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Le blog du Réseau Bazar BHV

livres et poesies

Parution chez L'Harmattan : "L'Architecte et sa Reine", de Martine Mallein

11 Novembre 2011 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Livres et poésies

 

Le livre : "L'Architecte et sa Reine", de Martine Mallein Leguédois, parait « en GRAND » ! Le livre comprend 240 pages, au format 15x24  et est enrichi de nouvelles photos. Nous vous en avions parlé, il y a quelques mois. Aujourd’hui, le livre de Martine que nous avons bien connue au BHV, paraît chez l’éditeur l'Harmattan.

C’est un vrai plaisir !

Martine Mallein

Martine peut vous l'envoyer avec dédicace personnalisée (Bonne idée pour Noël), au prix de 25€,  port compris en lui envoyant un mail, ou en écrivant au blog rezo-bazar. A commander rapidement pour ceux qui voudraient l’acheter à la réunion du 14 novembre 2011. Conditions de commande chez l’éditeur en bas de cet article.

  Roman

Voici ce qui est dit par l’éditeur :

Blotti sous la colline verdoyante où le château de Verneuil est en cours de construction, le petit hameau de Mont-la-ville, pendant les guerres de religion, se révèle un havre de paix à quelques lieues de Paris où vit, la famille huguenote des Androuet du Cerceau, architectes de père en fils, des reines et rois de France.

Salomon de Brosse, l'un des petits-fils, est attaché au service de Marie de Médicis toute sa vie durant. Cette reine florentine unie à Henri IV, à l'esprit capricieux, versatile, impérieux, dominateur, nous entraîne, pendant sa régence dans de folles tribulations aux côtés des Concini, de Richelieu et de son fils, le mal aimé Louis XIII.

Amis un jour, ennemis le lendemain. La souveraine, ambassadrice de l'art italien, confiera pour sa plus grande gloire, à Salomon, la construction du Palais du Luxembourg que toutes les cours d'Europe vont lui envier. Les princes proches de la famille royale reconnaîtront l’immense talent de l'architecte. Il deviendra alors incontournable pour théâtraliser leur appétit de grandeur.....

Verneuil en HalatteVerneuil en Halatte le chateau de S de Brosse

L’Auteur

Martine Mallein nous présente son premier livre. Passionnée par l'art italien des Quattrocento et Cinquecento, étonnée par le parcours auprès des rois de France de cette famille protestante des Androuet du Cerceau, elle a cherché à mieux les connaître par l'intermédiaire de Salomon de Brosse, le fils de Julienne Androuet.

Elle a voulu ainsi rendre hommage à celui qui a construit le Palais du Luxembourg et dessiné les maisons de la cité de Sully, Henrichemont (Cher).

Le Thème:

 « Trois femmes prestigieuses feront la carrière de Salomon de Brosse. Elles sont libres, célèbres et illustres. C’est tout d’abord Marie de Medicis avec le Palais du Luxembourg, Répondant aux souhaits de la régente pour lui bâtir « sa maison », Salomon de Brosse « conçut une résidence urbaine, d’une apparence très proche du palais Pitti de Florence .....

. C’est « Charlotte de Vieuxpont qui appartient à ces premiers cercles artistiques et raffinés où l’on rencontre des représentants d’une société civile qui se cherche et se veut spirituelle, galante et cultivée, avec Blérancourt (Aisne).....

C’est enfin Catherine de Gonzague, cousine d’Henri IV, qui possède d’immenses domaines et est assurée de revenus considérables...Elle bâtira un château aux mille statues à Coulommiers.

