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Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°11 1889-1893
PARIS : 1889,
Le 6 mai, le président Carnot inaugure l’Exposition Universelle pour fêter le centenaire de la révolution. Elle reçoit d’innombrables visiteurs et la Tour Eiffel achevée, attire la foule.
« Un représentant des ouvriers de la Tour Eiffel prononce une allocution au Président Carnot « Le centenaire que vous célébrez aujourd’hui…montre combien le gouvernement de la république est soucieux des intérêts des travailleurs et prouve que la France sera toujours le berceau de la civilisation et du progrès…Ce gigantesque travail est presque achevé et c’est avec un sentiment d’orgueil que nous sommes fiers de cette présentation… Car nous montrons que l’industrie française sait surmonter tous les obstacles, quelques périlleux qu’ils puissent paraître, dès qu’il s’agit de la gloire du pays !... »

Imaginez …. En regardant la tour Eiffel, l’exposition d’horticulture à sa droite et d’arboriculture à sa gauche. Par delà du champ de Mars : les 3 palais couronnés de dômes. Au dernier plan, le palais des machines et au premier plan l’Histoire de l’habitation Humaine. … les galeries de l’agriculture…
Ainsi l’exposition est découpée par genre et rien n’est oublié :
- Les œuvres d’Art,
- L’éducation et enseignement matériel (de l’éducation du petit enfant , en passant par l’imprimerie, la librairie, la photographie, la musique, la médecine, la géographie et la topographie…
- Le mobilier et accessoires (meubles, cristaux, verrerie, bronzes, tapis, horlogerie, chauffage, maroquinerie, vannerie, brosserie…)
- Les Tissus, vêtements et accessoires
- L’industrie Extractive
- L’outillage et procédés des industries mécaniques. Electricité.
- Les produits alimentaires.
- L’agriculture, viticulture et pisciculture.
- L’Horticulture
Cette multi- exposition nécessite beaucoup de temps pour la visiter
Les moyens de locomotion dans l’enceinte de l’exposition diffèrent : un petit chemin de fer de 6 km, des fauteuils roulants élégants et légers et des ânes égyptiens, très beaux tout blancs de poil, conduits par des âniers d’Egypte, en costume national !
L’éclairage électrique est présent dans de nombreuses parties de l’exposition et cela… c’est le progrès !
La clôture de l’Exposition eut lieu le 6 novembre. Tout, fut succès, mais l’exposition Habitation, en particulier Coloniale où une véritable ville orientale avec ses fines tours et ses minarets brillaient sur l’esplanade des Invalides, fit l’admiration de tous.
N’oublions pas que durant la période 1874 à 1900, la politique coloniale de la France se poursuit et atteint son apogée. Sous forme de colonies, ou sous forme de Protectorat. Des pays d’Afrique passe sous la tutelle française (après l’Algérie, ce fut la Tunisie, le Maroc, le Congo, Soudan, Gabon, Tchad, Madagascar etc…En Asie, le Cambodge et le Laos passe sous contrôle français. La France renforce ses positions dans certaines provinces chinoises.
Les Loisirs : Parmi les distractions proposées, le cirque, apparu en Angleterre à la fin du XVIIe siècle, connaît dans les années 1890 un grand succès dans la capitale.
Les spectacles et numéros attirent un public de plus en plus nombreux dans des lieux comme l’Hippodrome ou encore les Folies-Bergère.
1890 : Paris qui vient de fêter le nouvel an se réveille dans la panique; la grippe contagieuse appelée « influenza » que l’on croyait disparue, fait des centaines de morts. Les employés des Grands magasins du Louvre et leurs clients sont les premières victimes.
Cette année compte d’autres défunts dans le monde politique : le Baron Haussmann, l’ancien président Jules Grévy , le général Boulanger…

BHV :
1890 en décembre, Xavier Ruel acquiert auprès de M Gerbéron le n°58 rue de Rivoli.
1891 : L’hiver fut très rigoureux


BHV :
En Mars 1891, Xavier Ruel obtient un permis de construire pour un nouvel immeuble : moderne et fonctionnel.
Le 9 rue du Plâtre qui deviendra service des comparaisons, service Formation et Fondation d'Art des Galeries Lafayette de nos jours.
Cette année là, la tension monte contre les Grands Magasins :
Tout le monde n’apprécie pas l’ascension des grands magasins !La preuve en est, dans ce livre argumenté qui dénonce le nouveau type de commerce : Un fléau national : les grands magasins de Paris et les moyens de les combattre par Alexandre Weill (1891).
Nous vous en livrons quelques extraits un peu sévères :
"…Dans un de mes derniers numéros de Paris, j'ai promis une enquête sérieuse sur les grands magasins d'accaparement de Paris, que tout le monde (propriétaires, fabricants, ouvriers, employés, marchands de gros et de détail, industriels) attaque, chacun en particulier, sans qu'un journal, jusqu’à ce jour, ait osé leur servir d'interprète, je ne dis pas par un article, mais pas même par une ligne ou un simple mot!
Les grands magasins font pour des centaines de mille francs d'annonces dans tout les journaux de France et de l'étranger, et comme la presse la meilleure, dans notre organisation sociale, n'est plus qu'une spéculation d'argent, en mettant au second et même au troisième rang les principes et le talent, et cela sous tous les rapports… il sera toujours impossible à un journal français de signaler les abus et les dangers de ces maisons d'accaparement; abus et dangers qui vont croissants, corrompant non seulement la famille, le commerce, l'industrie, le bien-être de la grande majorité des Français, mais compromettant la moralité, la réputation de l'industrie nationale, et réagissant forcément, en augmentant le déficit, sur le budget général de la France. La presse n'est pas vendue, elle est rendue!
Cette intervention de l'État, qui est urgente, sera considérée comme nécessaire, inévitable, indispensable quand j'aurai prouvé :
Premièrement : que les grands magasins sont la ruine de la famille, de la morale publique et de la population;
Deuxièmement : qu'ils sont la ruine de la propriété grande et petite;
Troisièmement : qu'ils sont la ruine du petit commerce de toute la France;
Quatrièmement : qu'ils sont la ruine, non seulement du petit commerce de détail, mais même du grand commerce en gros;
Cinquièmement : qu'ils sont la ruine des fabricants et des ouvriers qu'ils emploient;
Sixièmement : qu'ils sont la ruine de l'industrie nationale;
Septièmement : qu'ils sont la cause première de la décadence de toutes les industries françaises et de l'infériorité de leurs produits;
Huitièmement : qu'ils sont et qu'ils seront de plus en plus la ruine du budget.
Enfin, que tôt ou tard, maîtres absolus et des producteurs et des consommateurs, s'ils ne sont pas enrayés par des lois, ils empiéteront forcément, isolés ou réunis et fusionnés, sur le domaine politique et deviendront, s'ils ne le sont pas déjà, un danger politique et social.
Je viens d'ouvrir une discussion sur une question vitale et brûlante. Impossible de l'éviter, car j'ai dit tout haut ce que tout le monde se dit tout bas…..
Il faut qu’on trouve les moyens pour faire disparaître ces maisons d’accaparement car il faut absolument qu’elles disparaissent !!!"
Malgré cet avis, les publicités continuent pour les grands magasins et pour les nouveaux produits du quotidien : machine à coudre appelées aussi couseuses, filtre à eau : ancêtre du Brita !outillages, appareils médicaux, appareils photos.





1892 Le BHV
1892-1893 Une série d’attentats sanglants marquent l’histoire de Paris.

Explosions du 27 mars, rue de Clichy et Saint-Germain ; un anarchiste Ravachol est arrêté.
La police multiplie les perquisitions, expulse des étrangers suspects. Paris présente un visage de ville assiégée. Sa prospérité s’en ressent : Plus de promeneurs dans les rues, des boutiques, musées et théâtres sont fermés. Bien sûr, les recettes des magasins s’effondrent. Alors que le calme revenait, on découvre de la dynamite à la préfecture et une autre bombe explose rue des Bons Enfants.
Des étrangers affolés prennent la fuite…Certains commerçants voyant la baisse de clientèle et de chiffre d’affaires pensent à s’installer en Province. Au milieu de cette tourmente des orateurs se font connaître : jean Jaurès, Sébastien Faure ou Jean Grave, l’un des pionniers de l’anarchisme !

Le 9 décembre 1893, une bombe explose à la chambre des députés, elle fut déposée par un certain Vaillant.

