Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°42 en 1928
1928 Politique
25 juin 1928, le « franc Poincaré » est défini et stabilisé sur le cours de l’or.
La loi du 05 avril 1928, rectifiée le 30 avril sur:
Les assurances sociales
Le 16 mars le gouvernement Poincaré dépose un projet de loi sur les retraites, mais c'est un ensemble de lois qui va régir la vie des Français des sa signature.
Cette loi, du 5 avril 1928 sur les assurances sociales, délibérée et adoptée par le Sénat et la Chambre des députés, est la base de notre système actuel. je vous invite à la connaître puisqu’elle revient régulièrement, comme sujet d'actualité... (exemple : la retraite…)
Je vous livre en quelques points la quintessence de cette loi de 47 pages et 84 articles détaillés : (désolée, c'est un peu long, mais important!
Assurance obligatoire
1. Les assurances sociales couvrent les risques maladie, invalidité prématurée, vieillesse, décès et comportent une participation aux charges de famille et de maternité dans les conditions déterminées par la présente loi.
2. Sont affiliés obligatoirement aux assurances sociales tous les salariés de l'un ou l'autre sexe dont la rémunération totale annuelle, qu'elle qu'en soit la nature, à l'exclusion des allocations familiales, ne dépasse pas 15.000 fr…..
« 3. L'affiliation s'effectue obligatoirement et…. à la diligence de l'employeur, dans le délai de la huitaine qui suit l'embauchage de tout salarié non encore immatriculé … …Les assurances sociales qui immatricule l'assuré lui délivre une carte individuelle d'assurances sociales...
Les ressources
« 1. Les ressources des assurances sociales sont constituées, en dehors des contributions de l'Etat, par des versements pour moitié à la charge de l'assuré et retenus lors de sa paye au moins une fois par mois, et pour moitié à la charge de l'employeur….
Art- 4. Risque Maladie
« 1. L'assurance-maladie couvre les frais de médecine générale et spéciale, les frais pharmaceutiques et d'appareils, les frais d'hospitalisation et de traitement dans un établissement de cure et les frais de, transport, d'interventions chirurgicales nécessaires pour son conjoint, leurs enfants à charge non-salariés âgés de moins de seize ans et les pupilles de la nation remplissant les mêmes conditions dont l'assuré est tuteur, selon les modalités suivantes :
« Ne bénéficie pas des prestations prévues au présent paragraphe le conjoint d'un ou d'une assuré obligatoire, lorsque son revenu commercial déclaré dépasse le maximum prévu à l'article
« En ce qui concerne la prothèse dentaire; l'assuré n'aura droit qu'à la prestation d'appareils fonctionnels et thérapeutiques ou nécessaires à l'exercice d'une profession. La délivrance de ces appareils sera soumise à la décision préalable d'une commission technique
« 2. L'assuré choisit librement son praticien.
« 3. Les consultations médicales sont données au domicile du praticien, sauf lorsque l'assuré 'ne peut se déplacer en raison de son état.....
Art. 9. Maternité.
«1. Au cours de la grossesse et des six mois qui suivent l'accouchement, l'assurée et la femme de l'assuré bénéficient des prestations médicales et pharmaceutiques,…
«2. Six semaines avant l'accouchement, six semaines après, l'assurée jouit de plein droit de l'indemnité journalière visée à l'article 5, à la condition qu’elle cesse tout travail salarié durant cette période et qu'elle ait cotisé soixante jours pendant les trois mois, ou deux cent quarante jours pendant les douze mois qui ont précédé l'état de grossesse.
« 3. En cas de grossesse pathologique de l'assurée, entraînant application des assurances maladie, invalidité, l’assurance-maladie court à partir de la constatation de l'état morbide. Les dispositions de l'article 10 reçoivent application six mois après l'accouchement.
« 4. L'assurée qui allaite son enfant et qui remplit les conditions fixées par l'article 5, paragraphe 2, a droit, durant la période d'allaitement et pendant neuf mois au maximum, à une allocation mensuelle de 150 fr. pendant les quatre premiers mois; de 100 fr. pendant le cinquième et le sixième, et de 50 fr. du septième au neuvième.
Art- 15. Retraite
« 1. Pour tout assuré pouvant justifier, à l'âge de soixante ans, ou jusqu'à l'âge de soixante-cinq ans, d'au moins trente années entières de versements correspondant chacune à un minimum de deux cent quarante cotisations journalières, la pension de vieillesse ne sera pas inférieure à 40 p. 100 du salaire moyen annuel de base résultant des cotisations d'assurés obligatoires payées chaque année depuis l'âge de seize ans.
« La pension est augmentée d'un dixième pour tout assuré de l'un ou de l'autre sexe ayant élevé au moins trois enfants jusqu'à l'âge de seize ans. Lorsque le père et la mère ont droit en même temps à la majoration de 10 p. 100, il n'est attribué qu'une majoration de 10 p. 100 portant sur la pension dont le montant est le plus élevé ! »
Art. 19. Risque-décès.
«1- L'assurance-décès garantit aux ayants droits de l'assuré le paiement, à son décès, d'un capital fixé à 20% de son salaire annuel moyen, …
« 2. Ce capital ne sera pas inférieur à 1.030 fr., lorsqu'il s'agit d'un assuré qui, depuis son immatriculation, a régulièrement effectué les versements annuels. Toutefois,, le capital dépasser les deux tiers ne pourra du salaire réel du décédé.
«3. Le versement du capital sera fait au conjoint survivant ou aux descendants ou, à défaut, aux ascendants, qui étaient, au jour du décès, à la charge de l'assuré.
« 4. Pour ouvrir le droit à l'assurance-décès, l'assuré doit avoir été immatriculé depuis un an au moins …
Art. 20 : Charges de famille ( allocations familiales)
«.1. Les assurances sociales: contribuent aux charges de famille de l'assuré, à l'aide d'allocations payées, par le fonds de majoration et de solidarité.
« 2. Par charges de famille, on entend les enfants de plus de six semaines et de moins de seize ans, non salariés, à la charge de l'assuré, qu'ils soient légitimes, naturels, reconnus, recueillis, adoptifs ou pupilles, de la .Nation, dont l'assuré .est tuteur et qui sont à sa charge.
……
Commerce
Entre 1922 et 1927 se développe la Redoute. L’édition d’un premier catalogue de 15 pages de 43 articles en octobre 1928.
Les grands magasins Parisiens :
La Samaritaine :
Le 21 février 1926 M Cognacq fondateur, décède à 82 ans (son épouse née "Jay" était décédée en 1926).
Comme Xavier Ruel, ce commerçant, homme généreux consacra au cours de sa longue carrière une partie de sa fortune au bien-être de ses employés.
Comme Xavier Ruel, Ernest Cognacq connut des débuts modestes, il ouvre d'abord une boutique, rue de Turbigo " Le petit bénéfice", qui ne marche pas. Très vite on le retrouve près du Pont neuf, avec la boutique " la Samaritaine" qui s'étendra au fil du temps, en plusieurs grandes battisses, puis les magasins péricliteront pour fermer en 2005.
Le magasin à sa mort sera géré par son neveu Gabriel et Auguste Renan.
Un des côtés moins connu de ce grand homme est sa passion pour l'Art ( Il laissera une grande collection de peintures et de sculptures)
BHV : Pas d'information, mais des superbes affiches :