« Toutes trois vont faire confiance à Salomon afin de réaliser leur rêve de luxe, de grandeur, d’éclat, de gloire, de puissance, se bâtir un palais répondant à leurs aspirations profondes de distinction et de beauté architecturale… »

« En quinze ans, Salomon, architecte à la mode...... joue avec la superposition des trois ordres, abandonnant l’ordre colossal, il ornemente les murs entre les pilastres par de simples trumeaux. Il crée des galeries en demi-cercle, surmontées de terrasses, invente le pavillon d’entrée qui devient porte cochère dans ses réalisations parisiennes. Progressivement, il voudra oublier la brique au seul profit de la pierre qui sera le matériau privilégié utilisé à l’époque de Louis XIV. »

Salomon de Brosse

S de Brosse palais luxembourg

 

COMMANDES chez l’éditeur :

- au Comptoir Harmattan :

7, rue de l’École-polytechnique

75005 Paris

Tél. : 01 40 46 79 20

Fax : 01 4 3 25 82 03

- sur le site web :

http://www.harmattan.fr

Prix : 24 €

Frais de port : 3 € pour le premier ouvrage + 0,80 € par ouvrage suivant

 - ou chez votre libraire

 

 

 

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Antoine Eminian : Exit le fantôme

17 Octobre 2011 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Livres et poésies

 

"Les choses les plus utiles sont les choses les plus évidentes ". Citation de Philip Roth

Antoine nous présente un roman .... un héros qui affronte la dernière partie de sa vie. Excellente analyse.... à lire.

 

Eminian AntoinePhilip Roth : Exit le fantôme

 

Philip Roth est né à Newark, aux Etats-Unis, en 1933 aujourd’hui il vit dans le Connecticut. Son œuvre a été couronnée de multiples prix à travers le monde, en France il a reçu le Médicis étranger en 2002 pour son roman La tache.

 

Roth PhilipLa première fois que j’ai lu un roman de Philip Roth, j’ai bien aimé mais sans plus, heureusement je ne me suis pas arrêté à cette première impression et j’ai poursuivi mon exploration avec un plaisir plus intense à chaque fois. Une fois encore je ne suis pas déçu par cet Exit le fantôme paru en 2009 en France.  

Nous retrouvons le héros emblématique de Philip Roth, son double littéraire, Zuckerman. Désormais âgé, il a plus de soixante-dix ans et s’est fait opéré d’un cancer de la prostate avec les conséquences qui en découlent, perte du désir sexuel et incontinence. Après onze ans de solitude dans sa maison perdue dans la campagne du Massachusetts, il revient à New York pour une intervention bénigne devant soulager son incontinence.

Plusieurs rencontres vont remettre en cause son choix de vie et son exil.

Il y a Richard Kliman, un jeune homme enthousiaste décidé à écrire une biographie de Lonoff, l’écrivain décédé depuis quarante ans, qui fut un modèle et un mentor pour Zuckerman dans sa jeunesse, sauf que ce bouquin va révéler des faits cachés de la vie de cet écrivain, à savoir un inceste.

Il y a aussi Amy Belette, aujourd’hui mourante d’une tumeur au cerveau, c’était la muse de Lonoff et Zuckerman la trouvait particulièrement attractive lui aussi. Enfin, il y a un couple de jeunes écrivains, Jamie Logan et Billy Davidoff avec lesquels il envisage un échange de logement pour une durée déterminée.   

P-roth-2.jpg 

Philip Roth fait feu de tous bois, après son long exil, le retour à New York est déstabilisant comme on peut l’imaginer et sa critique de la société américaine plutôt acerbe. George W. Bush vient d’être réélu à la Maison Blanche au grand désespoir de l’intelligentsia qui voit en lui « Des aptitudes intellectuelles déficientes. Dogmatique. Un illettré notoire qui allait ruiner quelque chose de grand » ; dans les rues, c’est nouveau, tout le monde est pendu à son téléphone portable, ce qui nous vaut des pages savoureuses d’humour. 

Mais ce retour dans « sa » ville est aussi l’occasion de ranimer les forces qui lui manquent. La colère et l’indignation face à Kliman qui voudrait détruire la réputation d’un écrivain qui ne peut plus se défendre puisqu’il est décédé. Tout le monde a un cadavre dans son placard, doit-on pour autant tout révéler, l’écrivain Lonoff qui est aussi Zuckerman et donc Roth lui-même, subira-t-il le même traitement après sa mort ? Le vieil homme sent son sang bouillir une fois encore « Quand avais-je connu pour la dernière fois l’excitation de m’en prendre à quelqu’un ? ».