Le BHV
1893 Le BHV rénove, agrandit ses baies sur la rue de Rivoli.
En 1893 Xavier Ruel réalise rue du Cloître Notre-Dame une salle des fêtes et un abri pour les voitures de livraison, les écuries et le fourrage.

Le plus important est le dispensaire, il reçoit chaque jour plus 100 enfants, sans distinction, ceux qui s’offrent, et à qui à l’aide de médecins dévoués et de soins assidu, il rend la santé et quelques fois la vie, pendant qu’il rend aux familles l’espérance et le courage. Et tous ceux qu’il a secourus pendant ces 12 années témoignent de leur reconnaissance pour cette œuvre maîtresse, à laquelle la ville de Paris a rendu hommage.
Mais ce n’est pas assez. Ruel qui avait dès la guerre de 1870 commençait des distributions de secours en nature et en argent, les continuera infatigablement chaque année pour tous ceux qui s’adressent à lui ou que sa sollicitude découvre.
En 1893, Xavier Ruel est nommé chevalier de la Légion d’honneur. Son personnel fête cet événement à la Salle des fêtes : le Casino Notre-Dame. La joie de tous, lui fut certainement plus sensible que le ruban de sa boutonnière.
Et c’est ainsi que, pendant 20 ans, les élus du 4e arrondissement marche au côté de cet homme de bien, resté humble dans la fortune et la personnalité.
A bientôt en 1894, puis nous alternerons par d'autres thèmes....
Nous parlerons du nouveau restaurant Eataly ...
Notre ami Jean-Pierre nous parlera de Saintes..
Et Antoine nous proposera un livre.
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°10 1887-1889
En France :
Entre 1887 et 1889, un grand nombre d'opposants au régime participèrent à un mouvement politique : « le Boulangisme » qui rassemblait les adversaires du régime en place au point de le menacer. (Réuni sous le nom du général Boulanger)
Cette période de la IIIe République développait l'idéal patriotique d'alors, d'une gauche jacobine à une droite nationaliste. Aucune figure populaire n'incarnait plus, ni le gouvernement, ni l'opposition.
Pour mémoire : Avant 1880, se manifestait une renaissance patriotique. Jules Ferry voulait que les instituteurs puissent façonner l’âme des petits écoliers; il fit distribuer dans les écoles des chants militaires. Il encouragea les sociétés de gymnastique, des bataillons scolaires. La France, rêvait de revanche sans vouloir la guerre. Dans les villes dominait le désir de la revanche et dans les campagnes la crainte de la guerre.
A partir de 1881, une dépression mondiale atteignit la France. Elle affectait surtout le monde agricole. Le prix du blé baissa de 30%. Les vignobles furent détruits par le phylloxéra. La valeur de la terre s'effondra. Une crise financière frappa l'épargne paysanne.
La bourse baissa. Le portefeuille d'escompte de la Banque de France perdit environ ¼ de sa valeur entre 1881 et 1885. Le commerce général perdit 30% de son chiffre d’affaires.
Le commerce:
Les petits commerçants étaient particulièrement touchés, car, malgré cette crise, les Grands Magasins développaient leur clientèle. (publicité Mars 1888)


Cette année est favorable aux grands magasins du Louvre.
Le Louvre a absorbé l'Hôtel du Louvre avec ses splendides salles des fêtes . Les clients découvrent un véritable palais : " Coupoles de glaces et d'or, escaliers royaux... Les comptoirs sont élargis...Air, lumière, ascenseurs..."
Dans ce ralentissement de l'activité économique, le budget de l'État creusait son déficit, et la dette publique s'accroissait.
Les ouvriers touchaient des salaires de 5 à 6 francs par jour à Paris, de 3 à 4 francs en province, pour des journées de travail de onze à douze heures. Des grèves éclataient, ici et là.
L'opinion n’appréciait pas l'instabilité gouvernementale.
Les radicaux apparaissaient comme de dangereux théoriciens et non pas comme des hommes de gouvernement.
La France dans les élections avait dit ce qu'elle ne voulait pas mais, les candidats sans attrait, ne lui permettait pas de dire ce qu'elle souhaitait. La France voulait autre chose !
Après la réélection de Jules Grévy, celui-ci demanda à C de Freycinet de former un nouveau ministère qui groupait : opportunistes et radicaux. Le 7 janvier 1886, le portefeuille de la Guerre fut confié à un jeune général républicain du nom de Boulanger.

Georges Boulanger est décrit comme un bel homme, élégant. Il possédait de beaux états de services, brillant soldat et officier politicien, il arriva au gouvernement poussé par Clemenceau Il dépose un projet de réorganisation de l'armée qui fait sortir les officiers du rang et établit le service militaire obligatoire pour tous. Il se dresse contre les réactionnaires, et aussi contre les opportunistes. Boulanger très doué sait se faire aimer des troupes en améliorant le sort du soldat et du sous-officier.
On le voit partout ; les parisiens se déplacent pour l’apercevoir, il préside, inaugure, fait des discours où le républicain se mêle au patriotique ; on ne cesse de parler de lui. Il monte un beau cheval noir ; sa barbe est blonde, son uniforme étincelant. On l’aime comme le héros de la revanche. Il fait peur à Bismark.
Ce général, ministre de la Guerre donne confiance dans un avenir de gloire
Dans le pays, des manifestations révèlent l'évolution du boulangisme.
On a acclamé Boulanger, homme de gouvernement, puis, on l'acclame contre le gouvernement (députés et les sénateurs.) Tous ces sentiments vont se terminer en une formidable révolte de l'opinion publique contre le parlementarisme.
Nous sommes donc en 1888. Élu député du Nord en avril, Boulanger devient le chef du camp nationaliste à la Chambre. Il mène alors une campagne vigoureuse contre le gouvernement. Il exige la révision de la Constitution, prône la dissolution de l’assemblée parlementaire.
On n'ignorait pas la popularité de Boulanger, mais personne n’imaginait qu’il puisse réussir. Deux sentiments avaient eu raison de lui : l'antiparlementarisme et sa popularité.
Devenu l’homme le plus populaire de France, il était acclamé dans toutes les rues de Paris !
Après certaines agitations les grèves commencent : celle des terrassiers qui œuvrent pour la future exposition universelle, les violences contre les personnes furent réprimées, pourtant on vit des tombereaux renversés, des cafés saccagés sans que des sanctions soient prises.
Le gouvernement commit l'erreur de chasser le Général Boulanger de l’armée. Le général Boulanger dépouillé de son grade et de son uniforme devenait pour le gouvernement un adversaire redoutable car il n’était plus retenu par les liens de la discipline
Boulanger se présenta à toutes les élections partielles où il avait des chances. Il fut élu cinq fois député au cours de l'année 1888.
Le 12 juillet, le Président du Conseil, Charles Floquet et Boulanger vont se battre en duel : Boulanger est blessé…
C'est le 27 janvier 1889 que le boulangisme atteignit son apogée. Ce jour-là, Boulanger fut élu député de la Seine par 245 000 voix contre 162 000 à son adversaire républicain. L'élection avait pris le caractère d'un choix entre Boulanger et le régime. Ce fut un triomphe éclatant
La police était boulangiste ; l’armée était boulangiste, à Paris la foule débordait d'enthousiasme : Boulanger n'avait qu'un geste à faire pour être porté à l'Elysée. Ce geste, il ne le fit pas. Boulanger démissionne de sa charge de député, se fait à nouveau plébisciter à l’occasion de nouvelles élections partielles.
Dans le pays, l’agitation est à son comble. Le gouvernement réagit en dénonçant le "complot boulangiste", et lance un mandat d’arrêt contre le général, en avril 1889.
Boulanger s’exile alors à Bruxelles avec sa maîtresse. Il est condamné par contumace. Les élections législatives de septembre 1889 ne lui sont pas favorables.
En mai 1889 s'ouvrit l'Exposition universelle. (Nous en parlerons plus tard).Les boulangistes n'avaient pas osé troubler son ouverture. Quelques mois plus tard, les boulangistes perdirent les élections. Et ce fut la fin du Boulangisme.
Georges Boulanger est mort en Belgique en septembre 1891, bouleversé par la disparition de sa maîtresse, il se suicidera sur sa tombe.
Même sans Boulanger, on peut penser que le boulangisme existait déjà d'une certaine manière. Il a exprimé, au cours de son évolution, une déception profonde de ce qui était, et une aspiration confuse vers quelque chose d'autre, mais quoi?
Le boulangisme est né d’une volonté d'un grand pays vaincu de prendre sa revanche, de retrouver sa foi en l'avenir ; de l’écœurement d'un régime instable qui piétinait et de la crise économique,
Il y a toujours, dans notre démocratie, un boulangisme latent qui, suivant les circonstances, demeurent endormi ou se réveille.
BHV :
En 1889 Xavier Ruel acquiert le 9 rue du Plâtre. Futur service formation.
Le BHV communique : on peut lire cette annonce dans la presse de l’exposition universelle.