Divers
La construction de la ligne Maginot commence par des fortifications le long des frontières de l'est : Belgique, Luxembourg Allemagne, Suisse, Italie.
1928, ouverture du Lido
Sciences
1928 Le biologiste Fleming découvre la pénicilline. Comme toutes les découvertes, il y a toujours une part de hasard ! Fleming en partant en vacances, oublie de nettoyer une boîte; De la moisissure s'est formée, et sa culture de staphylocoques a disparu !
Cette pénicilline non seulement arrête les bactéries, mais elle les tue, venant en aide aux déficiences de notre organisme. Fleming avait fait de la pénicilline un terme scientifique qui appartenait à tous, alors que certains laboratoires voulaient en déposer la marque! (Lutte de tous les temps !....)
Après Pasteur, voici un grand Homme de la Sciences!
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°41 en 1927
1927 :Transports
Nous avions vu les exploits aériens de Védrines qui s’est posé sur le toit des Galeries Lafayette.
Latécoère a lancé le 1er vol aéropostal en 1919, permettant en ces années folles l’ascension de ce mode de transport.
Le 22 mai 1927 : Charles Linbergh décolle du Nord des USA, il survole l’atlantique et arrive au Bourget, 33 heures plus tard dans son monoplan : Spirit of St Louis.
En 1928 le BHV s’inspirera de cet exploit dans une affiche à Noël. « Spirit of Saint Nicolas »
C’est avec plaisir que nous retrouverons les romans de Saint-Exupéry en 1930-31 : Courrier Sud et Vol de Nuit.
1927 verra la première locomotive électrique sur le Paris-Vierzon.
1927 : Le 4 e Salon des Arts Ménagers fut une véritable propagande pour développer le bonheur des foyers.
Les stands furent installés en quatre jours au Grand Palais, avec des fils électriques dans tous les sens, pour brancher toutes les grandes innovations.

Nous avançons à pas de géant ! Le réfrigérateur et l'aspirateur sont très convoités !
Le plaisir et l’originalité de ce salon fut incontestablement, le concours du plus beau bébé !


Les visiteurs sont heureux , le siècle de l’électricité est à son comble pour tous; ainsi on peut lire ce petit poème d'un homme heureux!.....

1927- 1928- 1929: De multiples nouveautés:
Création des premières montres à quartz, utilisation d’un insecticide Fly-Tox, le Briquet Dupont, les tapettes à souris et le couteau économique fabriqué à Thiers dont le BHV accusera des ventes record.
Bourgeois lance sa petite bouteille bleue de Parfum du Soir et le polo Lacoste prend son crocodile.
Le Lave Vaisselle est créé chez Miele, mais non commercialisé.
Et, on danse le Charleston ! ...
Voilà de quoi développer les ventes des grands magasins !
Un petit tour au BHV en affiches ! regardez ce beau camion de livraison.
Et comme vous l'apprécierez.... on se rue au BHV....

A bientôt
CD
Mémoires : Le BHV à travers l'Histoire n°40 en 1926
Bonjour et bon weekend de Pentecôte. En cette période de déconfinement où vous pouvez retrouver l'air pur, le soleil, et le ciel bleu, j'arrête nos reportages touristiques.
Nous reprenons l'Histoire du BHV, des grands magasins à travers l'Histoire . Découvrons, ensemble, les produits qui ont permis à ces derniers de se développer.
Je vous rappelle que vous pouvez lire les articles précédents, dans la rubrique " BHV d'Hier", à droite de cet article.
Les 2 dernier article n°38 et 39 nous racontaient 1925.
Prenez le temps de vous interroger sur les différences de vie de 1926 comparées à celles d'aujourd'hui ....
Au plaisir.
CD
Installé au Grand Palais, le salon des Arts ménagers présentent plus de produits d’équipement de la maison et reçoit 145 000 visiteurs. 328 exposants sont mobilisés.
Le président de la République Gaston Doumergue visitera ce salon le 30 janvier 1926
Peut-être ma carrière m'y rend plus sensible, mais nous allons prendre le temps d'en parler!
Voici un salon qui vient dynamiser un marché quasi-inexistant.
Analysons la situation :
-Nous sommes à six ans de la sortie de la grande guerre.
-Les femmes travaillent de plus en plus, et il faut faire gagner du temps aux ménagères; les "gens de maison" sont moins nombreux, car ils travaillent à l'extérieur.
-Nos familles "bourgeoises" savent qu'en s'équipant, elles pourraient assumer certaines tâches domestiques. Même, s'il y a un peu de snobisme à acquérir tous ces produits!
-Beaucoup de logements manquent de confort ! Imaginez simplement la lessive à l'époque, Tout en manuel : Trempage, lavage, chauffage, essorage.
-Tous les esprits ont été marqué par la pandémie de grippe espagnole, dont je vous ai parlé (en 1918-1919), la tuberculose fait encore des ravages et l'hygiène prend sa place dans la tête des Français.
En résumé la France, dans cette après-guerre progresse, sur l'hygiène, la propreté, l'alimentation, le sport.
Voilà que, ce salon des Arts Ménagers ( et non des Articles Ménagers) va être le premier a révélé des inventions extraordinaires! Il va aider dans les tâches domestiques les plus pénibles ou dans le Confort.
En pensant à la classification de nos rayons BHV :
1- Le nettoyage, avec l'aspirateur, la cireuse, lustreuse.
Ci-dessous les premiers aspirateurs balai ou seau.



2- le Petit electro : fers à repasser, grille-pain, bouilloires, moulin à café, cafetière electrique ou cafetière Salam et machine à coudre.

3- FC ou l'on découvre des fours, réchauds, cuisinières, rôtissoires.

4- Le froid avec les premiers réfrigérateurs et glacières


5 - Le lavage, on essaie les machines à laver et même un lave vaisselle! Evidemment, c'est bien loin de ce que l'on produira quelques années plus tard !


6- Le chauffage, avec des nouveaux poêles, radiateurs, chauffe-eau et chauffe bain
7 - les articles de Ménage, avec une révolution : PYREX.
Une multitude de gadgets : anti-monte-lait, écailleur à poissons, égouttoir prendront place dans les foyers.
Ainsi ce salon de la Modernité se développera chaque année avec de nouveaux thèmes.
( En 1928: Le plus beau bébé, où les Français découvre le thème de l'enfance, la stérilisation des biberons, et le bébé Cadum, 1929 sur l'amélioration du logement etc...)