Mais ce sursaut de vitalité n’est pas qu’intellectuel, sa rencontre avec Jamie Logan réveille la pauvre chose qui pendouille entre ses jambes depuis si longtemps, « les pulsions sexuelles stimulées par la rencontre avec Jamie avaient follement ressurgi comme puissant moteur ». Une dernière fois le vieux Casanova tentera de séduire une jeune femme et il y parviendra mais sous une forme que je vous laisse découvrir.

Roth Exit le fantômeRoman sur la vieillesse et le délabrement des corps, le sexe en berne, la vessie qui fuit, la mémoire qui fait défaut, on dirait une chanson d’Ouvrard, Philip Roth nous décrit sans complaisance, mais non sans humour, la décrépitude de Zuckerman, autant dire qu’il nous livre sa propre vie en pâture, consciemment afin de couper l’herbe sous le pied de ceux qui voudraient plus tard, le faire à sa place ?

Un très beau livre, magistralement écrit, qui nous met face à nos destins à venir.

 

« Comme si l’incontinence, ça ne suffisait pas, en tant qu’humiliation, il fallait maintenant qu’on s’adresse à vous comme si vous étiez un gosse de huit ans récalcitrant qui refuse de prendre son huile de foie de morue. C’est comme ça que ça se passe, quand un patient âgé refuse de se résigner aux épreuves inévitables et de trottiner bien poliment jusqu’à sa tombe. Les médecins et les infirmières ont sur les bras un enfant qu’il faut calmer et embrigader pour qu’il défende la cause perdue qui est la sienne. C’est en tout cas l’idée que je me faisais quand j’ai raccroché, lessivé de tout orgueil et conscient des limites de mes forces, l’image même de l’homme qui échoue quoi qu’il fasse, soit qu’il résiste, soit qu’il se soumette. »

  

Philip Roth  Exit le fantôme  Folio

 

"Un très beau livre, magistralement écrit, qui nous met face à nos destins à venir" :

Peut-être un peu sévère cette phrase d'Antoine, mais après-tout.... Vous pouvez saisir la rubrique commentaire pour en discuter.

En tout cas, Antoine nous analyse ce roman d'une manière remarquable. le style est excellent et... je crois qu'on peut lui faire confiance... A lire absolument.

Merci Antoine

 

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Monique Lahoste : Tout en poésie … « Automne »

18 Septembre 2011 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Livres et poésies

 

Le  23 septembre sera l’automne…

Nous sommes heureux de retrouver, notre poète « 4 Saisons », Elle est toujours présente, auprès de nous, avec sa sensibilité.

Ses quelques vers sont plein d’émotion et nous les ressentons…. Car Monique nous le rappelle….  " Que le temps sera long à devenir l'été !"

  Automne-2011 4406

                 AUTOMNE

  

Sur la pointe des pieds l'été s'est fait la belle.

L'espace d'une nuit, il a bouclé bagages

Et déjà le matin il avait effacé

La couleur des jours, l’insolence des fleurs.

 

L'été voleur s'est fait la malle,

L'espace d'un instant il a semé l'orage,

Ébouriffé les arbres et éteint la lumière.

 

Je n'aime pas l'automne

Et ses sanglots de pluie

Et ses semblants de brume.

 

Je n'aime pas l'automne

Et ses faux airs de beau

Et ses petits airs de rien.

 

J'entends le vent souffler les bougies des ramées

Et tisser tapis rouge à l'hiver embusqué.

 

J'ai envie de dormir,

J'ai besoin d'oublier

Que le temps sera long à devenir l'été.

 

MIKENO 

(Oct 2000)

 

Automne-2011 4350 

Que le temps sera long, Monique, jusqu'au prochain poème.....

