Lu dans la Presse : Comment Frédéric Merlin s’est enfin débarrassé du boulet BHV Marais sans y laisser (trop) de plumes…
Comment Frédéric Merlin s’est enfin débarrassé du boulet BHV Marais sans y laisser (trop) de plumes…
Je découvre ce journal comme vous certainement!...et je partage cet article bien rédigé et intéressant à nos lecteurs du réseau.
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La Minute Riches La Minute Riches est LE média qui vous parle des UltraRiches et de leurs affaires
juin 18, 2026 par Eric Tréguier
Depuis 170 ans, c’est une institution parisienne. Le BHV Marais va changer de mains pour la deuxième fois en trois ans. Et le schéma de cette vente est plus que surprenant.
Frédéric Merlin aura essayé. En rachetant le BHV en 2023, le jeune patron de la Société des Grands Magasins pensait reproduire sa recette : reprendre un actif en difficulté et le redresser. Sur le papier, l’affaire cochait toutes les cases. Dans les faits, elle s’est transformée en piège.
Mécanique enrayée
Certes, le magasin est brièvement repassé dans le vert, mais la mécanique s’est vite enrayée, à cause d’impayés à répétition, qui ont entrainé le départ des marques et la chute de fréquentation. Au début de cette année, les ventes ont nettement piqué du nez, à des niveaux inédits, et le grand magasin, vidé de ses enseignes, est devenu « un repoussoir à clients ». Le BHV est passé du stade de vitrine d’un redressement à un cas d’école marketing et…à un foyer de pertes. Pire : il pompe une part disproportionnée des ressources d’un groupe de 19 centres commerciaux dont son PDG estime la valeur à un milliard d’euros et qui, par ailleurs, reste rentable.
Et c’est là que le sujet change de nature. Pour SGM, le BHV n’était plus un projet, c’était devenu un risque. Car le groupe de Frédéric Merlin repose sur un modèle simple : redresser des actifs sans compromettre l’équilibre global. Or avec le BHV Marais, tout a convergé dans le mauvais sens : pression de trésorerie, image dégradée, complexité politique et commerciale. Le coup de grâce a été porté par la perte des murs, finalement repris début 2026 par Brookfield après l’échec du financement monté par SGM, dans un contexte de taux élevés.
A partir de ce moment s’est alors posée la question de conserver l’exploitation. Frédéric Merlin l’a lui-même reconnu : il n’allait pas passer les prochaines années à se battre pour un actif qui mobilisait autant pour si peu. D’où la solution trouvée il y a quelques jours : vendre. Mais à qui? Un tel monument, avec un tel passif, en a effrayé plus d’un. Des fonds ont préféré laisser tomber. La solution? Laisser le management reprendre l’affaire, laisser ces quatre cadres déjà en place tenter l’impossible. Karl-Stéphane Cottendin, ex-directeur général du BHV et du groupe SGM (il va bien sur quitter ces fonctions),Valérie Chaleyssin, directrice marketing, Medy Ty, directeur artistique et Élodie Nho, la DRH, veulent recentrer le grand magasin “sur son cœur de métier historique : la maison, bricolage, décoration, mobilier, luminaire, culinaire, art de la table, linge de maison, loisirs créatifs, électroménager, literie, librairie, etc.”, selon un communiqué.
Questions stratégiques
Cela posera rapidement deux questions. Quid de Shein? Le sort de la marque de fast-fashion chinoise dont l’installation au BHV avait fait polémique semble être scellé : cette “expérimentation” était “une erreur stratégique”, a reconnu auprès de l’AFP Karl-Stéphane Cottendin, pour qui Shein sera “idéalement” parti d’ici à Noël. Et quid de Brookfield? Le Canadien est en effet propriétaire, depuis le début de l’année, des murs du BHV Marais et était censé récupérer plus de 60 % des locaux pour ses projets de redéveloppement, parmi lesquels un possible hôtel aux deux derniers étages (dont celui occupé par Shein). C’est désormais compromis. La mairie ne semble pas convaincue. Et la nouvelle direction veut renégocier le périmètre exact sur lequel sera déployé le nouveau concept.
Enfin, il y a le financement de cette transaction surprenante. Le 700 salariés vont se voir proposer de participer financièrement à la relance du magasin à travers, dit-on, un scop (une coopérative). Plus de 300 seraient intéressés, devrait-on nous annoncer la semaine prochaine. Un scénario qui séduit l’opinion, les pouvoirs publics… mais qui tient aussi du story-telling. Car les repreneurs salariés n’ont pas les capitaux nécessaires pour financer la reprise. Et ont encore moins l’accès au crédit bancaire. Les banques jugent en effet l’opération trop risquée, trop instable, trop exposée. Et avec l’explosion des taux d’intérêt depuis 2022, inutile d’imaginer une opération de refinancement plus sophistiquée, type LBO. Mais alors, si le montage classique (apport en cash + crédit bancaire) est devenu impossible, comment ont-ils pu conclure la transaction?
Crédit Vendeur
Et bien, dans la situation présente, il ne reste qu’une seule voie : le crédit vendeur. Autrement dit, Frédéric Merlin a vendu son actif, mais a sans doute accepté d’en financer lui-même une partie. Mardi dernier, la SGM reconnaissait vendre “à prix négatif” le fonds de commerce du BHV Marais, institution parisienne depuis 170 ans. Une source proche du dossier interrogée par LMR l’a d’ailleurs confirmé : il a laissé “de l’argent dans le deal…” Et pas seulement les 15 millions d’euros réinjectés dans le magasin depuis sa reprise en 2023. Contacté par LMR, Frédéric Merlin n’a pour le moment pas donné suite à nos questions sur ce point. Et on le comprend. Trop embarrassant…
Dans ce type de situation, ce mécanisme du “crédit vendeur”, habituellement marginal, devient central. Il permet tout simplement au deal d’exister. Du reste, le montant de l’opération elle-même n’a pas dû être faramineux. Il ne s’agit que du transfert de l’exploitation d’un magasin de centre-ville, autrement dit d’un dinosaure du commerce physique. Et qui plus est, un magasin alourdi par le dossier Shein, et qui perd de l’argent… Alors, Frédéric Merlin a fait ce qu’il faut : il a même sans doute fait un chèque pour accompagner le plan de relance des repreneurs.
Schéma pas classique
On n’est donc pas dans le schéma d’une vente classique, mais dans une sortie organisée, où le vendeur a accepté de perdre de l’argent et d’étaler son paiement pour se libérer d’un actif devenu trop lourd. Et il faut le reconnaître : ce calcul a du sens. Se couper le bras plutôt que de perdre tout. Et aujourd’hui, pour la SGM, abandonner le BHV, c’est sécuriser l’avenir de la SGM.
(La Minute Riches est LE média qui vous parle des UltraRiches et de leurs affaires. Une question, une suggestion ? Laissez-nous un message : laminuterichescontact@gmail.com)
Mais qui est donc Karl Stéphane Cottendin
À la demande de plusieurs collègues, nous avons poursuivi nos recherches concernant l'homme d'affaires Karl Stéphane Cottendin, directeur du BHV et dirigeant de plusieurs sociétés.
Nos investigations nous ont permis de constater que M. Cottendin a créé une nouvelle société le 24 avril 2026, en complément de Kergence. Cette structure, dotée d'un capital social de 1 000 euros aussi, exerce l'activité mentionnée ci-dessous.
Dans la seconde partie de cet article, nous reviendrons également sur les éléments figurant dans
l'acte du 8 juin 2026 de cette nouvelle société, où apparaissent encore les soutiens de SGM et SGEM, ainsi que sur l'origine des apports réalisés.
Par ailleurs, il est intéressant de noter que
Kergence, la société chargée de la gestion du BHV, n'a été créée que le 9 juin 2026.
Ces différents éléments soulèvent plusieurs interrogations. Sont-elles fondées ? Chacun pourra se faire son opinion à la lecture des documents et informations présentés. L'avenir nous le dira.
