Charbon de Bois, extrait de Souvenirs d'une famille Bornoise...par Martine Mallein.
Je viens aujourd’hui vous parler d’un sujet étonnant, traité dans le nouveau livre en préparation de Martine Mallein. Vous avez rangé vos barbecues et pourtant, un seul d'entre-vous, s’est-il posé la question comment fabrique t'on du charbon de bois ?
Je vous avoue que ce sujet, à partager en famille, qui intéressera petits et grands, m’a beaucoup appris.
Un deuxième article suivra sur la Borne, ce petit village du Berry où il se passe tant de choses.
Bonne lecture

Extrait du livre : Souvenirs d'une famille Bornoise de la Belle-Epoque de Martine Mallein Leguedois
On construit la meule
Alexandre va jouer l’instituteur, il fait un clin d’œil à Léon, pour expliquer à sa famille comment il construit une charbonnière. Les fillettes Jeanne et Anita écoutent attentivement, Léon, Marie et la grand-mère Eugénie Thirot en font autant. Il insiste bien, il est le maître du feu qu’il domine avec dextérité.
D’une manière simple, nous allons retranscrire ses propos. C’est une véritable alchimie dont il faut parler car il détient le pouvoir de transformer le bois en charbon. La technique de fabrication du charbon de bois est connue depuis l'Antiquité. Elle a peu évolué au cours des siècles, excepté qu'avec la modernité, des fours démontables en fer se sont substitués aux meules en bois.
Le premier travail d'Alexandre est de trouver un bon emplacement qu'il défriche avec sa pioche, nivelle avec son râteau à longues dents en bois. Il tasse le sol, prépare une surface circulaire horizontale de 4 à 6 mètres de diamètre. Il élimine toute végétation sera systématiquement laissant la terre complètement à nu. Cette aire où la charbonnière est installée sera réutilisée indéfiniment.
La méthode très ancienne adoptée à cette époque pour faire du charbon de bois est donc celle de la charbonnière en meule qui constitue un système très adaptable et qui correspond à la nature du sol. Le bois à carboniser est enfermé dans un espace clos dont l'étanchéité est assurée par de la terre. Première étape, le bois qui sera carbonisé, châtaigner, chêne, charme, noyer sera récolté par Alexandre petit à petit au fil des mois. Il l’empilera sur place, regroupé en stères et séché pendant deux à trois mois. Cela s'accorde bien avec le mode de vie de notre charbonnier qui peut ainsi ramasser pendant plusieurs mois des déchets de bois, des branches. Il fera naturellement appel aux bûcherons, ses collègues, pour les grosses pièces, les grumes.
Commence alors la construction de la meule. Sur le sol, Alexandre plante un piquet d’environ 2 mètres au
centre de l’aire pour aider à l’empilage du bois. Il dépose des copeaux sur le sol. Il dispose une claie formée de rondins entrecroisés d'une dizaine de centimètres de diamètre sur le sol pour
former un cercle. Il monte tout autour une sorte de cage en croisant des morceaux de bois d’environ 50 centimètres, la charbonnette. Les bois, les plus longs, sont alors disposés
verticalement.
La meule de bois ainsi construite mesure un mètre cinquante à deux mètres de hauteur et revêt une forme hémisphérique. Bien plantée, il retire alors le piquet central et ouvre ainsi une cheminée d'environ 20 cm de diamètre au sommet par laquelle il jettera la braise brûlante qui enflammera copeaux et rondins. Cette cheminée permettra à la fumée de s'échapper lors de la carbonisation, ouverture qu’il complètera par six à dix entrées d'air « les évents » ménagées à la base de la meule pour pouvoir surveiller la cuisson. L’ensemble est alors recouvert de feuillages, d'une épaisse couche de terre, de mousse pour empêcher toute prise d’air.
Fumées bleues sortant du renard (trou)
On lance la calcination
Alexandre explique encore qu’il s'efforcera que tout son bois brûle, bien caché sous les rondins de la charbonnière, à une température s’élevant autour de 300 °.
Il va procéder à l’allumage tôt le matin, aux premières lueurs de l'aube. Il monte par une échelle sur la meule et jette une pelletée de bois et de charbon enflammés dans le trou laissé par le piquet ôté du sommet de la meule. Des braises bien rouges coulent par la cheminée et enflamment les copeaux et les petits bois qui ont été posés au sol.