En témoigne aussi cette affiche.

Paris :1889, il y a 130 ans
L'Exposition « universelle et internationale » de Paris a été saluée par tous les contemporains comme un gigantesque succès de la France, triomphe de l'intelligence, du sens de l'organisation et du goût français.

Elle a été l'avènement du métal comme matériau avec la construction de deux édifices impressionnants : la Tour de 300 m de M. Eiffel et la Galerie des Machines de M. Formigé.

Nous reviendrons prochainement sur cette exposition.
CD
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n° 9
En France :
1881 : Un nouveau président : Jules Grévy est élu par le Congrès réuni à Versailles.
Il succède à Mac Mahon démissionnaire.
Nous sommes dans la pérennisation de la République.
Le 14 Juillet devient la date de la fête nationale et la Marseillaise est reconnue comme notre Hymne National. (La première fois ne dura que 9 ans entre 1795 et 1804) le 14 juillet 1881 sera célébré à Longchamp.
Jules Grévy permettra le droit de réunion et la liberté totale pour la Presse (Loi du 29/07/1881). Il décidera en 1884 du vote pour élire les maires dans les communes.
Il sera réélu en 1885, mais sera obligé de démissionner suite aux malversations de son gendre.
Dans ce pays calmé, le 1er Ministre J Ferry obligera les enfants à aller en école primaire de 6 à 13 ans
A Paris le magasin du Printemps créé par Jules Jaluzot en 1865 subit un grand incendie; une partie du magasin a résisté et quatre mois plus tard, les travaux de reconstruction commencent. La partie donnant sur la rue du Havre ouvre à l’automne 1882 et la partie de la rue de Provence ouvre au printemps 1883. Étonnant, ce magasin est illuminé uniquement à l’électricité !

Les Ruel :
1882 : Le couple décide d'acquérir une villa : la villa des Enfants ou Villa Louise Ruel, bd de la Croisette afin de recueillir 40 à 50 jeunes filles malades, poitrinaires, comme on disait autrefois, qui vont chaque année reprendre la santé et la vie.


Les Ruel avaient pour habitude de prendre des congés à Cannes, on retrouvera des traces de leur passage à l’Hôtel des Pins, grand édifice de style néoclassique de 3 étages de plus de soixante dix chambres et vingt salle de bains ! Les fenêtres de la façade principale s’ouvrent vers la mer.
Construit en 1880, l’établissement se verra ajouter une rotonde aménagée en jardin d’hiver et un superbe jardin.
Des illustres personnages y passeront : Tolstoï, Stravinski, Fénelon ainsi que le baron Pierre de Coubertin.
L’hôtel fait faillite, acheté en avril 1889 par un créancier, il est acquis ensuite par Xavier Ruel qui possède déjà l’hôtel beau Rivage et la villa des Enfants ou Villa Daigremont achetée en 1881, qui d'Asile Louise Ruel deviendra un lycée de jeunes filles. A présent, il est remplacé par le collège André Capron, 6 avenue de Madrid à Cannes.
La famille Ruel vendra l'Hôtel des Pins en 1939.
En France :
Politiquement, le temps des expériences s’achève avec la pérennisation du régime républicain. À la fin des années 1880, la IIIe République est dans sa phase d’enracinement.
A l’ère des grandes avancées industrielles, de nombreuses nouveautés techniques apparaissent et se démocratisent.
Ainsi la photographie, est désormais pratiquée par un grand nombre, juste pour le plaisir. Cette activité s’inscrit dans le vaste mouvement de développement des loisirs.
Ci-dessous : Photo de l'Hôtel de Ville en reconstruction en 1880 et le Grand Bazar de l'Hôtel de Ville la même année.

et

Bien que l’inauguration officielle du nouvel Hôtel de ville ait eu lieu le 13 juillet 1882, le programme de la décoration picturale des nombreuses salles d’apparat n’est arrêté qu’en 1888, et son exécution se poursuit jusqu’en 1906.

Paris : devient de plus en plus propre!
Les 24 novembre 1883 et le 7 Mars 1884, Eugène Poubelle, préfet de la Seine décide par arrêtés préfectoraux l'enlèvement des ordures ménagères, à condition qu'elles soient stockées dans un récipient fait de bois et de fer blanc. Il s’agit de récipients mis à disposition des concierges d’immeuble ou propriétaires afin que chacun y dépose ses ordures. Monsieur poubelle suggérait même une forme de tri collectif pour la vaisselle et les coquilles d’huitres. Ce qui semble être raisonnable sur un plan d’hygiène apparaît comme insupportable pour les usagers et les chiffonniers qui ne pouvaient plus trier sur le trottoir !

Xavier Ruel :
En 1883 : (le 26 novembre) Xavier Ruel achète le 60 rue de Rivoli à Monsieur Roguet.
Son mandat de conseiller municipal qui lui étaient confié pour la première fois en 1884 par le quartier Notre-Dame lui fut renouvelé quatre fois
Avec ce mandat il entre de plein droit dans toutes les grandes commissions de mairie, ne s’en regardant que comme plus obligé encore à s’occuper de ceux qui souffrent.
1885 :
en avril et mai, Xavier Ruel prend possession du n°56 et du n° 62 de la rue de Rivoli.


Entre le milieu du XIXe siècle et l’aube de la Belle Époque, la France poursuit ses profondes mutations économiques et sociales produites par l’industrialisation et la croissance qui en découle. Les classes moyennes vont bientôt dépasser, en nombre, les ouvriers.
De 1884 à 1886 les Grands magasins se développent et lancent des publicités et affiches.
La mode séduit toujours!



Paris 1886 :
Nous arrivons en 1886, une décision importante est prise : Paris créera l’Exposition Universelle en 1889, qui donnera naissance à la célèbre Tour Eiffel. La Capitale va préparer pendant 2 ans cette exposition.
En mai, 107 projets furent exposés à l’hôtel de ville.
Le 26 décembre 1886 on peut lire dans la petite Presse : L’exposition 1889, conférence de M Berger.
M Berger souligne que les expositions précédentes avaient péché par un manque d’organisation. « Nous aurons d’abord le palais des machines qui aura 42 m de haut où sera installé une force motrice de 2500 chevaux-vapeur. De chaque côté, il y aura le palais des Arts libéraux et le Palais des Beaux-arts. Près de la Seine, on installera une sorte de rue des Nations. En face du pont, on installera cette fameuse tour Eiffel, tant critiquée mais dont Monsieur Berger ne craint pas de se déclarer partisan. Au Trocadéro, on installera une exposition florale ; sur l’Esplanade des invalides, celle des ministères. Voici notre but, s’écrie M Berger et nous espérons que tous les industriels français nous aideront dans notre tâche. 1889 ne sera pas un anniversaire politique, mais simplement la célébration du centenaire de l’égalité civile qui a donné à la France son expansion industrielle et commerciale. Inutile de dire que ce discours a été fréquemment applaudi par l’auditoire. »
Paris a fait un recensement par arrondissement : Le 1er et le 4e arrondissement comptent 68 800 et 98 500 habitants (le 11e et le 18 e étant les plus peuplés avec 200 000 habitants chacun).
La France vit dans le calme.
Paris flâne.


Paris vit au rythme des déplacements par le chemin de fer .
Paris invite aux festivités des réveillons.
La France aide ses pauvres. Dans le bulletin municipal du 29 juin 1886, on peut lire : Invitation au Préfet de Police de dresser un état de la mendicité à Paris.

" …Il faut croire que le nombre de mendiants a sensiblement augmenté pour que le conseil s’en inquiète. Nous savons que, parmi ces malheureux qui tendent la main au coin des rues, il y a des ouvriers sans travail, des enfants sans pain. Mais il y a une autre catégorie de mendiants qui pullule. Ce sont les frères et amis à la recherche de places qui assiègent à chaque séance l’Hôtel de ville et le Palais Bourbon…"
Xavier Ruel
1887, Xavier Ruel ouvre un premier dispensaire au 44 rue Ste Croix de la Bretonnerie destiné aux enfants. Plus de 3000 enfants seront reçus après son ouverture. Les enfants prennent un bain et reçoive du lait, des sous- vêtements et des vêtements.
1887 En France :

A la suite de la démission du Président Jules Grévy, les élections du 3 décembre 1887 virent la victoire de l’ancien ministre des finances Sadi-Carnot . Il restera président jusqu’à son assassinat, en juin 1894.