1926 verra la commercialisation des articles ci-dessus, le premier stylo plume Jif Waterman et pour les petits la divulgation des livres Winnie l’Ourson.
Les grands magasins s'intéressant aux secteurs : maison et loisirs vont connaître des années merveilleuses!
La mode, comme nous pouvons la découvrir dans ce catalogue BHV ! (j'ai exclus les pages "maison" )


1923-1929 La mode féminine se veut résolument moderne; le chapeau cloche ou la capeline, couvre des cheveux souvent courts. La ligne est fine et élancée, la longueur est raccourcie, juste en dessous du genou.
Des idées à prendre pour les futures collections des couturiers.






Les collections de bas sont plus importantes. Les chaussures ont un petit talon et la forme escarpins à bride est lancée.











Accessoires assez sympathiques !mais lingerie pas très sexy!

Coco Chanel de son vrai nom : Gabrielle Chasnel a lancé sa nouvelle mode et le fameux parfum n°5 qu’elle a choisi en 1921 à Grasse comme le 5e échantillon, devient certainement le parfum le plus vendu au monde en 1926.
Sur le plan médical Les vaccins contre le tétanos et contre la coqueluche sont créés.
Une petite note finale sur le BHV .... Fermes et jardins, ainsi que cette affiche de Noël qui prête à sourire !
Angle Rivoli-Archives... et un vrai policier d'époque !
CD