Dirigeants et représentants de KSC ADVISORY Depuis le 24/04/2026
- Cottendin Karl-Stéphane Président 33 ans - 04/1993
Activité de KSC ADVISORY
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Activité principale déclarée : |
La Société a pour objet, en France et à l'étranger : Conseil et assistance aux entreprises en affaires et gestion ; La détention et la gestion de participations dans d'autres sociétés et la fourniture de services administratifs et financiers à ces sociétés ; Location-bail de propriété intellectuelle et de produits similaires, à l'exception des œuvres soumises à copyright, incluant la mise à disposition de brevets et licences ; L'activité de marchand de biens, d'achat et vente de biens immobiliers ; Gestion et administration de portefeuilles d'investissement et de fonds financiers ; La prise, l'acquisition, l'exploitation ou la cession de toutes marques, de tous procédés et brevets, et plus largement de tout droit de propriété intellectuelle concernant ces activités ; La participation de la Société, par tous moyens, directement ou indirectement, à toutes opérations pouvant se rattacher à son objet par voie de création de sociétés nouvelles, d'apport, de souscription ou d'achat de titres ou droits sociaux, de fusion ou autrement, de création, d'acquisition, de location, de prise en location-gérance de tous fonds de commerce ou établissements ; Et plus généralement, toutes opérations de quelque nature qu'elle soit, se rattachant directement ou indirectement à l'objet social ou à tous objets similaires, connexes, complémentaires ou susceptibles d'en faciliter la réalisation ou l'extension. |
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Convention collective supposée : |
Bureaux d'études techniques et sociétés de conseils - IDCC 1486 |
Informations juridiques de KSC ADVISORY
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Forme juridique : |
SAS, société par actions simplifiée |
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Capital social : |
1 000,00 € |
Les coulisses de KSC : Dans le rapport sur la valeur des apports, du 8 juin, que vous pouvez télécharger complétement ci-dessous, vous pourrez lire les paragraphes sur les apports SGM commerce et SEGM BHV, dont je vous joins un passage pour que vous puissiez en prendre connaissance facilement...
A vous de vous faire votre avis !...
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Le BHV en effervescence, la Presse s'agite, mais que se passet'il ?
Quand la Presse nous annonce le retour des fondamentaux du BHV , nous ne pouvons que nous réjouir !
1. Événement principal : changement de contrôle du BHV Paris
Le BHV Marais entre dans une nouvelle phase de son histoire. La Société des grands magasins (SGM), dirigée par Frédéric Merlin, cède le fonds de commerce du magasin parisien ainsi que celui de Parly 2 à Karl-Stéphane Cottendin, jusqu’ici directeur général du BHV et de la SGM.
Cette opération marque un retrait de Frédéric Merlin après une période marquée par plusieurs controverses et difficultés opérationnelles.
Le retrait de Shein constitue donc un signal fort : la nouvelle direction cherche à réaffirmer l'identité historique du BHV et à s'éloigner d'une logique de communication basée sur la polémique.
Un nouveau repreneur , dont le nom est connu au BHV K S Cottendin
2- La société KARGENCE vient d’être créée le11/06/2026
Nature de l’activité principale : Commerciale
Forme juridique : SASU, Société par actions simplifiée unipersonnelle
Capital social : 1000 EUR
Adresse du siège : 13-15 RUE DE LA VERRERIE 75004 Paris 4e Arrondissement FRANCE
Gestion et Direction: COTTENDIN Karl-Stéphane Qualité : Président de SAS
Origine du fonds : Création
3- Un repositionnement centré sur le cœur de métier, c’est ce que tous les anciens du BHV pouvaient espérer et que nous avons évoqué dans nos précédents articles.
La stratégie annoncée repose sur un recentrage autour de l'univers de la maison :
Activités renforcées :
Bricolage ; Décoration ; Luminaires ; Arts de la table ; Cuisine- Ménage; Linge de maison ; Literie ; Loisirs créatifs.
Plus douteux : parapharmacie ; halle alimentaire. (Ce rayon qui a déjà existé au BHV a été source de perte)
4 - Enjeu principal
Le succès du plan dépendra moins du départ de Shein que de la capacité de la nouvelle direction à résoudre trois problèmes simultanément :
- Rétablir la confiance des fournisseurs et des marques.
Encore faut-il qu’ils soient payés dans un premier temps « au cul du camion ».
- Faire revenir les clients dans un magasin dont l'image s'est brouillée.
Retour à une communication abribus, métro et presse…
- Financer la transformation du BHV tout en absorbant les dettes accumulées.
On n’accueille pas les clients au BHV dans un magasin où les escalators et ascenseurs ne fonctionnent pas.
Le départ de Shein est donc avant tout un symbole ; la véritable difficulté sera de démontrer que le BHV peut redevenir un grand-magasin rentable et différencié dans un marché du commerce physique en pleine mutation.
Il est sûr que si Brookfield se portait garant, on pourrait tous croire à ce projet qui repose sur le fondement même du BHV.
5- Dimension sociale : recherche d'adhésion interne
La nouvelle Direction souhaite associer les salariés à la relance :
- Possibilité d'entrer au capital de la société de reprise (Kargence) ;
- Absence annoncée de plan social ;
- Restaurer la confiance après plusieurs années d'incertitude.
Cette démarche vise à sécuriser l'engagement des équipes dans un contexte où les effectifs ont déjà fortement diminué. Il reste environ 700 personnes à ce jour dont la moitié sur le terrain.
Mais, a-t-on besoin d’une centrale d’achats pour un seul magasin ou deux avec Parly?
A l’époque glorieuse du BHV, l’acheteur-chef de rayon, créait ses produits, les commandait, décidait de ses publicités, participait à l’élaboration des campagnes publicitaires et le BHV fonctionnait à fond-la forme !
Nous souhaitons bonne chance à ce nouveau projet BHV.
Ci-dessous la Note de service, distribuée.
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Les 4 signataires en photo sur l'article LSA : Elodie Nho, Medy Ty, Valérie Chaleyssin et Karl-Stéphane Cottendin
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Lu dans la presse...Le JDD BHV : la déprime se répand dans les allées du grand magasin
L’article du JDD ci-dessous décrit le fort déclin du BHV Marais, malgré son maintien en activité et les promesses de transformation. Les rayons se vident, les équipements tombent en panne, les fournisseurs sont impayés et les clients désertent le magasin.
Les syndicats évoquent un effondrement du chiffre d’affaires, une réduction continue des effectifs et un climat social très dégradé. Officiellement, la direction parle d’un vaste projet de rénovation, mais de nombreux salariés et clients craignent désormais une fermeture à terme. Je vous laisse découvrir...
CD
BHV : la déprime se répand dans les allées du grand magasin
NAUFRAGE. Escalators en panne, rayons clairsemés, salariés désœuvrés, fournisseurs impayés… Le BHV reste ouvert, malgré la fermeture annoncée.
Le JDD : Louise Dugast 14/06/2026
Il y a encore quelques mois, la direction parlait de « réinvention ». Aujourd’hui, dans les allées du BHV Marais, le mot a perdu de sa superbe. On évoque davantage les travaux, la « réorganisation », parfois la « transition », voire la « réduction de surface ». Ce qui, dans le secteur des grands magasins, n’est pas vraiment rassurant.
Rue de Rivoli, l’établissement continue pourtant d’ouvrir ses portes comme si de rien n’était. Sauf qu’à l’intérieur, le bazar a des allures de morne plaine. Les corners se clairsement, les escalators tombent régulièrement en panne et les clients se font tellement rares que leur présence devient un sujet de conversation entre les vendeurs. À la caisse, une salariée tente une explication. « Il n’y a plus de produits parce qu’on est en rénovation », assure-t-elle avant d’évoquer la suite : un hôtel, un restaurant, « un peu comme la Samaritaine », à un horizon de « trois ou quatre ans ». Un grand projet porté par des investisseurs canadiens « qui ont de l’argent », mais dont on ne sait pas grand-chose.
