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Le blog du Réseau Bazar BHV

Lu dans la Presse Challenges : Ces zones d’ombre qui entourent la vente des murs du BHV

28 Janvier 2026 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Lu dans la Presse, #BHV news

Challenges par Guillaume Echelard

28 janvier 2026 à 16h00

Ces zones d’ombre qui entourent la vente des murs du BHV au fonds canadien Brookfield

Le groupe Galeries Lafayette a annoncé la cession des murs du BHV, ce mercredi 28 janvier. L’acheteur serait le fonds canadien Brookfield. Frédéric Merlin a réussi à trouver une solution pour continuer à exploiter le mythique grand magasin. Mais bon nombre de questions restent sans réponse.

Frédéric Merlin peut souffler un peu. L’homme d’affaires a réussi à trouver un acquéreur pour les murs du BHV, l’emblématique grand magasin parisien de la rue de Rivoli. Depuis trois ans, le Lyonnais de 34 ans cherchait à racheter ce bâtiment, dont il exploite le fonds de commerce, à l’ancien propriétaire-exploitant, le groupe Galeries Lafayette (famille Moulin-Houzé-Lemoine), sans y parvenir. Après avoir échoué à trouver un partenaire bancaire, puis perdu l’appui de la Banque des territoires en pleine tempête médiatique sur l’ouverture d’une boutique Shein au dernier étage du magasin, l’entrepreneur a changé son fusil d’épaule en fin d’année dernière.

Il a renoncé à racheter les murs du BHV, laissant le fonds canadien Brookfield, dégoté par ses soins, mettre la main dessus, après des premiers contacts établis dès le mois d’octobre. La transaction a été finalisée ce mercredi 28 janvier. Aucun montant n’a été communiqué, mais d’après plusieurs sources, les murs du BHV étaient évalués à 300 millions d’euros pour 40 000 m². Mais que vient faire ce géant du private equity, qui gère plus de 1 000 milliards de dollars d’actifs dans le monde (dont 232 en Europe), dans la tempête politico-médiatique du BHV ?

Un investissement de 120 millions d’euros supplémentaire dans le BHV

Brookfield est présent dans le secteur de l’immobilier commercial, où il détient plus de 112 actifs dans le monde. « Ce sont des gens très sérieux, un des cinq plus gros fonds immobiliers au monde », raconte un bon connaisseur du dossier. Sur le Vieux Continent, Brookfield possède déjà une galerie commerciale sur la célèbre Potsdamer Platz à Berlin. Son arrivée en France date de fin 2024. Deux mois plus tard, il annonçait un investissement de 20 milliards d’euros dans les data centers dans l’Hexagone, confirmé en grande pompe lors du sommet Choose France.

Brookfield France, désormais mené par Grégory Benhamou (ex-BlackRock) semble toutefois vouloir rester discret, son nom n’étant jamais cité dans les communiqués. Sans doute que le brouhaha médiatique n’est pas du goût de cet investisseur qui, en France, met surtout en avant son appétit pour la digitalisation et la décarbonation.

Sur le papier, le ciel s’éclaircit donc pour Frédéric Merlin, alors que Brookfield se serait engagé à investir entre 120 et 150 millions d’euros dans la rénovation et la restructuration du bâtiment, travaillant main dans la main avec l’entrepreneur. Dans un communiqué, la SGM s’est réjouie de « la réhabilitation totale du bâtiment » à venir. Avec cet investisseur solide, Merlin pourrait donc mener à bien son projet de transformation du magasin. « C’est un gros partenariat, ce n’est pas un simple bail de trois ans », garantit une source proche du dossier.

« On pourrait avoisiner les 70 millions » : incertitude autour des impayés

Mais bon nombre de questions restent en suspens. Le jeune spécialiste lyonnais de l’immobilier commercial reste en effet à la place du locataire. Avec les Galeries Lafayette, le loyer payé par Frédéric Merlin était estimé entre 15 et 20 millions d’euros par an. Mais lorsque les Galeries détenaient les murs, via leur foncière Citynove, et exploitaient auparavant le fonds de commerce, le montant était de 30 millions d’euros. Si le montant du loyer payé par Frédéric Merlin à Brookfield n’a pas été communiqué, ce sera sans doute le nerf de la guerre. En 2024, le grand magasin a dégagé un excédent brut d’exploitation (hors frais de siège) de 9,6 millions d’euros. Positif, certes, mais fragile. Le résultat net n’a pas été communiqué et les chiffres 2025 ne sont pas encore connus.

La fragilité financière de Frédéric Merlin est d’autant plus préoccupante que les dettes s’accumulent pour lui. L’entreprise de ménage en charge du BHV a ainsi récemment suspendu le travail, en raison d’1,4 million d’euros d’impayés, avant de le reprendre ce lundi. Selon une source syndicale, l’homme d’affaires devrait également 30 millions d’euros au groupe Galeries Lafayette, pour des produits à leur marque faisant l’objet d’impayés. Certains fournisseurs du BHV ont encore aujourd’hui des factures non réglées. « Si l’on met tout cela bout à bout, on pourrait avoisiner les 70 millions », estime un représentant syndical du BHV.

Des chiffres fermement démentis par une source proche de la direction de la SGM, qui précise qu’il reste quelques impayés ponctuels qui pourront être plus facilement réglés, le dossier immobilier étant bouclé.

Alors, Frédéric Merlin parviendra-t-il à payer ses loyers à Brookfield ?

Pour combien de temps le discret géant du private equity restera-t-il lié à l’électron libre ultra-médiatique ?

Le BHV pourrait-il à terme se transformer en hôtel, alors même qu’en mai dernier Brookfield a mis la main sur Generator Hostels, spécialiste de l’hôtellerie, pour près de 800 millions d’euros, lançant ainsi une offensive sur ce secteur stratégique en Europe ?

« On entre dans le temps long, on va travailler sereinement et la transformation va prendre de 2 à 5 ans », estime une source proche de la SGM.

Avec le rachat des murs du BHV, une page se tourne donc dans ce feuilleton médiatique. Mais un nouveau chapitre commence.

 

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C
Je suis entrée au BHV Rivoli le 22 février 1969 comme secrétaire commerciale et déjà à l'époque dès rumeurs diraient qu'il finirait en hôtel cest dingue ! Presque 50 ans plus tard on y est. Dès que le bail de merlin l'enchanteur sera fini ....oups terminé.
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L
Tout est possible, mais à ce jour, Brookfield voudrait en faire un vrai grand magasin. Tout ne sera peut être pas autorisé à Merlin.
M
Merci Christine mais que d'incertitudes ...
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V
Bonjour Martine,<br /> Qu'il est bien loin le bon temps des shooting pour le BHV !<br /> La belle époque :)<br /> Meilleur souvenirs ...
L
Tu as raison, on va essayer d'y croire !