En ballade à Vaux le Vicomte... 4 L'intérieur...deuxième partie.
Un dernier épisode de ce superbe château .... Histoire de vous changer les idées et vous faire revivre un mélange de mythologie et d'Histoire ...
L’antichambre d’Hercule
Au mur la 6e tapisserie d'Aminte et Sylvie dont je vous ai déjà parlé, et le tableau du Duc du Luxembourg sur son cheval
On voit une fois de plus que la mythologie est à la mode à cette époque
Ici plafond, murs décoration : Tout est sur le thème d’Hercule !
On adorera les sculptures admirables de bronze (A.L Barye) qui représentent Hercule terrassant Acheloos * et Hercule vainqueur de Nessus**
*Acheloos ou Achélous, fils du soleil et de la Terre, vaincu par Hercule, il prit la forme d'un serpent, ensuite celle d'un taureau, mais Hercule le prit par les cornes et lui en arracha une. Depuis ce temps il dut se cacher dans le fleuve Thoas. Les naïades remplirent la corne du vaincu de pétales de fleurs et en firent la CORNE D'ABONDANCE !
** Quand à Nessus qui voulut violer la femme d'Hercule, Dejanire, il reçut par une flèche empoisonnée dans la cuisse envoyée par Hercule
Sur la cheminée : la statue en marbre de Neptune.(Dieu des eaux et de la mer)
Un tableau de Lazzaro Baldi : Agar chassé par Abraham (récit biblique)
Mais le plafond du Triomphe d’Hercule accueilli à Olympe, après avoir réussi les 12 travaux, de Charles Lebrun symbolise la force et la réussite de Nicolas Fouquet.
Dans les angles sont représentés 4 des 12 travaux : comme le lion de Némée sur cette photo
La Bibliothèque
Au fond, la tapisserie portière : " La portière des renommées", avec l’emblème de la famille Fouquet : l'écureuil.
Voir le détail, ci-dessous. On s'arrêtera au passage pour regarder ce superbe bureau, à six pieds. (André Charles Boule)
Le plafond
Passons à la chambre du Roi
il est d’usage de prévoir la chambre du Roi dans les châteaux du 17 e.
, peut-être reviendra t’il ce soir?
Statue équestre de Louis XIV, tableau équestre du roi
le même en habit de sacre, ainsi qu’Henriette d’Angleterre, sa cousine.
Le plafond de Le Brun : La vérité soutenue par le temps ou le "Triomphe de la Vérité"
Au centre, on y voit une jeune femme enlevée par un vieillard ailé portant une faux (le temps)
Les 4 demi-cercles qui l'entourent représente à droite Mercure ou la vigilance, en bas Jupiter ou la Puissance à gauche l'abondance ( Mars ou la valeur n'est pas présent sur cette photo)
Le cabinet du Roi :
Cabinet en marqueterie d’étain et d’ivoire sur ébène et un buffet d’exception !
Portrait du roi Louis XV
Ici, le portrait allégorique de l’épouse du Maréchal de Villars.
C'est le Maréchal de Vilars qui racheta le domaine de Vaux à la veuve de Nicolas Fouquet . Mais il n'y fit rien pour l'améliorer.
Puis César Gabriel de Choiseul, marquis de Choiseul puis Duc de Praslin se porta acquéreur, mais n'y fit rien non plus
plafond sculpté
Une photo de la cheminée où sur la plaque, figure au centre l’emblème de Nicolas Fouquet avec l’écureuil
Décors de la salle de Bain
Nous découvrons la salle à manger ou salle des buffets
Émerveillement du sol au plafond
Le buste est celui de Charles Lebrun
Nous descendons au sous-sol et nous entrons dans les cuisines ;Tout ce qu'il faut pour préparer: pain confiture, produits de la chasse et grande cuisine!
La table du personnel et la cave.
Enfin, avant de nous quitter, une représentation historique du masque de fer qui fut le voisin de cellule en prison de Nicolas Fouquet à la forteresse de Pignerol.
Le Château de Vaux-le-Vicomte, est aujourd’hui la propriété de la famille de Vogüé.
Lors d’une vente aux enchères en 1875, Alfred Sommier riche industriel dans les sucreries, se porte acquéreur du domaine de Vaux-le-Vicomte.
Il épouse en 1872 Jeanne de Barante, fille d’un baron.Ils auront trois enfants
Edmé Sommier qui épouse en 1902 Germaine Casimir-Périer , fille de JC Perier, président de la République française de 1894 à 1895.
Lucie Sommier qui épouse en 1897 Robert de Vogüé dont les enfants perpétueront la réhabilitation du domaine.
Alexandre Sommier, meurt hélas, très jeune
Alfred Sommier fait réaliser les travaux importants de restauration du domaine, laissé à l’abandon pendant 30 ans, afin de retrouver son âme initiale.
L’ouverture est faite au public en 1968, grâce à Patrice de Vogüé,
Il est décédé à l'âge de 91 ans le 26 mars 2020.
La cinquième génération: en 2012 Jean-Charles et Alexandre de Vogüé succèdent à leur père à la direction du domaine. En 2015, Ascanio de Vogüé, rejoint ses frères et le château.
Souhaitons que ses 3 enfants s'entendent pour conserver et entretenir une telle splendeur!
Félicitations à cette famille!
Je vous quitte sur cette dernière partie de Vaux le Vicomte et j'espère avoir donné l'envie aux parisiens et provinciaux de passage en Île de France, de venir visiter ce beau domaine .
A bientôt !
CD
Décès de notre collègue
Je me vois obligée de vous annoncer, une triste nouvelle :
Jocelyne Remeaud vient de nous quitter à l’âge de 73 ans, lundi 18 mai.
Jocelyne était une femme charmante et remarquable !
Elle avait travaillé à Belle Epine et Montlhéry, principalement aux Arts de la Table, Ménage, petit électroménager et aussi à l’ameublement.
On se souviendra d’elle, comme une femme de caractère. Constructive dans les réunions d’assortiment, très active sur le terrain et appréciée de son personnel.
Jocelyne adorait ses deux petites filles, et elle m’en avait parlé au téléphone début avril.
Ses obsèques seront célébrées, Le 29 mai à 14h30.
en la Cathédrale Saint Louis, Saint Nicolas,
Place de l’Eglise
94600 Choisy le Roi
Si certains peuvent se déplacer, nous en serons tous heureux.
Ceux qui voudraient envoyer un mot à sa fille Isabelle peuvent me demander l’adresse postale ou courriel.
Les courriels ou messages que vous m’enverrez, lui seront transmis.
Bon weekend de l’ascension !
CD
En ballade à Vaux le Vicomte... 3 L'intérieur...première partie.
L'intérieur du Château est magnifique. Tant de splendeurs méritaient que nous prenions notre temps pour le visiter. Donc, nous n'aborderons qu'une partie et la suite de la visite est prévue par un prochain article!....
Il est étonnant de découvrir le contraste entre la rigueur et la sobriété extérieure du Château et le faste et le luxe des décors intérieurs. On est émerveillé par les plafonds !
Entrons au rez-de-chaussée dans le grand salon d’apparat, qui donne sur les jardins. Le décor de la coupole ovale est plein de légèreté : un ciel où vole un aigle.
Entre les fenêtres de l’étage supérieur, vous admirerez les cariatides (Girardon) représentant les 12 signes du zodiaque;
au RDC, sur des colonnes divers empereurs.
Entrons dans l'Antichambre du surintendant Fouquet.
Le bureau est en marqueterie de cuivre et d’ébène.
Le cabinet d’ébène (estampillé Jean Macé), très en vogue au XVIIe siècle contient des tiroirs secrets !
Le tableau de la princesse éthiopienne Androméde sauvée par Persée, dont elle deviendra l'épouse...
Tableau (campagne) Paysage : David et les trois héros.(Claude Gellée)
Et enfin ci-dessous : Vénus et l’amour
Le Cabinet du surintendant
Cette pièce permettait au surintendant Fouquet de se retirer pour y travailler
Dans un angle : cette statue en bronze patinée : l’Orant ou l’Ephèbe (jeune garçon en prière) dont l’original est présent dans un musée de Berlin.
Son bureau en marqueterie, la pendule de voyage ,
sur la cheminée le buste de Sénèque. (Philosophe romain du 1 er siècle) dont nous citerons au passage :
"c'est la vie qui nous apprend et non l'école" ou le plus grand obstacle à la vie est l'attente qui espère demain et néglige aujourd'hui"
Au dessus de la cheminée, une copie du tableau : « la Fidélité coupant les ailes à l’amour pour qu’il ne s’envole pas» portrait de la seconde épouse de Nicolas Fouquet peint par Le Brun
Quelle finesse aussi ce cabinet en ébène noir.
Nous arrivons dans la chambre du surintendant
les 120 tapisseries d’origine fabriquées dans le village voisin furent confisquées par le roi.
Nous retrouvons ici quelques copies fabriquées aux Gobelins.
Grande admiration pour ce plafond !
Tableau du Sépulcre de T Bigot
Et s’il revenait !... tout est prêt !
Les appartements de Madame Fouquet