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Antoine Eminian :Avant d’aller dormir

16 Août 2011 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Livres et poésies


Eminian AntoineVoila un nouveau roman présenté par Antoine.

Vous l'aimerez, c'est sûr... Un thriller assez exceptionnel qui vous distraira en roman de rentrée ou de fin de congés. L’intrigue est bonne, c’est un livre que l’on dévore….Courez vite chez votre libraire !

Ce livre a été traduit en 30 langues à travers le monde et devrait être tourné au cinéma.

S.J. Watson : Avant d’aller dormir

SJ WatsonL'auteur :S.J. Watson a 39 ans, natif de Grande-Bretagne il y a travaillé durant de longues années pour le Ministère de la Santé avant de faire paraître ce premier roman.

SJ Watson Avant d'aller dormir

Le thème : A la suite d’un accident survenu vingt ans plus tôt, Christine est devenue amnésique, une forme particulière de cette pathologie puisque chaque matin elle se réveille en s’imaginant avoir vingt ans et être encore étudiante, alors qu’elle en a quarante-sept et qu’elle est mariée. Son neuropsychologue lui conseille alors de rédiger un journal intime pour y consigner tous ses maigres souvenirs ce qui lui permet à chaque relecture, le matin au réveil, de ne plus repartir de zéro.

Cette mise au propre de ses souvenirs va bientôt déclencher une série de questions restant sans réponse, avait-elle un enfant et qu’est-il devenu, où est passée son amie Claire, de quel accident a-t-elle été victime, pourquoi son mari Ben semble-t-il si réticent à lui fournir des explications, pourquoi le docteur Nash lui a-t-il conseillé d’écrire son journal intime à l’insu de son mari ? « Le Dr Nash marque une pause puis enchaîne, « je ne suis pas certain que Ben sache que nous nous voyons. »

Les questions se succèdent, des réponses surgissent puis vient le temps des contradictions, donc des suspicions ce qui engendre de nouvelles questions encore plus angoissantes, Ben lui ment-il, mais pourquoi ? « Mon mari me raconte une version de la manière dont j’en suis arrivée à ne plus avoir de mémoire, mon intuition m’en souffle une autre. »

La critique :Je ne peux décemment pas vous en dire plus de l’intrigue, mais ce qui est certain c’est que ce roman est un magistral thriller. L’histoire avance paradoxalement à un rythme posé qui met encore plus les nerfs à cran, tout est banal dans le récit, une vie tranquille dans un quartier de Londres, excepté que Christine ne sait plus rien de sa vie passée et qu’elle commence à subodorer qu’on lui cache sciemment des choses. Tout est parfait dans ce roman, au-delà d’un « simple » thriller, il s’agit de littérature, le livre est superbement écrit, l’intrigue monte crescendo jusqu’à la fin – le dernier chapitre doit être lu d’une traite pour ne pas devenir fou d’impatience -, les personnages gravitant autour de Christine passent du camp « amis » au camp « ennemis » et inversement au fur et à mesure qu’on progresse dans la lecture.

Comment peut-on écrire un si bon premier livre ? Mr Watson réalise un sans faute avec cet Avant d’aller dormir que je vous recommande vivement pour vos vacances d’été, et il paraît que Ridley Scott en a déjà acheté les droits pour le porter à l’écran. Par contre n’ouvrez pas ce bouquin avant d’aller dormir, nuit blanche assurée. La chute était facile, je sais, mais je n’ai pas pu résister.  

 

