bhv d'hier
La petite histoire du BHV 1/12
Nous reprenons cette année ce sujet d’une manière : plus détaillée et plus familiale que la dernière version traitée.
La famille du fondateur du BHV : Xavier Ruel
On retrouve en 1768, Pierre Ruel, maître cordonnier comme ses ancêtres. Il épouse Jeanne Janetou la fille du Boulanger. Ils auront de nombreux enfants, drapier, commis en papèterie et Pierre Etienne Tanneur.
Pierre Ruel fait faillite en 1808 et meurt en 1819.
Sa femme reste veuve avec 7 enfants. Son mari lui a légué une boutique « Petit bazar » dans le quartier historique d’Annonay près du Pont Valgelas.
A cette époque Annonay est une ville de tanneurs : Dans un bulletin d’Annonay nous lisons : Aujourd’hui, les tanneurs y ont une place à leur nom.
Annonay a voulu saluer ses anciens en baptisant une nouvelle du nom des ouvriers qui ont travaillé le cuir dans la Cance pendant des siècles. « A travers eux, c'est l'Histoire d'Annonay et de son industrie que l'on met en avant. Tous ces hommes, toutes ces femmes qui ont donné tant de leur énergie et de leur vie pour façonner le cuir, dans des conditions difficiles mais toujours avec le goût du travail bien fait. Le goût de travailler et embellir ces peaux qui arrivaient des alentours », rappelle Olivier Dussopt.
Pierre-Etienne, fils de Pierre et Jeanne, tanneur se marie en 1806 avec Marie Madeleine Filhol. De cette union naîtront 6 enfants dont XAVIER RUEL (Le fondateur du BHV), le cadet en 1822.
Orphelin de père très jeune, il est placé comme apprenti chez un tisserand pour gagner son pain et connaît la rude vie des enfants qui travaillent en fabriques au XIXème siècle.
Plus tard, il montrera les traces sur ses doigts des coups qu’il recevait lorsqu’épuisé après 10h de travail, on le tapait pour le sortir de sa somnolence.
En 1827, à 11 ans, courageux, il décide de se débrouiller seul et quitte l’atelier, il multiplie les emplois en exécutant des besognes difficiles, mais il est libre.
En 1838, on le retrouve sur Lyon et c’est en 1840, alors qu’il a tout juste 18 ans, qu’un évènement très singulier se produisit.
Nous sommes sur un champ de courses à Lyon, la quatrième et dernière course de la journée reste à disputer. Comme d’habitude, les propriétaires font leurs dernières recommandations aux jockeys.
Un des propriétaires est très contrarié, son jockey est absent, il s’énerve d’autant plus que son cheval est en grande forme. Aucun jockey pour le remplacer !
Soudain, un jeune homme mêlé au personnel des écuries se présente et dit avec aplomb : « Si vous voulez M’sieur, j’puis remplacer vot’ jockey. Les chevaux, ça m’connait, et j’gagnerai ben tout comme un autre ! »
C’est ainsi qu’on pesa le jeune homme qui en raison de sa maigreur et son jeune âge fut un cavalier parfait. Incroyable ! Il arrive premier au poteau, au milieu des acclamations de la foule.
Xavier Ruel ne poursuivit pas sa vie dans le sport, mais bien gratifié, il acheta une balle et des petits objets de nécessité courante : couteaux, peignes, porte-monnaie, aiguilles qui se vendaient bien dans les petits villages où les boutiques de luxe en bimbeloterie, n’existaient pas.
Les affaires prospérant, il décida d’y ajouter de la bonneterie. Le stock à transporter, nécessita l’achat d’une voiture, ce qu’il fit avec ses économies et c’est ainsi qu’il devint marchand ambulant sur les marchés.
Quelques années plus tard, il travaille au 52 de la rue Mercière à Lyon où Françoise Perraud, veuve Poncery, tient la boutique, sa fille de 24 ans est brodeuse dans le quartier, spécialisée dans la broderie en chasubles et ornements sacerdotaux.
A suivre!.....