La fée électricité arriva dans les demeures très progressivement et des ampoules de faible intensité remplacèrent les lampes à pétrole ou à gaz. Le poste T.S.F à galène ou à lampes, prit une place importante dans la cuisine.
On se retrouve bientôt pour la suite de cette histoire!
CD
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n° 8
Hélas à l’automne 1870, la France entre en guerre, Paris est assiégé par les Prussiens.
C’est la défaite et Napoléon III. Il est fait prisonnier à Sedan le 1er septembre 70.
PARIS :
« Des forces révolutionnaires hostiles à la capitulation souhaitent alors instaurer à Paris une Commune insurrectionnelle. Celle-ci va naître peu après l’armistice, le 18 mars 1871.» (Citation Lettre du BHV)
En 1871, des élections pour une nouvelle assemblée constituante sont organisées. Les résultats sont clairs : les Français majoritairement ruraux votent pour les monarchistes et la paix. Adolphe Thiers devient le chef du nouveau gouvernement, s’installe à Versailles bien que le parti de Gambetta souhaitait continuer la guerre.
C’est la révolte entre les conservateurs et monarchistes de Province et les républicains de Paris, le peuple de la Capitale qui dénonce l’Armistice avec l’Allemagne, se révolte
Les ouvriers souffrent de la famine pendant le siège de Paris, ils ont beaucoup de difficultés à trouver des vivres.
Ils ont résisté aux attaques prussiennes et veulent : continuer la guerre et s'opposer à la nouvelle assemblée.
Ils se cotisent pour s’armer et défendre Paris, ils achètent des canons.
Thiers pressent la révolte des Parisiens et veut les désarmer. Mais les Parisiens « communards » vont se battre contre l’armée de Thiers. Ils montent des barricades.
Pendant une semaine Paris est en feu et à sang. (Bombardement des Versaillais sur le Champ de Mars et sur le Ministère des Finances).
Les magasins sont brûlés, mais le Bazar de l'Hôtel de ville est épargné.
L’Hôtel de Ville est incendié par les Communards.

Après une semaine sanglante, (massacres, condamnation à mort, déportations) du 21 au 27 mai 1871, la Commune fut renversée.
C’est terrible : 25 000 parisiens fusillés, plus de 10 000 condamnés ou déportés.
La période du siège de Paris et de la commune 1871 est une époque difficile.

Xavier Ruel, homme philanthropique qui se souvient de son enfance, fait distribuer chaque matin 1000 livres de pain aux indigents de son quartier.

Il organise des caisses de prêts de secours et de retraite pour ses employés.
Xavier Ruel s’occupe des déshérités, il s’intéresse aux familles de ses employés, il fait des dons pour les naissances et les mariages.
Il fera distribuer aux nécessiteux de nombreux secours : charbon, couvertures, vêtements et chaussures.
En France :
Nous sommes dans une France ébranlée par cette succession de conflits. La population parisienne est humiliée et affamée. Paris est endommagé, les Tuileries furent incendiées et la colonne Vendôme abattue, les travaux d’embellissements d’Haussmann, arrêtés

Le 10 mai 1871, le traité de Francfort oblige le pays à abandonner l’Alsace et la Lorraine.
Le 4 septembre 1871 le député républicain Gambetta proclame la fin de l’empire et proclame la 3ème République.

En 1873, le Maréchal Mac Mahon succède à Thiers (décédé le 24 mai,) pour une durée indéterminée
Son mandat de Président de la république sera prolongé le 20 novembre 1873.
Les Républicains reviennent en force et ils pousseront le Président Mac Mahon à démissionner en 1879 !
A Paris :

1875 : L'opéra Garnier est inauguré par le président Mac Mahon. L'opéra choisi est La Juive, opéra en cinq actes dont l'air le plus connu est "Rachel quand du Seigneur"
1877 L'hôtel de ville de Paris est en reconstruction depuis 1874 (Il sera achevé en 1882).

1877 : Dans les mairies Françaises, le buste de Napoléon III est remplacé progressivement par notre "Marianne". Avec son bonnet phrygien : Elle symbolise la Liberté comme l'esclave libéré dans l'Antiquité.

Xavier Ruel
Le 5 novembre 1877, Xavier Ruel ouvre, rue de la Verrerie, une pension alimentaire pouvant accueillir 400 personnes où l’on paie 40 centimes (6 euros environ en 2012) le repas à 4 plats. On achète le ticket chez les buralistes. Après enquête, il faisait distribuer aussi des cartes gratuites.

(Connu aujourd'hui comme atelier pour le couturier Alaïa)

Pendant des mois, à grands frais, il la maintient, mais les commerçants du quartier se plaignent et la pension ferme.
Une cantine est ouverte pour les employés « Pension des Dames »
Une Société Sportive est créée à l’usage de ses employés.
En 1877, le 16 décembre, les Ruel perdent Marie Louise, leur fille de vingt-deux ans, d’une tuberculose à Cannes.

Aristide Boucicaut, créateur du Bon Marché décède; Ce fut un homme remarquable, simple avec un esprit analytique.
Il chercha quelles étaient les réformes qui pouvaient être utiles d'apporter dans les habitudes commerciales et, les changements qu'il fallait opérer dans le commerce de cette période : Comment attirer la clientèle, mais surtout la fidéliser...


En 1878, Les acquisitions de Xavier Ruel s’accélèrent….
De locataire, Xavier Ruel devint propriétaire de tout l’immeuble du 54 rue de Rivoli et du 1 rue des Archives.
1878 : Paris ouvre une nouvelle exposition universelle . Elle eut un immense succès et marqua le relèvement de la France dans tous les domaines.
Paris change, Paris se reconstruit.Quelques rues de Paris de notre quartier Hôtel de Ville .





A suivre...
CD
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n° 7

La mode en 1869 :
Grève dans les magasins.
1869 verra les premières grèves en France. Le repos hebdomadaire depuis longtemps la revendication unique des employés sera l’idée maîtresse des grèves des magasins.
La chambre syndicale des employés qui comprenait les employés des magasins de Nouveauté, après une réunion de 2000 employés, vote la grève de tous les employés, si les commerçants refusent de fermer le dimanche.
Un comité de Grève fut nommé donnant comme date butoir le dimanche 23 mai, où les employés n’iraient pas travailler.
Devant ce risque, le samedi 22 mai, les « Grands magasins du Louvre » et de « la ville de Paris » adhéraient à la fermeture hebdomadaire. Le mot d’ordre fut observé et les patrons des autres magasins qui avaient décidé d’ouvrir furent obligés de fermer, faute de personnel. La grève ne dura que cinq jours.


Mais la chambre syndicale début octobre 1969 ne s’en tint pas là et demanda que la journée de travail fut limitée à 12 h par jour : 8 h du matin à 20 h le soir. Les patrons refusèrent et une nouvelle grève commença. Elle démarra dans le sentier et s’étendit. Les commis, les caissiers, les acheteurs firent cause commune avec les grévistes. Sur 12000 commis occupés dans le commerce de détail, 8000 avaient cessé le travail.
Pour soutenir les grévistes, la chambre syndicale délivraient des bons de nourriture et de logement. La Presse soutenait les grévistes. Certains patrons négocièrent une fermeture à 21 h en été et 20 h en hiver, ce qui fut accepté. Les Grands Magasins continuèrent leur résistance. Pour remplacer les grévistes, les grands magasins du Louvre acceptèrent d’embaucher une centaine d’orphelines proposée par l’Assistance Publique.
Les employés réagirent et résistèrent, en créant des magasins concurrents coopératifs : « Grands Magasins de l’Union, association des employés du Commerce ». Solidarité oblige : un fabricant de toiles offrit pour 50 000 francs de Marchandise, l’association des tailleurs fournit un rayon de confection, les messageries françaises proposèrent leurs chevaux, camions et facteurs pour transporter colis et marchandises.
En décembre, la grève était terminée. Entre temps, un certain nombre d’employés avaient repris leur travail. Beaucoup d’employés perdirent leur place, sans qu’aucun résultat n’ait été obtenu.
La satisfaction des employés pour éviter la grève ?!
En 1883 un Directeur du Bon Marché déclara :
« En 1869, nous avons eu cette grève : c’était avant la fondation de la Caisse de prévoyance ; Cette grève avait un caractère particulier qui ne se reproduira plus. Les grèves sont impossibles dans notre maison, parce que les chefs de comptoir et de services sont intéressés dans les bénéfices réalisés. En outre, les employés qui font partie de la caisse de prévoyance ont, pour la plupart, un capital trop important dans cette caisse pour faire quoi que ce soit qui le leur ferait perdre et de plus le chiffre des appointements qui leur sont alloués retient encore les employés dans la maison ».
Depuis 1868, le peuple cherche à se distraire : on se promène dans les nouveaux parcs, on fréquente les cabarets, les guinguettes, on va voir les courses à l'hippodrome ou plus plus sportif encore : on découvre le canotage, et le vélo.