Chez les clients, la dissolution est brutale. Une femme s’arrête devant un rayon à moitié vide : « Ça n’a rien à voir avec le BHV. C’est une déception. » Son amie est encore plus catégorique : « J’étais attachée à ce lieu. Là, ça ne remontera pas. Ça va fermer, c’est sûr. » Au rayon chaussures, une vendeuse dépitée s’épanche, les larmes aux yeux. « On ne sait pas ce qu’on va devenir. Mais on voit bien que ça ne va pas durer. On n’a pas reçu de marchandises depuis quatre mois. Tout se délite. » Quelques mètres plus loin, un autre salarié regarde les rares clients traverser l’étage sans s’arrêter : « On ne me demande plus aucun conseil, je ne sers plus à rien. Je suis spectateur de la chute de ce magasin. »
Pour qui fréquentait le BHV il y a quelques années, le contraste est saisissant. Au rez-de-chaussée, la maroquinerie côtoie la beauté, la bijouterie, mais aussi la librairie. Le mythique rayon bricolage du sous-sol a presque disparu derrière des panneaux noirs annonçant une « réinvention ». Le quatrième étage, consacré à la maison et à la literie, paraît déserté. Deux des trois ascenseurs sont souvent hors service. La plupart des escalators ne fonctionnent plus. Nombre de fournisseurs réclament leur règlement. Les prestataires se montrent de plus en plus réticents à intervenir, à l’image des entreprises de sécurité qui se sont succédé ces dernières années.
Le délitement et l’abandon se manifestent jusque dans les détails. « Il est arrivé qu’on nous demande d’apporter notre propre papier toilette ! » raconte une représentante syndicale. « Le magasin est devenu un repoussoir à clients », résume Carole Prioult, secrétaire générale du commerce de Paris.
Les recettes quotidiennes auraient été divisées par dix
Face aux vidéos qui se multiplient sur les réseaux sociaux pour dénoncer un « magasin fantôme », Frédéric Merlin a choisi de répondre directement. « Ce que vous filmez, c’est un chantier, écrivait-il récemment sur Instagram. On transforme parce qu’on croit encore que ce monument mérite mieux que de survivre. On veut qu’il vive. » Mais derrière cette énième version du récit de la transformation, les chiffres racontent une autre histoire.
Selon plusieurs sources syndicales concordantes, le chiffre d’affaires du BHV Marais se serait effondré en l’espace d’un an, passant d’environ 11 millions d’euros mensuels à un peu plus de 1 million. Les recettes quotidiennes auraient été divisées par dix. « Un samedi, récemment, nous étions autour de 56 000 euros de chiffre d’affaires. Avant la reprise par la Société des grands magasins, un samedi à moins de 400 000 euros était considéré comme catastrophique », assure l’intersyndicale (CFTC, CGT, CFDT, Sud et CFE-CGC).
Les organisations syndicales décrivent également une lente érosion des effectifs. Le BHV Marais employait encore plus de 1 000 salariés lors de la reprise par la Société des Grands Magasins fin 2023. Ils ne seraient plus que 684 aujourd’hui. « Et cette année, la direction annonce encore entre 200 et 250 départs supplémentaires », précise une source syndicale. Au premier semestre 2026, les représentants du personnel recensent déjà plusieurs dizaines de départs, entre licenciements, démissions, ruptures conventionnelles et fins de contrats. « On assiste à ce qui ressemble à un plan social sans plan social, estime une représentante FO. Ça sent la fin. »
Les tensions sur l’emploi sont la dernière épreuve d’une longue série qui a commencé avec des difficultés déjà anciennes dans les approvisionnements et le paiement des fournisseurs et partenaires. « Les problèmes d’impayés ne datent pas d’hier », assure un adhérent FO également salarié du grand magasin. En coulisses, il décrit un climat de plus en plus tendu à mesure que les difficultés s’accumulent. Il évoque un dirigeant sous pression, parfois explosif. « Frédéric Merlin est quelqu’un de très colérique, comme un enfant à qui l’on refuse un bonbon », glisse-t-il à l’issue d’une visite du patron.
La direction continue de s’accrocher à une stratégie à laquelle plus personne ne croit, et sur laquelle Frédéric Merlin n’a en réalité plus la main, l’exploitant de la société du BHV n’étant plus propriétaire des murs.
Lu sur BFM "On ne va pas finir l'année", à paris comme en province...
"On ne va pas finir l'année": à Paris comme en province, l'inquiétude grandit parmi les salariés des grands magasins BHV, toujours désertés par les marques et les clients
BFM Business OC avec AFP Publié le 06/06 à 09h36
Les syndicats les estimant à l'"agonie" quand la direction invoque une nécessaire période de "transformation".
"On ne va pas finir l'année": à Paris comme en province, l'inquiétude grandit parmi les salariés des grands magasins BHV, toujours désertés par les marques et les clients, les syndicats les estimant à l'"agonie" quand la direction invoque une nécessaire période de "transformation".
"170 ans avec vous, le BHV prépare la suite", clament les façades du Bazar de l'hôtel de ville, au cœur de Paris, où s'affiche un schéma représentant l'emblématique établissement parisien, la formule "rénovation en cours" apposée à chaque étage.
A l'intérieur, parmi les quelques clients présents vendredi matin, Maeva Normand, 31 ans, filme avec son téléphone le vaste espace vide barré de rideaux au rez-de-chaussée, en face de l'espace beauté-bijouterie où les emplettes restent possibles. "C'est impressionnant," commente cette habituée.
Les nombreux escalators en panne viennent renforcer l'impression d'abandon suscitée par les surfaces désertes observées à chaque étage, à part au 6e, où l'installation du premier magasin physique et pérenne de Shein, plateforme asiatique de mode ultra-éphémère accusée de détruire le commerce français, a fait scandale cet automne.
"Nous sommes dans un entre-deux assez atypique"
"Nous sommes dans un entre-deux assez atypique" a reconnu cette semaine Frédéric Merlin, cofondateur de la SGM, l'exploitant du BHV, dans Challenges, invoquant une période de "travaux" pendant laquelle il a "choisi de ne pas fermer".
La mue de l'établissement parisien, qui compte encore quelque 700 salariés, passe par la libération de surfaces au profit du fonds canadien Brookfield, propriétaire des murs (évalués à 300 millions d'euros) depuis janvier, en vue de son plan de redéveloppement.
La SGM, qui a acquis le fonds de commerce du BHV en 2023 auprès des Galeries Lafayette, devait aussi racheter son bâtiment de 45.000 m2. Mais le tour de table s'est avéré plus difficile que prévu, en particulier après le retrait de la Banque des territoires, opposée au partenariat avec Shein.
Confronté depuis des mois à la fuite de marques (Dior, Sandro, Guerlain, etc.) échaudées par des impayés ou mécontents de l'arrivée du géant asiatique, le groupe comptait sur son nouveau bailleur pour se remettre à flot, moyennant une réduction de 40% de la surface à sa main.
Finalement, la SGM n'exploitera plus que 15.000 m2, laissant plus de 60% des locaux à Brookfield, qui explore diverses pistes pour ranimer son immeuble, comme l'installation d'un hôtel aux 6e et 7e étages, selon une source proche du dossier confirmant des informations de presse.
"Flop complet"
Mais la SGM n'a toujours pas reçu les "15 à 20 millions" d'euros espérés de Brookfield, souligne à l'AFP un représentant de l'intersyndicale du BHV.
La source proche du dossier assure qu'"entre 3 et 6 millions d'euros" ont déjà été avancés à la SGM, mais que cette dernière n'a pas respecté certains engagements. Sollicités, la SGM et Brookfield n'ont pas commenté. En attendant, le chiffre d'affaires du BHV est "en chute libre", s'alarme l'intersyndicale. "Le samedi, on fait entre 45.000 et 55.000 euros, alors qu'avant moins de 500.000, c'était une catastrophe", se désole une de ses membres.
Faute de clients, "on erre un peu toute la journée, c'est très long", déplore une employée parisienne.
Même constat dans les huit BHV (dont 7 ex-Galeries Lafayette) hors Paris où quelque 500 salariés "se demandent tous les mois s'ils vont être payés", assure Sabine Le Bourhis, déléguée syndicale centrale CFDT à Orléans. Le coup de grâce est venu, selon elle, de la rupture du contrat entre la SGM et les Galeries Lafayette, opposées à l'arrivée de Shein.