Du commerce au Grands Magasins. 3/4
Les grands Magasins sont créés dans une période faste, comme nous l’avons vu précédemment : le progrès technique, les charpentes métalliques, les caisses enregistreuses, le développement des moyens de transport et l’accroissement de la population contribuent à l’expansion des Grands Magasins.
1845 : Aristide Boucicaut, fils de chapelier, simple vendeur, qui a gravi les échelons au « Petit Saint Thomas », crée à côté de celle-ci, sa première boutique qui deviendra le Bon Marché.
1852 : Xavier Ruel dont nous avons déjà parlé crée un petit Bazar qui deviendra : « Le Grand Bazar », puis le Bazar Napoléon, et enfin le BHV.
C’est le précurseur du prix unique.
Nous reviendrons prochainement sur cet homme pionnier du commerce et philanthrope. Nous n’oublierons pas son action humanitaire durant la période de la Commune de Paris, il fait distribuer aux pauvres de son quartier du pain, puis fonde une pension alimentaire au 18 verrerie.
Il deviendra conseiller municipal et cet homme généreux deviendra très populaire.
Après sa mort le magasin se transforme et le 6 octobre 1912, après 21 mois de travaux la grande verrière et la rotonde ouvre sur un magasin modernisé.
1855 : La société : Faré, Chauchard et Hériot crée le Louvre bien connu pour ses uniformes, hélas, il fermera en 1974.
Le BHV reprendra une partie du personnel et des cadres.
1865 : Le Printemps est créé par Jules Jaluzot, qui aura été formé au Bon Marché.
1867 : Création de : « A la Belle Jardinière », là où nous l’avons connue face à la Samaritaine (créé en 1824 par Pierre Parissot près du quai aux fleurs il avait dû déménager sa boutique)
1870 : C’est Ernest Cognacq, orphelin très jeune, qui vend aussi au parapluie qui loue entre la rue du Pont Neuf et la petite rue de la Monnaie, une échoppe qu’il nommera : La Samaritaine. (L’histoire raconte que c’est en souvenir d’une ancienne pompe à eau installée du temps d’Henry IV dans ce quartier pour alimenter le Louvre en eau). Cet homme fut très réputé pour son côté social.
Le développement de la Samaritaine passera par Velizy, Cergy, Rosny et la Défense.
Cette enseigne fermera ses portes en 2005 et on attend toujours son devenir.
En 1882 Emile Zola pour écrire son livre le Bonheur des Dames avait pris le temps d’observer et d’enquêter au Bon Marché et au Louvre :
"....On avait vitré les cours, transformées en halls; et des escaliers de fer s'élevaient du rez de chaussée, des ponts de fer étaient jetés d'un bout à l'autre, aux deux étages....
Partout , on avait gagné de l'espace, l'air et la lumière entraient librement...
C'était la cathédrale du commerce moderne, solide et légère, faite pour les clients..."
A suivre GL et Trois Quartiers….
Du commerce aux Grands Magasins.2/4
Une mise à jour de ce blog, sur Overblog, crée quelques perturbations.
Aussi, les pages ne sont plus classées pour le moment .
Merci de votre indulgence
Un homme ingénieux : le Baron Haussmann développe les grands axes de la Capitale, d’une manière rectiligne.
De l’Est à l’Ouest : De la Bastille à la Concorde pour la rue de Rivoli qui favorisera la création des futurs grands magasins : Bazar Napoléon (futur BHV), la Samaritaine, le Louvre.
Il en est de même avec les modifications apportées au quartier de l’Opéra et de Saint Lazare qui verront apparaître les magasins du Printemps et des Galeries Lafayette.
Paris s’embellit, Paris prospère.
D’1 million d’habitants à Paris en 1850, elle passera à 2 millions 25ans plus tard pour atteindre 5 millions d’âmes avec la proche banlieue en 1920.
Nous saluerons au passage, le préfet Rambuteau qui développera l’éclairage public au gaz, permettant aux citadins de sortir plus tard dans la Capitale.
Rambuteau estime que les rues étroites et sales au centre de Paris sont à l’origine d’une épidémie de choléra à Paris. Cet homme préfet en 1932 et hygiéniste travaille à l’élargissement des rues et fait moderniser le réseau des égouts. On lui doit de nombreuses fontaines (St Sulpice…). Les arbres sont plantés, des jardins sont installés. Paris est aéré et éclairé. Des vespasiennes sont installées sur les trottoirs, aujourd’hui remplacées par les Sanisettes Decaux.
