bhv d'hier
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°21 1906-1909 partie 4
Retrouvons nos clients Marie et Jean, au Grand Bazar de l'Hôtel de ville. Ils viennent pour s'habiller...
Vous dirais-je Marie, que vous vivez la fin d’une mode très marquée pour entrer dans une nouvelle ère !




Les robes sont encore alourdies, de motifs, volants, dentelles ! La manche qui va progressivement se raccourcir est encore bouffante. La taille est serrée et vous passerez bientôt aux robes Empire !
Les cheveux sont tirés et rassemblés en gros rouleau ou en chignon, et il faudra que cette préparation soit solide pour supporter le grand chapeau chargés de garnitures, décorations, fruits ou plumes !


Le grand Bazar de l’Hôtel de vile vous présente son rayon riche en cravates, foulards, fleurs et plumes pour mettre à votre cou.


Marie trouvera parapluies, ombrelles et petits sacs !

Mais c’est au Théâtre que la mode est la plus marquée. Le col a disparu et le cou est découvert ! « Décolleté » et la taille est haute.
Les manches ont perdu leur ballon et deviennent longues et plates.
La coiffure devient moins volumineuse. Les chaussures vont évoluer vers le style trotteur.
On lance les premières « jupes à terre », c'est-à-dire bas de la jambe, sans traîne à balayer le sol !
Le féminisme vestimentaire : Oui ! Mais assoupli, pratique pour l’automobile ou les nouveaux métiers : médecins, avocates ou cochères…
Continuons notre tour à la lingerie.... En fait... des jupons car le soutien gorge n'est pas encore vulgarisé et les femmes portent toujours des corsets! Donc vous trouverez des caches-corsets pour les élégantes. Bas et chaussettes à choisir ci-dessous!


Jupes et corsages;


S'il est des rayons qui n'existent plus et qui ont eu une place importante au Louvre et à la Samaritaine : ce sont les rayons pour les communions des enfants




Le rayon vêtements d'enfant était bien développé.Les tenues n'ont rien à voir avec celles d'aujourd'hui!




Passons au rayon Homme... Jean, comme tous les mannequins de ce catalogue a une petite moustache!...
La mode aux moustachus, comme aujourd'hui aux barbus! Encore que les petites barbichettes bien taillées se distinguent parmi la gente masculine !
La mode est au costume 3 pièces, le style est sobre. Le manteau reste du style Redingote. Les cheveux sont courts coiffés d'un chapeau pratiquement tout le temps.



Bonneterie Homme… Chemises... Caleçons et faux cols!



On a oublié les chaussures...


Une erreur de photo? !... octobre 2019 au BHV Marais!
Un rayon qui a existé aussi longtemps dans les grands magasins : Les vêtements de travail
Nous nous retrouverons en 1910!

Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°20 1906-1909 partie 3


Au Grand Bazar de l'Hôtel de Ville !...
Partons avec nos clients, un jeune couple qui s'équipe : Marie et Jean.
(les deux prénoms les plus utilisés au début du XXe siècle.)
Si certains objets n'ont pas beaucoup changé.... d'autres vous étonneront!
Il n'y a pas de produits électriques dans le secteur Equipement Ménager!.... Objets manuels... Il faut bien cuisiner !
Commençons par les Cuisinières ou Fourneaux qui permettaient de se chauffer et cuisiner!
Mais nous avions de véritables petits chauffages : poêles et façon cheminées à bois et à Charbon!
et des accessoires chauffage.



Pas encore de rayon d'aspirateurs pour Marie et Jean, ils s'équiperont donc au rayon Brosserie Nettoyage.
Un balai est toujours un balai !....
Marie et Jean vont choisir leur vaisselle dans un beau rayon avec un vaste choix!
De belles choses aussi au rayon Orfévrerie!
Allons au rayon ménage, ici les cuvettes, bassines, poubelles sont en émail et non en plastique...
Marie a repéré un stérilisateur à biberons et une lessiveuse sur réchaud pour faciliter le lavage textile.


Moulin à café, cafetières, casseroles, poêles... Gadgets ménagers : ouvre-Boites , presse-fruits...
et Surprenant ! le brûloir à café!
Le rayon Hydrothérapie est le nom donné au rayon Salle de Bain.
Pendant longtemps dans ce qu'on appelait la fosse... au BHV Rivoli entre le 1er et le 2eme étage ce nom " Hydrothérapie" était inscrit en très grsur le mural.
Evidemment... cela ne ressemble pas à l'équipement d'aujourd'hui.... Mais la douche .... non italienne est ingénieuse !....

Rejoignons Jean au rayon Bricolage.... Comme tous les clients.... Il adore se promener dans les allées, voir les comptoirs de bois!
Commençons, c'est logique.... par la Quincaillerie!
Et un petit tour à l'outillage à main!
Jean découvre ce nouveau rayon qu'on appelle "électricité"....
Celui, évoluera tellement sur un siècle... alarmes...téléphonie... qu’il serait bien étonné !
On apprécie la petite phrase, en bas de la page :

Marie veut voir le rayon meuble; Ah c'est du mobilier d'époque, Alinéa et Ikéa n'existaient pas!



Rien de particulier sur la Literie , mais c'est vrai que les matelassiers cardeurs se chargeaient de la fabrication des matelas en crin et laine.
C'est l'époque où apparaissent les premiers matelas à ressorts.
Le BHV a eu son Atelier de fabrication de matelas.
Si un ancien pouvait nous en parler, ce serait avec plaisir.


Rideaux en guipure ou en linon et rayon Blanc avec serviettes, draps, mouchoirs brodés !



Que la lumière soit !
Oui mais dans le catalogue 1906-1907, le rayon Eclairage ne nous propose que de l'éclairage Gaz et Pétrole !


Un rayon tapis et tissus déco bien développé !


"Il y a des rayons extraordinaires créés récemment" dit Jean à son épouse : l'optique et la photographie ainsi qu'un rayon "armes", allons les voir !


"On reviendra pour les vêtements : femmes, hommes, enfants, la semaine prochaine" dit Marie à Jean, "mais passons vite fait au rayon Papeterie pour acheter des plumes et un encrier.
Puis nous irons acheter un jouet à Pierre!" Il a été si gentil !
Le petit Pierre adore les toupies ! dit Marie.

