Point sur le BHV au 13 septembre et Lu dans la Presse
Nous vous informons... A vous de vous faire votre opinion !
Le BHV Marais traverse une nouvelle crise avec le départ de marques phares comme Dior, Guerlain, Sandro, Maje, Claudie Pierlot et Fursac, on parlerait aussi d’un départ de Chanel ?(non certifié)
Ces retraits s’expliquent par une question d’image, aggravée par l’installation controversée de Shein dans le magasin, mais aussi et surtout par des factures impayées conséquentes.
La Direction du BHV dément tout problème financier et affirme que les paiements sont à jour. Elle met en avant la fréquentation record de Shein.
Dans la presse : Ouest-France du 12 novembre, nous livre un exemple:
Armor LUX s’est retiré dernièrement : Jean-Guy Le Floch, le président de l’entreprise de confection textile basée à Quimper (Finistère). « Ça dure depuis neuf mois. On leur envoie des stocks mais on n’est pas payés en retour ; il y en a pour 400 000 € de factures impayées », et 500 000 € pour France canapés, ci-dessous;
et les autres....
Comment la Direction peut préserver la réputation et l’attractivité du BHV en pleine période de Noël ?
2025 11 12 Le parisien, par Auguste Canier
Fini la cohue du jour J. Une semaine après l’installation controversée de Shein au 6e étage du BHV Marais à Paris (IVe), le calme est revenu sur le trottoir de la rue de Rivoli qui longe la devanture du grand magasin.
La longue file d’attente qui s’étirait sur une centaine de mètres et la nuée de journalistes ont laissé place aux affiches annonçant l’installation imminente des vitrines de Noël. Fini, aussi, l’obligation d’obtenir un ticket permettant d’accéder aux 1 200 m2 dédiés au géant chinois de la fast fashion. Le visiteur circule désormais librement dans le BHV jusqu’au 6e étage.
Des clients curieux qui ne s’éternisent pas
Ce mercredi en fin de matinée, dans les allées de la boutique Shein animée sans être prise d’assaut, les profils des clients sont variés. On rencontre de nombreux touristes, notamment d’Europe de l’Est, mais aussi quelques Parisiens, comme Jihane, enseignante quadragénaire venue en repérage pour sa fille. « J’ai attendu que la fièvre redescende un peu, mais je pensais voir un peu plus de monde », s’étonne la mère de famille, qui ne commande « que très rarement en ligne » sur Shein.
Si beaucoup de clients des premières heures ont fait part de leur déception concernant les prix affichés dans la boutique, Jihane, elle, n’est pas choquée. « Ça me paraît normal, étant donné qu’il s’agit d’un magasin physique », estime-t-elle. Sur ce sujet, la direction du BHV, qui n’a pas souhaité s’exprimer auprès du Parisien, avait expliqué le 5 novembre avoir fait le choix de sélectionner « le haut de gamme de ce que peut proposer Shein ».
« Il en faut pour toutes les bourses. De mon côté, je trouve ça assez raisonnable », abonde Vivianne, quinquagénaire venue du Loiret passer quelques jours dans la capitale. C’est aussi sa fille qui lui a demandé d’aller faire un saut chez Shein, mais la cliente ne compte pas s’éterniser. « On doit filer, on veut en profiter pour visiter Paris », raconte Vivianne.
Comme elle, beaucoup de clients sont de passage et découvrent le BHV pour la première fois grâce à l’enseigne chinoise, sans passer par les autres étages du grand magasin. « On a vu l’actualité, on voulait voir à quoi ça ressemble, mais on n’a jamais acheté chez Shein », témoigne Julien, père de famille venu de Compiègne (Oise) avec sa fille Noémie. Tous les deux n’ont pas prévu de faire des achats, ni chez Shein, ni ailleurs au BHV, « à moins d’un coup de cœur ».
« Une clientèle que l’on retrouve plutôt au Forum des Halles »
L’ambition de la direction, en accueillant Shein, était pourtant de redynamiser l’ensemble du grand magasin. Sur les cinq premiers jours d’ouverture de l’espace de vente du géant de l’ultra fast fashion, le patron de la Société des grands magasins (SGM) et propriétaire du BHV, Frédéric Merlin, revendiquait sur Instagram en début de semaine « plus de 50 000 visiteurs » chez Shein, pour un panier moyen de 45 euros.