Pendant ce temps-là, le commerce se développe, les grands magasins s’activent, partant d’une simple échoppe, ils s’agrandissent progressivement. Ces créateurs des grands magasins sont souvent d’origine modeste, ils ne peuvent avancer qu’avec la bonne marche des résultats de leur boutique.
Ils sont presque tous autodidactes et volontaires.
Un nouveau commerce apparaît :
Les prix sont affichés.
Le choix s’étend, des comptoirs sont créés dans des rayons.
L’acceptation du « Rendu », le client peut se tromper, on reprend la marchandise.
C’est la création du libre-service, on peut rentrer, regarder et ne pas se sentir obligé d’acheter.
On découvre les « Réclames », qui deviendront Promotion des ventes ou PLV (Publicité sur le lieu de vente).
Lancement des catalogues.
Lancement des premières publicités : « Encarts » dans la presse, affiches.
A suivre...
Du commerce aux Grands Magasins.1/4
Le commerce existe depuis les premiers échanges « troc » ou avec la création de la monnaie chez les romains, qui ont permis les échanges internationaux, il faudra attendre bien longtemps avant de découvrir le commerce « Moderne » : la Boutique, le magasin puis le Grand magasin, les magasins populaires, les supermarchés et les hypermarchés, le discount et à présent le commerce sur la Toile avec Internet.
Que de révolutions dans la distribution!
Au moyen-âge existaient les corporations, on pourrait dire : aussi des communautés de métiers.
Vitraux dans l'Hôtel de Ville :
Les brodeurs, Les couteliers ou Merciers, graveurs.....
On retrouve une organisation professionnelle, dans le clergé, puis chez les artisans et les commerçants.
On retrouvera ainsi :
la BONNETERIE avec l’habillement,
la DRAPERIE avec les tissus et le textile en général,
l’EPICERIE et les métiers de l’alimentation,
les ORFEVRES (joaillerie, travaille des métaux précieux et faïence et enfin
la PELLETERIE avec les métiers du cuir : fabrication et commercialisation.
N’oublions pas que jusqu’au 13éme siècle, chaque métier ne pouvait vendre que les produits qu’il avait créé.
Après la révolution Française de1789 va naître une nouvelle corporation : « Les Merciers » (du latin Merx : Marchandise). Ces merciers avaient le droit de vendre, toutes sortes d’articles. On peut alors, les appeler : les commerçants ou les Marchands,
Il faudra attendre le 18éme siècle pour voir apparaître une autre sorte de commerce : les boutiques de frivolités dans les villes et les forains qui parcourent les routes de France.
(source affiche non datée BNP Gallica)
En 1791 le décret d’Allarde supprime les corporations, ce qui va modifier à la fois le modèle économique et l’organisation du travail.
La loi Le chapelier (1791) permet d’exercer en toute liberté le commerce de son choix. Elle débouchera sur la création des premières ligues de défense du travail qui prendront le nom de syndicats.
C’est ainsi que les merciers, les plus dynamiques commencent à diversifier leur offre et vous voici transporter aux magasins de nouveautés.
Tel que vous l’avez lu dans le bonheur des dames d’E Zola ; les tissus, soieries, toilettes féminines, les chapeaux, les articles de luxe vont ravir ces dames.

A suivre....
Le quartier du Marais & BHV, évolution 6/6
Maintenant que nous avons situé le marais, revenons aux rues qui entourent le BHV.
C’est sur la place de Grève en 1357 qu’une maison dite « aux piliers » devient le premier siège de la Municipalité. En 1802 la place de grève devient place de l’hôtel de ville.

Comme vous le savez, les Communards incendient l’hôtel de ville en 1871.

Les élus parisiens souhaitaient une reconstruction de la façade à l’identique. Un concours eut lieu en 1873 et la reconstruction dura huit ans.

Cet édifice est un véritable musée : la décoration intérieure méritera un autre reportage détaillé.