Les enfants d'aujourd'hui ont toujours la même passion avec les toupies "Beyblade"!
Retrouvons nous la semaine prochaine pour découvrir avec Marie et Jean les secteurs nouveautés et accessoires.
CD
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°19 1906-1909 partie 2
Ah …la belle vie !
Paris s’étend vers la périphérie , les lampadaires ont remplacé les réverbères depuis quelques années .Les kiosques à journaux s’implantent par-ci, par-là dans la ville, puisque la presse s’est démocratisée.
N’oubliez pas que le journal est la seule source d’information : « Le petit journal, le petit Parisien, l’Aurore… »
Commerce :
Dans ce tournant du XXe siècle, les changements technologiques vont avoir une répercussion très importante sur la vie quotidienne « domestique » et la vie sociale s'améliore pour les employés.
C’est la grande époque des innovations majeures. Les nouveaux objets industriels autant qu’ils peuvent être utiles devront être esthétiques, séduire la clientèle. L’objet doit être beau, fonctionnel et simplifié !
L’objet se mécanise grâce à l’électricité le moteur remplace la manivelle et les appareils deviennent « Domestiques »… Fers à repasser électrique.
En 1907 : Création de Loréal par Eugène Schueller pour les colorants à cheveux.
1908 verra les filtres à papier MELITTA du prénom de la femme qui les inventa.
1909 Révolution pour les ménagères avec la 1ère lessive en poudre Persil.
Et pour vous …messieurs l’aspirateur balai Hoover !
Grands magasins et BHV
Les grands magasins étendent leurs gammes
On voit apparaître le 1er escalier mécanique en 1906 au Bon Marché.
Le Printemps inaugurera son escalier monumental le 19 mars, jour du Printemps.
De grands travaux sont effectués à la Samaritaine entre 1906 et 1907, du côté de la rue de la Monnaie.
1907, bouge du côté Galeries Lafayette avec la fin de l’extension de sa première partie.
1907, Decré à Nantes devient Grand Magasin, il deviendra BHV quelques temps avant de devenir Galeries Lafayette.
Revenons au Grand Bazar de l'hôtel de ville en 1906, Georges Viguier, Me Veuve Ruel et son neveu Henri gèrent seuls le magasin depuis 1901.
Les clients sont heureux de découvrir la variété des produits que nous apprécierons en 3 e partie.

De 1904 à 1905, une partie du magasin a été reconstruite, mais nous ne savons pas grand-chose. En 1907 le 4 rue du Temple est acheté .
Nous assistons à la révolution des transports urbains, avec le métro et surtout le Tramway qui permet au peuple de la Banlieue de venir à la Capitale.
Loisirs :
En 1908 à Paris un cirque est transformé par Charles Pathé en salle de Cinéma avec le plus grand écran du monde. En 1909 Il crée le 1er journal d’Actualités au cinéma : « le Pathé Journal » !
Que lit-on ?
Pour les enfants : la semaine de Suzette, Bécassine (1905), Cri-Cri (1907)

Les pieds Nickelés avec Croquignol, Ribouldingue et Filochard seront un succès. (1908)
Pour les adultes : Arsène Lupin de Maurice Leblanc (1905), Rouletabille (1 907) détective de Gaston Leroux et le Mystère de la Chambre Jaune !
1908 verra la sortie du journal « Les échos ».
Les femmes suivent la Mode!

1906 Première édition de : l'Echo de la mode, pour les femmes.

Cela coïncide avec le lancement d'une nouvelle mode féminine de la robe sans corset lancée par le Créateur Paul Poiret ... Il libère la femme!...
Lancement du 1er grand prix de l’auto, qui deviendra par la suite les 24 h du Mans.

Louis Blériot réalise un exploit en traversant la manche avec son aéroplane! Ce qui n’est pas sans nous rappeler 110 ans plus tard l’exploit de Zapata l’homme volant.
Sur le plan artistique :
La musique est omniprésente : des musiciens jouent sur les trottoirs ou dans les kiosques à musique créés à cet effet. Des cafés-Concerts émergent un peu partout. Tout est bon pour danser et les bals se multiplient.
On écoute des disques musicaux sur un gramophone, La voix de son maître !

Les grands peintres font toujours parler d'eux.
Cézanne meurt à l’âge de 67 ans (1906).
Monet expose les Nymphéas (1909).
Prochainement nous découvrirons ensemble des produits vendus
au Grand Bazar de l'hôtel de Ville
à travers un catalogue 1906-1907.
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°18 1906-1909 partie 1
J'ai divisé cette période en trois partie, la première traite de la politique et du social base de nos conditions d'aujourd'hui, la deuxième partie sera consacrée en partie au commerce et aux loisirs.
La 3e partie vous emmènera aux objets vendus au Grand Bazar de l'Hôtel de Ville.
En France 1906 : La population s’élève à 39,252 millions habitants
Politique :
Dès 1905 un homme d’origine bourgeoise se distingue : Jean Jaurès. Il crée la SFIO. Jaurès père du socialisme souhaite la réconciliation Franco-Allemande ; il se fera assassiner par un nationaliste le 31 juillet 1914 dans un restaurant non loin du Journal l’Humanité qu’il avait créé en 1904.
En 1905 le temps passé au service militaire fut réduit passant de 3 à 2 ans.
Le président Fallières Élu le 17 janvier 1906 succède à Emile Loubet. en remportant la victoire face à Paul Doumer. Il devient ainsi le 9e président de la IIIe République. Il cherche à se faire l'arbitre des classes politiques et souhaite rapprocher la fonction présidentielle des Français.


C’est cette année là que Dreyfus est réintégré partiellement dans l'armée, au grade de chef d'escadron (commandant). L'écrivain Émile Zola, le plus illustre défenseur de Dreyfus mort en septembre 1902, verra en juin 1908, ses cendres transférées au Panthéon
Fallières est un opposant à la peine de mort. En 1908, un projet de loi visant à l'abolition de la peine capitale est soumis à la Chambre des députés par le Garde des Sceaux Aristide Briand. La loi ne sera finalement pas votée, les députés et l'opinion publique y étant hostiles.
Il faudra attendre 1981, soit 73 ans pour que la peine de mort soit abolie en France, sous François Mitterrand et le garde des Sceaux (Robert Badinter).
1906 : La relation difficile, sur le régime de séparation entre l’église et l’état, se calme et est appliquée sauf dans les départements de l’Est de la France.
Social en France :
Sur le plan social : 2/3 des travailleurs sont des hommes et 1/3 des femmes et des adolescents. La mortalité est forte dans ce milieu travailleur : Tuberculose, syphilis et alcoolisme…
La vie à la campagne s’améliore aidée par les engrais et la mécanisation. Les paysans consomment davantage de produits alimentaires.
1906 verra un nombre de jours de grève considérable en France.
Une des premières causes fut une explosion violente, le 10 mars : coup de grisous dans les mines de charbon du Nord, à Courrières faisant 1 100 morts.
Le peuple proteste afin d’améliorer la sécurité et réduire le temps de travail; de 10 000 grévistes le 13 mars (80 000 mineurs), on en comptera 50 000 le 18 mars. La crise reste difficile à régler!

Plus tard dans le domaine industriel de la chaussure à Fougères, la grève sera très suivie. Mais c’est surtout le 1er mai que les travailleurs descendront dans la rue pour obtenir la journée de 8h.
En ville, la CGT instigue des mouvements sociaux. Clémenceau, chef de gouvernement (1906/1909) maintient une politique de répression. La Police ira jusqu’à tirer sur la foule en 1908 à Draveil.
Repos Hebdomadaire :
Si les employés ont obtenu 1 jour de repos par semaine, ils n’ont toujours pas de congés annuels ; néanmoins ce jour de repos favorise l’expansion des salles de Cinéma et distractions populaires.