Nouveaux loisirs à la mode :



Le Vélocipède! Le prix : 150 francs les petits, 200 francs les moyens et 300 francs les trois roues. Ce nouveau véhicule qui date de 1808 charme tous les parisiens et joint l'utile à l'agréable.

Les jeux de raquette du style Badminton , appelé aussi la Vole.
Nous nous retrouverons en 1870 !...
A bientôt.
CD
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n° 6
Paris 1860 :
Paris se modernise, des quartiers entiers sont démolis pour être reconstruits.
Tel le quartier latin ci-dessous.

1860, année mémorable pour Paris, le 1er janvier en application de la loi du 28 mai 1859, les limites de Paris sont reculées jusqu’aux fortifications. Les communes d’Auteuil, Passy, Batignolles, Montmartre, La Villette, Couronne, Bercy, Vaugirard, Grenelles, sont incorporées dans l’enceinte de Paris.
Le bois de Boulogne y est ajouté et Paris est divisé en vint arrondissements, divisés en quatre-vingt quartiers.
Paris est agrandi à 7 088 hectares.

En 1860 : Le Baron Haussmann décide de construire deux théâtres : le Châtelet et le Théâtre Sarah Bernhardt, portant actuellement le nom de Théâtre de la Ville. Son architecte, Gabriel Davioud est à l’origine aussi de nombreuses fontaines et jardins de Paris.
1861 : dix ans de pouvoir ont augmentés la prospérité de la France.
Victor Hugo vend à l’éditeur Lacroix : Les Misérables

Les Parisiennes suivent la Mode et ont soif de changement et de couleurs; elles dépensent beaucoup,
Avec humour, la petite histoire raconte qu’un industriel, inventa la jarretière « tue-puces ».
Une femme Madame Olivier de Rocourt lance même une fondation protectrice de la Femme !
Paris : Août 1862, le Théâtre Impérial du Châtelet est inauguré par l'impératrice Eugénie.
Deux magasins émergent, Au Bon Marché (créé en 1852) et Au Louvre (1855), qui inspireront Emile Zola à écrire son livre au Bonheur des dames. Sous la gestion de Boucicaut, le chiffre d'affaires du Bon Marché de 452 000F en 1852, passe à 7 millions en 1863. (Citation Bernard Marrey)
D’un million d’habitants à Paris en 1850, la ville passera à 2 millions, 25 ans plus tard pour atteindre 5 millions d’âmes avec la proche banlieue en 1920.
Pendant ce temps-là, le commerce se développe, les grands magasins s’activent; partant d’une simple échoppe, ils s’agrandissent progressivement.
Ces créateurs des grands magasins sont souvent d’origine modeste, ils ne peuvent avancer qu’avec la bonne marche des résultats de leur boutique.
Ils sont presque tous autodidactes et volontaires.
Un nouveau commerce apparaît :
Les prix sont affichés.
Le choix s’étend, des comptoirs sont créés dans des rayons.
L’acceptation du « Rendu », le client peut se tromper, on reprend la marchandise.
C’est la création du libre-service, on peut rentrer, regarder et ne pas se sentir obligé d’acheter.
On découvre les « Réclames », qui deviendront Promotion des ventes ou PLV (Publicité sur le lieu de vente).
Lancement des catalogues.
Lancement des premières publicités : « Encarts » dans la presse, affiches.
La concurrence :
Les magasins « Au Louvre » deviennent en 1863 : « Les Grands Magasins du Louvre » sans aucun agrandissement, juste une réplique à l’agrandissement de leur concurrent « Au Coin de rue » et c’est ainsi que naît ce terme de Grands Magasins.
On peut penser que les frères Péreire , qui sont liés à la construction du Grand Hôtel du Louvre, ou de la Grande Maison du Blanc(1863) , aimant le mot « Grand » soient à l’origine du nom « Grands magasins »
En France :
L’état se libéralise à compter de 1860. Le droit de grève sous conditions apparaît en 1864. ..Naissent les syndicats.
Pour Xavier Ruel :


En 1865, Xavier Ruel se lance, en plus de son activité de détail, dans le commerce de gros : jouets, articles de Paris, de tabletterie, avec ses deux frères Xavier et Victor-Etienne. Cette société fut dissoute le 31 décembre 1868.
En 1866, Xavier Ruel commence sa véritable expansion
Cette année là, il prend le bail de l’immeuble du 54 rue de Rivoli (dont le propriétaire était Monsieur Cibiel) et le 1 rue des Deux Portes saint Jean et nomme son magasin : Le Bazar de l’Hôtel de Ville.
Avec le n° 1 de la rue des deux portes Saint Jean, aujourd’hui comblé par l’édifice, il réserve à la vente : l’entresol, le RDC et le premier étage et loge du personnel dans les étages supérieurs.
Il y vend de la bimbeloterie, de la quincaillerie, des chaussures et des articles de Paris. Son épouse l'aide.
Vie sociale des employés:
A cette époque : La jeune fille après un stage d’apprentie au pair chez un commerçant peut se présenter dans un Grand Magasin. « Les demoiselles des magasins » sont payées avec un fixe et une guelte selon le type d’article. Elle gagne 150 à 200 F par mois. Ce salaire peut être amputé d’amendes : pour retard, erreur de chiffre, de son code vendeur etc…
Ces amendes seront abolies en 1892 par la chambre des députés, mais le Sénat vote alors une loi qui limite le montant des amendes au quart du salaire perçu.
Le mariage d’un vendeur avec une vendeuse est une cause de licenciement. On ne tolère pas les femmes enceintes, celle-ci serrent leurs vêtements pour cacher leur état. Zola nous fait vivre dans son roman le Bonheur des Dames, la vie de ces femmes.
Concurrence :
Une lutte concurrentielle existe entre plusieurs magasins .

Le Coin de rue retient de plus en plus une clientèle populaire alors que la clientèle plus huppée fréquente les Grands magasins du Louvre.
Lors de l’exposition universelle de 1867, les deux magasins cités reçoivent tous les deux une médaille de bronze.
Mais le rapport du jury de l’Exposition précise les produits du Coin de Rue sont destinés principalement à la classe moyenne car d’un prix avantageux, alors que les confections des Grands Magasins du Louvre sont en général riches et destinées principalement à la classe élevée de la société.
1868 : Il fait très froid en ce début janvier: -10°pendant 3 semaines. La Seine est gelée, on la traverse à pied ou en patinant!

1869 Les grands magasins du Louvre s’agrandissent, ils vont progressivement envahir tout l’Hôtel. On peut y acheter de la Literie et des meubles, puis au rayon Robes et costumes s’ajoutent la Mercerie, les rubans, la passementerie et articles de Paris. Un an plus tard le rayon Modes et Coiffures…

1869 : Les Boucicaut posent la première pierre du nouveau Bon Marché. Les travaux seront retardés à cause du siège de Paris et l’ouverture ne se fera qu’en avril 1872.

A suivre
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n° 5
De 1854 à 1856 le quartier Hôtel de ville-Chatelet change. Les futurs grands magasins s'éveillent, mais les petits métiers demeurent !





Le boulanger, le cocher, le marchand d'habits, la marchande de pommes et le nettoyeur de réverbères!
En 1854 ont démarrés les travaux des pavillons des Halles Baltard : 15 ans plus tard, nous compterons 10 pavillons construits.