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Nous revoilà en 1850 : Xavier Ruel va bientôt faire la connaissance du quartier.
La Rue de Rivoli n’existe pas sous ce nom. Nous la retrouvons sous le nom de la rue de « Tixeranderie » depuis le moyen-âge à traduire par « Tisseranderie » : la rue des Tisserands.
La rue du Temple n’existe pas non plus :
En partant de l’hôtel de Ville ce premier morceau qui coupe la rue de la verrerie, s’appelle la rue des coquilles, pour se poursuivre par la rue de Barre du Bec, puis la rue Sainte Avoye. Nos recherches nous font découvrir que cette rue s’est appelé précédemment : Ruelle Gentien (référant à une famille).
La maison qui faisait l’angle avec la rue de la Tixéranderie avant d’être démolie étaient ornées de coquilles, d’où le nom de rue des coquilles.

La rue du temple fait référence aux Templiers qui au milieu du XIIème siècle avaient bâti un grand manoir.
La rue de la Verrerie tient son nom d’un rassemblement de verriers dès le moyen-âge et a toujours conservé son nom.
La rue des
Archives nommée ainsi depuis 1874
car elle longeait les Archives Nationales après une réunion à l’hôtel de Soubise, s’appelait autrefois la rue des Deux
portes dans la partie qui longe le BHV pour s’appeler ensuite la rue des Jardins jusqu’à la fin du XIIIème siècle puis successivement, rue des Billettes, rue de l’homme armé
et rue du Chaume.
Cette
rue des Billettes tient son nom de « Rue ou Dieu fut bouilli ». (La petite histoire raconte qu’un certain Jonathas en 1290 avait plongé une hostie consacrée dans de l’eau bouillante,
l’homme fut brulé pour ce sacrilège. Un bourgeois, s’installa sur ce lieu et y fit construire une chapelle expiatoire puis au XVIIème siècle fut ajouté un cloitre et une
église.
L'aviez-vous remarquée ? La fontaine de la rue du Chaume,à l'angle de la rue des archives et des Francs bourgeois, elle cachait une petite porte qui donnait sur l'hôtel de Soubise.
et en bas à gauche fixée sue la pierre : la plaque ornée d'une nef représentant la ville de Paris.(Repère créé à la demande du Baron Haussmann pour pouvoir visualiser le niveau de la mer!)
Enfin, je vais vous parler d’une rue disparue. La rue du Coq saint Jean. Imaginez une rue qui traverse le BHV à droite de l’escalator central en biais pour rejoindre la rue de la Verrerie.
Connue sous le nom de rue André Malet au XIIIème siècle (un des propriétaires), puis sous le nom de Lambert Râle au XVème siècle. On note qu’en 1416 une maison porte l’enseigne d’un coq. Cette rue fut fermée sur la rue de la Tixéranderie en 1864, mais elle demeurera encore en impasse du Coq côté rue de la Verrerie.
Vous avez travaillé dans ce quartier et vous n'avez pas toujours pris le temps, refaîtes le parcours autour du BHV marais.
Découvrez aussi la maison du 38 au 42 rue des archives : La maison Jacques Coeur.
Sa façade est superbe .
Ces 6 articles nous ont montré l'évolution du quartier Marais-Hôtel de ville au cours de l'Histoire de Paris. C'est là qu'interviendra, le fondateur du BHV :Xavier Ruel....
Avant de reprendre l'histoire du BHV, nous reprendrons le thème "Du Commerce aux Grands-Magasins".
A bientôt. CD
Le quartier du Marais & BHV, évolution 5/6
Pour le quartier du futur BHV :
Après que le préfet Haussmann soit intervenu dans le problème de nivellement de la
Tour st Jacques (1852) car la percée de la rue de Rivoli menaçait le monument, les choses s’éclaircissent... (Voir plus bas)
Une loi du 29 septembre 1854 déclare d’utilité publique, les derniers percements et expropriations entre l’Hôtel de Ville et Saint Paul. Nous rentrerons dans le détail du BHV un peu plus loin.
Le Marais et ses hôtels particuliers furent épargnés des grandes démolitions d’Haussmann.
Hôtel de Sens
Les
bâtisses de la rue de Rivoli situées de la Concorde à l’Hôtel de ville, ne furent pas trop blessées.