Que dit cette loi, maintes et maintes fois remise en cause !...
La loi du 13 juillet 1906 sur le repos hebdomadaire est définitivement promulguée. Cette loi accorde à tous les salariés de l’industrie et du commerce un repos de 24 heures après six jours de travail par semaine. Comme on le voit, c’est l’article 2 de cette loi qui stipule que le repos hebdomadaire doit être donné le dimanche. Mais on y lit beaucoup de dérogations .
LOI du 13 JUILLET 1906 :
LE SÉNAT ET LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS ONT ADOPTÉ,
LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE PROMULGUE LA LOI dont la teneur suit:
ARTICLE PREMIER. — Il est interdit d'occuper plus de six jours par semaine un même employé ou ouvrier dans un établissement industriel ou commercial ou dans ses dépendances, de quelque nature qu'il soit, public ou privé, laïque ou religieux, même s'il a un caractère d'enseignement professionnel ou de bienfaisance.
Le repos hebdomadaire devra avoir une durée minima de vingt-quatre heures consécutives.
ART. 2. — Le repos hebdomadaire doit être donné le dimanche.
Toutefois, lorsqu'il est établi que le repos simultané, le dimanche, de tout le personnel d'un établissement serait préjudiciable au public ou compromettrait le fonctionnement normal de cet établissement, le repos peut être donné, soit constamment, soit à certaines époques de l'année seulement, ou bien:
a) Un autre jour que le dimanche à tout le personnel de l'établissement;
b) Du dimanche midi au lundi midi;
c) Le dimanche après-midi avec un repos compensateur d'une journée par roulement et par quinzaine;
d) Par roulement à tout ou partie du personnel. Des autorisations nécessaires devront être demandées et obtenues, conformément aux prescriptions des articles 8 et 9 de la présente loi.
ART. 3. — Sont admis de droit à donner le repos hebdomadaire par roulement, les établissements appartenant aux catégories suivantes:
1° Fabrication de produits alimentaires destinés à la consommation immédiate;
2° Hôtels, restaurants et débits de boissons;
3° Débits de tabac et magasins de fleurs naturelles;
4° Hôpitaux, hospices, asiles, maisons de retraite et d'aliénés, dispensaires, maisons de santé, pharmacies, drogueries, magasins d'appareils médicaux et chirurgicaux;
5° Etablissements de bains;
6° Entreprises de journaux, d'informations et de spectacles, musées et exposition;
7° Entreprises de location de livres, de chaises, de moyens de locomotion;
8° Entreprise d'éclairage et de distributions d'eau ou de force motrice;
9° Entreprises de transport par terre autres que les chemins de fer, travaux de chargement et de déchargement dans les ports, débarcadères et stations;etc….
Progrès social pour les femmes : il n’y a que 110 ans !
En 1909 : La loi autorise 8 semaines de congés Maternité (Non rémunérées), aboutissement de 3 ans de discussion.
Que d'évolution sur un siècle!
Pour le plaisir deux photos de catalogues de cette époque, avant de nous retrouver la semaine prochaine!

Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°17 1902-1905 vers un siècle d'évolution technologique
En ce début du XXe siècle, l’évolution de la technologie va avoir une répercussion très importante sur la vie quotidienne domestique.
C’est ainsi qu’avec l’électricité, le gaz, les poêles à bois la vie des maîtresses de maison devient plus agréable. L’avenir « confort de la maison » arrive à grand pas, grâce à la mise sur le marché et la diffusion des produits du Commerce.
C’est donc par l’évolution des grands magasins que la population accède à ses objets de progrès.

C’est ce que nous allons découvrir ensemble au fil des prochains articles.
1902 : Le Bon Marché fête ses 50 ans.
Vous connaissez tous au moins un produit issu d’un concours Lépine. Il faut savoir que c‘est cette année-là que le préfet Lépine crée un concours pour que les petits inventeurs fassent connaître leur ingéniosité.
Commercialisation de la lessive St Marc et pourtant… Paris est sale et on déplore : Les rats à Paris !... l’administration n’en vient pas à bout !
La carte postale illustrée prête à envoyer est créée tel qu’on la connait aujourd’hui avec le recto avec photo et le verso avec la partie courrier et la partie adresse
Pour les soirées en famille, sortie d'un jeu "du propriétaire foncier", nous attendrons 1933 pour que ce jeu inspire le Monopoly.
Le plaisir d'écouter le gramophone, ancêtre de l'électrophone. En 1904, la société Odéon lance les premiers disques double face, la vitesse variant de 74 à 100 tours/minute. Il faudra attendre 1920 pour que la norme soit de 78 tours! La musique est ainsi partagée en famille!

Et pour vous Mesdames, Emilie Cadole qui a coupé en 2, son corset quelques années plus tôt lance le soutien-gorge. Est-ce par pudeur ou par rareté, je n’en ai pas trouvé dans les catalogues du BHV; pourtant vous y trouvez des corsets, des caches corsets et des jupons !..
Nous avons échappé au pire... la mode était passée pour nos générations,
même si on nous vante les mérites du corset, nous sommes heureuses de notre liberté corporelle!
Au Grand Bazar de l'Hôtel de ville, on parle de Bonneterie pour Dames et non lingerie. Bon... Rien de très sexy!...


Dans l'annuaire de 1909, on trouvera l'adresse d'une fabrique de soutiens-gorge.

Désormais, on peut commencer à lire l’heure sur une montre au poignet : bravo Monsieur Cartier! (Il inventa en 1904 une montre à poignet pour un ami aviateur : Alberto Santos-Dumont (pour Rolex les débuts se feront en Suisse en 1905) mais l’habitude est encore : la montre à gousset.
Les montres au Grand Bazar de l'Hôtel de ville : Belle collection ayant son charme!

Depuis 1901 le rasoir mécanique remplace le coupe-chou !
1903 : Commercialisation des biscottes de Charles Heudebert !
En France
sur le plan culturel,
En 1902, deux grands hommes décèdent : le remarquable compositeur Verdi, l’écrivain Emile Zola et en 1903, on notera la mort de Gauguin et Pissarro.
1904- 1905: Les hommes de l’Art et de la littérature sont remarqués : Monet avec ses Tableaux sur la Tamise, Matisse, Cézanne, les fauves : G Braque, R Dufy, A Marquet…Frédéric Mistral
sur le plan sportif : Premier tour de France du 1er au 19 juillet 1903. Vive « la petite Reine », le gagnant parcourt 2400 km en 19 jours !