« La boîte était à l’endroit que j’avais décrit dans mon journal, fermée à clé, comme je l’avais soupçonné. Je n’en étais pas contrariée. J’ai commencé à regarder. Je me suis dit que je ne m’arrêterais pas tant que je n’aurais pas trouvé la clé. J’ai d’abord fouillé le bureau. Les autres tiroirs. Je l’ai fait méthodiquement. J’ai tout replacé là où je l’avais trouvé, et après, je suis allée dans la chambre. J’ai ouvert les tiroirs, fouillant entre ses slips, ses mouchoirs, soigneusement repassés, les maillots de corps et les t-shirts. Rien, et rien dans mes affaires non plus. Les tables de nuit avaient des tiroirs. J’avais l’intention de fouiller chacun d’eux, en commençant par le côté du lit où je n’avais pas dormi. J’ai ouvert le tiroir du haut et fouillé son contenu – des crayons, une montre qui ne marchait plus, une plaquette de pilules que je ne reconnaissais pas – avant d’ouvrir le tiroir du bas. Au départ j’ai cru qu’il était vide. Je l’ai refermé doucement, mais en le poussant, j’ai perçu un tout petit bruit, de métal frottant contre du bois. Je l’ai ouvert à nouveau, mon cœur battant à tout rompre. C’était une clé. »

 

S.J. Watson  Avant d’aller dormir  editionSonatine

Merci Antoine pour cette excellente critique et à bientôt !....

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Jean de Nerville:La libellule et le colimaçon!

8 Août 2011 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Livres et poésies

 

Belle période pour les libellules avec le soleil et aussi .... pour les escargots avec la pluie qui est tombée depuis quelques jours en France.

Notre fabuliste Jean nous donne encore une leçon de morale ou de philosophie!

Vraiment, c'est toujours avec beaucoup de plaisir que nous le retrouvons.

 de-Nerville.jpg

Où l’on retrouve la gracile libellule et l’ingénieux colimaçon.

 

  Libellule 3

A peine révolue la dernière volute

De sa coquille neuve, encore à l’état brut

Un jeune limaçon, toutes cornes brandies

Sur la rive risquait sa première sortie.

 

Cette espèce est craintive et lente à se mouvoir,

Prompte à se rétracter. Glissant son nonchaloir

En sillage argenté sur les pierres mouillées,

Limitant son étape à quinze ou vingt coudées.

 

Un éclat d’émeraude aux ailes de cristal

Raya soudain le ciel d’un vol horizontal.

« Si j’étais libellule, envia le limaçon,

Au dos, j’aurais des ailes et pas une maison.

 

En un piqué vorace, un martin-pêcheur bleu

Pinça la demoiselle et  ternit ses grands yeux.

Les airs sont dangereux pensa le limaçon

Qui prudent fit retraite en son logis profond.

 

Tortillé sur lui-même, il rêvait d’ascension.

On peut, à ras de terre, avoir de l’ambition.

Il a vu le danger ; les grandes envolées,       

Sans ailes et sans pattes, le condamnent à ramper.

  escargot

Contemplant son plafond, il eut l’idée géniale

D’un long plan incliné, mais hélicoïdal,

Enlaçant, chaque tour, un fort pilier central

Assurant le rampant, soutenant son moral.

 

Au projet initial, des bipèdes pressés

Ajoutèrent des marches par commodité.

Ce n’était que justice que de donner son nom

A l’escalier conçu par le colimaçon.

   

Moralité

Dans l’escalier en vis, on pourra se hisser

Mais c’est par la vertu que l’on doit se hisser

 

Merci Jean et au plaisir de te lire.

 

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"Les copains" par Antoine Eminian

16 Juin 2011 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Livres et poésies

 

Eminian AntoineDans cette période d'été, Antoine nous présente un livre divertissant pour vos vacances. Vous nous en donnerez des nouvelles!

 Les copains de Jules Romains 

Dans la mesure du possible j’essaie de varier vos plaisirs de lecture. Après le livre émouvant de Christine Orban, autre registre cette fois et en accord avec le printemps qui nous met du baume au cœur, un roman très drôle avec un petit goût « rétro » pas désagréable du tout.

 Jules RomainsJules Romains (né Louis Farigoule), écrivain et Académicien, né en 1885 et décédé en 1972, auteur d’essais, poèmes, pièces de théâtre (Knock  1923) et de la série romanesque en 27 volumes Les Hommes de bonne volonté (1932-1947). Il est le « créateur » de l’unanimisme avec John Dos Passos aux Etats-Unis, une doctrine littéraire selon laquelle l’écrivain doit exprimer la vie unanime et collective, l’âme des groupes humains et ne peindre l’individu que pris dans ses rapports sociaux.