Signe des temps, le BHV de Dijon vient de décider de fermer le dimanche. "Ben, vous savez, il y a pas mal de marques qui ne sont plus là", lâche une vendeuse, dépitée, à un client étonné de ne plus voir sa griffe préférée. Au deuxième étage, une exposition d'artistes-peintres locaux vient combler le vide, quand d'autres espaces sont laissés vacants.
Celui qu'occupe Shein depuis février est le plus achalandé. Mais "ce n'est pas l'affluence débordante", concède Denis Favier, le président de l'association des commerçants du centre-ville de Dijon, pourtant l'un des fervents partisans de la venue de la marque. "Shein, c'est un flop complet" assure Sabine Le Bourhis, convaincue que les BHV ne "verront pas Noël".
A Paris, Palmira, cliente soixantenaire, apprécie les nouvelles collections d'été Shein, mais préfère acheter en ligne: "c'est moins cher".
Ci-dessous, une photo du BHV en 1885, quand il fallait
du jugement, de l'audace et un vrai sens des affaires pour réussir.
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Lu dans le Figaro, «Il n’y a plus rien, plus aucune marque»... Le sort des cousins devenus BHV, est bien triste
Les BHV de Limoges, Angers, Dijon, Grenoble et Reims, repris par la SGM de Frédéric Merlin, sont en pleine crise depuis leur partenariat avec Shein annoncé en octobre 2025. En réaction, les Galeries Lafayette ont rompu leur contrat, et une centaine de marques (Dior, Guerlain, Sandro…) ont quitté les magasins, entraînant une chute des ventes estimée à 70 % et près de 4 millions d'euros d'impayés. Nous connaissons le scénario du BHV Marais !
Les corners Shein ont ouvert le 25 février 2026 dans ces cinq villes, mais sans l'affluence espérée. Le pari de Frédéric Merlin est de compenser les départs par Shein et un repositionnement vers le low-cost, la parapharmacie et la maison — avec une clause d'arrêt si ça ne fonctionne pas dans un an. L'avenir reste très incertain.
Des employés nous ont contactés peu rassurés sur leur avenir ! Nous leur souhaitons bien du courage !
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«Il n’y a plus rien, plus aucune marque» : dans les BHV de province, les effets collatéraux de l’arrivée de Shein
Le Figaro Par Pauline Landais-Barrau et Thomas Engrand
De Reims à Dijon, le sentiment est le même : que sont devenues les historiques et très appréciées Galeries Lafayette ? Désormais exploités par le groupe SGM sous l’appellation BHV, ces établissements se cherchent une nouvelle identité.
Limoges, Angers, Dijon, Grenoble et Reims... Depuis quelques mois, ces cinq villes françaises ont en commun d’avoir vécu un changement commercial de taille : la mutation des historiques Galeries Lafayette en BHV depuis leur reprise par le groupe Société des grands magasins (SGM). Et avec lui, l’arrivée en février en leur sein des tout premiers magasins Shein en France. Un changement de nom, de positionnement et finalement d’objectif ? Magasins quasi-vides, rayons clairsemés... Aujourd’hui, difficile d’y voir clair alors que ces établissements sont actuellement - à l’image du BHV parisien - en pleine restructuration, et prennent des virages dont il est parfois difficile de comprendre le sens.
À Reims en ce mercredi matin, le BHV se dresse fièrement dans un vieil immeuble du centre-ville situé rue de Vesle, sur lequel l’on peut lire l’inscription «magasins modernes». Vestige de ce que fut un jour ce lieu dans lequel toute la ville venait se presser. Les portes viennent à peine de laisser entrer les premiers clients, à l’ouverture du magasin, que déjà, les vendeurs s’affairent : certains rangent, d’autres discutent et deux autres... déménagent un vieux comptoir rouge qui s’apparente à une ancienne caisse. Si les lieux sont plutôt majestueux, c’est l’absence des enseignes habituelles de ces grands magasins qui saute aux yeux. «Il n’y a plus rien, plus aucune marque», se désole Florence, qui voulait acquérir un t-shirt.
Accompagnée de son amie, la quinquagénaire ne prend même pas le temps de descendre au sous-sol du magasin, où l’espace dédié à la marque chinoise Shein a été installé. «Ils n’auront pas ce que je recherche, je préfère aller chez Petit Bateau», lance-t-elle, avant de tourner des talons. C’est pourtant l’espace le mieux achalandé, avec plusieurs centaines de mètres carrés aux rayons bien fournis de vêtements pour enfants, hommes et femmes. Dès l’arrivée, une affiche invite à entrer «dans la première boutique physique de Shein», souhaitant la «bienvenue dans le nouveau chapitre du commerce. Mondial par sa portée, humain par sa nature. Un commerce qui réveille les sens, et redonne du sens à l’acte d’achat».
«De l’arnaque pure et dure»
Sur le papier, la présentation donne envie, mais ici aussi, comme aux étages supérieurs, il y a très peu de clients. Une femme âgée d’une quarantaine d’années explique être venue «flâner», mais promet qu’elle n’«achètera rien». «Je ne connais pas bien cette marque, mais clairement je peux vous dire que ce n’est que du synthétique», assure-t-elle, pointant du doigt un top noir asymétrique vendu 7,49 euros. L’étiquette lui donne raison : 100% polyester. Près de 300 kilomètres plus loin, une scène similaire se joue à la sortie du BHV de Dijon ce jeudi. «C’est de l’arnaque pure et dure», lâchent Bruno et Nancy. De passage en Bourgogne, ils tenaient à voir de leurs propres yeux ce partenariat qui fait couler tant d’encre.
Et le moins que l’on puisse dire est que cette visite ne les a pas convaincus. «Je suis couturière, je vois tout de suite que c’est de la mauvaise qualité. Mais le pire est que c’est cher pour ce que c’est, 30 euros pour un top !», s’émeut-elle. Tout juste concède-t-elle que «c’est original». Le couple ne comprend pas non plus ce qu’il voit être une alliance de la carpe et du lapin. «Le bâtiment est magnifique, mais Shein, ça dénature le lieu», souligne-t-il. «Je n’y vais plus depuis qu’il a été renommé BHV», abonde Victor, 23 ans, qui fait découvrir la ville et cet espace autrefois iconique à un ami étranger. «Quand c’étaient les Galeries Lafayette j’adorais le concept. Il y avait beaucoup de clients, on trouvait de tout. Aujourd’hui, c’est vide et les boutiques que j’aimais bien sont parties. Et puis ils n’ouvrent plus le dimanche», énumère-t-il, désolé.
À Dijon, les anciennes Galeries Lafayette occupaient un espace quasi unique sur le haut de gamme.
Plus étonnant, même les amateurs de la marque controversée ne semblent pas convaincus par cette arrivée. «On est là pour Shein, on achète souvent sur le site», acquiescent Capucine, Inès et Cyara, toutes les trois 15 ans. Mais ce qu’elles ont vu au -1 ne leur plaît pas, «c’est plus cher que sur le site et il y a moins de choix. Il n’y a pas non plus de bijoux ou d’accessoires», pointe le trio. Si, comme pas mal de leurs amies, elles se sont réjouies au début, elles estiment aujourd’hui préférer acheter sur internet. Pourtant çà et là quelques passants tiennent à bout de bras un sac estampillé Shein. «Je n’achetais pas sur le site, mais oui j’avais entendu dire que c’était là», s’amuse Anne-Marie, 62 ans, «j’aime bien l’endroit, c’est assez varié, il y en a pour tous les goûts», précise-t-elle.
Depuis le 11 mai, le BHV a pourtant lancé une offre exclusive de «boîte mystère» afin d’attirer de nouveaux clients. Le principe est simple : il suffit de choisir un sac «homme» ou «femme», à sa bonne taille «XS, S, M, L...» dans lequel se trouvent entre 2 et 5 articles, le tout vendu pour 14,99 euros. «Je remplis moi-même les sacs, en essayant de garder une certaine cohérence dans le style», explique la vendeuse du magasin Shein à Reims. À l’intérieur, jusqu’à 100 euros de vêtements, qu’il est impossible de voir à l’avance et d’échanger en cas de déception. «J’aime bien ouvrir le paquet avec les clients ; en général, ils sont très contents», poursuit-elle. Jusqu’au 14 juin, toute la collection hiver est également bradée à -40%. De quoi satisfaire les quelques déçus, aficionados de la marque chinoise sur Internet, qui ont été nombreux à regretter les prix «trop élevés» pratiqués en magasins.