Première expérience des skis.
Sur le plan économique
en 1903 : Première grève des tisseurs du Nord à l’automne qui dura un mois.
1904- En avril Jean Jaurès fonde le journal « L’Humanité »
Sur le plan scientifique :
1903 Verre de sécurité inventé par le parisien Édouard Bénédictus, de la famille de Théophile Gautier chimiste, décorateur, peintre et compositeur français. En 1909, il déposera un brevet pour l'invention du verre feuilleté.
Pierre et Marie Curie remporte le prix Nobel. Marie Curie est la première femme à recevoir un prix Nobel.
Sur le plan politique
L’enseignement : La fermeture de toutes les écoles religieuses est décidée par Emile Combes,un anticlérical virulent, dès lors qu’il y a assez de places en école laïque, les réactions sont vives ;
C’est ainsi que le 12 décembre 1905, Emile Combes présente un projet très hostile envers les établissements scolaires gérés par le culte ou les frères des écoles chrétiennes. L’église est mise sous surveillance.
Aristide Briant plus modéré, rapporteur de la commission sur ce sujet, proposera un assouplissement. L’Eglise retrouve sa liberté mais par la loi de séparation de l’Eglise et de l’état, désormais, les églises deviennent propriété de l’Etat et confiées à des associations culturelles dirigées par des laïcs.
Le pape Pie X réagit et des incidents entre chrétiens et force de l’ordre sont fréquents. Cette loi suscitera des remous pendant des années.
Dans le monde :
Le pape Pie X remplace Léon XII décédé.
Sur le plan scientifique :
Balbutiement sur les Hormones lors de recherches par Starling (anglais)
on découvre que les chromosomes jouent un rôle dans l'hérédité.
Lancement du premier Barbiturique par 2 allemands : Le véronal.
1903 La recherche de Pavlov sur les réflexes conditionnés ont eu une grande influence sur la science,
Aux USA, le cornet pour la glace est créé!
1903 Aviation aux USA Les frères Wright célèbres pionniers américains chercheurs, ingénieurs, concepteurs, constructeurs et piloteront le Flyer : 1er vol motorisé.
Cet exemple sera suivi en France en 1906 au parc Bagatelle (Boulogne), Alberto Santos-Dumont vole avec un avion pourvu d'un moteur à essence

Pour les petits enfants, l’ours en peluche reçoit un succès prodigieux et sa commercialisation arrive dans les magasins. (Teddy Bear). Nom se rapportant à Théodore (Teddy) Roosevelt lors d'une chasse à l'ours sans résultat ! Créé par une allemande et présenté à la foire de Leipzig, ce fut le jouet préféré des enfants et le plus vendu en 1907.
Grands magasins :
1905 : La Samaritaine attaquent des travaux très important sur les rues de la Monnaie et de l’arbre sec. Sur le plan architectural, c’est une œuvre étonnante avec ses poutres, galeries et parties métalliques, ses décorations en lave émaillée. Nous avons un style Art Nouveau surprenant.
Le BHV se modifie, crée un catalogue :



1906 Le repos dominical est instauré, désormais le dimanche sera chômé. Les employés ne devront pas travailler plus de 6 jours par semaine. Bien sûr, cela ne s’applique pas aux transports publics, hôpitaux, restaurations et loisirs….
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°16 1901 Un nouveau siècle
1901 En France :
On compte au début de ce siècle 1 millier d’automobiles.
La vitesse est limitée à 20 km/h hors agglomération, et 12 km / en ville ; On ne rit pas !...
Seules les routes nationales sont goudronnées. En ville les rues sont le plus souvent pavées et quelques-unes goudronnées.
La police est à présent équipée de vélos. Ces nouvelles brigades prêtes à pouvoir aller plus vite pour arrêter les voleurs sont appelées « Les hirondelles », du nom du vélo le plus répandu et fabriqué à la manufacture de Saint Etienne.
Le gouvernement s’inquiète du faible taux de natalité qui côte 22,1% pour un taux de mortalité de 21,5%(Il est beaucoup plus élevé en Allemagne : 36% ou en Angleterre : 27%).
La France a besoin de main d’œuvre et fait appel à l’immigration : plus d’1 million d’étranger (Italiens et Belges principalement) viennent grossir les 39 millions d’habitants.
« 1901 » Evocation d’une loi ! Cette loi qui survit au fil des années, cette loi qui a favorisé tous les domaines de la vie associative. De la compétition sportive à l’action humanitaire, en passant par tous les sujets, la Loi de 1901 est omni présente.
Dans le monde :
La Reine Victoria 82 ans décède après 63 ans de règne. Elle sera remplacée par Edouard VII.
C’est l’année d’attribution des prix Nobel.
Communication : 1er essai réussi de la téléphonie sans fil. La TSF est née.
Pour le Bazar de l’Hôtel de ville
Evolution du BHV, avec la veuve de Xavier Ruel
Le 24 janvier 1901 est créée la société Veuve Ruel et Cie : Société en nom collectif au Capital de 11 millions de Francs, composée de :
Son épouse Marie-Madeleine Ponducery-Ruel,
Sa fille Françoise et son gendre Georges Viguier,
Son autre fille Pauline et son deuxième mari Henri Becker,
Ainsi qu’un neveu Henri Ruel.
Le BHV comprend alors les maisons n°48 bis rue du Rivoli, n°15 rue de la Verrerie sur un ensemble d’environ 188m²
S’ajoutent d’autres bâtiments au 15 verrerie : 1 (sur la rue) sur caves et 5 étages et 3 (ailes droite et gauche et fond de cour) sur cave et 3 étages, + 2 cours, le tout sur 836 m²
Au 18 rue de la Verrerie : Un bâtiment de 5 étages avec entrée par un passage de porte cochère d’une superficie d'environ 1200 m. Au fond, un grand hall avec galerie au-dessus, communiquant avec l'immeuble de 5 étages du 7 rue de Moussy.
Le 16 mai 1901 : Acquisition du 5 rue des Archives.
Le magasin compte 800 employés et est prospère.
Le bazar commence à vendre de la mode mais reste fidèle aux comptoirs à prix uniques qui avaient été pressentis par Xavier Ruel lorsqu’il a ouvert ses premières boutiques pour répondre au besoin des classes laborieuses qui souhaitaient trouver des boutiques ouvertes à leur choix et à leurs modiques ressources.
Le personnel travaille de 9h à 19h30 y compris le dimanche avec un jour de congés tous les 10 jours. Lors des périodes de fêtes, le magasin ouvre jusqu’à 22h
Une idée du Grand Magasin sur le plan social nous est racontée sur le Bon Marché !
Au bon marché, on retrouve l’esprit du règlement des grands magasins d’alors et la rigueur.
Dans le règlement du Bon Marché, où les horaires sont sensiblement les mêmes, on peut lire :
« A son arrivée, le personnel doit se faire inscrire sur les livres de présence. Les absences et les retards sans autorisation ne sont pas tolérés… Une mise convenable et une bonne tenue sont recommandées à tout le personnel »
Service des réfectoires, comme vous ne l'imaginiez pas:
« Chaque employé a droit à deux repas complets par jour, composés :
A déjeuner, d’un plat de viande au choix, d’un plat de légumes, et d’un dessert ;
A dîner, d’un potage, d’un plat de viande au choix, d’un plat de légumes, d’une salade et d’un dessert.
Il a le droit, en outre, à un demi-litre de vin par repas. Un supplément de viande est accordé à chaque repas à tous les employés qui en font la demande.
La nourriture doit être saine et abondante. La durée des repas est de ¾ d’h.
Règlement des employés logés parla maison.
Le bon Marché pourvoit au logement 1) des demoiselles qui n’ont pas de famille à Paris, au 16 rue de Babylone.
2) des jeunes gens qui ne peuvent pas habiter chez leurs parents, au 106 rue du Bac.
Ces derniers doivent rentrés à 11h précises le soir et minuit et demi le dimanche et jour de fête….
Le plus grand soin doit être apporté à la bonne tenue et à la propreté des chambres.
Un salon de réunion, avec piano et jeux divers, est à la disposition des Demoiselles.
Depuis 1872 des cours gratuits sont à la disposition des employés afin d’utiliser d’une manière instructive leurs soirées : Un cours de langue anglaise, un cours de musique vocale avec chorale ; un cours de musique instrumentale avec orchestre d’harmonie ; Une salle d’escrime
Un médecin est attaché à la maison, et les consultations sont gratuites. »
Le monde du Commerce
Les petits magasins éprouvent une certaine haine vis à vis des grands magasins et on peut lire dans un journal leur rage...