Marie Madeleine de Castille la seconde femme du surintendant Fouquet s'y reposait.
Cette chambre devint pour les propriétaires suivants : la chambre d'invités pour le Maréchal de Villars ou des ducs de Pralins avant de devenir chambre d'enfants dans la famille Sommier
Le cabinet en écaille rouge, orné de 3 potiches et 2 vases japonais du 18 e et au dessus, un beau miroir.
Sur la cheminée la pendule forme tête de poupée en écailles de tortue, ébène, bronze et laiton
Son lit de repos de jour.
Un tableau superbe, « l’annonce faîte à Manué » (par Le Brun).
Le cabinet de Jean de la Fontaine
Ce poète fut un grand ami de Nicolas Fouquet , il composa "Adonis" en 1658 (590 alexandrins sur les amours de Vénus et d'Adonis le chasseur évoquant la fragilité du bonheur humain; le songe de Vaux ( l'auteur nous raconte le Dieu sommeil endormi dans son palais entourés de pavots et une multitude de songes personnifiés.) ce long poème restera inachevé. Elégie aux nymphes de Vaux, où il cherche à défendre Fouquet auprès du Roi Louis XIV, ce dernier lui en voudra et "cassera " sa carrière, puis il devint fablier et conteur et perdra sa fortune.
"Nymphes, qui lui devez vos plus charmants appâts,
Si le long de vos bords Louis porte ses pas,
Tâchez de l'adoucir, fléchissez son courage.
Il aime ses sujets, il est juste, il est sage ;
Du titre de clément rendez-le ambitieux :
C'est par là que les rois sont semblables aux dieux."
Le buste en terre cuite du fablier (JA Houdon) et regardez au fond la représentation de fable de La Fontaine dont le corbeau et le renard à votre gauche ou le loup et la cigogne à droite.
La chambre Louis XV coffre en laque de Chine... Une pendule dite « Cartel »
La chambre Louis XVI. Le portrait est celui du Duc de Praslin.
La chambre carrée est impressionnante pour celui qui aime les tapisseries. Elles racontent l’Histoire de Diane.
Le buste en marbre : Louis XIV ( du sculpteur Le Bernin) .
et ci-dessous celui en bronze : le cardinal de Richelieu.
La chambre des muses du nom des neuf muses peintes au plafond; Vous y verrez Clio,
dans le cercle central : " le triomphe de la Fidélité." peint par Le Brun.
Elle représente la Fidélité de Fouquet à Mazarin (donc au Roi) pendant la Fronde/
(Au centre cette femme en blanc : La Fidélité, accompagnée de la Prudence,; Minerve, une lance à la main incarne la Vertu; soutenue par Clio en orange, muse de l’Histoire.
Les 8 autres muses se trouvent autour, comme celle-ci, muse de la comédie facilement reconnaissable par le masque qu'elle tient à la main !
Les 5 tapisseries racontent l’histoire d’Amyntas et de Sylvie :
Drame pastoral écrit par l'Italien le Tasse en 1573 : Aminte
Le livre, narre les aventures de deux héros, élevés ensemble. Amyntas, petit-fils du dieu Pan, aime Sylvie, petite-fille du fleuve. Il croit que Sylvie a été tuée à la chasse par des loups. De désespoir, Il songe à se suicider. Sylvie vivante pense qu'Amyntas s'est jeté du haut d’un rocher. L’histoire s’achève bien les deux amants se retrouvent
Beau Cabinet en ronce de noyer.
un détail de la chambre des muses
Le Cabinet de jeux
Salle de jeux avec cartes, jacquet, billard : "Trou madame", le lansquenet (ancien Black Jack)
Un plafond splendide : "le sommeil" de Charles le Brun
Qui inspirera J de la Fontaine ... extrait
« Les merveilles de Vaux me tiendront lieu d'Aminte :
Fait que par ces démons leur beauté me soit peinte.
Tu sais que j'ai toujours honoré tes autels ;
Je t'offre plus d'encens que pas un des mortels :
Doux Sommeil, rends-toi donc à ma juste prière. "
Et que voit-on par ces belles fenêtres, aux murs décorés...Les jardins de Le Nôtre, bien sûr !
Nous nous retrouverons très vite pour la suite de cette visite ... La Chambre d'Hercule...la chambre du roi, la bibliothèque, la salle à manger, les cuisines ..... Mais croyez-moi, dès que vous le pourrez, ne passez pas en région parisienne, sans visiter ce lieu mythique ! Trop beau !...
CD
En ballade à Vaux le Vicomte... 2 les jardins...
EXTERIEUR Les jardins
Je commencerai par le Dôme dont je ne vous ai pas parlé, car il offre une vue imprenable sur les jardins
Si vous visitez le château, allez au dôme
La charpente avec poutres en chêne et lattes en châtaignier est impressionnante, nous montons un petit escalier étroit jusqu’au lanternon où une vue extraordinaire s’offre à nous. 1 6 7 jardins et dépendances.
Difficile de vous exprimer une telle beauté ! Redescendons , voici le côté Nord par lequel nous sommes entrés !
Du haut du perron, côté sud, vous contemplez le paysage avec ces larges allées, ces parterres de gazon bordés de buis et de fleurs, plans d’eau où fontaines.... et hélas, lors de cette visite tous les bassins et jets d’eau n’étaient pas remis en action.
Nous restons admiratifs de ces jeux de perspectives, symétries, figures géométriques décorés de vasques, statues, d’arbustes persistants afin de nous offrir de la verdure toute l’année.
Les chiffres :
On se plait à avancer sur ces différentes terrasses, où naissent des bassins et des fontaines; des statues antiques, mythologiques, dieux et déesses se dévoilent pendant tout votre cheminement dans les jardins
Vous arrivez au canal invisible de loin,
vous le contournez pour découvrir les grottes avec encore des sculptures monumentales ou des Atlantes comme
Hercule au repos et Neptune
Les jardins de Vaux le Vicomte, œuvres de Le Nôtre.
Fils d'un jardinier de Louis XIII, il se qualifiait de « surintendant des jardins des Tuileries ». Il avait étudié la peinture avec Simon Vouet. La première manifestation de son œuvre fut Vaux le Vicomte avec cet art nouveau créé par lui.
Le goût artistique de Le Nôtre transforma les jardins. Il inventa le jardin à la française : belle composition où se mêlent des motifs décoratifs, de parterres, des bassins et des statues en marbre et en bronze d’animaux, de dieux ou des déesses.
S’il vous reste un peu de courage, vous marchez jusqu’à la statue d’Hercule !
Et puis, on se retourne pour penser au retour et, d’un coup d’œil, votre vue embrase avec un sentiment profond la splendeur et la grandeur d’un tel paysage avec le château au fin fond.
Versailles et les Gobelins sont d'inspiration de Vaux-le-Vicomte et de la création des tapisseries de Maincy.
Louis XIV, s’entoura pour construire et embellir Versailles des grands artistes de Vaux : Le Brun, Puget, Le Nôtre, Le Vau. Comme quoi, Nicolas Fouquet a contribué sans le savoir à développer chez le roi Louis XIV, le goût des arts.
Mme Fouquet, séparée de biens d'avec son mari, put racheter Vaux aux créanciers.
En 1705, à la mort de son fils, elle vend le château au maréchal de Villars qui négligea complètement les jardins de Vaux.
En 1764, Villars cède Vaux à Gabriel de Choiseul, duc de Praslin, qui ne fit rien non plus!
Heureusement pour Vaux et pour l’Art, un homme de bon goût, M. Alfred Sommier, en 1875, en devient le nouveau propriétaire.
Grâce à lui, le château redevient ce qu’il était au temps de Fouquet, à l'intérieur comme à l'extérieur.
Les cascades et les bassins, en état de ruines recouverts de broussailles, furent remis en eaux. Les jardins retrouvèrent des statues et des groupes de marbre.
L'héritier d'Alfred sommier est son fils Edmé . Cet homme meurt en 1945 sans héritier direct.
C'est donc le neveu Jean de Vogüé qui le transmet à son fils Patrice de Vogüé, qui vient de décédé le 26 mars 2020 . Ses enfants assurent à présent la gestion du Château.
Un petit tour du coté des dépendances que l'on peut visiter comme les équipages ! Il faut savoir que de nombreux films furent tourner dans ce château. (la Folie des grandeurs, la fille de d'Artagnan, James Bond : Moonraker, le Pacte des loups, Vidocq.... et bien d'autres)
Ainsi s'achève cette ballade dans les jardins de Vaux le Vicomte, mais nous nous retrouvons pour une superbe visite de l'intérieur du château, dans le prochain épisode.
Je chausse mes bottes de 7 lieues et à bientôt !.....
CD
En ballade à Vaux le Vicomte... 1 l'extérieur
Pendant cette période de confinement, je viens vous aérer par une promenade historique et artistique à Vaux le Vicomte. Je suis obligée de vous parler du surintendant des Finances de Louis XIV : Nicolas Fouquet, fondateur de ce superbe palais !