«Un commerce ouvert et populaire»
«Nous avons fait le choix d’un commerce ouvert, populaire, accessible à tous les budgets», explique aujourd’hui SGM. Interrogée sur le positionnement de ces BHV installés en province, la direction du groupe assure les avoir repris «dans une logique différente» de celle appliquée au BHV parisien. «L’ambition n’est pas de dupliquer un modèle parisien en province, c’est de construire un commerce de centre-ville utile, accessible et vivant, dans des villes où les grandes enseignes nationales se sont progressivement retirées», explique-t-on en interne. Quant à l’absence flagrante des marques habituellement représentées dans les grands magasins, SGM reconnaît que certaines d’entre elles «ont quitté nos magasins dans le contexte de la polémique liée à Shein». «Ce choix leur appartenait, et nous le respectons (...) Le positionnement de nos magasins ne peut pas plaire à tout le monde».
Dans les rues commerçantes alentour, certains professionnels doutent tout de même de cette stratégie. «Ouvrir la boîte de Pandore, en accueillant l’ultra fast-fashion, n’est pas ce que je souhaite, entame d’emblée Denis Favier, président de la fédération des commerçants de Dijon, mais ça devait être un moyen de refaire de la trésorerie et de remettre le magasin à flot», justifie-t-il. Lui se dit «inquiet», persuadé que ce magasin «est la locomotive du centre-ville et doit le rester». Du côté de la ville, le propos est similaire, même si on cherche à garder une certaine distance avec ce dossier. «Le BHV est un moteur du centre-ville», reconnaît Antoine Hoareau, 1er adjoint en charge de l’urbanisme. En creux, l’élu reconnaît toutefois que «cette liberté de commerce génère souvent des réussites et parfois des échecs».
Les anciennes Galeries Lafayette occupaient un espace quasi unique sur le haut de gamme à Dijon. Certaines marques n’étaient vendues que dans le grand magasin. «Ça fait un vrai manque, car je suis convaincu que la clientèle est là», insiste Antoine Hoareau. À Reims, la problématique est ailleurs : les grandes marques de prêt-à-porter sont quasiment toutes présentes dans ce centre-ville très dynamique. Quel intérêt trouveraient elles, à être également distribuées dans un grand magasin à l’agonie ? Au dernier étage du BHV de Reims, même la librairie Le Furet du Nord - locataire des lieux - se meurt, elle aussi. Depuis quelques jours, l’entreprise - qui compte 27 librairies - a été placée en redressement judiciaire. Sur place, les vendeuses se refuseront à tout autre commentaire : «C’est un peu compliqué en ce moment».
Lu pour vous dans Challenges : « Il parle beaucoup, mais ne paye personne » ...
Encore un article :
L’article dresse le portrait d’un entrepreneur à la fois admiré et contesté. Il présente Frédéric Merlin comme un ambitieux ayant voulu transformer le BHV et bâtir un empire commercial, mais dont les moyens financiers et les choix stratégiques — notamment l’alliance avec Shein — ont déclenché une crise majeure. La question qui traverse tout le texte est de savoir s’il s’agit d’un visionnaire audacieux ou d’un dirigeant qui a surestimé ses capacités.
CD
« Il parle beaucoup, mais ne paye personne » : ascension et revers de Frédéric Merlin, l’homme qui a imposé Shein au BHV
S’imaginant en révolutionnaire du commerce, l’exploitant du BHV y a installé une boutique Shein. Désormais acculé, l’agitateur de 34 ans doit sauver le grand magasin. Quitte à renoncer à ses rêves de grandeur.
Guillaume Echelard Challenges 3 juin 2026 à 06h30
Mais qu’est-il arrivé au BHV ? Dans un flot de vidéos déversées sur les réseaux sociaux ce printemps, les étagères du grand magasin apparaissent vides, ses murs nus, ses rayons désertés. La scène, surréaliste dans ce lieu très prisé des Parisiens, vient clôturer par un silence glaçant des mois de brouhaha médiatique. Arrivée du géant décrié de la fast fashion Shein au sixième étage, fournisseurs impayés, avenir financier incertain… Derrière cette crise inédite de l’institution née au XIXe siècle se cache un homme : Frédéric Merlin, 34 ans, 233e fortune de France selon Challenges, à la tête d’une foncière aux plus de 400 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, et propriétaire du fonds de commerce du Bazar de l’Hôtel de Ville depuis deux ans.
Attablé chez Noto, restaurant branché du VIIIe arrondissement de Paris, l’entrepreneur – droit sur son fauteuil, impeccable dans son costume cravate – se défend, après s’être fait discret pendant des mois. « Nous sommes dans un entre-deux assez atypique, assume-t-il, regard perçant, voix claire, débit articulé. Le BHV se transforme, fait des travaux, et nous avons choisi de ne pas fermer pendant cette période. »
Certains regrets pointent toutefois. « J’ai beaucoup appris ces derniers mois. A 34 ans, on ne sait pas tout, on peut faire plein de bêtises », dit celui qui promettait de redonner ses lettres de noblesse à l’enseigne parisienne. Aurait-il dû renoncer au partenariat avec Shein en octobre, alors que la marque chinoise accumule les critiques de non-respect des normes sociales et environnementales ? « J’ai sous-estimé la réaction politico-médiatique », concède-t-il. Naïf ? Provocateur ? Huit mois après son irruption dans le débat public, Merlin reste une énigme.
« Plein d’ambitions »
« Il y a dans son sens de la démesure quelque chose qui rappelle les Illusions perdues », décrit Yann Rivoallan, président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin, inlassable pourfendeur du jeune entrepreneur et des plateformes chinoises. Dans le roman de Balzac, Lucien Chardon, petit-bourgeois ambitieux natif d’Angoulême, rêve de réussite sociale au sein de la haute société parisienne avant de s’y brûler les ailes.
Frédéric Merlin aime à narrer le même conte, la fin en moins. « J’ai grandi à Saint-Symphorien-d’Ozon, un petit village près de Lyon, dans un milieu de classe moyenne, raconte-t-il. Maman ne travaillait pas, mon père était entrepreneur dans la tuyauterie industrielle, on n’a jamais manqué de rien à la fin du mois. »
La petite pizzeria où il mangeait le soir, le bricolage de bon matin avec son père le week-end, son entrée hésitante à la fac de droit de Lyon… Sa jeunesse est heureuse mais ne colle pas aux envies de grandeur de cet adolescent qui ne s’intéresse guère aux jeunes de son âge. « A 13 ans, mon Fredo était déjà plein d’ambition, sourit sa mère, Dominique Merlin. Il disait que, quand il serait grand, il achèterait une voiture et un foulard Hermès pour m’emmener en week-end. » Au détour d’un stage d’un mois au cabinet lyonnais Omnium, le jeune homme se passionne pour l’immobilier, et plaque les études. Grâce à un prêt étudiant de 15 000 euros au Crédit mutuel, il lance son agence de conseil, au côté de sa sœur Maryline.
« Il était vu comme un ovni »
La transformation est rapide. Frédéric Merlin perd « ses dizaines de kilos en trop », confie-t-il, troque le polo pour des costumes de marque, une coiffure impeccable et un sourire ravageur. « Il fonçait, avait de l’ambition, se souvient Nicolas Gagneux, à la tête du promoteur lyonnais 6e Sens Immobilier, qui l’a connu à cette époque. Il nous amenait beaucoup d’affaires. »
Le jeune courtier crée sa foncière en 2015. C’est à ce moment qu’il reçoit l’appui financier décisif de son « mentor » et associé : Jean-Paul Dufour, un ex-industriel lorrain exilé en Belgique, rencontré au début de sa carrière, dont la discrétion n’a d’égale que la richesse.