A suivre…
CD
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°15 1900 Décès de Xavier Ruel
J'aurais aimé vous proposer un article plus court! Mai j'ai préféré garder les beaux témoignages sur Xavier Ruel!
Alors, prenez le temps!...
La belle-Epoque est cette période qui commence en 1900 pour se terminer e 1913, veille de la grande guerre mondiale. Cette période se révèle économiquement et financièrement stable, après la succession de progrès scientifiques, physiques et économiques de cette fin du XIXe. Tous les signes nous permettent d’être optimistes : La fée Electricité arrive dans les foyers, le cinéma vient nous distraire tandis que les transports, tels l’automobile et l’aviation, semblent prévoir des lendemains heureux.
Véritable révolution féministe, en cette année avec les deux premières femmes avocates qui plaideront au Tribunal ! La révolution artistique et musicale sera dense.
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Pourtant le BHV est saisi d’une grande tristesse,en ce début d'année 1900; Xavier Ruel décède. Nous sommes le 31 janvier à 4 h et demi du matin. Ce père, fondateur du BHV, conseiller municipal, homme discret, bon, philanthrope vient de s’éteindre à Cannes à la villa des Enfants.
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Le 5 février 1900 eut lieu à Notre-Dame de Paris, une impressionnante cérémonie où les 800 employés du BHV assistaient, dont Monsieur Capoulin doyen des employés. Bien sûr le préfet de Police, les conseillers municipaux et généraux de Paris et les Hauts fonctionnaires de la Préfecture assistèrent à ses obsèques.
On peut lire dans l’Echo de Paris:
" Monsieur Ruel, conseiller municipal de Paris, propriétaire du Bazar de l’Hôtel de Ville, vient de mourir à Cannes, dans une de ses fondations philanthropiques, la « Villa des Enfants ».
M. Ruel, qui avait à Paris, une haute situation commerciale avait eu des débuts forts modestes ; il fut placier en article de Bazar et sa femme tint une échoppe foraine dans un terrain vague du quartier de l’Hôtel de Ville.
Monsieur Ruel avait été élu conseiller municipal du quartier de Notre-Dame le 4 mai 1884.
Démissionnaire le 19 février 1886, il fut réélu le 17 mai 1887 et son mandat fut, depuis toujours renouvelé.
Il avait fondé un réfectoire populaire dans la rue de la Verrerie, un dispensaire dans l’île Notre-Dame et une maison d’hivernage pour les jeunes filles poitrinaires à Cannes."