Le quartier découvre des nouveaux immeubles de rapport, tels rue François Miron.
Pendant plus d’un siècle (entre 1850 et 1860), époque où Xavier Ruel, fondateur du BHV va s’installer, la population de ce quartier s’accroit.
Hôtel de Beauvais
Certains hôtels particuliers sont surélevés, mais on dénombre encore beaucoup d’ilots insalubres.
Depuis le moyen âge, ce quartier accueille (rue des rosiers) l’arrivée de communautés juives.
Jusque vers les années 1960, là où le Marais avait échappé aux percées Haussmanniennes, les rues sont tristes, sales, les chaussées abimées et ce quartier semble en état de déshérence.
2 passages: Des arbaletriers et P. d'Argenson
Puis, le renouveau de ce quartier, peut-être aidé par la Loi Malraux de 1964, prend forme. Les hôtels et immeubles sont restaurés…. Cela durera plus de vingt ans pour devenir un quartier très prisé aujourd’hui.
Hôtels de Clisson & d'Albret
Hôtel d'Aumont
Hôtel Gnénégaud
Le Palais Soubise
A propos de la tour saint Jacques.... Vous ne passerez plus devant sans observer!
La Tour st Jacques de style gothique, est le dernier vestige de l’église Saint Jacques de la Boucherie, La hauteur de l’ancien clocher est de 57 m Cette paroisse était réservée à la corporation des bouchers.
Aviez-vous pris le temps de regarder les saints en haut de cette tour!
La statue de Saint Jacques de 3,35 m domine d’une manière grandiose.
Regardez de près : ce sont les représentations symboliques selon l’analyse des bestiaires des 4 évangélistes. Le Tétramorphe est le mot unique pour définir 4 symboles: 4 figures. Nous trouvons son origine dans le livre de l’apocalypse, sorte d’anges gardant le trône de Dieu. L’église a attribué cette symbolique aux quatre évangélistes.
Un ange, représente: l’homme pour Saint Matthieu,
Un aigle représente Saint Jean
Un bœuf ailé, représente St Luc
Un lion représente saint Marc (comme à Venise)
16 statues de 2, 50 m de haut ornent aussi la tour.
Au premier étage de la tour, admirez les statues de sainte Marguerite, saint Jean l’Evangéliste, saint Georges, saint Michel, sainte Madeleine, saint Jean-Baptiste, sainte Catherine et saint Quentin
Au deuxième étage sont placées les statues de saint Augustin, saint Clément, saint Roch, saint Laurent, saint Léonard, saint Jacques le Mineur, saint Pierre et saint Paul,
Au centre de la tour, sous la clef de voûte, se trouve la statue de Blaise Pascal
Lors des fouilles occasionnées par le déplacement de la tour par le baron Haussmann, on découvrit une pierre gravée de l’époque gallo-romaine qui représente Hermès armé du Caducée (visible au musée Carnavalet)
Il y avait autour de l’église Saint-Jacques-la-Boucherie et attenante aux murs, de petites échoppes occupées en grande partie par des écrivains. Nicolas Flamel y vivait avec sa femme Pernelle qui était fort dévouée. Nicolas Flamel montrait l’écriture chez lui et des jeunes gens y demeuraient comme pensionnaires.
(Une légende habite ce quartier comme quoi Nicolas Flamel donna au quartier une idée du centre ésotérique et de magie qui traversa Paris, au cours des siècles)
A suivre.... mais je tiens à remercier notre photographe reporter : Jean de N, qui a contribué en grande partie à l'illustration de cet article.
Le quartier du Marais & BHV, évolution 4/6
Napoléon III et le Baron Haussmann : une Révolution urbaine.
Jusqu’au milieu de ce XIXème siècle, Paris n’a pas évolué.
Sa population est passée de 550 000 habitants en 1801 à plus d’1 million en 1846. Le quartier qui nous intéresse voit s’entasser plus de 1000 habitants à l’hectare.
Rue Aubriot et rue du Prévôt
Les rues sont étroites et insalubres : favorisant la misère avec la délinquance, la prostitution et l’alcoolisme.