Les enfants suivent attentivement la préparation, aident au passage et retiennent leur souffle lors de la mise à feu. Que c’est beau cet embrasement de la meule ! La famille repartira ensuite pour laisser Alexandre et sa femme en toute tranquillité poursuivre leur ouvrage
Toute la journée, toute la nuit, comme les autres ouvriers du feu, Alexandre et sa femme pendant quasiment une petite semaine veilleront en continu sur leur précieuse charbonnière, en se relayant et entendant « ce grillotement imperceptible, ce pétillis follet qui jouait aux entrailles de la meule et cet élan de flamme qui jaillissait dans le jour » (Maurice Genevoix). C’est Antoine, son père, qui lui a transmis le savoir pour obtenir un beau charbon bien dur, compact et sonore comme du cristal.
La combustion sera complète au bout de 18 heures environ lorsqu’une fumée
blanche se dégage après rechargement régulier de bois par la cheminée. Toute
fuite d’air se remarque par l’éruption d’une fumée bleue
qu’il faudra immédiatement colmater, arrêter en projetant de la terre dessus. Au fur et à mesure que la charbonnière cuit, elle s’enfonce, s’écrase et prend de plus en plus la forme d’un œuf
au plat. « Après une journée de cuisson Alexandre, le charbonnier, monte alors sur la meule avec son échelle pour la piétiner. Il détecte les zones cuites, les zones restées en bois et tasse
la couverture » et quand le feu sort des trous faits au ras du sol, la cuisson est achevée. Il aura fallu 48 heures pour que la masse de bois soit en incandescence. (Ci-dessus les outils,
brouette, râteau, pelle, échelle …)
C'est un moment crucial. Un coup de vent violent peut tout embraser, finie la meule. La cuisson se poursuivra encore trois jours et trois nuits.
La combustion achevée, le travail se fait alors au râteau, pour enlever la terre. Alexandre doit éteindre le feu et l’étouffer définitivement. Lorsque la meule est refroidie, il peut l'ouvrir en veillant à ce que le feu ne se rallume pas. Les morceaux de charbon carbonisés sont extraits et roulés dans la terre, puis séparés du poussier et des charbons mal carbonisés. Dès qu’ils seront froids, les enfants l’aideront pour s’amuser à les trier puis les adultes le chargeront jusqu'à la gueule dans des sacs en jute. Le charbon de bois est enfin prêt à être livré.
Alexandre explique aux enfants que, pour être de bonne qualité, le charbon de bois doit bien sonner, être irisé et cassant. Il ajoute qu’il pèse cinq fois moins que le bois dont il provient.
Phase finale : extinction de la meule et récupération du charbon de bois
Les deux fillettes se divertissent avec le charbon, se barbouillent, le tout dans un grand éclat de rire. Attention les parents vont leur tirer les oreilles si elles salissent leurs vêtements !
1 La fumée bleue est signe de flamme, la jaune, la paille prend feu et la blanche, la bonne fumée est signe de vapeur d’eau.
Epatant, cette description dans ce cadre de petit village du Berry que nous découvrirons ensemble prochainement avec Martine. Inutile de répéter que le style est agréable à lire.... Merci beaucoup Martine Mallein
Mémoires du BHV : Michel Leblanc début de carrière à Eurogros.
Michel Leblanc, se souvient…. Ses débuts à Eurogros… Merci Michel de participer à reconstituer la Mémoire du BHV. Au plaisir de te retrouver pour une suite.
Mai 1967, je quitte ma province pour « monter à Paris », « bien décidé à
empoigner la vie, le cœur léger et le bagage mince… », chante Aznavour. Je veux trouver un job sur place. Mon frère habite Vitry sur seine. J’apprends par lui qu’on cherche du personnel à
l’entrepôt d’Ivry sur Seine : à la SME.
Me voici donc parti à Ivry et je me présente au service du service du Personnel.
La personne me remet un questionnaire d’embauche et me pose une étrange question :
« Savez-vous lire et écrire ? « Bien sûr » ! En fait, la question était habituellement posée car à cette époque, une main d’œuvre originaire d’Afrique noire et d’Afrique du Nord se présentait sans savoir ni lire, ni écrire.