 

 

Les copainsL’histoire débute dans un café, ce qui donne la tonalité générale du roman. Une discussion dégénère en pari quand un groupe de copains met en doute la capacité annoncée d’un litre, des pichets de vins servis par le patron. Chacun dans le troquet propose sa méthode, plus ou moins farfelue, pour vérifier les faits. Après cette mise en bouche, nous retrouvons nos copains, sept joyeux drilles, tellement contrariés par une carte de géographie où deux villes semblent les regarder avec des yeux malfaisants qu’ils décident d’aller y mettre un chambard monstre, et les voilà partis pour Ambert et Issoire dans le Puy-de-Dôme afin d’y assouvir leur terrible vengeance. Mais auparavant ils iront consulter le somnambule, un devin qui communique avec les esprits en prenant un bain de pieds dans une cuvette pleine de vin !

Se faisant passer pour un ministre, un ecclésiastique éminent ou un sculpteur généreux, notre petite troupe va investir les deux sous-préfectures et ridiculiser l’armée, l’église, l’administration, la morale et les notables. Je me tais sur les moyens utilisés pour ne pas vous gâcher la lecture, mais l’épisode du sermon dans l’église déclenchant de furieux réveils de libido parmi les fidèles vaut son pesant de cacahuètes…

Enfin vengés, nos larrons s’esbignent en douce et en vélo, vers les Cévennes pour conclure leur redoutable périple par un casse-croûte comme on les aime avec force cochonnailles et vins de toutes les couleurs.  

 

Vous avez compris qu’on se bidonne tout au long du roman et c’est un bel exploit car le livre a été écrit en 1913, l’année prochaine débutera la boucherie de la Grande Guerre. Nos sept loustics, anarchistes sympathiques, ne pensent qu’à mettre le bordel sans pour autant avoir un message politique réel à faire passer, si ce n’est se moquer des institutions. Je dois dire que ces personnages m’ont beaucoup rappelé les Pieds Nickelés cette fameuse bande dessinée datant de 1908 pour sa première édition, même esprit, mêmes bêtises forfaitées par des potes et même amour de la dive bouteille. Si les amis de nos amis sont nos amis, les copains de Jules Romains sont nos amis pour la vie !

 

« Lamendin ! A ton tour !... Mais cette redingote te va comme un gant ! A peine quelques plis sous les bras et des effets de boudin dans la région du ventre. D’ailleurs tu n’es pas astreint comme ton compagnon à une élégance militaire. Un peu d’embonpoint, un certain avachissement de la chair et de l’esprit, je ne sais quelle descente de la cervelle dans les fesses, ne messiéent pas à un haut fonctionnaire. Car tu as mûri dans les bureaux. L’âge et la faveur t’ont promu à un poste élevé. Je t’appellerai : « Mon cher directeur », n’est-ce pas ? – Compris ! »

 

Jules Romains  Les copains  Folio

 Merci Antoine pour ta participation et ton talent!

 

 

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Bonne fête des mamans avec Monique Lahoste.

27 Mai 2011 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Livres et poésies

 

Monique vous offre ce poème pour la fête des Mères, c’est beau !  Nous le lisons, nous le découvrons avec une sensibilité extrême, les mots sont pesés… On adore !... Merci Monique.

Bonne fête aux mamans.

Blog-ML.jpg  picasso-mereenfant

 A  MA MERE

 (don de vie)

 

Tu m'as donné la vie,

Tu as guidé mes pas, mes gestes maladroits,

Tu m'as tendu les bras pour que je m'y blottisse.

Tu as séché mes pleurs,

Tu m'as appris les mots, le monde, les valeurs,

Et puis j'ai grandi, tu m'as montré la route

Et dissipé mes doutes.