La grande épidémie de choléra de 1832 est partie de ce quartier.
Ce Marais est sujet à émeutes, en 1834 des barricades y furent dressées.
S’inspirant de ce qu’il a vu à Londres, Napoléon III souhaite donner une meilleure circulation à Paris, l’aérer en ajoutant des arbres, des bois (Vincennes & Boulogne), parc des buttes Chaumont, parc Montsouris.
Napoléon III souhaite désengorger et unifier Paris et l’embellir.
C’est là que le Baron Hausmann va l’aider à réaliser son rêve, dès le 22 juin 1953.
Cet homme, véritable génie de l’urbanisme entre en scène ; Il sait mettre en valeur Paris, on lui doit la place de l’Etoile (Charles de Gaulle) et ses 12 avenues !
2 Photos Place de l'Etoile et Champs Elysées de1955....
Circulation fluide!.....
Notre Dame est dégagée des vieilles bâtisses afin de la mettre en valeur.
Ce baron est un hygiéniste, Il assure avec Belgrand des circuits d’adduction d’eau et un réseau d’égouts. (Précédemment de 1812 à 1843, Rambuteau avait déjà commencé ce projet en créant deux cents fontaines)
Fontaine dans le Marais
Haussmann a le « Culte de l’axe et de la perspective », tout doit être tracé avec un géométrisme parfois brutal. Rien ne le freine : des boulevards, des avenues sont percés, on démolit des bâtiments, on en crée de nouveaux, avec des normes strictes architecturales qui portent encore le nom de style « Haussmannien ».
Ci-dessus le début de Rivoli et la rue St Antoine.
Certains quartiers de Paris, comme le boulevard St Germain, la rue St Dominique, et la rue de la Chaussée d’Antin ont été franchement mutilés : Hôtels rasés, ou coupés partiellement. On privilégie la construction ou la reconstruction d'hôtels particuliers. Le percement des voies nouvelles est parfois plus destructeur pour l’Architecture patrimoniale que les révolutions.
Mais Haussmann laissera à Paris, une œuvre gigantesque tels : l’Opéra,
les 2 Théâtres du Chatelet et
Théâtre de la ville, (Ex Sarah Bernard),

2 gares : La gare de l’Est et celle de Lyon.(ci-dessous)
C’est la pleine période de l’architecture métallique et des grandes ouvertures vitrées que nous retrouvons dans les gares et aussi, par la suite dans ces « Cathédrales des Grands Magasins »
A propos du Chatelet, le saviez-vous ?
De forteresse pour se défendre des Vikings,( Charles le Chauve en 877 ) le Chatelet devient juridiction royale ainsi que la demeure du prévôt. Il jouera dès le XIIème siècle un double rôle administratif et juridique.
Dès le XIVème siècle, on y rend la justice et les peines prononcées varient : condamnation à mort (en place de grèves : bouilli à mort, pendaison, galères, exil, fer rouge…..)
Mais le Châtelet abritait des prisons où étaient détenus des criminels de droit commun. Si le haut du donjon était réservé aux prisonniers fortunés, il faut noter que dans les cachots souterrains, on y descendait par une corde accrochée à une poulie les détenus, qu’on y oubliait. (Dans la chausse d’Hypocras le détenu les pieds dans l’eau ne pouvait ni se tenir debout ou couché…). Il faudra attendre le XVIIème siècle pour connaître une amélioration de la vie des prisonniers.
Démolition du Châtelet de 1802 à 1810, pour y créer une grande place.
En 1860 : Le Baron Haussmann décide d’y construire les deux théâtres du Châtelet et du Théâtre Sarah Bernhardt, portant actuellement le nom de Théâtre de la Ville. Son architecte, Gabriel Davioud est à l’origine aussi de nombreuses fontaines et jardins de Paris.
Août 1862, le Théâtre Impérial du Chatelet est inauguré par l'impératrice Eugénie.

Théâtre du Chatelet et Théâtre de la ville
La Fontaine aux Lions du même architecte Gabriel Davioud
Merci à Jean de N et à Jean-Baptiste G. pour leur aide dans les photos sur le marais, R Rivoli, Gare de Lyon et Place du Chatelet qui sont très réussies.