Mon document déposé est inspecté et la réponse ne se fait pas attendre : « Pouvez-vous commencer le 9 mai ? »
A la date prévue, on me remet une blouse bleue : affectation « Eurogros ».
Fernand Baguet, chef de magasinage Eurogros m’accueille gentiment. Cet homme fut extraordinaire et m’a beaucoup appris sur les produits d’Outillage et de Quincaillerie.
EUROGROS, filiale du BHV avait une activité de grossiste. Les clients sont principalement des revendeurs adhérants CATENA. Certains sont basés en région parisienne, d’autres en province (Sens, Bray, Yvetot etc.).
L’entrepôt BHV établit la fiche d’arrivage et le contrôle quantitatif du nombre de colis. Les colis sont ensuite traités dans nos locaux, là, où on créera par la suite la « Vente sur Entrepôt. »
Mon premier travail consiste alors, à reconnaître les arrivages et les répartir à chacun des maillons (chaque revendeur était considéré maillon de la chaîne CATENA) une gamme très large de produits (ménage, jardinage, bricolage, petit et gros électroménager) tout ce qu’on pouvait trouver dans une grande quincaillerie bazar de cette époque.
Je me
souviendrai d’un certain fournisseur GILLET ROQUIGNY que j’avais eu à traiter : articles funéraires, poignées de cercueil, crucifix, crémones. (Pas très marrants et surprenant pour un débutant,
comme produits !).
Si Monsieur Defer dirigeait l’entrepôt BHV avec la poigne comme son nom l’indique, c’était Roger S... qui dirigeait EUROGROS ainsi que Gérard de Gour…(directeur administratif & financier)
Dans les bureaux, je rencontrais, de temps à autres : Guy Laënnec, Georges Elheringer et Pierre S.., que j’ai pu apprécier tout au long de ma carrière.
En 1973, EUROGROS est transféré rue de la Digue à ALFORTVILLE, pour laisser place à la vente sur entrepôt. Le lieu est lugubre face au cimetière, et aux gazomètres mais le bâtiment est neuf et propre. Cette année-là, je fus promu : Chef de section
En 1975, le BHV cède l’activité EUROGROS à la Société TABUR.
Quant à moi, je reste sur le site d’ALFORTVILLE, qui accueille le Gros Ménager (transféré de Pantin) et le Brun : TV, HI-FI, ainsi qu’une partie du Petit Electro-ménager.
Ma nouvelle affectation sonne comme un matricule ! 51437 réserve 37X avec René DAMBRICOURT,
Quelques temps après, j’évoluerai à l’encadrement.
Une autre étape….et nous en reparlerons
Mais qui pourrait nous expliquer pourquoi les réserves avaient de drôles de numéros !
57 T Ménage (M Journeau), 53 S Sports Jouets & Bonnes affaires, (Marie-Jeanne David), 43 Y le meuble (M Yaguez) ou 36 P le Bâtiment (Renault). A vos plumes pour la réponse !
J’ai donc appelé Fernand Baguet (Accueil charmant !)qui n'a pas internet.
Fernand, vous souvenez-vous des débuts de Michel ?
« Je me souviens de son arrivée à Ivry, tout jeune et un peu inquiet. Il travaillait au magasin et je le taquinais en lui disant « As-tu gardé la paille dans tes sabots de Normandie ?! ». Il en riait.
« A la fermeture d’Eurogros, je suis devenu chef de magasinage : Bricolage et une partie de l’ameublement….de quoi faire ! 18 réserves, une cinquantaine d’employés, 2 seconds et 3 secrétaires »
Un jour, le Directeur d’Ivry M Defer interroge Fernand Baguet:
« Vous connaissez Leblanc ? »
Je lui répondis, « C’est le meilleur employé, que je connaisse, vous devriez le prendre de suite !... »
Michel Leblanc quittera Alfortville pour rejoindre l’entrepôt d’Ivry et il nous en reparlera….
Merci Michel et Merci Fernand pour la petite surprise que vous faîtes à Michel par cette interview.
Mémoires du BHV EUROGROS par Guy Laënnec
Certains ont bien connu Eurogros, d’autres pas du tout et pourtant ce fut une page de l’histoire du BHV, à découvrir.
Guy, Peux-tu nous raconter pourquoi le BHV a créé une société affiliée du BHV au début de ta carrière.