Depuis 1852, le Bon Marché commence à développer son assortiment à petits prix, indiqués sur une étiquette, et une mise en scène invitant les clients à dépenser.
1855, Paris est en liesse, en apprenant la victoire des armées et la reprise de Sébastopol.
Un événement majeur se produit à Paris : La première exposition universelle en France. C’est une formidable réussite ; 198 jours d’ouverture, 4,5 millions de visiteurs. Elle résume le prodigieux mouvement industriel de l’époque.
Y sont développés l’agriculture et l’horticulture.
Imaginez des serres chaudes avec plantes grasses, bassins aquatiques, pelouses et massifs fleuris de roses, rhododendrons, azalées, dahlias, reine marguerites, fougères etc. décorés de statues. Des fontaines rafraîchissant des volières aux curieux oiseaux. Étonnants : des arbres exotiques : Bambous, bananiers, canne à sucre. Les superbes fruits cultivés dans les vergers de la région Parisienne.
Quand au bâtiment consacré aux machines, tout y est représenté.
Métallurgie, houillères à extraction de charbon, et ateliers divers : cylindres à écraser le cacao, presses typographiques, machines à peigner, filer, la laine, le coton ou le lin. Enfin, une invention qui a traversé l’Atlantique : La machine à Coudre.
L’exposition des Beaux Arts avec ses 5000 œuvres de peinture ; Tapisserie, papiers peints, porcelaine, émaux…
1856 : C’est le rayonnement de Paris, la Paix règne et nous sommes à l’apogée de Napoléon III.
En mars, l’impératrice Eugénie met au monde un fils.

En juin, on fête le Baptême du Prince à l’hôtel de ville.

Retrouvons Xavier Ruel, ( fondateur du BHV) qui bénéficie d'un afflux de clients allant à l'Hôtel de Ville.
La petite boutique fut très vite trop petite et il fallut agrandir. La légende raconte que pour la bonne fortune du fondateur, les chevaux de la voiture de l’impératrice Eugénie s’étaient emballés, rue de Rivoli et ils auraient été maitrisés par Xavier Ruel.

A titre de récompense, l’impératrice lui aurait fait remettre une forte somme d’argent. La récompense pour cet acte de bravoure lui permet d’agrandir son magasin qui devint : Le Bazar Napoléon.
Ce nom « BAZAR NAPOLEON » semble accréditer cette légende.
La vie lui sourit, il continue à agrandir son magasin et à innover.
Il invente la présentation sur mannequin féminin ! Il crée des comptoirs à prix uniques : 0,05 ou 0, 10 ou 0, 50.
Son magasin est ici à droite!....

D'autres personnes , comme lui se lancent dans le commerce, mais bien souvent dans la mode, comme celui là au 10 et 12 rue de Rivoli. (face au Métro St Paul de nos jours)


1857 L'Algérie est acquise avec l'occupation de la Kabylie.
Auguste Comte, un des philosophes de Lumières(avec JJ Rousseau ,Montesquieu) décède cette année là. C'est le fondateur du Positivisme, base de la sociologie qui couronne les mathématiques, la Physique Chimie, la biologie et l'astronomie.
En littérature, le romantisme s’essouffle et laisse la place à des romans plus réalistes. Ce réalisme est retrouvé dans les œuvres de Gustave Flaubert ou Emile Zola avec les célèbres romans : Au bonheur des dames ou Germinal.
1858 : Le 14 janvier, l'empereur et l'impératrice échappent à une tentative d'attentat à la bombe, perpétrée par un italien : Orsini, dans le quartier de l'opéra. A la suite de cet événement, une loi de sûreté est promulguée qui permet d'interner ou d'expulser des opposants au régime, déjà punis.
Le 5 avril, on inaugure le boulevard Sébastopol : 2 km de long sur 30 m de large, du Châtelet à la gare de l’est. La foule est présente se massant derrière une longue haie que forment la garde nationale, la garde impériale et la troupe. On attend l’empereur et le Baron Haussmann, le cortège passe au bruit des acclamations de la foule.
Le percement de cet axe a pris cinq ans.

Il faut reconnaître que l’idée de contrer le Paris frondeur et révolutionnaire par la rénovation de Paris était une stratégie habile contre l’émeute. Ainsi en ouvrant vingt-cinq grandes voies dans les vieux quartiers de Paris pour donner de l’air et de la lumière à la Capitale, on avait procuré du travail à la classe ouvrière.
En France, l’industrialisation s’impose, les progrès de la Science sont spectaculaires.
La Mode : Charles Frédéric Worth, d’origine anglaise sera l’initiateur et le Père de la Haute couture à partir de 1858.

En 1858, décision de la construction du nouvel Opéra, répondant au nouveau Luxe Parisien est prise, mais il ne sera inauguré en 1875.
A suivre !....
CD
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n° 4


1852 En France : Napoléon III cherche à renforcer son pouvoir sur la nation. La Garde Nationale sous le Ministère de la Police terrifie le peu de résistance. Elle surveille toutes les oppositions, les gens sont déportés au Fort d’Ivry puis envoyés au Bagne de Lambessa en Algérie.
La Presse est surveillée de près, elle n’est plus libre ; un certains nombre de lois visent la Presse à une autorisation avant de publier. Le seul journal publié est le "Civilisateur "de Lamartine » excluant la politique.
Victor Hugo s’exile en Belgique, d’autres hommes de lettres ou d’universités sont contraints de démissionner.
Pendant ce temps les troupes de l’empereur paradent… Paris s’enthousiasme.
Le 2 décembre 1852 l’Empire est proclamé à l’Hôtel de Ville.
Dans les nouveaux quartiers démolis se construisent des magasins de confection où les parisiennes prennent leurs habitudes de visite. La mode reste sobre , seuls les élégants chapeaux restent très décorés
C’est une année phare pour le quartier de l’Hôtel de Ville.
Les vieilles maisons qui bordent la Place de Grève et les abords de la rue du Temple sont démolies. Jusqu’aux Tuileries, on dégagera, on bâtira… Les arcades se prolongent autour du Palais Royal. Un énorme budget (25 millions) permet l’achèvement du Louvre et des appartements aux Tuileries.
C'est cette année là, qu'Aristide Boucicault s'associe à Justin Videau, propriétaire du Bon Marché, petite boutique de 30 m², qui marquera le début de l'ère des grands magasins.
Et Xavier Ruel ?
« Ruel, né pauvre, meurt riche sans avoir jamais su ce qu’était le luxe. Travailleur obscur d’abord, il débute chez les canuts, à Lyon vers 1840; mais pressée dans les règlements d’atelier, son activité est mal à l’aise : il s’en échappe et vient à Paris où les ressources de sa vaste intelligence commerciale trouve bientôt l’aliment nécessaire. », Peut-on lire dans un éloge funèbre.
Dans ce climat politique plus stable. Xavier Ruel découvre Paris
Nous sommes donc en 1852 : Lors d’un achat à bon prix de bonneterie dans la région parisienne, Xavier Ruel a décidé de se fixer à Paris.
Il entrepose sa marchandise dans un hangar près de Paris.
Prudent par nature, il ne se lance pas dans la location d’une boutique, mais recrute de pauvres hères comme camelots chargés d’écouler « au panier » ou au « parapluie » la marchandise qu’il se procurait lui-même chez des fabricants de la région parisienne.
Il fut rapidement amené à augmenter le nombre de camelots et pensa alors à s’établir d’une façon définitive
Réunissant la vingtaine de vendeurs ambulants, il leur remet à chacun une quantité semblable de marchandise, de qualité identique, puis il leur assigne un emplacement déterminé de vente dans chaque quartier de Paris. Et ceux-ci reviennent chercher de la marchandise dès que cette dernière était vendue.
Au bout de quelques temps, il remarqua que le vendeur placé près de l’hôtel de ville au coin de la rue des archives et de la rue de Rivoli revenait s’approvisionner beaucoup plus souvent que les autres. Voulant s’assurer que c’était la place qui était bonne et non l’habileté du vendeur qui le faisait surclasser ses concurrents, il changea ses camelots de place et les fit passer tour à tour à l’angle Rivoli-Archives. Confirmation fut faîte que seul l’emplacement pouvait être la clé de la réussite.
Après réflexion, Xavier Ruel alla voir le propriétaire d’une maison en construction au coin de la rue des deux portes (Temple) et de la rue de la Tixanderie (Rivoli). C’est ainsi qu’il obtint l’autorisation d’installer un déballage dans une baraque.
Nous voici en 1853, Paris prépare les festivités pour le mariage de l’Empereur avec Eugénie Maria de Montijo de Guzman.

