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Le blog du Réseau Bazar BHV

La Presse : nous révèle clairement la situation actuelle

18 Septembre 2026 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #BHV news

La direction du BHV Marais est convoquée ce vendredi 18 septembre 2026 devant le tribunal de commerce de Paris. L'inspection du travail a émis un signalement, soupçonnant l'enseigne d'être en cessation de paiements en raison de plusieurs millions d'euros de factures impayées. Si la direction reconnaît des tensions de trésorerie, elle conteste fermement toute situation de faillite.

L'audience vise à examiner la santé financière du magasin afin de déterminer s'il convient d'ouvrir une procédure collective — telle qu'un redressement judiciaire — ou d'accorder un délai de paiement à l'entreprise.

Le BHV traverse une période difficile, marquée par une crise commerciale, financière et immobilière. Le conflit avec Brookfield concernant les surfaces, les loyers et les indemnités complique la relance du magasin, tandis que ses importantes dettes fragilisent sa situation financière. Malgré cela, la direction tente de redynamiser le BHV en faisant revenir des marques et en développant notamment les secteurs de la maison et de la décoration. La situation reste cependant bloquée en raison de la dépendance réciproque entre le BHV et Brookfield.Cet article des échos est tès bien rédigé, je vous laisse le découvrir.

La Presse : nous révèle clairement la situation actuelle

BHV : les coulisses du bras de fer qui se durcit entre le Nouvel exploitant et le fonds propriétaire des murs

Par Philippe Bertrand  Publié le 16 sept. 2026, dans les Echos

Le grand magasin parisien tente une relance depuis le 10 septembre, à l'occasion de la Paris Design Week. La moitié de la surface commerciale a été libérée pour le fonds canadien qui a racheté le bâtiment, mais reste vide faute d'un accord sur les indemnisations.

Le commerce regorge d'histoires de tensions entre les commerçants et le propriétaire des murs de la boutique. Les tiraillements portent sur le loyer ou les charges d'entretien. Le BHV n'échappe pas à cette tradition, en version « plus plus ». La relance du grand magasin se heurte aux désaccords entre son nouvel exploitant, Karl-Stéphane Cottendin, et Brookfield, le fonds d'investissement canadien qui, en janvier, a racheté le bâtiment aux Galeries Lafayette.

Karl-Stéphane Cottendin a repris en juin l'institution qui côtoie l'Hôtel de Ville de Paris à la SGM de Frédéric Merlin, avec une poignée de cadres. « Nous voulons raconter une nouvelle histoire et renouer avec les codes du grand magasin », affirmait alors ce Lyonnais, fils de commerçants et ancien banquier d'affaires chez Merrill Lynch, qui occupait jusqu'alors le poste de directeur général de… la SGM.

Shein partira le 28 avril

L'opération reconquête passerait par le retour de marques qui ont fui l'installation de Shein au sixième étage, avec l'ouverture d'une halle alimentaire (Cerise et Potiron) et d'un rayon animalerie au sous-sol, à côté du bricolage, d'une parapharmacie au rez-de chaussée et l'accent mis sur la maison et la décoration. Le départ de Shein interviendra le 28 avril prochain, selon nos informations.

Pour l'heure, une première relance a été opérée le 10 septembre après un été blanc durant lequel, sans être fermé, le magasin ne ressemblait plus à un grand magasin. Les vitrines ont pris les couleurs de la Paris Design Week, les best-sellers des marques de design encore présentes (Hay, Ferm Living, etc.) ont été regroupés sur 500 m2 au rez-de chaussée.

Un espace éphémère accueille de plus petits designers parisiens. Des ateliers de personnalisation de céramiques ou de dégustation animent le tout. Au fond, la librairie redescendue au rez-de-chaussée crée une ambiance intello-chaleureuse.

Surtout, la porte principale à l'angle des rues de Rivoli et du Temple, face au parvis de la mairie, a été rouverte. Le 14 septembre en début d'après-midi, des clients ou visiteurs assez nombreux arpentaient les allées. Le magasin revivait, de fait, dans un décor - murs, sol et plafond - propre et entretenu. « Une quarantaine de marques veulent revenir », assure la directrice marketing, Valérie Chaleyssin.

Celle qui est actionnaire du nouveau projet cite Le Tanneur ou Anne de Solène (linge de maison) et annonce l'arrivée de La Petite Etoile au premier étage qui expose la mode pour femme.

Mur de Berlin commercial

Le deuxième niveau conserve ses marques de mobilier, le troisième rassemble comme auparavant l'épicerie fine et l'art de la table. Le cinquième est vide, en revanche. Au sixième, Shein persiste dans une atmosphère crépusculaire.

« A chaque étage, nous créerons une zone baptisée 'bazar' qui accueillera de façon temporaire des marques moins connues », poursuit Valérie Chaleyssin. Mais le problème saute aux yeux : à chaque niveau, du deuxième au quatrième, au bout des rayons surgissent des espaces vides, un no man's land qu'aucune bâche ne masque.

Un genre de mur de Berlin commercial : d'un côté la couleur et un foisonnement de produits plutôt haut de gamme, de l'autre une zone grise et poussiéreuse. Jusqu'au 10 septembre, le rez-de-chaussée présentait la même dichotomie, jusqu'à ce que le nouvel exploitant décide de réoccuper l'intégralité des mètres carrés et de rouvrir les portes fermées.