Tu as voulu que je sois ce que tu n'étais pas

Et si parfois je t'ai causé chagrin

En refusant de croire que j'étais dans mon tort,

Je n'avais pas compris que tu m'aimais si fort.
Merci pour tant d'amour et de tendresse,

Pour mon enfance et ma jeunesse,

Pour ce que je suis aujourd’hui.

Merci d'être le lien vigoureux de mon attachement

A la famille et aux beaux sentiments,

Merci d'être là, tout simplement, maman.

  

 Mikeno.

 

2011 04 07 Bordeaux B 029

Picasso: Exposition Espagne, Beaux Arts, avril 2010 à Bordeaux 

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Antoine Eminian vous présente le livre : Le pays de l’absence

26 Avril 2011 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Livres et poésies

Eminian Antoine Antoine, notre critique littéraire vient ce mois-ci nous suggérer un livre émouvant de Christine Orban : Le pays de l’absence.

 

L'auteur :Christine Orban est née en 1954, son premier livre date de 1986, elle est l’épouse de l’éditeur Olivier Orban. Son nouveau roman, Le pays de l’absence, vient de paraître il y a peu.

Le livre est dédié à la mère de la narratrice et dès les premières pages on comprend qu’il est autobiographique en grande partie, même s’il est présenté comme un « roman ». A Paris, la romancière attend sa mère qui vient de Casablanca où elle habite, pour passer les fêtes de Noël.

Christine Orban

Tout de suite, dès les premières lignes, nous nous étonnons avec l’auteur de certaines attitudes ou réactions de cette mère âgée de soixante-douze ans qui ne veut pas se séparer d’une petite peluche trouvée, un singe, qu’elle croît être un animal vivant, chien ou chat, elle ne sait pas trop.

Très vite l’évidence saute aux yeux du lecteur, la maladie d’Alzheimer est à l’œuvre, pourtant Christine Orban ne citera le mot qu’une seule fois durant tout ce roman et seulement au milieu du texte, dans le chapitre portant le titre de ce roman.

Christine Orban Absence

Je dois reconnaître que ce genre d’ouvrage me met toujours mal à l’aise, les descriptions de maladies, leurs effets sur le corps et l’esprit me terrifient et j’évite ce genre de lecture quand je choisis mes livres. Ici, il s’agit d’un bouquin qui m’a été offert donc je m’y suis plongé, avec angoisse quand j’en ai deviné le sujet mais j’ai bien fait de persévérer car Christine Orban ne nous inflige pas des descriptions cliniques ou des réflexions qui vous mettent le moral dans les chaussettes. Pas de scènes d’hôpital ou de médecins, la vie de tous les jours avec ses petits riens qui dans ce cas deviennent des montagnes.

Avec beaucoup de classe, grâce à un style d’écriture très léger, de minces chapitres faits de phrases simples et courtes, elle nous montre les effets de la maladie qui s’installe. On sourit même parfois, devant les réponses de cette femme vieillissante qui fut belle et courtisée, lorsqu’un éclair de lucidité la met en face de l’impotence qui s’impose.

Le livre est aussi l’occasion pour l’écrivaine de dresser le parallèle entre les rapports inversés qui s’instaurent, petit à petit la fille devient la mère de sa mère, l’aidant à s’habiller, lui parlant comme à une petite enfant etc.

Cette redistribution des cartes lui fait aussi prendre conscience qu’en réalité, depuis toujours la fille a tenté de protéger sa mère ce qui rendait leurs relations assez difficiles ou du moins particulières. Des pages pleines de tendresse, d’amour et de patience – car il en faut énormément – mais aussi d’agacement à devoir répéter sans cesse les mêmes choses simples, de honte un peu devant les autres, de tristesse bien sûr à voir un parent partir en lambeaux et perdre pied.

Un sujet grave mais traité avec assez de légèreté et un certain sens de l’humour pour nous faire avaler la potion sans rechigner mais non sans nous faire réfléchir. Un très beau livre, au titre magnifique.   