( Situé à 50 km au sud-est de Paris, proche de Melun.)
Le reportage étant assez long, je suis obligée de le diviser en 3 parties (peut-être 4)
VAUX-LE-VICOMTE est certainement un des châteaux les mieux réussis du XVIIe siècle. Son concepteur et propriétaire fut Nicolas Fouquet, le surintendant des Finances sous Louis XIV, dont nous apprenons dans les livres d’histoire de France, qu’en tant que Trésorier du roi, il dut relever le défi de redresser les finances publiques en banqueroute (après la guerre de 30 ans).
Né en 1615, cette nomination intervient en 1653.
L’homme : Politique, juriste, financier, intelligent, cultivé, galant, il aime le raffinement.
Nicolas Fouquet a toujours du goût pour les belles demeures. Il achète, à Paris, l'hôtel d'Émery, qu’il agrandit. De même, à Saint-Mandé, il achète une belle maison et en fait une résidence très élégante. Il y ajoute à des jardins remplis de plantes rares, et d'immenses serres où on compte plus de deux cents orangers.
1641 : Il a vingt-six ans lorsqu’il prend possession du domaine de Vaux, ayant hérité d’une grande fortune par son père( qui avait acheté ces terres de Vaux), et d’une autre fortune au décès de sa première femme.
1653: Nicolas Fouquet décide de transformer le manoir médiéval.
Mais tout commence en 1656, où il s’entoure d’hommes d’exception :
l’architecte Le Vau, le décorateur Le Brun, et le paysagiste Le Nôtre.
On peut penser qu’il a été leur collaborateur car Il revoit et corrige les plans, il y apporte sa touche personnelle en matière d’Art.
Cette œuvre ne lui a pas coûté, seulement une somme considérable, mais comme vous allez le lire un peu plus loin, il va le payer de ses biens, de son honneur et de sa liberté.
Cet homme soutient les Arts, les lettres, il sera très proche de Jean de La Fontaine. C’est un artiste, épris de tout ce qui est beau.
Avant de mourir en 1661, Mazarin a desservi le surintendant Fouquet dans l'esprit du roi.
Le roi Louis XIV n'a que 22 ans et décide de gouverner le pays.
Il oblige Nicolas Fouquet à utiliser Colbert, qui heureux d’avoir été remarqué par le roi n’a de cesse, à dévaloriser Fouquet, en mettant sous les yeux de Louis XIV les preuves des dilapidations et de l'irrégularité des comptes de Fouquet!
Aurait t’il confondu ses deniers personnels et fait bourse commune avec les finances de l'État ? Aujourd’hui on parlerait de détournement de fonds publics ! Nul ne le sait vraiment !
Il semble aussi que Fouquet avait adressé une lettre étrange à Louise de La Vallière, maîtresse du roi qui profondément blessée, aurait tout raconté au roi, qui fut très en colère et jaloux.
Le 17 août 1661, Nicolas Fouquet organise une grande fête pour le roi. Six mille invitations sont lancées. Louis XIV en arrivant est étonné de tant de splendeur. Il visite les jardins et reste très admiratif de la création de Le Nôtre; le souverain serait- il envieux de tant de réussite ?
Dix-neuf jours après la fête de Vaux, le 5 septembre 1661, la cour est rassemblée à Nantes pour la tenue des États de Bretagne; Nicolas Fouquet, souffrant y participe, et à la sortie du conseil, le mousquetaire d'Artagnan le fait arrêter sur ordre du roi.
Le procès dure trois ans. Au jugement, neuf voix le condamne à mort et treize au bannissement.
Fouquet méritait un châtiment, mais la colère du roi, les manœuvres de Colbert, les lenteurs et les péripéties du procès, ont concouru à retourner l'opinion et à gagner à l'accusé de la pitié.
Les juges ont voté le bannissement, mais le roi est au-dessus des lois et il décide que Nicolas doit être condamné à la prison.
Fouquet, alors âgé de cinquante ans, fut transféré au château de Pignerol, où il resta treize ans sans aucune communication avec l’extérieur. Il avait pour voisin de cellule le Masque de fer.
Il décède le 23 mars 1680 après seize ans de captivité, au moment où il semblait que sa grâce allait lui être accordée.
Si l'histoire a fait le procès du financier peu scrupuleux, les poètes et les artistes qui l’ont soutenu, protégeront à jamais sa mémoire.
Regardons ce château et ses jardins qui l'entourent : Quelle belle harmonie des lignes et quelle pureté du style.
Le jour où tout a commencé !
On rase le village de Vaux et deux hameaux qui en dépendent, on capte les eaux de la petite rivière d'Anqueuil pour faire le grand canal, et on creuse un réservoir de plus de deux mille mètres cubes dans la partie supérieure des jardins, pour alimenter les vasques, les jets d'eau, les miroirs...
Enfin Fouquet s'attache Le Brun qui arrivait d'Italie, pas seulement comme peintre mais comme décorateur et metteur en scène. Il conseille Le Vau et Le Nôtre, il donne les dessins des vasques et des fontaines, il fait les maquettes des statues, il dessine le modèle des ornements, entrant dans le détail d'une rampe d'escalier, d'une serrure, d'un tapis et d'un meuble.
Vaux fut bâti en cinq ou six ans
L'entrée est d'un aspect grandiose, avec sa première grille dont les pilastres sont formés par douze dieux taillés en façon de gaines de la plus grande allure.
Quand on se trouve dans l’avant-cour, nous voyons des grands fossés. Passons le petit pont et au fond, attardons nous sur la façade majestueuse du palais, le perron occupe toute la largeur de la seconde cour.
La façade Nord :
Le fronton est une pure merveille :
A gauche Apollon, Dieu de la musique et protecteur des Arts. A droite Rhéa, « mère des Dieux »
Les douves font tout le tour du château.
La façade sud est très belle, d'un goût épuré et simple, presque sans ornements.
Quatre statues sur la façade nous interpellent. Elles représentent les quatre vertus :
De gauche à droite : La patience, la vigilance, la Fidélité et la force (de Michel Anguier)
De chaque côté de la façade : 2 fois 2 bustes et sur le devant deux sphinx et deux statues féminines.
Nous nous retrouvons pour visiter les jardins, la semaine prochaine, puis nous visiterons l'intérieur dans un autre article; Ce château est un véritable musée de l'art du XVIIe-XVIIIe siècle...
A bientôt
CD
Soissons, une ville à découvrir 2/2 : sa Cathédrale
La Cathédrale de Soissons, nous évoque Notre Dame de Paris car son unique tour lui ressemble étrangement et parce qu’elle a su malgré sa destruction, par les bombardements, être reconstruite…
Nous voici dans une des six grandes cathédrales picardes. "Saint Gervais-Saint Protais"
La façade dissymétrique est incomplète, mais elle ne fut jamais achevée. La grande guerre l’a mutilée et elle a su renaître de ses cendres.
De style gothique (classique), nous la découvrons ci-contre
Voici la tour sosie de Notre Dame de Paris, côté sud et à sa droite, le jardin du haricot .
Le transept est élégant, le chevet qu’on peut voir du centre ville laisse apparaître les contreforts et les arcs-boutants qui soutiennent la partie supérieure.
Quelle histoire !
En 1175, l’évêque de Soissons fut l’instigateur de cette cathédrale bâtie sur d’autres cathédrales primitives.
Avant 1190 on réalise le chœur et le transept avec ses deux bras en hémicycle, mais pour continuer la nef, on décide de lui donner plus d’élan vers le ciel en adoptant un style nouveau, le gothique à trois étages. Elle sera achevée en 1230.
Entre 1230 et 1240, on construit la façade….
La Cathédrale est prête le 25 avril 1479.
Hélas en 1567 les protestants (Huguenots), la détruisent et saccagent des objets acquis au cours des siècles... Puis on la restaure !
On l’améliore en construisant des chapelles, on édifie un nouveau maître-hôtel.
Pendant la révolution de 1789, la voilà transformée en grange à fourrage, quel destin !
En 1799 la Cathédrale redevient lieu de culte.
Mais en 1815, une poudrière proche explose et détruit des vitraux, on la restaure à nouveau !..
Mais arrive la guerre de 14-18, la cathédrale est bombardée et bien ébranlée ! (heureusement, on avait démonté les vitraux, emballés et cachés précautionneusement.)
A la fin de l’année 1937, la Cathédrale est reconstruite et ouverte aux fidèles!
Entrons à l'intérieur :
Nous la découvrons d’un coup d’œil : 100 m de long, 24 m de large et entre 23 à 31 m de haut selon les parties.
Voici le vaisseau central.