A suivre.....
Le quartier du Marais & BHV, évolution 3/6
On y croise des personnages célèbres :
Corneille y écrit le Cid en 1637, Paul Scarron, auteur de comédie Burlesque du 17éme, qui habita aussi à l’emplacement du BHV écrit un poème : « Adieu, beau quartier des « marets »… je vais au faubourg Saint Germain… », Ou, Madame de Sévigné qui passe toute sa vie parisienne au Marais.
maison de Scarron : photo BnF
Mais le Marais non reluisant, va être déserté des financiers et des hommes fortunés qui partent s’établir au Faubourg Saint Germain.
Honoré de Balzac (1799- 1850), nous décrit dans la Duchesse de Langeais, le quartier du Marais qui va progressivement éloignés les nobles…de quoi en rebuté plus d'un:
« Puis la noblesse, compromise au milieu des boutiques, abandonna la place royale, les alentours du centre parisien, et passa la rivière afin de pouvoir respirer à son aise dans le faubourg Saint-germain où déjà les palais s’étaient élevés… Pour les gens accoutumés aux splendeurs de la vie, est-il en effet rien de plus ignoble que le tumulte, la boue, les cris, la mauvaise odeur, l’étroitesse des rues populeuses…. Le Commerce et le Travail se couchent au moment où l’aristocratie songe à dîner, les uns s’agitent bruyamment quand l’autre se repose….. »
On notera que la numérotation des rues à Paris apparait en 1847.
Paris et la rue de Rivoli
Le premier tronçon de la future rue de Rivoli part de la Concorde pour s’arrêter au niveau de la rue des Pyramides. On envisageait sa prolongation du Louvre à la Bastille en 1806 pour devenir : « la rue Impériale ».
Le projet maintes fois abandonné pour des raisons diverses (Proches des Halles…) fut repris en 1843 afin de créer « la rue de l’hôtel de ville » qui ira de l’église St Germain l’Auxerrois derrière le Louvre, jusqu’à la Bastille.
St germain l'Auxerrois et le beffroi de la mairie du 1er arrondissement.
Mais, il faudra attendre la révolution de 1848 où 2 décrets vont paraître pour activer cette prolongation.
La ville de Paris a alors l’autorisation d’acquérir les propriétés frappées d’alignement et même revendre les portions qui resteraient, en lotissant.
Le budget est trop lourd pour la ville et l’état vient à la rescousse en prenant 1/3 des dépenses à sa charge. La ville de Paris pour réussir ce projet, une fois les expropriations réalisées se fait prêter 20 millions par la banque de France et lance un emprunt de 50 millions, les expropriations peuvent commencer. (Décret du 23 décembre 1852).
A suivre!
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J'en profite pour ajouter un petit commentaire à propos de St Germain l'Auxerrois!
Découvrez en vous promenant, à l’extérieur de cette église : un important bestiaire, des gargouilles impressionnantes et des rats qui représentent la misère du monde.
(Voir la Boule aux rats dans la cour)
des rats courent sous les gargouilles!
Photos : Salomon, le Reine de Saba et saint Vincent et,
à droite, saint Germain, sainte Geneviève et un ange, tous
foulent ces horribles monstres grimaçants qui représentent les tourments de l’enfer.
A gauche : Le beffroi de la mairie du 1er arrondissement 38 m de haut, prévu
pour recevoir un carillon de 38 cloches …. Concert à écouter, tous les mercredis de 13h30 à 14h.
Le quartier du Marais & BHV, évolution 2/6
Henri IV revient à Paris en 1594 et décide de « rendre cette ville belle, placide et pleine de toutes les commodités et ornements qu’il sera possible… rétablissement des fontaines… »
C’est alors qu’Henry IV et Sully ont l’idée de faire construire cette superbe place, des Vosges que vous connaissez bien, appelée alors : Place Royale.

Ce qui est très important, c’est que pour la première fois à Paris, on installe un quartier pour flâner !

Mais au XVème siècle, Paris est sale, la grande partie des eaux usagées se déversent dans les cloaques que forment les caniveaux. On y jette tout : les ordures, le sang des animaux de boucherie, les déjections des animaux domestiques, les crottins des chevaux qui traversent Paris, laissant une odeur pestilentielle avant de s’écouler dans la Seine.
