaire à celle du prétendu courrier. «Sur Parly 2 comme sur le BHV Marais le sujet est le même :

Brookfield demande la libération de surfaces des magasins, et doit honorer ses engagements d’indemnisation. Pour que le plan de relance du BHV soit déployé, nous avons besoin de la mobilisation de tous, et du respect des engagements de chacun. La position actuelle du bailleur met en danger le plan de relance», commente auprès de Libération l’équipe de direction du BHV.

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P
Martine Parent<br /> ·<br /> C'était inimaginable<br /> Un tel fleuron dans les abimes
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A
Bonjour , Ayant travaillée 44 ans dans ce grand magasin avec en plus une très belle clientèle. De le voir abimer par des incompétents ,me rend d'une tristesse infinie . Mes pensées vont surtout vers toutes les collègues que j'ai pu connaître et rester en contact encore un peu aujourd'hui. Je souhaite également beaucoup de courage à tout le personnel car je pense qu'il va falloir en avoir.
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L
Merci Anita pour ton commentaire. c'est si difficile pour le personnel !<br /> Amicalement
D
Ce que l article ne mentionne pas c est l impact sur l activité du centre et son association de commerçants. Outre une clientele csp +, l attractivité du lieu reposait sur la complémentarité équipement de la personne (printrmps)/ équipement de la maison (bhv) locomotives incontestées de la dynamique commerciale locale.
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G
Bonjour Christine , bonjour à tous merci pour cet excellent récit qui nous fait bien comprendre à quel point la messe est dite et que notre BHV au temps de sa splendeur ne le redeviendra jamais. Que va être la fin d'année si elle a lieu????? J'ai une immense pensée et un grand respect pour le personnel encore présent qui souffre moralement et physiquement sans connaître leur devenir .Pour les anciens de vivre cette dégradation <br /> Georges
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L
Merci fidèle lecteur ! Amitiés