Voici le chœur élancé vers le ciel: 31 m , avec ses colonnes en pierres calcaires des carrières de la région:
La contre allée et la grille du chœur : superbement décorée.

Sur la gauche du chœur :
Le transept nord, de style gothique rayonnant, sa voûte est aussi haute que celle du Chœur. Elle laisse apparaître une superbe rosace et un bel autel
C'est dans cette chapelle du Rosaire (photo ci-dessous) que nous découvrons l'oeuvre de Rubens, l'adoration des bergers, qu'il offrit en 1635 en remerciements de soins reçus à Soissons.
D'autres très grands tableaux :
La cène et
le lavement des pieds sont exposés,
mais on n'en connait pas l'origine.
Un autre tableau dans cette chapelle nous interpelle : Le Martyr de St Crépin et St Crépinien.
J'ai cherché le pourquoi cette illustration et je vous livre ma recherche:
Crépin et Crépinien, venus de Rome, étaient chrétiens et cordonniers à Soissons. Ils fabriquaient des chaussures pour les pauvres, qu'ils ne faisaient pas payer, et pour les riches qui appréciaient leur production.
En 285 , dénoncés comme chrétiens, ils ne veulent pas nier leur foi, L’empereur Maximien les fait alors torturer. (Légende : source Wikipédia) « on leur fit enfoncer des roseaux pointus sous les ongles, mais les roseaux jaillirent des mains des saints et vinrent blesser les bourreaux. On les précipita ensuite dans une rivière, avec une meule attachée à leur cou mais ils flottèrent à la surface sans se noyer. Puis l'empereur les fit jeter dans une citerne remplie de plomb fondu, mais une goutte de plomb rejaillit dans l'œil de l'exécuteur qui fut éborgné, tandis que Crépin et Crépinien en sortaient indemnes. Finalement, après qu'ils eurent résisté à plusieurs autres supplices, on les fit jeter dans de l'huile bouillante d'où deux anges vinrent les sortir... Crépin et Crépinien furent finalement décapités le lendemain."
Voilà pourquoi ces deux frères Saints martyrs sont les saints patrons des Cordonniers, Gantiers et Tanneurs
Dans une Chapelle une relique de St Crépin : son fémur.
Mais mon coup de cœur va au transept sud de style gothique primitif, sur le plan architectural.
Élévation sur quatre niveaux, les tribunes à 3 arcades et cette magnifique galerie ( triforium).