Trois ans plus tard, coup de poker : Merlin s’oriente vers la reprise de centres commerciaux en déclin du cœur de villes moyennes, de Mulhouse à Roubaix, et fonde la Société des Grands Magasins (SGM), un nom là encore très balzacien. Commence une intense période d’agitation. Dans les petits locaux lyonnais de la SGM, une dizaine de personnes se mettent à rêver d’un empire. « Il était vu comme un ovni, se souvient un membre du noyau fondateur. Qui était ce jeune qui rachetait tous ces centres commerciaux dont personne ne voulait ? »
Peu loquace sur l’origine de ses fonds, Frédéric Merlin se félicite : « On a remis ces lieux sur les rails en créant des espaces de loisir et de restauration. » Le jeune dirigeant savoure. Il peut tenir parole et emmener sa mère en week-end à L’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse). Avec le foulard Hermès et la belle voiture.
« Frédéric Merlin était crédible et était le seul à vouloir mettre le prix »
Car la SGM est avant tout une affaire de famille. Sa sœur, sa mère et surtout son père aident le jeune entrepreneur – même pas 30 ans – à mener son ascension express. Au décès du patriarche, il dit avoir eu un « déclic » pour assumer le rôle de leader. Sa route croise alors celle de Philippe Houzé. Le président du directoire du groupe Galeries Lafayette cherche alors à céder sept magasins de province, soit 200 millions d’euros de chiffre d’affaires cumulé. « Il n’avait qu’un seul enjeu : transmettre la marque », admire Frédéric Merlin.
L’entrepreneur aux airs de gendre idéal s’immisce chez les Houzé, gagne leur confiance, accompagne la matriarche Ginette Moulin jusque dans son domaine au cap Nègre (Var) et décroche la vente. Mais à peine a-t-il le temps de digérer son acquisition qu’un autre dossier cher à la dynastie du commerce français arrive sur son bureau : la vente du BHV, valorisé 300 millions d’euros.
Mission impossible ? « On se demandait comment on pouvait acheter un tel paquebot alors que l’on avait déjà des difficultés à régler tous nos fournisseurs », narre un ancien de la SGM. Mais c’est l’occasion d’entrer dans la cour des grands. « Frédéric Merlin était crédible et était le seul à vouloir mettre le prix », raconte un proche du clan Houzé dépité par la tournure des événements.
« Je ne dois rien à personne, je n’ai rien volé »
Difficile en effet de comprendre la stratégie de Frédéric Merlin ou de saisir sa personnalité. Côté recto s’affiche un homme d’affaires serein, charismatique, au réseau éclectique, embrassant l’influenceuse Léna Mahfouf, le basketteur Tony Parker ou encore l’ancien président Nicolas Sarkozy. « Il aime bien donner l’impression d’être quelqu’un de la jet-set, qui se présente avec un cigare, à Saint-Tropez, avec un gros bateau… », raille un ancien des Galeries Lafayette. Sur son compte Instagram, on le voit à New York, au Japon ou au Bristol, célèbre 5-étoiles.
Au verso se cache un dirigeant maintenu à flot par son éternel soutien, Jean-Paul Dufour, mais qui peine à tenir le rythme de son ambition. « Il devait racheter en même temps les murs et l’exploitation du BHV, mais il nous a plantés en ne reprenant que le fonds de commerce », soupire un autre ancien des Galeries alors que des centaines de milliers d’euros d’impayés s’accumulent en 2025 auprès des fournisseurs et des prestataires.
« Il parle beaucoup, endort les gens, mène un train de vie fastueux, mais ne paye personne », attaque un patron de marque, en pleine procédure judiciaire contre son ancien client. Ce dernier s’agace des critiques sur son mode de vie : « Je ne dois rien à personne, je n’ai rien volé. Je n’ai pas à m’excuser. »
Polémique autour des poupées pédopornographiques
Fonceur génial ou bonimenteur, comme le disent ses détracteurs ? L’ancien courtier excelle certainement dans l’art de la persuasion. Lâché par Natixis, qui devait l’accompagner dans l’acquisition des murs du BHV, il trouve du soutien auprès de la Caisse des Dépôts. Puis, d’un vol d’avion jusqu’à Los Angeles, rencontre le président de Shein, Donald Tang, qui lui propose un plan fou : créer au cœur de Paris la première boutique physique du plus sulfureux des e-commerçants. « On savait qu’on allait se faire taper sur les doigts, sourit l’un des membres du comité exécutif qui l’accompagne. Mais on n’allait pas cracher sur 25 millions de clients ! » Tant pis pour les militants qui ont manifesté en face du BHV. « Je ne serai jamais de leur côté du trottoir », assume Merlin.
Mais cette fois, le coup de poker échoue : la Caisse des Dépôts se retire. Partout en France, la SGM craque. « Son centre commercial est devenu une verrue dans notre ville, dénonce François Grosdidier, maire de Metz. Les déchets n’étaient pas ramassés, j’ai dû le mettre en demeure. »
Les effigies du patron et de Donald Tang qui s’exhibent sur la façade du BHV, en pleine polémique autour des poupées pédopornographiques vendues sur la plateforme chinoise, sont la provocation de trop. En première ligne, Frédéric Merlin écume l’espace médiatique, des bancs de l’Assemblée aux plateaux télé. « Il nous a dit qu’il allait prendre les coups pour nous », se souvient notre source du comité exécutif.
Sortie en douceur ?
Des coups, Frédéric Merlin ne cesse d’en prendre. On le dit mort financièrement. Il rebondit. En janvier, il trouve un fonds d’investissement canadien, Brookfield, pour racheter les murs du BHV à sa place. Convaincu par la débrouillardise du Lyonnais, le fonds ne risque rien : si la SGM échoue, il récupérera l’un des plus beaux actifs de la capitale.
Désormais, Frédéric Merlin – qui s’est retiré en début d’année de la direction générale de sa société au profit de son bras droit historique Karl-Stéphane Cottendin – n’exploitera plus que 40 % de la surface du bâtiment. Un hôtel de luxe pourrait bientôt couronner l’édifice qui se lance dans quatre lourdes années de travaux.
En coulisses, beaucoup estiment que celui qui passe désormais davantage de temps en famille à Lyon prépare sa sortie en douceur. Lui dit n’avoir qu’un unique cap en tête : « Préparer comme il se doit la célébration des 170 ans du BHV en septembre. » Décidé à continuer de rêver.
Découvrir Lescar près de Pau
Une halte millénaire sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle
À l'ouest de Pau, Lescar surgit comme une page arrachée à l'histoire médiévale — perchée face aux Pyrénées, gardienne silencieuse d'un passé gallo-romain, roman et jacquaire qui n'en finit pas d'étonner.
Aux origines : Le berceau du Béarn
Fondée sur les vestiges de la cité gallo-romaine de Bénéharnum, Lescar est bien plus qu'un simple village perché : elle est considérée comme le berceau historique du Béarn. Son site, dominant la plaine depuis ses hauteurs, offre un panorama exceptionnel sur la chaîne des Pyrénées — un horizon qui n'a pas changé depuis que les premiers pèlerins empruntaient la via Tolosa à ses pieds.
« Lescar est une étape historique de la via Tolosa, foulée depuis des siècles par les pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle. »
Ses remparts d'origine gallo-romaine, ses ruelles étroites et ses pierres patinées composent un décor authentique où chaque pas résonne comme un voyage dans le temps.
Chef-d'œuvre Roman : La Cathédrale Notre-Dame
Le cœur de Lescar bat autour de sa cathédrale romane dédiée à l'Assomption — un monument d'une sobriété majestueuse qui abrite des trésors insoupçonnés.
Édifiée entre la fin du XIe siècle et la première moitié du XIIe siècle, la cathédrale est consacrée en 1145.
Elle offre un remarquable exemple d’architecture romane, caractérisée par l’harmonie de ses proportions et la sobriété de ses lignes.
Sa vaste nef voûtée en berceau, ses arcs en plein cintre, ses bas-côtés couverts de berceaux transversaux et ses imposants piliers cruciformes ornés de colonnes engagées structurent l’ensemble.
Le chœur, quant à lui, se distingue par une abside monumentale flanquée de deux absidioles voûtées en cul-de-four.