On peut lire aussi dans le petit Journal.
"Monsieur Ruel, qui depuis seize ans représentait au conseil municipal de Paris, le quartier Notre-Dame est mort d’une pneumonie, la nuit dernière dans sa villa de Cannes.
Xavier Ruel était né en 1822 à Annonay ; il avait débuté dans le commerce par les emplois les plus modestes. Avec quelques économies péniblement amassées, il ouvrit en 1846 à Lyon un petit établissement qui prospéra.
En 1854, Monsieur Ruel installait à Paris dans une boutique louée à la journée, un petit déballage qui réussit au point de devenir le Bazar de l’Hôtel de Ville"
Les différentes éloges et lectures lues à son enterrement en disent long, sur l’homme et sa personnalité.
Notre-Dame avait revêtu la grande toilette de deuil qu’elle arbore pour pleurer, avec le bronze de ses cloches, les voix de sa maîtrise, les psalmodies de ses chanoines… On enterrait un "Bazardier."
"Ruel avait débuté sans le sou. Et, par la force de la volonté et du poignet, il était arrivé à la notoriété d’abord, aux honneurs ensuite. Il avait fondé une maison de commerce populaire, un bazar grand comme une petite ville…
La vie de Ruel, le fondateur du Bazar de l’Hôtel de Ville, ne doit pas seulement servir à encourager les imitateurs, à prêcher les beautés de l’effort et les splendeurs de l’énergie aux individus. Elle doit servir aussi à justifier à défendre, un peu de notre société calomniée et à rassurer, ceux qui se demandent s’ils accomplissent le devoir social…. "
Son corps avait été déposé dans les caveaux de Notre-Dame.
"Ce matin, on l’a placé dans un catafalque immense élevé au milieu du Chœur, entouré de milliers de cierges. La nef tout entière a été tendue de draperies noires ; de place en place, on a déposé des torchères… Puis le cortège s’est formé devant la cathédrale, sur le parvis de Notre-Dame, envahi par la foule des assistants qui n’avaient pas pu trouver place dans l’église. Deux chars de couronnes envoyées par le Conseil Municipal et le Conseil Général des Employés du bazar, la société de secours mutuel, l’école Braille… Puis les délégations des élèves des écoles communales, de l’Orphelinat du dispensaire Ruel se sont placées en tête devant le char funèbre….
Par la rue de Rivoli, la rue de Turbigo, et l’avenue de la République le convoi a gagné le Père Lachaise. Devant la tombe, plusieurs discours furent prononcés."
Un homme cita Xavier Ruel, dans un de ses discours :
" Pour obéir, disait M. Ruel, à la tradition qui me confère le droit de vous donner des conseils, qu’il me suffise de vous dire : Continuez votre œuvre.
Assainissez, embellissez Paris, abordez et résolvez dans la mesure du possible les questions sociales. Nous sommes tous en effet d’accord sur ce point que le but de la politique doit d’être d’alléger les douleurs de ceux qui souffrent et les charges de ceux qui travaillent. Si nos efforts tendent vers ce double but, nous sommes sûrs que notre œuvre sera féconde »…
Un conseiller déclara :
"Pendant les années qu’il passa au milieu de nous, il ne compta que des amis. C’est que sous une écorce un peu rude, Ruel cachait une grande aménité de caractère et une grande bonté.
Il était notre doyen d’âge et il me plaît de rappeler ici avec quel accent convaincu, il nous parlait, dans sa dernière allocution de la justice et de la solidarité sociale qui sont disait-il la caractéristique d’un gouvernement vraiment républicain. Ses idées, il les mettait en pratique depuis longtemps.
Son âme bienfaisante et généreuse aller comme par instinct à tout ce que l’âge ou la maladie condamnait au repos et à la misère ; et les habitants du 4e arrondissement ne sauraient oublier combien il en fut secourable à tous et avec quelle discrétion et quelle affabilité il savait dispenser ses largesses. Il donnait avec son cœur.
Il aimait les petits enfants et les faibles, et vous savez ce qu’il faisait pour eux à Paris et dans sa maison de convalescence de Cannes.
Aussi, Ils ont eu sa dernière pensée et ses dispositions testamentaires ont assuré un lendemain aux œuvres philanthropiques qu’il avait fondées.
Ce qu’il faut surtout retenir de cette vie simple, si honorable et si bien remplie, c’est l’exemple des résultats obtenus par le travail, l’ordre et l’économie, mais c’est aussi l’usage judicieux qu’il fit de sa fortune.
Nul plus que Ruel n’a eu à lutter contre les difficultés de la vie, nul mieux que lui n’a su les surmonter, non par des concours bienveillants qu’il n’avait jamais rencontrés, mais par la force naturelle d’une volonté puissante et par le travail de tous les instants.
N’est-ce pas aussi, Messieurs, pour notre démocratie un spectacle réconfortant de voir un homme, né dans des conditions plus que modeste, arriver par son intelligence et son travail à cette grande situation commerciale qu’occupait notre collègue dans la ville de Paris ?
Ruel, tes collègues du conseil général te garde leur sympathie et leur estime profonde ; tes concitoyens tiendront à honorer, à perpétuer le souvenir des vertus que tu as pratiquées. Adieu !"
Puis ce fut le discours de Monsieur Fallot maire du 4e arrondissement.
"Mesdames, Messieurs
Au nom de la municipalité du 4e arrondissement de Paris, je viens accomplir un douloureux devoir. J’apporte sur la tombe de cet homme de bien le précieux dépôt de souvenirs émus et d’éternelle reconnaissance des petits, des laborieux qui viennent de perdre un bienfaiteur est un ami.
C’est, Messieurs, toute une population souffrante, qui se presse derrière moi et qui avec moi dépose un tribut de larmes et de regard sur le cercueil de Monsieur Ruel. Et, en ce moment solennel, sa tombe ne me paraît pas à sa taille.
Ruel, né pauvre, meurt riche sans avoir jamais su ce qu’était le luxe. Travailleur obscur d’abord, il débute chez les canuts, à Lyon vers 1840; mais pressée dans les règlements d’atelier, son activité est mal à l’aise : il s’en échappe et vient à Paris où les ressources de sa vaste intelligence commerciale trouve bientôt l’aliment nécessaire.
En 1854 il débute seul sur un terrain vague ou s’élève aujourd’hui l’immeuble du numéro 54 de la rue de Rivoli ; il sent bientôt le besoin des classes laborieuses de trouver des boutiques ouvertes à leur choix et à leurs modiques ressources ; il inaugure le magasin à « entrée libre ». Il crée le « Bazar » ; dès lors sa vogue devient prodigieuse et de 1855 jusqu’à ce jour, la fortune l’emporte dans un tourbillon vertigineux jusqu’au sommet des affaires parisiennes.
Mais il refuse de la suivre, cette fortune. Il reste l’homme des premiers jours de misère et dès qu’il peut songer, c’est aux autres qu’il songe.
C’est pour les travailleurs qu’il crée en 1876 sa « pension alimentaire ». Dix ans, à grands frais, il la maintient ; mais elle devient nuisible aux intérêts des petits commerçants de son quartier, il la supprime.
Il tourne ses vues vers une fondation meilleure, celle qui sera son œuvre de prédilection, « le Dispensaire Ruel », qu’il ouvre en 1887 et où, depuis, il reçoit chaque jour plus 100 enfants, sans distinction, ceux qui s’offrent, et à qui à l’aide de médecins dévoués et de soins assidu, il rend la santé et quelques fois la vie, pendant qu’il rend aux familles l’espérance et le courage. Et tous ceux qu’il a secourus pendant ces 12 années témoignent de leur reconnaissance pour cette œuvre maîtresse, à laquelle la ville de Paris a rendu hommage.
Mais ce n’est pas assez. Ruel qui avait dès la guerre de 1870 commençait des distributions de secours en nature et en argent, les continuera infatigablement chaque année pour tous ceux qui s’adressent à lui ou que sa sollicitude découvre. Mais aussi il n’est pas dans notre arrondissement un seul ménage pauvre où sa bonté ne se soit pas fait sentir.
À Cannes en 1892, il fonde la « villa Louise Ruel »ou 40 à 50 jeunes filles malades vont chaque année reprendre la santé et la vie.

Son mandat de conseiller municipal qui lui étaient confié pour la première fois en 1884 par le quartier Notre-Dame et qui lui fut renouvelé quatre fois depuis, lui donne une nouvelle autorité, et avec ce mandat il entre de plein droit dans toutes nos grandes commissions de mairie, ne s’en regardant que comme plus obligé encore à s’occuper de ceux qui souffrent.
Lorsqu’en 1893 l’armée de son personnel fêtait au Casino Notre-Dame sa nomination de chevalier de la Légion d’honneur la joie de tous, lui fut certainement plus sensible que le ruban de sa boutonnière.
Et c’est ainsi que, pendant 20 ans, la municipalité du 4e arrondissement marche côte à côte avec cet homme de bien, resté humble dans la fortune et dont la personnalité bienfaisante toutefois nous fut quelques fois, préjudiciable ; lors ce que nous faisions appel à la charité publique ou à la générosité municipale pour nos œuvres de mairie nous nous attirions invariablement cette réponse « vous avez Ruel. »
On peut dire qu’il vient de mourir au champ d’honneur car c’est en venant de Cannes le mois dernier, pour présider lui-même à sa dernière distribution de secours, qu’il remporta le germe du mal qui devait nous le ravir.
Messieurs, aussi longtemps que les « Caisses de retraite pour la vieillesse » que les « Sociétés de secours mutuel et de prévoyance » n’auront pas garanti efficacement le travailleur contre le retour offensif des âges ; aussi longtemps que les efforts de notre société n’auront pas conquis le droit à la vie pour l’enfant le droit au travail pour l’adulte, le droit au repos pour le vieillard, aussi longtemps nous devrons nous incliner devant cette grande vertu chrétienne : « la charité », et honorer ceux qui la pratiquent. Ruel était de cela, au premier rang.
Il eut toutefois deux faiblesses, il ne croyait pas à la mort possible et i il ne méprisait pas la calomnie.
N’acceptant pas la possibilité de la mort bien, il se croyait la source éternelle de vie qu’il répandait autour de lui, et qui, lui disparu, s’arrête inquiète du lendemain.
Ne pouvant se résoudre à mépriser les calomnies, il regardait avec amertume le mal qu’on lui rendait parfois pour le bien qu’il faisait.
Aussi trouvons nous Ruel, dans sa longue carrière, heureux du bien qu’il avait fait, mais hésitant pour le bien qu’il allait faire ; et c’est là le secret de cette grande inquiétude du lendemain qui hante les travailleurs dont il avait pris la garde.
Heureusement, sa veuve, sa famille héritière des grands principes d’humanité de leur chef ne voudront pas j’en ai eu la confidence, laisser périr les œuvres que Ruel a fondées et c’est par sa famille encore que sa personnalité, dans les bonnes actions à venir revivra éternellement parmi nous.
Et cet homme qui n’acceptait pas la mort avait raison ; vous qui le pleurez avec nous. Madame qui avait été sa compagne de travail et la confidente de ses succès et de ses peines ; Vous ses fils et ses filles dont il aimait à parler comme les dignes successeurs de sa vie toute de labeur, vous aurez souci de perpétuer la mémoire de cet homme de bien que nous retrouvons en vous."
Xavier Ruel repose au Père Lachaise auprès de sa fille.
A sa mort le BHV comptait 800 employés. Quelques mois après le décès de Xavier Ruel, le monde entier a les yeux tournés vers la Capitale pour l’ouverture de l’Exposition Universelle dont nous avons parlée précédemment.
A suivre...
CD
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°14 1900 à Paris
1900 :
C'est nouveau ! L’observatoire de Paris décide que le jour doit se compter de 0 à 24 h.
Un siècle s’achève, témoin d’une activité créatrice et puissante il vit l’embellissement et l’assainissement de la capitale, le nouveau commencera en 1901.
Après les agitations et les luttes de cette période, les Français aspirent à des années de bonheur et d'apaisement.
L’analyse de ce XIXe siècle, à travers ce que nous venons de vous décrire, nous oblige à constater qu'il fut une succession de progrès.
Le niveau intellectuel s’est élevé grâce à l’instruction et l’accès aux universités pour les classes populaires.
Cette année, on compte 2 millions et demi d’habitants à Paris.
1900 voit un événement important en l’exposition universelle.
Elle ouvrira ses portes le 14 avril et les refermera le 12 novembre. (48 millions de visiteurs)
76 000 exposants pour 55 000 en 1889.