Tout vient de l'accord signé entre la SGM et le nouveau propriétaire Brookfield lors du rachat du bâtiment de 50.000 m2. En échange d'une réduction de loyer de moitié (à un peu plus de 9 millions d'euros par an), Frédéric Merlin et Karl-Stéphane Cottendin (qui était à l'époque son bras droit) ont convenu de la restitution « conforme » de 50 % à 60 % des surfaces au fonds canadien. A charge pour ce dernier de les commercialiser ensuite à sa guise à de nouveaux locataires, après des travaux d'adaptation…

Le BHV est devenu ainsi un objet commercial non identifié, mi-grand magasin, mi-centre commercial, avec deux exploitants dont l'histoire ne dit pas comment ils coordonneraient leur offre, ni comment ils organiseraient leur marketing auprès des consommateurs. Le « moit-moit » ne réussit que dans la fondue suisse : moitié gruyère, moitié vacherin.

La partition aurait été plus simple si Brookfield avait pris les trois derniers étages et laissé le BHV se redéployer en version compacte sur les trois niveaux inférieurs. Las ! De savants découpages ont essayé de donner un peu de tout à chacun. On voit mal comment cela pouvait fonctionner au rez-de-chaussée privé de ses principaux accès. Sauf si Brookfield réaménageait sa part en accéléré avec de nouvelles marques ou enseignes.

Loyer et états des lieux

Le problème est que l'image est figée depuis juin. En raison d'un mélange de manque mutuel de confiance, et d'un manque de transparence et de financements du côté du BHV. Karl-Stéphane Cottendin a libéré les espaces prévus à la va-vite sans respecter les formes du contrat. Le BHV a refusé d'effectuer les états des lieux exigés. La mise aux normes n'a pas pu suivre. « De toute façon, les prestataires qui s'occupent de l'entretien ne sont plus payés. Certains accusent une ardoise de plus d'un million d'euros. Ils ne veulent plus venir », affirme un proche du dossier.

« Suivez l'argent », dit l'adage. A son arrivée, Karl-Stéphane Cottendin a affirmé devant la presse : « Nous avons les moyens d'une relance. » Il promettait le soutien des banquiers historiques du BHV. « Ce n'est pas un projet Duralex [pas assez solide, NDLR] », s'écriait

Frédéric Merlin qui assurait avoir « sponsorisé » l'opération.

Alertée par les salariés, qui ont fait grève vendredi dernier (la part patronale de leur mutuelle ne serait plus payée), l'inspectrice du travail du périmètre estime que le BHV est en cessation de paiement, rapporte l'AFP. « L'inspection du travail n'a pas les informations nécessaires à poser un tel diagnostic. Ce n'est absolument pas le cas », répond le repreneur aux « Echos ». De fait, l'opportun transfert du siège de la société d'exploitation de Lyon à Paris interdit pendant six mois au tribunal de commerce de Paris d'exiger les comptes qui ne sont pas publiés. Pourtant, le BHV est censé fournir à Brookfield un état des lieux mensuel de son chiffre d'affaires, selon nos informations.

Une source affirme que le BHV n'a pas payé son loyer en juillet et en août, au-delà de la franchise de six mois accordée après le rachat des murs. Du côté du repreneur, on explique que Brookfield appelle le loyer sur toute la surface et non sur la surface diminué de 50 %. Peut-être en raison du fait que les espaces n'ont pas été rendus dans les formes.

27 millions d'indemnités

Karl-Stéphane Cottendin ne répond pas à la question de savoir quel était le montant des financements annoncés lors de la reprise. A l'évidence, l'argent pouvant être versé par Brookfield en échange des mètres carrés restitués aux termes du contrat, en guise d'indemnité pour les pertes d'exploitation, représente sa seule poire pour la soif.

Avec cela il faut financer la relance mais aussi la dette fournisseur d'environ 100 millions d'euros, dont 30 millions à l'égard des Galeries Lafayette. « Plus de 80 % de la dette est restructurée », affirme le BHV, échelonnée, mais pas remboursée.

« Brookfield s'est engagé à nous verser 27,5 millions d'euros d'indemnités. Nous en avons

reçu 5 à ce jour, soit moins de 20 %, alors que vous avez répondu présent pour déménager la moitié des surfaces de Rivoli pour libérer les espaces qu'il réclamait. Près de 23 millions manquent encore à l'appel », a-t-il écrit aux salariés du BHV de Parly 2 dont il envisage la fermeture.

« Le plan de restitution des surfaces demandé par Brookfield [à Parly 2, NDLR] est un mauvais scénario pour tous : réduit au seul dernier étage, le magasin ne pourrait ni exploiter son potentiel ni relancer son activité », argumente-t-il. Au cœur de Paris comme à côté de Versailles (où est situé Parly 2), les exploitants du BHV ne comptent plus que sur la manne du fonds canadien. Et, chose curieuse : alors que la surface a été divisée par deux, le nombre d'employés reste identique (700).

De son côté, Brookfield conteste aussi bien le montant que l'exigibilité. Les manquements du BHV pourraient même, dit-on, entraîner la perte des avantages dont il a déjà bénéficié comme la franchise de loyer de janvier à juin.

Le fonds oppose aux demandes les clauses des contrats signés par Frédéric Merlin et Karl-Stéphane Cottendin. « Il n'est pas sûr que l'argent qui serait versé serait utilisé à bon escient », estime un connaisseur du dossier. Pourtant, Brookfield qui pourrait résilier le bail au motif des impayés ne le fait pas. Il envisage même, selon une source, de payer les prestataires pour l'entretien afin que le bâtiment ne soit pas fermé au public. Et de déduire les sommes des éventuelles indemnisations. Il n'a pas plus empêché le BHV de réinvestir l'intégralité de son rez-de-chaussée. Une forme de supplice chinois : on donne un peu mais pas assez…

« Si le BHV disparaissait et que Brookfield récupérait l'intégralité de la surface de vente, il lui faudrait la recommercialiser. Or, à Paris, l'immobilier de bureau et commercial souffre, et il faudrait faire cela à l'ombre de la Mairie de Paris », cingle un expert du commerce.

D'où le mortel statu quo.

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