« Près de 15 % d’entre eux ont poursuivi leurs achats dans les autres rayons », précisait aussi Frédéric Merlin. « 15 %, ce n’est rien du tout, d’autant que, pour le premier jour, les clients avaient le droit à un bon d’achat équivalent à la somme dépensée chez Shein dans le reste du magasin », rétorque une salariée qui travaille au 2e étage, dans la maison depuis près de 10 ans.
Parmi les employés du BHV, beaucoup estiment que « l’effet Shein » espéré par la direction n’a pas eu lieu. « Le budget des nouveaux clients est plus resserré. Beaucoup passent, nous voir mais sont en échec, ils trouvent ça trop cher et ils s’en vont », souffle la démonstratrice d’un corner de maroquinerie de luxe au rez-de-chaussée.
« On voit effectivement plus de passage, mais les gens montent directement au 6e puis repartent, observe un salarié au rayon mode féminine. Surtout, les clients du quartier, les habitués, ont déserté : on ne les voit plus », regrette-t-il. « C’est une clientèle que l’on retrouve plutôt au Forum des Halles habituellement, décrypte une autre employée. Des gens plus jeunes, des étrangers… Mais il est encore tôt pour avoir une tendance définitive, ça devrait se confirmer, ou non, dans les prochaines semaines », nuance-t-elle.
Dior et Guerlain plient bagage à leur tour
Shein ou pas, l’ambiance, reste quoi qu’il en soit, pesante en interne. « Shein, je m’en fiche un peu, il y a surtout des problèmes d’impayés envers les fournisseurs, et nous sommes en sous-effectif », critique un autre employé. Des impayés qui persistent, depuis le rachat du BHV par la SGM fin 2023.
Résultat, face à la polémique Shein ou à cause des retards de paiement à répétition, près d’une vingtaine d’enseignes ont déserté les étages du BHV. Dior et Guerlain, deux parfumeurs français emblématiques du magasin, détenus par le groupe LVMH (également propriétaire du Parisien - Aujourd’hui en France), ont plié bagage ces derniers jours. À quelques jours du « Black Friday » (le 28 novembre), et à quelques semaines de Noël, deux rendez-vous incontournables et essentiels pour le chiffre d’affaires du BHV, ces nouveaux départs suscitent l’inquiétude.
Et cet article du 10 novembre de Challenges :
par Guillaume Echelard
« Frédéric Merlin est un petit Tapie » : portrait de l’homme par qui le scandale de Shein au BHV est arrivé
Le patron du grand magasin de la rue de Rivoli à Paris a mis le feu aux poudres en ouvrant les portes de l’enseigne à Shein. Provocateur, le trentenaire jubile, mais se retrouve isolé, fragilisé par les impayés et lâché par ses derniers soutiens.
Ce mercredi 5 novembre, c’est le grand bazar au BHV. L’e-commerçant chinois Shein ouvre les portes de sa première boutique pérenne au monde au sixième étage du grand magasin, vénérable institution parisienne. En parallèle, les autorités françaises menacent le sulfureux géant de l’ultra fast fashion de suspendre son site, pour avoir commercialisé des poupées à caractère pédopornographique et des armes blanches. La rue de Rivoli est bloquée par la police et de nombreux visiteurs. Des manifestants, soutenus par Yannick Jadot (Les Ecologistes ) et Lucie Castets (ex-NFP ), dénoncent le bilan humain et écologique de Shein.
Au milieu du brouhaha, un homme, tout sourire, salue la foule. Frédéric Merlin, 34 ans, 233e fortune de France selon Challenges , propriétaire du BHV. « Les images parlent d’elles-mêmes , jubile-t-il. On ne s’attendait pas à une telle affluence . » En quelques semaines, en s’alliant avec Shein, l’homme d’affaires a allumé un incendie politico-médiatique. Lui se dit « fier » . Accro aux caméras, provocateur, charmeur… « Frédéric Merlin est un petit Tapie » , résume un acteur du secteur.
Un train de vie luxueux et une pluie de stars
Il écrit son histoire à la manière d’un conte de fées : selon sa légende, en 2011, âgé de 20 ans, un simple BTS en immobilier en poche, l’entrepreneur lyonnais fonde sa société de conseil avec un prêt étudiant de 15 000 euros au côté de sa sœur Maryline. En réalité, « il a surtout commencé parce qu’il a eu l’argent de Jean-Paul Dufour », rappelle un concurrent. Fort du soutien de ce riche industriel lorrain, ami de son père, aujourd’hui exilé en Belgique, Merlin lance en 2018 sa foncière Société des grands magasins (SGM).