Jamais et nulle part, on ne réussit un spectacle aussi somptueux, merveilleux, grandiose !
Des éléments marquants… demeurent encore aujourd’hui :
Le petit Palais des Beaux-Arts (6 500 m²) où sont exposés les chefs d’œuvre d’Art Français : meubles, ivoires, bijoux, bronzes, émaux, tissus, vitraux etc….
En face, le grand Palais 35 000 m²où se trouvent les expositions centennales (comme les moyens de transport) et décennales des Beaux-Arts Français et étrangers.
Face au nouveau « Pont Alexandre III », d’une seule arche, l’esplanade des invalides avec de superbes jardins entourent le palais des manufactures.

Vous admirez le Trocadéro et ses expositions coloniales, le Palais de l’électricité, le champ de Mars avec le château d’eau et les expositions le long des berges de la Seine....
Les organisateurs réussissent à faire vivre la féerie de la vie avec le spectacle de l’électricité, la décoration et mouvements lumineux, les lumières et le son !

Le XXe siècle sera le siècle de la Physique !
Quelques photos valent mieux que des mots...
On notera quelques éléments importants en cette année 1900 :
Au Théâtre Sarah Bernhardt joue l’Aiglon ; le cinéma est diffusé sur des écrans géants et la grande roue est présente ! Cette année-là, Monsieur Rudolf Diesel expose son moteur révolutionnaire fonctionnant à l’huile d’arachide. Enfin, la ligne de métro n °1 Maillot-Vincennes ouvre en juillet.
Parlons un peu du fondateur du BHV : Xavier Ruel

Le prochain article sera destiné exclusivement à Xavier Ruel, les éloges sur sa vie politique et son décès le 31 janvier 1900.
Je reviendrai quand même, aujourd'hui, sur un moment de sa vie , dont nous n'avions jamais parlé
Rappelons-nous, en mai 1884, il bat Monsieur Guyot comme conseiller municipal pour le quartier de Notre-Dame. Mais, quand on est un homme politique, les querelles vont bon train et il y a toujours des gens prêts à vous salir !...
C’est alors que le journal ", la lanterne", en février 1886 l’accuse ...
Article : « Fumisterie Philanthropique
L'industriel-philanthrope de la rue de Rivoli, le propriétaire du Bazar de l'Hôtel-de-Ville, le fondateur du plus grand fourneau de l'univers, vient encore d'être pris en flagrant délit, de fumisterie philanthropique. Tout le monde se rappelle la réclame qui précéda l'ouverture des nouvelles galeries de cet industriel en tous genres. On devait trouver, dans les nouveaux rayons, un vaste assortiment d'objets de bijouterie, à des prix extraordinaires de bon marché. Alléchés par l'espoir d'une grosse commande, les petits fabricants du Marais vinrent, en grand nombre, offrir leurs articles!
A l'étonnement de tous, il ne fut donné que quelques maigres commissions et, encore, ne concernaient-elles que des objets de fantaisie ou de doublé. Le jour de l'ouverture du magasin-annexe, les fabricants déçus se portèrent, en foule, au grand bazar pour voir la vente des quelques articles objets achetés à l'industrie parisienne. Mais. ô surprise! Le pèlerin du bazar avait renouvelé le miracle des noces de Cana.
Au lieu et place des bijoux doublés s'étalaient quantité de montres, de pendules, de candélabres, etc. Plus fort que son maître, qui ne multipliait que des pains, le père de la cuisine industrielle avait changé du zinc en argent, du cuivre en or, des boucles d'oreilles en pendules!
Mystifiés et abattus, les fabricants du Marais s'éloignèrent et le camelot-philanthrope, du haut de sa marmite, a dû rire de leur confusion. Mais attendons la fin. Il advint, un jour, que des employés du contrôle, auxquels les miracles renouvelés du Christ n'en imposaient pas, tentèrent quelques questions touchant l'origine miraculeuse des objets exposés. Et, ils constatèrent qu'ils étaient en présence de bijoux FOURRÉS( titre inférieur au titre légal), de provenance Allemande! Ils en opérèrent la saisie et mirent également sous scellés de nombreuses caisses miraculeuses qui, venant directement d'Allemagne, attendaient, en douane, le moment de faire leur apparition….
Nous dirons aussi au propriétaire du grand bazar: La philanthropie ne consiste pas à distribuer des écuelles de soupe; car un grand, nombre de ceux qui viennent goûter à votre bouillon démocratique n'en seraient pas réduits à cette extrémité, si vous ne les aviez obligés à quitter leurs ateliers, fermés par les fabricants que vous ruinez par votre concurrencé déloyale, à l'aide de produits allemands. La philanthropie ne consiste pas, en résumé, à affamer un individu pour avoir le plaisir de le gratifier d'une soupe. Il est plus humanitaire de lui donner du travail ou de lui laisser celui qui le fait vivre que de le réduire à la mendicité pour avoir la gloire de lui faire l'aumône. »
Propos violents, diffamatoires, scandaleux!
Xavier Ruel, préfère démissionner, car pour lui un élu ne doit pas être soupçonné.
Après un procès, sa bonne foi est reconnue et « la lanterne » est condamnée à une amende et des dommages et intérêts. D’autres attaques suivront !...
Il se présente quand même en 1887 et gagnera avec un peu plus de 1000 voix sur son adversaire.
Il restera conseiller jusqu’à sa mort.
On notera au passage qu’il fut nommé Chevalier de la Légion d’Honneur le 1er janvier 1893 pour ses œuvres philanthropiques.
A suivre...
CD
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°13 1897-1899

Xavier Ruel
Le rythme des acquisitions s’accélère vivement, sur deux ans :
En 1897 : rue de la Verrerie : le n°43 en février, le n°53 en avril et le n°51 en mai.
En 1898 : Entre janvier et avril : n°33, 35, 55 Verrerie,
En janvier les, n° 6 et 8 de la rue du Temple ; les numéros : 8 et 10 impasse du Coq st Jean, ainsi que le n° 49 Rue de la Verrerie,
En mars, le n° 47 de la rue de la Verrerie et le n° 3 de la rue des Archives.
Je vous laisse imaginer!....
Le 2 novembre 1899, sera construit sur 575 m² un bâtiment à usage commercial.
Xavier Ruel avait une autre face moins connue de sa personnalité : la Politique.
Le 4 mai 1884, il fut élu conseiller municipal de Paris pour le quartier de Notre-Dame comme Républicain indépendant contre un Monsieur Guyot.
Il fut élevé « Chevalier de la Légion d’honneur » en 1893.