Alors en 1539 et en 1550 : Obligation est faîte aux propriétaires de paver devant leur maison et de nettoyer. Sous Louis XIV (1638-1715), grâce au Préfet François Miron (dont la rue existe à côté de l'Eglise St Gervais, St Protais ci-dessous), Paris comptera 9,6 km d’égouts.
Au XVIIème siècle, ce quartier se transforme pour devenir un quartier à la mode. Nous assistons au développement urbain avec d’autres Hôtel particuliers : Hôtels de Sully(1624), de Saint-Aignan, de Beauvais ou l’hôtel Salé….
A suivre.....
Le quartier du Marais & BHV, évolution 1/6
Nous allons reprendre cette année 2014, l'histoire de ce marais qui donne le nom au BHV depuis octobre 2013.
Nous reprendrons à la suite l'histoire des grandsmagasins, la petite histoire détaillée de la famille du créateur, les oeuvres sociales des grand magasins à leur origine ( par Jean-Pierre Franssens et une série d'articles vous éclairera, sur plus d'un siècle de créations et d'innovations qui ont permis au BHV de se développer.
Vaste programme où nous serons toujours heureux d'avoir des compléments d'information, des photos et des commentaires.
Bien sûr nous entrecouperons les séries par d'autres articles. CD
Un peu d’histoire….
A l’origine de Paris, la ville était divisée en 4 (Quart), d’où l’origine de mot quartier.
Le mot « Quartier » resta, et Paris évolua. Le 12 décembre 1702, on créa 20 quartiers qui n’ont rien à voir avec nos arrondissements d’aujourd’hui.
Nous sommes au moyen-âge, l’emplacement de ce qui sera un jour le Grand-Bazar se situe dans le quartier de la Grève. Il est bordé par les quartiers de la Cité (Notre-Dame), St Jacques de la Boucherie (Tour st Jacques), le quartier St Martin et le quartier de Ste Avoye ou de la Verrerie.

Ce quartier du Marais prend ses limites avec la construction d’une enceinte créée par Charles V (1367-1383). Au moyen âge, les marais désignaient les terrains consacrés à la culture des légumes, c’est ainsi que nous retrouvons le terme de maraîcher.
Cette surface du Marais était traversée par l’ancienne voie romaine (rue st Antoine) où sur les buttes non inondables, on construisit des églises : Saint Paul ou même : Saint Gervais, que vous connaissez, place Lobau.
Le XIII siècle est marqué par l’installation de nombreuses communautés religieuses ou même des Templiers. On y compte :
- Le Prieuré et couvent des Blancs manteaux (En 1258 : serviteurs de la Vierge Marie sous l’ordre de Saint Augustin, puis de l’ordre de Saint Benoit, nommés ainsi car ils portaient un long manteau Blanc. Le prieuré fut bâti au 17éme siècle, le couvent fut détruit en 1802 : il reste aujourd’hui l’église reconstruite de 1685 à 1690),
- Le Prieuré Sainte Croix de la Bretonnerie créé en 1259 ; Les religieux accusés de malversations ont vu le prieuré fermer en 1778 et il sera démoli en 1790, pour laisser place au square sainte Croix de la Bretonnerie qui abrite le restaurant d’entreprise du BHV.
Cette ancienne rue du Marais « Bretonnerie » fut d’abord appelée rue du « Champ au Breton » !
(Image BnF)
- Les Billettes dont le cloître est toujours existant et donne lieu à des expositions.
- D’autres encore, plus éloignés du quartier qui nous préoccupe : Sainte Catherine du Val des écoliers ou le petit Saint-Antoine.
- Les templiers sont alors très actifs et vont lotir des terrains au-delà des remparts de Charles V. La rue du Chaume est ainsi ouverte : Toute petite partie de la rue des archives.
Le XVIème siècle voit apparaître dans ce Marais de beaux hôtels, tel l’hôtel Carnavalet, l’Hôtel Barbette, Lamoignon ou de Donon, etc…
A suivre...