Mosaïque ancienne
La mosaïque du « Maure »
Datant du XIIe siècle, cette mosaïque fascine autant par son raffinement que par son mystère. Elle représenterait l'une des plus anciennes images de prothèse en Occident — une curiosité historique et médicale qui intrigue chercheurs et visiteurs depuis des générations.
Le personnage : un archer maure appareillé
Ce personnage énigmatique retient l'attention depuis des siècles. Il est vêtu d'une cotte carolingienne avec un bonnet, sa peau est sombre, les yeux bridés, il tire à l'arc. Il court avec une jambe en bois, une prothèse au genou. La mosaïque est commandée entre 1115 et 1141, ce qui en fait une représentation romane attestée, antérieure à quasiment toutes les autres iconographies médicales comparables conservées en Europe occidentale.
Les nombreux chapiteaux sculptés témoignent de l’essor de la sculpture romane le long des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, avec une influence notable de Saint-Sernin de Toulouse.
Siège épiscopal et
résidence d’une communauté
de chanoines augustins,
la cathédrale accueille,
entre le XVe et le XVIe siècle,
les sépultures des derniers souverains de Navarre.
En 1563, sur décision de la reine Jeanne d’Albret, elle est affectée au culte protestant et subit les bouleversements liés aux guerres de Religion. Elle retrouve le culte catholique en 1610, après une période marquée notamment par l’effondrement puis la reconstruction de la croisée du transept.
Le XVIIe siècle voit l’installation de stalles surmontées de grandes figures de saints,
ainsi que la réalisation de peintures dans le chœur, parfaitement intégrées à l’architecture de l’abside. Parmi elles, une représentation du Couronnement de la Vierge (1649) célèbre la glorification de Marie.
Des autels retables en bois doré viennent également symboliser ce retour au catholicisme.
L’orgue est installé au XVIIIe siècle, avant d’être remanié au XIXe siècle par le facteur Georges Wenner.
À la Révolution, l’évêché est supprimé et la cathédrale devient une simple église paroissiale. Classée monument historique en 1840, elle a depuis fait l’objet de nombreuses restaurations, lui donnant l’aspect que nous pouvons admirer aujourd’hui.
La visite de la cathédrale est une expérience à part entière, entre recueillement et émerveillement, où l'art roman déploie toute sa puissance évocatrice.
Patrimoine discret : L'ancien collège des Barnabites
aujourd'hui lycée Jacques Monod — dont la sobre façade cache un passé d'enseignement et de rayonnement intellectuel.
Le bâtiment central se caractérise par une architecture classique, marquée par une symétrie parfaite qui met en relief le campanile de forme octogonale. La partie centrale n’a pas subi de modifications l’aile Nord réservé au logement des Barnabites ainsi que l’aile sud partie occupée par l’église dédiée à Saint-Paul a été modifiée au XIXe et XXe siècle.
Les Barnabites
Qui sont-ils ? Les Barnabites sont un ordre religieux catholique fondé au XVIe siècle en Italie, dont la mission était la prédication, l'éducation et le renouveau spirituel.
Leur présence à Lescar (1545 ) Ils s'installent à Lescar, dans un contexte de reconquête catholique après les guerres de Religion qui avaient profondément marqué le Béarn. Ils y dirigent un collège et jouent un rôle central dans la vie religieuse et éducative locale pendant près de 170 ans.
La Révolution française met fin à tout À partir de 1789, les lois révolutionnaires nationalisent les biens du clergé et imposent aux religieux de prêter serment à l'État. Les ordres réguliers comme les Barnabites sont dissous, leurs biens confisqués. En 1791, ils quittent définitivement Lescar.
Des destins très différents Face à l'obligation du serment, la communauté se divise :
- certains acceptent et restent en France comme prêtres civils
- d'autres refusent, partent en exil (souvent en Espagne toute proche) ou vivent dans la clandestinité, parfois cachés par des habitants
Et après ? Le bâtiment du collège est reconverti en hôpital, prison, puis école. L'ordre barnabite survit en Europe mais ne revient jamais à Lescar. C'est la fin brutale d'une présence de près de deux siècles, et la disparition d'un réseau éducatif et spirituel qui structurait la vie locale. Devenu à présent le Lycée jacques Monod.
Depuis les hauteurs de la ville, le panorama sur les Pyrénées s'étend à perte de vue. Un paysage apaisant, presque intemporel, qui invite à la contemplation autant qu'à la photographie.
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Enfin pour les gourmets... la pâtisserie Lannes, au cœur de la vieille ville vous présente d'excellents gâteaux dont leur spécialité :
"Le Pommier"... Savoureux !
(Biscuit caramélisé, pommes rissolées et crème légère à la vanille.)
CD
Lu pour vous dans la Presse : L'informé
Le journal économique : L'informé, mérite bien son nom car l'article paru le 22 mai, éclaire un peu mieux la situation du BHV. Voici un résumé :
Tempête historique sur le BHV Marais : les chiffres chocs révélés par L'Informé.
Un effondrement financier inédit
- -80% de chiffre d'affaires au Q1 2026 (10 M€ générés contre près de 50 M€ au Q1 2025).
- Une fréquentation en chute libre de -40% sur le trimestre.
Des rayons vides et une surface amputée, nous vous avons déjà présenté de nombreuses photos
- Exode massif : Environ 200 marques historiques (Chanel, Dior, Hermès...) ont claqué la porte, échaudées par le "bad buzz" du pop-up Shein fin 2025 et l'accumulation des impayés.
- Cure d'amaigrissement forcée : Suite à un accord avec le fonds canadien Brookfield (propriétaire des murs), la surface exploitée par la SGM va être réduite de 40 000 m² à 15 000 m². L'enseigne Boulanger quitte la gestion de la SGM, et les 2 derniers étages seront transformés en hôtel.( si cela est accepté!)
L'asphyxie judiciaire
- Les condamnations pour impayés se multiplient (Le Tanneur, Mellow Yellow, Petit Bateau...).
Pour sa défense, la direction invoque des bugs liés à la transition informatique depuis le rachat aux Galeries Lafayette et des saisies coordonnées de fournisseurs. Des arguments qui ne convainquent pas les tribunaux.
Voici l'article légèrement réduit ci-dessous :
"Les chiffres catastrophiques du BHV Rivoli de Frédéric Merlin
Selon les données auxquelles l’Informé a eu accès, l’enseigne iconique du Marais à Paris accuse une chute vertigineuse de son chiffre d’affaires. Et les impayés vis-à-vis de ses fournisseurs continuent de s’accumuler.
Article de :Morgan Leclerc, Guillaume Chazouillères Publié : 22/05/2026
Quatre mois après avoir trouvé le soutien du fond canadien Brookfield, pour reprendre à sa place les murs du BHV, la société des grands magasins, SGM, qui exploite les lieux fait face à un effondrement commercial. L’informé a mis la main sur des données qui révèle l’ampleur des difficultés du bâtiment de la rue de Rivoli. D’après D’après nos informations, l’enseigne, pilotée par le groupe Lyonnais de Frédéric Merlin, a totalisé sur l’ensemble du premier trimestre 2026, un chiffre d’affaires d’environ 10 millions d’euros, en chute de près de 80 % sur un an. Pires, encore : la chute s’accélère. Les recettes du grand magasin du Marais, qui atteignaient environ 5 millions d’euros en janvier, contre près de 20 millions d’euros, un an plutôt, sont tombés à 2,7 millions en février, 13 millions en 2025, puis de 2 millions en mars pour 15 millions en 2025. Les ventes des trois premiers mois de l’année sont d’autant plus décevante qu’elle ne représente que la moitié du budget qui avait été raboté avec un prévisionnel d’un peu plus de 18 millions pour le premier trimestre.