Je vais commencer par vous parler de CATENA (chaîne en latin) créé en 1959 à Avranches par Maurice TABUR, Grossiste en : quincaillerie, bricolage, équipement de la maison et distributeur exclusif en France pour les Ets LEGRAND (matériels électriques).
M Tabur a eu l’idée de créer une centrale d’achats avec plusieurs grossistes, afin de bénéficier et faire bénéficier de tarifs grossistes et ainsi améliorer les conditions d’achats. Il contacte ainsi :
- Ets DESENFANS : région Nord- Est (Cambrai)
- Ets MAFART : région Ouest-Bretagne (St Brieuc)
- Ets QUERCYMETAL : Région Sud-ouest (Cahors)
- Ets TABUR : existant prend la Région Normandie (Arnage)
En 1960, les grossistes ayant souscrit au projet, créent une structure juridique :
CATENA-FRANCE
Devenant ainsi des Maillons Guide pour les régions citées.
Il manquait un Maillon Guide pour l’IDF, c’est alors que Maurice Tabur contacte J.P Boulot (Directeur Général du B.H.V à l’époque). Ce dernier accepte le concept qui permettra au BHV d’accéder aux conditions tarifs grossistes au lieu des tarifs détaillants, avec le référencement Catena. Il crée la Sté EUROGROS qui aura 3 missions :
- Achats pour le B.H.V conditions tarifs grossistes
- Prospection et adhésions de nouveaux magasins à Catena , qui proposera une aide de gestion, achats, accès à la communication (catalogues pub Catena ), modernisation magasins
- Installation d’un entrepôt pour stockage pour les produits avec accès d’achats pour les futurs adhérents, un service livraison chez les adhérents.
En 1975, CATENA-FRANCE comptait 850 magasins, EUROGROS en comptait 10% soit 80 magasins
Eurogros cesse son activité maillon chaîne adhérent Catena .L’île de France est repris par les Ets Tabur sous la direction de Michel Tabur (fils de Maurice)
Le B.H.V gardera encore quelque temps la partie achats en accord avec Tabur, géré par Mr Hamon
ORGANIGRAMME d’EUROGROS et ses SERVICES
Siège Social : 14 Rue du Temple Paris 75004
Président : J.P BOULOT
Directeur Financier : Gérard de Gour…
Secrétaire Direction : Mme Christin
Directeur Commercial : Mr Roger S
Siège Commercial : 101 bd Paul Vaillant Couturier Ivry
2 Acheteurs, 3 animateurs dont je faisais partie, 2 personnes à l’administratif dont
Renée Hennebert .
Logistique : François Gronier : Responsable approvisionnement et entrepôt
Entrepôt : Fernand Baguet assistant de Mr Gronier
Michel Leblanc assistant de Mr Baguet et Georges Ehleringer comme chauffeur, livreur
Guy, merci d’avoir reconstituer une partie du Puzzle BHV, ce n’est pas évident.
Sans aucun document justificatif de ce témoignage, j’essaie à partir de mes souvenirs de partager avec vous le maximum d’informations sur Eurogros qui m’a beaucoup apporté professionnellement et humainement, avec une équipe motivée et très soudée
Si des anciens ont d’autres souvenirs, je les remercie de s’exprimer et rectifier le cas échéant.
Guy, tu as commencé de suite par Eurogros ?
Je suis entré en décembre 1961 et j’ai rejoint Eurogros le 01.01.1966 pour y rester jusqu’à la fin 1975 : 9 années de bonheur !
Photo : congres Catena France Malaga (Espagne) avril 1970

Guy, fonction d’animateur à Eurogros, tu bougeais beaucoup?
Mon secteur se situait dans une zone de chalandise allant du Havre au Nord à Tonnerre, au Sud, et de Magny en Vexin, Provins à l’Est, de Dreux, Vernon Dourdan à l’Ouest.