 

« Et si vieillir était de devenir ce que l’on est en pire ? J’ai mis du temps à comprendre que je ne devais plus tenir compte de ses paroles. Que cela ne vaut plus rien une parole de maman, un regard, une acceptation, une opinion, un jugement, un conseil, plus rien, pas tripette, « oualou », comme on dit chez nous. Maman dit et se contredit, elle affirme et infirme quelques instants après… et moi je chancelle, parce que, malgré le naufrage, le plus difficile, c’est de ne plus la croire. »

 

Christine Orban  Le pays de l’absence  Albin Michel

Merci Antoine de ne pas nous oublier! Voici un livre remarquable... à un mois de la Fête des mères! 

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Pluie d’avril par Jean de Nerville.

3 Avril 2011 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Livres et poésies

 Si le soleil est présent  en ce début d'avril, n'oublions pas qu'avril est un mois de pluie et de soleil, indispensable pour le réveil  et le développement de la nature.

Avril  nous laisse de magnifiques impressions comme ce poème ou cet arc en ciel.

Jean notre  fabuliste se révèle cette fois ci, comme le poète de la nature !

  de-Nerville.jpg Arc en ciel

            Pluie d’avril

 

C’est une averse d’avril

Crépitant sur la feuillée,

Où la fraicheur réveillée,

Avec un parfum subtil,

Monte de l’herbe mouillée ;

 

La ramure des lilas,

Inquiète, échevelée,

Penche et tremble sur l’allée

Et semble pleurer tout bas

Une peine inconsolée ;

 

Les chants d’oiseaux se sont tus

Et seuls le vent et la pluie,

Sous le ciel couleur de suie,

Bercent de sanglots confus

La nature qui s’ennuie ;

 

Et nos cœurs se sentent pris

De cette langueur perverse,

Quand, se jouant de l’averse

Entre deux nuages gris

Un rayon de soleil perce ;

 

Le printemps comme un enfant

N’a pas de chagrin qui dure ;

Il sourit dans la verdure,

Essuyant d’un coup de vent

Ses larmes sur sa figure ;

 

Viens t’en flâner à pas lents

Par le jardin qui s’égoutte ;

Le soleil crevant la voûte

Met des reflets aveuglants

Dans les flaques de la route ;

 

Les fleurs relèvent le front ;

Au ciel qui se rassérène

Un vol de pigeons s’égrène.

Et s’exhalant du gazon,

Une molle vapeur traîne ;

 

Ainsi nos larmes d’un jour

Et sur nos douleurs d’une année

Se dissolvent en fumée :

Du premier chagrin d’amour.

Souviens-toi ma bien aimée…

 

Jean de Nerville

2009 04 Hotel de ville

 

Merci Jean pour ce moment de poésie! 

 

 

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Le printemps : Métamorphose par Monique Lahoste

23 Mars 2011 , Rédigé par Les federateurs du reseau Bazar Publié dans #Livres et poésies

 

Saluons ce printemps qui nous arrive avec le soleil et le charme de l'âme des poètes!

Nous remercions Monique qui nous honore de sa plume.

Métamorphose de Monique Lahoste

    

A petits pas l’hiver s’en va

Et souriant verse une larme,

Il tente un dernier coup de charme

Jetant flocons en armada.

 

Demain printemps arrivera,

Il est temps que frimas désarme.

A petits pas l’hiver s’en va

Et souriant verse une larme.

 

Oyez déjà le brouhaha,

Dame nature enfin s’alarme

Chassant l’intrus le pauvre carme.

Le temps se met au falbala,

A petits pas l’hiver s’en va.

 

Printemps 2 

  Commentaire de Monique

     Ce poème est un RONDEL

 

Surtout employé par Charles d'Orléans au XVème siècle, le rondel est construit sur deux rimes, souvent en octosyllabes.

Les deux premiers vers du premier quatrain deviennent les deux derniers vers du deuxième quatrain et le premier d'entre eux  forme le dernier vers du quintil.

 

Nous n'avons rien à ajouter, C'est très beau!

 "Bravo l'artiste! " . Merci Monique.

 

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