Dans une chapelle, nous découvrons un Gisant en marbre blanc du Christ.
Bien sûr, il en existe d'autres en France (Auray, Saverne...) mais cette représentation est particulièrement belle et nous expose un Christ apaisé qui semble dormir.
Toujours dans ce transept sud :
- Une statue de vierge en majesté romane déposée en 1940
- un beau baptistère en marbre

D'autres sculptures sont à citer, mêmes si elles ne m'ont pas séduites.
En premier, citons Saint Gervais et Saint Protais les jumeaux, à qui cette cathédrale est dédiée.
(Souvenez-vous, membres du réseau, que l'église à côté du BHV, place Lobau, leur est dédiée aussi)
Enfin,2 abbesses en marbre de l'époque Louis XIV pour vous accueillir à la porte d'entrée :
Henriette de Lorraine Delbeuf et Gabrielle de la Rochefoucault.
Quelques vitraux.
Face à la Cathédrale le presbytère, une jolie fontaine et la maison diocésaine (siège de la Gestapo pendant la guerre 39/40.
Je finirai par ces quelques photos de l'état de la Cathédrale à la fin de la grande guerre.
une partie de la voûte, des arc-boutants, des contreforts furent détruits , la tour, fut fendue .
Soissons se trouvait devant un chantier colossal, sans aide de moyens numériques.
Il fallut presque 20 ans pour la remettre en état.
C'est exceptionnel!
Nous ne pouvons que garder l'espoir pour Notre-Dame de Paris.
Ainsi se termine notre ballade à Soissons, espérant vous avoir distraits !
CD
Soissons, une ville à découvrir 1/2 : Mais qui a cassé le vase!
Besoin de sortir : Une petite sortie visuelle à Soissons, Ville de 28000 habitants, sympathique à découvrir et ses anecdotes...
Nous pensons tous à la célèbre phrase : « Mais qui a cassé le vase… » et bien.... suivez-moi...
Cette ville est entourée d’espaces verdoyants, champs et forêts Vous aurez plaisir à faire une petite ballade en forêt de Retz.
C'est une ville tranquille, comme on les aime!...
Cette ville existait déjà à l’Antiquité.
Étonnant ; elle devint le première Capitale des Francs en 486, grâce à Clovis après avoir gagné la victoire contre les Romains !
On retrouve en visuel, l’anecdote du vase. sur la place Fernand Marquigny, depuis 1935.
Mais, j'ai pu retrouver la version historique de l'Historien Grégoire de Tours et je vous la livre ci-après.
"Dans ce temps, l'armée de Clovis pilla un grand nombre d'églises, parce que ce prince était encore plongé dans un culte idolâtre.
Des soldats avaient enlevé d'une église un vase d'une grandeur et d'une beauté étonnante, ainsi que le reste des ornements du saint ministère.
L'évêque de cette église envoya vers lui des messagers pour lui demander que, s'il ne pouvait obtenir de recouvrer les autres vases, on lui rendit au moins celui-là. Le roi, ayant entendu ces paroles dit au messager :
« Suis-moi jusqu'à Soissons, parce que c'est là qu'on partagera tout le butin; et lorsque le sort m'aura donné ce vase, je ferai ce que demande le pontife. »
Étant arrivés à Soissons, on mit au milieu de la place tout le butin, et le roi dit :
« Je vous prie, mes braves guerriers de vouloir bien m'accorder, outre ma part, ce vase que voici » en montrant le vase dont nous avons parlé ci-dessus.
Les plus sages répondirent aux paroles du roi :
« Glorieux roi, tout ce que nous voyons est à toi, nous- mêmes, nous sommes soumis à ton pouvoir. Fais donc ce qui te plaît car personne ne peut résister à ta puissance. »
Lorsqu'ils eurent ainsi parlé un guerrier présomptueux, jaloux et emporté, éleva sa francisque et en frappa le vase s'écriant :
« Tu ne recevras de tout ceci rien que ce que te donnera vraiment le sort.».
A ces mots tous restèrent stupéfaits.
Le roi cacha le ressentiment de cet outrage sous un air de patience. Il rendit au messager de l'évêque le vase qui lui était échu gardant au fond du cœur une secrète colère.
Un an s'étant écoulé, Clovis ordonne à tous ses guerriers de venir au Champ-de-Mars revêtus de leurs armes, pour faire voir si elles étaient brillantes et en bon état. Tandis qu'il examinait tous les soldats en passant devant eux, il arriva auprès de celui qui avait frappé le vase, et lui dit :
« Personne n'a des armes aussi mal tenues que les tiennes, car ni ta lance, ni ton épée, ni ta hache, ne sont en bon état.» et lui arrachant sa hache il la jeta à terre.
Le soldat s'étant baissé un peu pour la ramasser, le roi levant sa francisque, la lui abattit sur la tête en lui disant :
« Voilà ce que tu as fait au vase à Soissons. » !
Celui-ci mort, il ordonna aux autres de se retirer. Cette action inspira pour lui une grande crainte. Il remporta beaucoup de victoires dans un grand nombre de guerres. …"
Ce bas relief se situe sur le monument aux morts que je préfère appeler Monument d’Histoire, car s'il porte la liste des morts, il évoque bien d'autres signes des temps. ( sur la place Fernand Marquigny au centre de la ville.)
En haut, 4 allégories portent une flamme
Au centre une femme ailée protège 2 poilus
Sur 2 angles des poilus, un Carolingien de l'an 923 défenseur de la ville et un homme avec un parchemin (1181 abolition des servitudes féodales)
Les autres bas reliefs présente Jeanne d’Arc
ou les Soissonnais en peur, pendant la guerre.
La dernière façade présente non photographiée, la commémoration des morts de la guerre 14-18.
Mais souvenons-nous, de la première Guerre Mondiale dont je vous ai parlé.
Ci-dessous le monument des anglais.
Les bombardements étaient incessants dans cette région, Soissons en subira les préjudices, car détruite aux trois-quarts.
La ville sera reconstruite laissant apparaître ça et là, des façades Arts-Déco.

Pour les gourmets : Il existe le fameux haricot de Soissons connus depuis longtemps.
En effet, pendant la guerre de 100 ans, (1337- 1453) , lorsqu’une terrible épidémie de peste (1349-1355) arrive, les Soissonnais s’enfuient rapidement, en emportant leur récolte… mais des graines tombent au sol et l’humidité du sol les fera germer. Ces haricots permettront de nourrir la population à leur retour !
Autre anecdote : Une légende d'un livre de Soissons : « Au siècle dernier, le guetteur de la Cathédrale, nommé le Paon, égaya le haut de la tour en semant des haricots. » Il surveillait la ville et les incendies. Comme il s’ennuyait, il sema dans des caisses des haricots . Ses plantations volubiles s’accrochèrent aux garde-fous de la Cathédrale. Les gens voulaient voir de plus près cette couronne de verdure en haut de ce lieu saint.
Il distribuait ainsi quelques graines aux touristes. Il disait avec humour : « Dieu créa la fleur et lui dit Sois Rose !... Il créa le haricot et lui dit Sois Son ! et va en Paix (Pets) »
Vous voulez en cueillir où en acheter en bocaux, pour un repas
ou pour l'apéro ... c'est original et très bon! : Haricot de Soissons apéritif harissa, au vinaigre de cidre et pommes, au piment d'Espelette, ail et fines herbes ou paprika et colombo.
Je vous recommande l'adresse : les jardins de Pontarcher à Ambleny, mais vous en trouverez aussi en ville!
A Soissons en dehors de la Cathédrale pour laquelle je vous dédierai un article, deux tours s’élancent dans le ciel, ce sont celles de l’abbaye Saint Jean des Vignes.

A côté l’Arsenal L'arsenal témoigne de la présence militaire .
Revenons, au centre près du monument aux anglais, on aperçoit la vieille église Saint Pierre qui a fait partie de l'abbaye Notre-Dame de Soissons. La 2e photo nous montre les ruines de l'abbaye.
Intéressant dans ce centre ville, un marché couvert bien actif le samedi où se mêlent sur les étals beaucoup de produits de la région ainsi que des volatiles.
Ancien Palais de l'intendance, de style néo-classique construit entre 1774 et 1775, il est devenu l'Hôtel de ville de Soissons en 1834. puis vous vous découvrez les berges de l'Aisne.
En parcourant la ville vous passerez devant l'abbaye St Léger.
Bien sûr la région Soissonnaise est le pays de la pomme de terre, des chips Vico, de la betterave et de ses fabriques de sucre! (Blé, orge...)
Vous découvrirez la vallée d'Automne, le château d'Alexandre Dumas, Notre-Dame du Lieu restauré, qui cache quelques mystères!....
Nous nous retrouverons prochainement pour visiter la Cathédrale et son quartier!
Profitez bien de cette sortie en photos...
CD











/image%2F0961441%2F20200417%2Fob_f650e6_6-4-abbesses-1.jpg)
/image%2F0961441%2F20200417%2Fob_463bc1_6-4-abbesses-3.jpg)



/image%2F0961441%2F20200414%2Fob_4e7813_2019-08-ip-marche-soissons-1.jpg)
/image%2F0961441%2F20200414%2Fob_7c33ff_2019-08-ip-marche-soissons-3.jpg)
/image%2F0961441%2F20200414%2Fob_dde658_2019-08-ip-marche-soissons-4.jpg)
/image%2F0961441%2F20200414%2Fob_f5d41e_2019-08-ip-marche-soissons-5.jpg)
/image%2F0961441%2F20200414%2Fob_ebfabd_2019-08-ip-marche-soissons-7.jpg)
/image%2F0961441%2F20200414%2Fob_27f132_2019-08-ip-marche-soissons-8.jpg)