Le jeune entrepreneur se met à réhabiliter des centres commerciaux de province en déshérence. « Il avait une approche pragmatique et nouvelle , se souvient Emmanuel Le Roch, expert du commerce. Il a cherché à créer du flux, en développant le loisir et la restauration. » En 2022, nouvelle étape : il acquiert sept magasins franchisés Galeries Lafayette non parisiens. « C’est un ambitieux et un bosseur », reconnaît Nicolas Gagneux, fondateur de la foncière 6e Sens Immobilier, qui a souvent collaboré avec Merlin. Un an plus tard, c’est la consécration : il met la main sur l’enseigne de la rue de Rivoli.
Avant que tout ne s’enraye. « Le succès lui est monté à la tête » , lâche un cadre des Galeries Lafayette. Sur Instagram , le nouveau propriétaire se met en scène avec le chanteur Gims, le basketteur Tony Parker , la Youtubeuse Léna Mahfouf , ou encore Nicolas Sarkozy . Cigare à la bouche, dans le cockpit d’un avion, à New York ou à Tokyo… Frédéric Merlin affiche un train de vie luxueux. « Il a compris que pour tromper le monde, il faut être sympathique et flatteur », attaque un ancien partenaire.
« Il dit être avant-gardiste, mais il y a surtout beaucoup de narcissisme »
Mais les affaires ne suivent pas. Le jeune homme accumule les impayés auprès de ses fournisseurs, dont certains, comme Le Slip français , claquent la porte. Il exploite le fonds de commerce du BHV, mais n’arrive pas à en payer les murs, repoussant sept fois la transaction avec la famille Houzé-Lemoine (Galeries Lafayette), rattrapé par la flambée des taux. Finalement, la Caisse des Dépôts vient à son secours et lui propose de participer au rachat du bâtiment.
Mais l’affaire Shein – avec l’ouverture d’une boutique au BHV et de cinq autres dans les magasins Galeries Lafayette (Reims, Dijon, Grenoble…) détenus par la SGM – va lui couper ses derniers soutiens : la Caisse des Dépôts rompt les discussions et le groupe Galeries Lafayette déchire son contrat de franchise, l’obligeant à renommer ses magasins sous l’enseigne BHV.
De nouvelles marques tirent leur révérence, d’agnès B. à Guerlain tout récemment. « Il s’est mis tout le monde à dos, raconte Nicolas Bonnet-Oulaldj (PCF), adjoint chargé du commerce à la ville de Paris. Il dit être avant-gardiste, mais il y a surtout beaucoup de narcissisme. »
Loin de se dégonfler, l’homme d’affaires déploie une photo géante de lui au côté de Donald Tang (PDG de Shein), sur la façade du BHV. « Un bras d’honneur » , s’indigne Bonnet-Oulaldj. Depuis, l’entrepreneur écume les plateaux de télévision, croisant le fer avec Cyril Hanouna ou Marc-Olivier Fogiel .
Combien de temps sa course folle durera-t-elle ? Il a jusqu’au 19 décembre pour racheter les murs du BHV, évalués à 300 millions d’euros. Difficile d’imaginer que les Galeries Lafayette lui accordent un délai supplémentaire. « Il est aux abois », estime un ancien des Galeries.
Shein pourrait-il l’aider ? Dufour va-t-il encore sortir le chéquier ? Si les Galeries devaient trouver un nouvel acheteur, Merlin leur compliquerait la tâche, pointent les experts. « Vendre un immeuble dont il est locataire pour environ dix ans n’est pas évident », résume l’un d’eux. Une chose est sûre : le nom du président de la SGM est sur toutes les bouches. En cela, il a déjà réussi son coup.
/image%2F0961441%2F20251114%2Fob_0a2996_image9.jpeg)
/image%2F0961441%2F20251114%2Fob_0bfd2f_image0.jpeg)
/image%2F0961441%2F20251114%2Fob_da6bea_image3.jpeg)
/image%2F0961441%2F20251114%2Fob_72a3d7_image4.jpeg)