Grands magasins :
Les galeries Lafayette s’agrandissent, les deux créateurs Kahn et Bader achètent l’immeuble dont il louait une partie.
En 1899 Les Galeries Lafayette deviendront Société Anonyme.
Le Printemps : Alors que le magasin fut reconstruit après l’incendie de 1881, en utilisant les nouvelles techniques du fer et du verre, il est superbe en 1884. Son créateur est élu député de la Nièvre (terre de son enfance) de 1889 à 1902. Il se diversifie dans la Nièvre (Chaussures, passementerie, cimenterie).
La mode est présente, dans toutes les grandes enseignes de Paris. Les produits de beauté bénéficient de publicité.
Félix Faure décède brutalement à l’Elysée en 1899.

C’est Emile Loubet qui lui succède et deviendra président, jusqu’en 1906. Il reçoit le tsar Nicolas II de Russie en 1901.
Paris progresse ...
Les travaux de la ligne de métro n°1 que vous avez fréquentée, commenceront en octobre 1898 pour s'achever en juillet 1900. Quelle aubaine pour le BHV.

De 1897 à 1900 est élevé le Grand palais, ainsi que le Petit Palais de style néoclassique.
Les grands magasins agissent sur le plan social.

Comment se déplacer à Paris! Vous avez le choix!...
La triplette.......ou les patins Bicyclette ,



Préférez-vous l'omnibus ?
Ou l'automobile ?

La pratique du sport s'élargit :


Terminons cette fin d'année 1999 par cette superbe affiche du BHV

A suivre...
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°12 1894-1896
1894
BHV : le 23 janvier, Xavier Ruel achète le n°45 de la rue de la Verrerie et en fin d’année le n° 5 de l’impasse du Coq St jean.
Grands magasins :
1894 Alphonse Kahn et son cousin Théophile Bader exploitent une petite boutique de frivolités pour la mode, d’une dizaine de m² : « les Galeries Lafayette ».
Les futurs magasins réunis :
Antoine Corbin qui a créé de nombreux magasins dans l’Est de la France, ouvre « le Bazar du Château d’eau " place de la république".



La mode de 1891 à 1894 a peu évolué. Taille serrée et hanches galbées.
En France:

Le soir du 12 février 1894, un anarchiste Emile Henry lance une bombe dans l’Hôtel Terminus près de la gare Saint Lazare. Une vingtaine de personnes furent blessées.
1894, le 25 juin, le Président Sadi Carnot tombe sous le couteau d’un assassin anarchiste italien : Sante Geronimo Caserio. La France pleure ce président consciencieux, laborieux, digne, aimable et ferme. Des funérailles nationales sont organisées, il sera inhumé au panthéon.
Jean Casimir Périer sera élu Président, le 27 juin 1894, il démissionnera 6 mois plus tard le 16 janvier 1895.
1895 : Paris prend l’aspect d’une capitale cosmopolite. Les parisiens délaissent leur ville, le weekend ou l’été et s’évadent à la campagne ou les bords de l’eau ou des voyages au bord de la mer !
1895 Quelques Publicités BHV !



1895 :
Félix Faure est élu en 1895, il se rapproche de la Russie, il reçoit le Tsar Nicolas .
1895 Loisirs : Paris prend l’aspect d’une capitale cosmopolite. Les parisiens délaissent leur ville, le weekend ou l’été et s’évadent à la campagne, les bords de l’eau ou des voyages au bord de la mer !

Les frères Lumière ont créé le cinématographe (aux deux fonctions de caméra prise de vue et projection). La première séance cinématographique publique ! C’est exceptionnel !
Le propriétaire du Grand Café, 14 Bd des Capucines céda son sous-sol à raison de 30 F par jour. La période de Noël avait été choisie à raison d’1 F la place. Une dizaine de courts métrages, était projetée pendant une vingtaine de minutes. Le succès fut tel qu’on comptait 2000 à 2500 clients par jour. Quel étonnement de voir ces tableaux en mouvement, les spectateurs hallucinaient ! Le cinéma était né !
Les écrivains de l’époque continuent d’écrire, Emile Zola, Pierre Loti, Alphonse Daudet, Sully Prudhomme. Anatole France, Georges Sand…
Alexandre Dumas fils meurt (La Dame aux Camélias),
Le 5 octobre sont célébrées les funérailles nationales de Pasteur. Grace à lui, l'hygiène est devenu un point plus important au quotidien.
1896 :

1896, Félix Faure est confronté au développement de l'affaire Dreyfus, officier juif de l’armée française condamné fin 1894 à la déportation en Guyane.
Les jeux Olympiques eurent lieu à Athènes grâce à Pierre de Coubertin.
Soucieux de promouvoir la Paix dans le monde par le sport, P de Coubertin développe le sport et l’athlétisme. L’ouverture des jeux olympiques eut lieu un 25 mars et les épreuves durèrent une dizaine de jours sous les yeux de 80 000 spectateurs.
1896 –1898 Années scientifiques!
Fantastiques découvertes de la physique fondamentale
En Allemagne M Roetgen découvre les rayons X.
le Français Antoine Henri Becquerel découvre la radioactivité
Pierre et Marie Curie, découvre le radium,
les rayons X seront utilisés en médecine dès 1897.
1897 : Un anglais : Joseph John Thomson, découvre l’électron.
1898 : Pierre et Marie Curie découvre le polonium.
1896 :Développement de l'automobile.
Exceptionnel, l’automobile se développe et l’on assiste à la première course organisée par "l’Automobile Club de France" : Paris-Marseille-Paris soit 1744 km qui se déroule sur dix jours du 24 septembre au 3 octobre. Les étapes successives, les progrès des automobiles, la qualification des concurrents exaltent la population. Il faut braver, la chaleur, le mauvais temps le vent, le Mistral... La grande aventure !

Les voitures de Classe A 1ère série de 2 à 4 places, 2éme série : + de 4 places, et les motocycles
38 voitures, (4 à vapeur et 34 à pétrole) et 14 véhicules divers( à pétrole) prirent le départ.


La vitesse moyenne des automobiles fut de 22 à 30 km/h selon les étapes! Panhard et Levassor furent les grands gagnants.




Les représentants, des véhicules à moteur à vapeur, eurent de très faibles résultats et ce moyen de locomotion sur route fut définitivement abandonné.
























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