L’empire affirme son influence dans le monde, c’est ainsi que la Nouvelle Calédonie est annexée en 1853.
Dès cette année là, « les affaires jouissent d’une prospérité si brillante, si ininterrompue… les rêves les plus fous semblent devoir s’exaucer. » (Charles Simond)
En 1855, Chaussard et Herriot ouvrent le magasin du Louvre, rue de Rivoli.
Xavier Ruel loue une partie l'emplacement à la quinzaine. Il y ajoute de la bimbeloterie et place son épouse à la tête de la boutique afin de préparer un nouveau développement avec la quincaillerie.
Le petit bazar est alors très prospère et Xavier Ruel loue progressivement d’autres boutiques attenantes.
En 1854 naît leur fille Pauline. (En 1855 naîtra leur autre fille Louise qui décédera à l’âge de 22 ans)
Du Camelot au Commerçant :
Fort de la certitude acquise sur la valeur de l’emplacement, Xavier Ruel acheta en 1856 l’échoppe qui se trouvait à l’angle des deux rues : au « 52 rue de Rivoli » et y installe son commerce.
A suivre...
CD
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n° 3
LOUIS-NAPOLÉON BONAPARTE est élu Président de la République, le 20 décembre 1848.

Histoire :
En cette fin d’année, l’agitation est de mise, le président après diverses manigances contraint le Sénat à accepter une nouvelle constitution proclamant le second Empire. C’est donc par un coup d’Etat que Louis Napoléon Bonaparte qui n’avait pas l’intention de céder le pouvoir au terme de son mandat réussit à conserver son statut de Président qu’il transforma 1 an plus tard en s’autoproclamant Empereur : Napoléon III
Le Paris de la seconde République a de graves préoccupations. Les affaires ne vont pas bien; les négociants de gros subissent de plein fouet les conséquences des diverses révolutions Européennes (Vienne, Berlin, Milan Prague, Hongrie, d'Italie, de la Hesse; de la guerre entre la Prusse et le Danemark.)
De plus Paris, après la révolution de février 1848, a de lourdes charges. Il faut réparés les dégâts causés après les barricades. Venir au secours en argent et en subsistances aux familles nécessiteuses et aux blessés de février et de juin
1849 : Le 2 décembre, l'Empire est proclamé à I ‘Hôtel de Ville. Malgré le temps froid et pluvieux, la foule énorme acclame Napoléon III et la famille impériale aux fenêtres des Tuileries.
La population parisienne est passée de 550 000 habitants en 1801 à plus d’1 million en 1846. Le quartier du Marais voit s’entasser plus de 1000 habitants à l’hectare. Les rues sont étroites et insalubres : favorisant la misère avec la délinquance, la prostitution et l’alcoolisme. La grande épidémie de choléra de 1832 est partie de ce quartier. Ce Marais est sujet à émeutes, déjà en 1834, puis en 1848, des barricades y furent dressées. A nouveau, en 1849 une nouvelle épidémie de choléra se propage. On l’attribue aux ruelles étroites, la saleté, l’entassement de la population et un manque de voiries.
C’est là qu’interviendra un homme ingénieux : le Baron Haussmann.

Napoléon III et le Baron Haussmann : Une Révolution urbaine.
S’inspirant de ce qu’il a vu à Londres, Napoléon III souhaite donner une meilleure circulation à Paris, l’aérer en ajoutant des arbres, des bois (Vincennes & Boulogne), parc des buttes Chaumont, parc Montsouris.
Napoléon III souhaite désengorger et unifier Paris et l’embellir.

C’est là que le Baron Hausmann va l’aider à réaliser son rêve, dès le 22 juin 1953.
Cet homme, véritable génie de l’urbanisme entre en scène ; Il sait mettre en valeur Paris, on lui doit la place de l’Etoile (Charles de Gaulle) et ses 12 avenues ! Notre Dame dégagée des vieilles bâtisses afin de la mettre en valeur.
Ce baron est un hygiéniste, Il assure avec Belgrand des circuits d’adduction d’eau et un réseau d’égouts. (Précédemment de 1812 à 1843, Rambuteau avait déjà commencé ce projet en créant deux cents fontaines)
Haussmann a le « Culte de l’axe et de la perspective », . Il développe les grands axes de la Capitale, d’une manière rectiligne.
Rien ne le freine : des boulevards, des avenues sont percés, on démolit des bâtiments, on en crée de nouveaux, avec des normes strictes architecturales qui portent encore le nom de style « Haussmannien ».
Certains quartiers de Paris, comme le boulevard St Germain, la rue St Dominique, et la rue de la Chaussée d’Antin ont été franchement mutilés : Hôtels rasés, ou coupés partiellement. On privilégie la construction ou la reconstruction d'hôtels particuliers. Le percement des voies nouvelles est parfois plus destructeur pour l’Architecture patrimoniale que les révolutions. Mais Haussmann laissera à Paris, une œuvre gigantesque tels : l’Opéra, les 2 Théâtres du Châtelet et de la ville, (Ex Sarah Bernard), 2 gares : La gare de l’Est et celle de Lyon.
Super documentaire BNF sur les travaux d'Haussmann
C’est la pleine période de l’architecture métallique et des grandes ouvertures vitrées que nous retrouvons dans les gares et aussi, par la suite dans ces « Cathédrales des Grands Magasins »
Dans les nouveaux quartiers où la pioche des démolisseurs a passé, se bâtissent les magasins de confection où les dames prennent l'habitude de choisir leurs visites.
Paris redevient comme sous le premier Empire un vaste chantier de constructions : partout des échafaudages et des tranchées.
La grande œuvre de l'année, c'est la percée de la rue de Rivoli jusqu'à l'Hôtel-de-Ville. Les vieilles bâtisses qui obstruent encore la place de la Grève et les abords de la rue du Temple s'effondrent et achèvent d'isoler le monument municipal. Les arcades se prolongent autour du Palais-Royal.

De la Bastille à la Concorde, la rue de Rivoli favorisera la création des futurs grands magasins : Bazar Napoléon (futur BHV), la Samaritaine, le Louvre. Il en est de même avec les modifications apportées au quartier de l’Opéra et de Saint Lazare. Paris s’embellit, Paris prospère.
A la Porte Maillot commencent les terrassements pour l'amélioration du bois. On achève la décoration murale des chapelles de Saint-Vincent-de-Paul et de Saint-Séverin
Sous le Second Empire on constate, l'essor des moyens de transport et l'accroissement de la population, et donc de la clientèle, qui donnera aux grands-magasins une dimension nouvelle.

Pour le quartier du Bazar de l’Hotel de Ville
Après que le préfet Haussmann soit intervenu dans le problème de nivellement de la Tour st Jacques (1852) car la percée de la rue de Rivoli menaçait le monument, les choses s’éclaircissent.
Une loi du 29 septembre 1854 déclare d’utilité publique, les derniers percements et expropriations entre l’Hôtel de Ville et Saint Paul. Nous rentrerons dans le détail du BHV un peu plus loin.
Le Marais et ses Hôtels particuliers furent épargnés des grandes démolitions d’Haussmann. Les bâtisses de la rue de Rivoli situées de la Concorde à l’Hôtel de ville, ne furent pas trop blessées.
Le quartier découvre des nouveaux immeubles de rapport, tels rue François Miron.
Pendant plus d’un siècle (entre 1850 et 1860), époque où Xavier Ruel, fondateur du BHV va s’installer, la population de ce quartier s’accroît. Certains Hôtels particuliers sont surélevés, mais on dénombre encore beaucoup d’îlots insalubres.
Depuis le moyen âge, ce quartier accueille (rue des rosiers) l’arrivée de communautés juives.




Ci-dessus les métiers de cette époque, Rien à voir avec notre monde d'aujourd'hui.
La blanchisseuse, la Cuisinière, l'égoutier, le Fort des Halles.
Ci-dessous : La marchande de poissons et le Laitier.