L’emblématique enseigne qui fait face à l’hôtel de ville, n’est, il est vrai, plus que l’ombre d’elle-même. En un an, le magasin a vu ses rayons se vider suite au départ de marques et fournisseurs historiques échaudés par la multiplication des impayés et le « Bad Buzz », causé par l’arrivée de Shein, en novembre dernier. Selon nos informations, environ 200 griffes. (Chanel, Dior, Hermès, Minnelli, Repetto….) on fait leur valises depuis un an. Soit l’écrasante majorité des boutiques présentes sur les sept étages du magasin. (Hors sous sol) l’attractivité des lieux s’en fait, ressentir avec une baisse de fréquentation, tout aussi vertigineuse, de 40 % au premier trimestre, a encore appris l’informé.
Pour ne rien arranger à la situation, la SGM va aussi voir partir l’un de ses fleurons. L’immense espace attribué au marchand d’électroménager, Boulanger, gros vecteur de passage et de chiffre d’affaires, ne sera à l’avenir plus géré par la société de Frédéric Merlin, mais directement par Brookfield, selon les informations de la lettre, confirmées par l’informé, l’enseigne des Mulliez devrait bientôt débarrasser ses corners, des deuxième et troisième étage pour rejoindre le rez-de-chaussée, dont une large partie sera désormais exploitée en direct par le nouveau propriétaire de l’immeuble.
Ce déménagement est l’une des premières conséquences marquantes de l’accord signé entre la société lyonnaise et son bailleur canadien : les équipes de Frédéric Merlin, qui, avant l’arrivée du fond, exploité la totalité des 40 000 m² du magasin devront à l’avenir, se contenter d’à peine 15 000 m².
Dans le cadre de ce contrat, les deux derniers étages de l’immeuble, repris en direct par le fonds ont notamment pour projet d’accueillir un hôtel, confirmait dernièrement un article de challenge suite à un entretien avec la société de gestion Aroxys mandatée par Brookfield, pour piloter la transformation du bâtiment. Une cure d’amaigrissement qui va, certes, alléger les loyers, que la SGM reverse à son nouveau bailleur, mais aussi encore nettement réduire ses revenus… Alors que tous ces problèmes sont encore loin d’être réglés.
Des impayés qui s’accumulent.
Régulièrement pointé du doigt pour ses impayés, Frédéric Merlin avait indiqué fin 2025 dans une interview au magazine LSA qu’une amélioration était à attendre Nous avons déjà réglé une bonne partie des retards de paiement que nous avions. Notre objectif est de régler toutes les marques d’ici la fin de l’année, confié alors le dirigeant à nos confrères. Si les annonces de règlement de ces différents, laissaient entrevoir le bout du tunnel, le flot d’impayés ne s’est visiblement pas tari.
Le patron d’une marque qui a définitivement quitté les rayons du BHV fin 2025, nous a bien indiqué avoir recouvré ses impayés, ainsi que les pénalités. Mais tout le monde n’est pas dans son cas. De nombreux fournisseurs ont en effet dû batailler -et bataillent encore- pour tenter d’obtenir leur dû comme en témoignent les dizaines de procédures dont nous avons eu vent depuis le début de l’année 2026.
Le schéma est identique pour la majorité d’entre elles, avec un empilement de relances restées sans effet.
En février, mars et avril, des dizaines de marques ont encore fait condamner le BHV à leur verser des sommes dépassant parfois la centaine de milliers d’euros. etc...
L’argument ? Les difficultés de comptabilité liée à la bascule entre l’ancien système de règlement, issu des Galeries Lafayette, et le nouveau, un sujet qui, selon l’enseigne, explique ses soucis, récurrent de paiement.
Plus troublant, le BHV, préciser aussi dans ce dossier, en plus de ces difficultés comptables, « avoir fait l’objet de nombreux saisies, coordonnées de ses fournisseurs, ce qui a affecté le fonctionnement normal de ces services. »Pas de quoi amadouer les juges consulaires pour autant.
Sur un autre plan, Petit Bateau a aussi obtenu 104 000 € en justice en mars, au titre du gain manqué.
La fermeture du rayon enfants planifié pour 2025 et communiquée à la marque ne lui laissait que sept mois de préavis, un délai finalement ramené à 12 mois, mais avec un déplacement du stand dans un étage, bien moins adaptée.
Une rupture un peu brutale pour l’enseigne de vêtements pour enfants, après plus de 17 années de collaboration qui a conduit l’ex marque du groupe Rocher à réclamer une indemnisation avec succès. etc...
Fatigué des retards de paiement et impayés, accumulé depuis janvier 2025 et du non-respect des différents échéanciers accordés, il a une nouvelle fois mise en demeure le BHV et la société d’exploitation des grands magasins, (filiale du groupe SGM, qui gère les BHV, situés hors de Paris) de le payer fin janvier. etc...
Contacté, la direction de la SGM n’avait pas répondu à nos sollicitations du moment de notre publication."..
Le Château de Monpoupon en passant par Amboise par Patrick Léault
Amboise, un joyau de la Renaissance française
Perché au-dessus de la Loire, le Château d’Amboise est l’un de ces lieux qui semblent suspendus entre histoire et poésie. Dominant la ville du même nom, il offre à la fois un panorama exceptionnel et un véritable voyage dans le temps, au cœur de la Renaissance française.
Une forteresse devenue résidence royale
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À l’origine, Amboise est une place forte médiévale. Mais tout change à la fin du XVe siècle lorsque les rois de France s’y installent. Le château devient alors une résidence royale prestigieuse. Transformé et agrandi, il perd peu à peu son allure défensive pour adopter une architecture plus élégante et raffinée.
C’est ici que la cour s’installe, faisant d’Amboise un centre politique et culturel majeur du royaume.
Mais à ½ h d’Amboise nous attend :
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Le château de Monpoupon : une plongée vivante au cœur de l’élégance tourangelle
Au cœur d’une nature paisible, le château de Monpoupon charme dès le premier regard. Avec ses façades élégantes, ses douves et son allure discrètement noble, il séduit par son authenticité plus que par la grandeur. Ici, tout invite à ralentir et à profiter du moment.
Une silhouette extérieure pleine de charme
Dès l’arrivée, le regard est happé par l’harmonie du château. Avec ses façades élégantes, ses tours discrètes et son allure à la fois noble et accueillante, Monpoupon ne cherche pas à impressionner par la démesure, mais plutôt à charmer par son authenticité. Contrairement à certains monuments figés, Monpoupon donne une impression de vie. Il n’est pas seulement beau : il est habité, dans tous les sens du terme.
Un intérieur chaleureux et habité
À l’intérieur, l’atmosphère est chaleureuse et vivante. Les pièces meublées avec soin donnent l’impression que les habitants viennent tout juste de quitter les lieux. Salons, salle à manger, objets du quotidien… chaque détail raconte une histoire et plonge le visiteur dans une ambiance intime, loin des châteaux figés. On se surprend à observer les détails : une pendule élégante, un bureau patiné, une bibliothèque qui semble encore attendre ses lecteurs
Bibliothèque
Chapelle
Salle à manger
Chambres et salle de bain
Cuisine
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Une immersion dans l’univers de la vénerie
L’une des grandes particularités de Monpoupon réside dans son musée dédié à la chasse à courre, surprenant et très bien présenté, qui permet de découvrir une tradition ancienne sous un angle accessible et vivant.
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Costumes, accessoires, peintures, récits… tout est réuni pour comprendre cet univers codifié, ses traditions et son esthétique. Même les visiteurs les moins familiers avec ce thème se laissent rapidement prendre au jeu, tant la présentation est vivante et pédagogique.
Un lieu qui raconte une histoire… et qui continue de la vivre.
Ce qui rend Monpoupon si attachant, c’est sans doute cet équilibre entre patrimoine et sincérité. Rien n’y semble artificiel. Le château ne cherche pas à en faire trop : il se dévoile simplement, avec élégance et naturel.
Pourquoi on tombe sous le charme
Monpoupon n’est pas un château spectaculaire au sens classique du terme. Et pourtant, c’est précisément ce qui fait sa force. Il séduit par sa douceur, son authenticité et son atmosphère profondément humaine.
Si vous cherchez une visite qui allie beauté, histoire et émotion, le château de Monpoupon et son auberge sont une halte incontournable. Une parenthèse hors du temps, à savourer sans se presser.
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Monpoupon est un lieu qui ne cherche pas à impressionner, mais à toucher!
Patrick Léault
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