1852 : Xavier Ruel a 30 ans lorsqu' il arrive à Paris, avec son épouse et ses deux enfants. Il loge au 12 rue de la rue du Bourg Tibourg. C’est là qu’il achète un stock de bonneterie et recrute des camelots pour vendre la marchandise.
A suivre...
CD
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n° 2
Histoire : En 1825, Charles X prend le pouvoir, Il se montre trop réactionnaire, c’est un ultra royaliste. Il n’arrivera pas à être accepter, sa politique cherche à affaiblir les libertés octroyées par son frère dans la Charte, il dissout l’assemblée, appuie sa politique sur une série d’ordonnances, supprime la liberté de Presse, il augmente le prix du droit de vote pour limiter les électeurs. Sa politique est un échec et le peuple parisien se révolte mettant fin au bout de 3 jours, qu’on appela « Les trois glorieuses » au règne du Roi et à son exil le 29 juillet 1830.
Paris : Le chemin de fer se développe et devient sous le Second Empire un formidable, moyen de transport. Paris va rapidement voir la construction de gares et de voies ferrées : Saint-Lazare, née en 1837. La gare du Nord est inaugurée en 1846.
1820- 1830 : Paris est sale, Paris est insalubre, l’humidité, l’absence du tout à l’égout, les eaux sales, les rues boueuses contribuent à une violente épidémie de choléra en 1832.
La situation est prise en main par le préfet, le Comte de Rambuteau dont vous connaissez tous le nom, Rambuteau estime que les rues étroites et sales au centre de Paris sont à l’origine de l’épidémie de choléra à Paris
Cet homme préfet en 1832 et hygiéniste travaille à l’élargissement des rues et fait moderniser le réseau des égouts. On lui doit de nombreuses fontaines (St Sulpice…). Les arbres sont plantés, des jardins sont installés. Paris est aéré et éclairé. Le préfet Rambuteau développera l’éclairage public au gaz, permettant aux citadins de sortir plus tard dans la Capitale.
Des vespasiennes sont installées sur les trottoirs, aujourd’hui remplacées par les Sanisettes Decaux. Il poursuit l’agrandissement des Hôpitaux de Paris.
Le commerce : Depuis le décret d’Allarde (1791) qui avait aboli les corporations telles : la Bonneterie, la Draperie, l'épicerie, les Orfèvres ou la Pelleterie (métier du cuir, puis la loi Le chapelier qui permit d’ouvrir des boutiques diversifiant leur offre , on assiste au développement des boutiques de frivolités. Pourtant de nombreux petits métiers ambulants se manifestaient sur les trottoirs de la Capitale.





Sur le plan commercial : Après 1825 Nous assistons à la naissance des magasins de type bazar ou de nouveautés.
Les magasins de nouveautés choisissent souvent pour enseigne le titre d'une pièce de théâtre : la Petite Nanette; la Fille d'Honneur, le Petit Chaperon Rouge, la Vestale, la Lampe merveilleuse, le Pauvre Diable et le Coin de Rue.
Les propriétaires des magasins de nouveautés luttent entre eux d'adresse et d'élégance: la présentation est faite avec un goût, une recherche, une connaissance de l'harmonie des couleurs ; L'étalage extérieur d'un magasin de nouveautés, est avec l'enseigne, le but des soins constants d'un marchand. Par exemple, d'immenses bandes d'étoffe d'une couleur éclatante occupent toute la devanture de la maison tombant des croisées du premier étage ou des combles, jusqu'à terre. En gros caractères, au-dessus de la porte d'entrée, une petite phrase d'usage: PRIX FIXE; L'abondance des marchandises, prime en apparence. Des prospectus annoncent invariablement un rabais étonnant dans le prix des marchandises.
Mais, le développement des relations commerciales, le personnel ruineux qu'il faut qu'elles entretiennent, le luxe effréné qu'elles affichent, les chances du commerce et la nécessité de soutenir une concurrence qui chaque jour devient plus redoutable, ont souvent conduit à sa perte un commerçant honnête.


Certains magasins se distingueront et perdureront, La Belle Jardinière (1824), Le grand Bazar de la rue St Honoré (1825), Aux Trois Quartiers (1829) le Bazar Montesquieu en 1830, Le Petit Saint-Thomas (1830). A la ville de Paris, A la Chaussée d’Antin en 1844, la Ménagère en 1850
Paris change...
Histoire : Le roi Louis-Philippe, duc d’Orléans assure la relève au trône de 1830 à 1848. Nous sommes en pleine création et développement de l’Industrie : Textile, métallurgique, l’exploitation des mines de charbon, la mise en place d’un réseau ferré. Le monde littéraire et artistique émerge librement : Balzac, Hugo, Lamartine, Stendhal…
1836: le 25 octobre, l'obélisque de Louxor arrive sur la place de la Concorde.
L'arc de Triomphe débuté en 1806 est achevé en 1836;


Une crise économique fait basculer le régime, les ventes baissent, les récoltes sont mauvaises, le chômage augmente, les travailleurs se révoltent.
En février 1848, le gouvernement interdit une manifestation de protestation ; les parisiens montent des barricades, la garde royale tire sur une cinquantaine de manifestants, le roi renvoie son 1er ministre et abdique le lendemain : 23 février.
Le 22 : Des pierres sont lancées sur le ministère des affaires étrangères. La foule envahit la place de la Concorde : elle en est refoulée par les gardes municipaux. Des barricades sont élevées dans les rues. Pillage de la boutique d’un armurier. Des enfants brûlent les chaises des Champs-Élysées et quelques bureaux d'omnibus.
Le 23 : L'émeute est paralysée par la troupe. Quelques barricades, mal défendues, dans les quartiers du centre subsistent. Après quelques fusillades, des émeutiers s'emparent de la caserne municipale du faubourg Saint-Martinet et pillent des boutiques d'armuriers. Une autre fusillade devant le ministère des affaires étrangères, fait de nombreuses victimes. Les émeutiers armés de torche promènent les cadavres dans des tombereaux.
Le 24 : A 5 heures du matin, le maréchal Bugeaud prend le commandement des forces armées de Paris. Paris se couvre de barricades. Le quartier des Écoles se soulève et la garde nationale prend résolument parti contre le gouvernement.
L'émeute est encouragée par l'indécision de la défense. A 11 heures du matin, elle est victorieuse.
Dans l'après-midi, des affiches annoncent l'abdication de Louis-Philippe en faveur du comte de Paris.
Au départ du roi, les Tuileries sont envahies par la foule.
Un gouvernement provisoire est nommé (Lamartine, Ledru-Rollin, Marie, Crémieux, Dupont de l'Eure, Arago, Garnier-Pagès), qui s'adjoint Marrast, Flocon, Louis Blanc et Albert, que venait d'élire le peuple à l'Hôtel-de-Ville.
Après plusieurs mois de d’agitation, c’est Louis Napoléon Bonaparte qui préside la France.
Que devient Xavier Ruel dans cette période: En 1838, on le retrouve sur Lyon et c’est en 1840, alors qu’il a tout juste 18 ans, qu’un événement très singulier se produisit.
Nous sommes sur un champ de courses à Lyon, la quatrième et dernière course de la journée reste à disputer. Comme d’habitude, les propriétaires font leurs dernières recommandations aux jockeys.
Un des propriétaires est très contrarié, son jockey est absent, il s’énerve d’autant plus que son cheval est en grande forme. Aucun jockey pour le remplacer ! Soudain, un jeune homme mêlé au personnel des écuries se présente et dit avec aplomb : « Si vous voulez M’sieur, j’puis remplacer vot’ jockey. Les chevaux, ça m’connait, et j’gagnerai ben tout comme un autre ! »

C’est ainsi qu’on pesa le jeune homme qui en raison de sa maigreur et son jeune âge fut un cavalier parfait. Incroyable ! Il arrive premier au poteau, au milieu des acclamations de la foule.

Xavier Ruel ne poursuivit pas sa vie dans le sport, mais bien gratifié, il acheta une balle et des petits objets de nécessité courante : couteaux, peignes, porte-monnaie, aiguilles qui se vendaient bien dans les petits villages où les boutiques de luxe en bimbeloterie, n’existaient pas.
Les affaires prospérant, il décida d’y ajouter de la bonneterie. Le stock à transporter, nécessita l’achat d’une voiture, ce qu’il fit avec ses économies et c’est ainsi qu’il devint marchand ambulant sur les marchés.
Nous voici en 1848, il travaille au 52 de la rue Mercière à Lyon où Françoise Perraud, veuve Poncery, tient la boutique, sa fille de 24 ans est brodeuse dans le quartier, spécialisée dans la broderie en chasubles et ornements sacerdotaux.
En 1849, il épouse cette jeune Brodeuse : Marie Madeleine Poncerry.
C’est ainsi que ce commerçant ambulant, vendant sur les marchés et dans les passages fréquentés, de la mercerie, de la bonneterie et de la bimbeloterie, achète un commerce à Lyon qu’il transforme en quincaillerie.
A suivre...

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