Plusieurs missions me sont confiées :
- Prospection pour recruter et faire adhérer à CATENA les quincaillers, moyennant une cotisation selon l’importance des magasins, leur permettant de bénéficier des conditions d’achats ainsi que des aides commerciales
- Visites et suivi d’un tiers des adhérents Catena ( 27 ) tous les mois , avec rendez-vous pour des aides de gestion , d’organisation , de modernisation , d’implantation de rayon , d’aide aux commandes de groupage dans le cadre des publicités proposés par CATENA ( Quoi de Neuf ? hiver , printemps, été , automne , Noël )
- Remontée des différentes remarques des clients aux acheteurs, proposition de nouveaux produits
-Des réunions (Commissions d’Etudes) sont prévues tous les mois avec les différents
responsables d’Eurogros (Directeur Cial , Acheteurs , Responsable entrepôt , et Responsables .
- Organisation pour chaque présentation des QUOI de NEUF ? Aux adhérents, avec les produits figurant au catalogue de saison
- Aide et mise en place des colis P.L.V (publicité sur lieu de vente) présentation des produits dans les magasins à chaque mise en place des catalogues
- Programmation pour des animations dans le cadre de leur commune (exemple : une animation locale a été faite avec la participation de Simone Garnier, bien connue à la télévision pour l’émission INTERVILLES avec Guy Lux et Léon Zitrone).
Le travail était très prenant, nous ne comptions pas nos heures. Si cela nous demandait beaucoup d’énergie, nous avions de temps à autre quelques moments « Plaisir-Gourmet » car il nous fallait découvrir les petits « Restos sympas » à prix honnête pour accueillir les animateurs.
La voiture de fonction …. N’était pas mal non plus : « 403 noire…. Comme Colombo, pas décapotable, mais avec le toit ouvrant ». Notre Direction souhaitait que nous soyons représentatifs !.....je suis passé assez rapidement à une Ami 8 Citroën !

Merci Guy pour ce témoignage, même si le rideau est tombé, il ne fallait pas oublier cette scène de la grande Pièce « Si le BHV m’était conté !... »
Mémoires du BHV : Didier Zellvégre et le Casage 2/2
LE CASAGE – la vie du service
Comme je vous le disais, le service fonctionnait du mardi au samedi avec des horaires
très réglementés.
La journée commençait à 8h précise pour se terminer à 16h45, avec une pause de 45 minutes pour déjeuner.
Tous les matins on devait pointer et les retards devaient être justifiés, même d’une minute. Cela me posait des problèmes, car à 20 ans, la vie ne se résume pas à la journée de travail. Elle se prolonge le soir et parfois très tard. Mais il faut toujours être d’attaque pour le lendemain et surtout ne pas arriver en retard.
Au début, tout allait bien et je faisais bien attention à mon intégration, surtout les premiers mois. Mais au fil du temps, il y a eu comme un léger glissement, un mini dérapage de l’horaire du matin.
En clair, j’étais souvent en retard avec des
explications qu’il fallait imaginer à chaque fois. Jusqu’au jour où j’ai été appelé par le DRH qui m’a gentiment demandé d’acheter un réveil…
La super chef de service était la responsable du service des caisses. Une femme toujours tirée à quatre épingles, très gentille, mais qui ne supportait pas mes retards.
Le personnel du service formait un groupe de personnes souvent atypiques. Hormis les deux chefs dont je vous ai parlé, les autres étaient des employés administratifs.
C’était une période de plein emploi et on ne demandait pas Bac+5 pour exercer ce genre d’activité. Car le travail était simple. Il y avait deux équipes : les réclamateurs et les classeurs de documents. Pour ces derniers, la population était assez âgée
Il y avait Mme D. la brave femme par excellence. Puis deux hommes dont un vieux garçon un peu précieux et l’autre qui habitait Château Thierry. Lui seul avait le droit d’arriver plus tard et de quitter plus tard.
Et puis il y avait Mr C délégué FO et grande gueule. Un vrai titi parisien. Il s’absentait souvent pour des réunions syndicales. C’est son frère qui m’a fait passer le permis de conduire. Cela ne s’invente pas !
Dans les réclamateurs, il y avait deux femmes et deux hommes, tous plutôt jeunes. Parmi eux, il y avait Sangaré, un sénégalais avec une forte personnalité. Lui et Mr C s’opposaient souvent au chef de service, mais ils ne se laissaient pas faire.
La journée se passait entre le tri des documents du jour et les visites dans les rayons du magasin. On ne peut pas dire que c’était un travail harassant et les horaires me laissaient pas mal de temps libre. Entre la musique, le sport et le reste, j’étais bien occupé en dehors de mon temps de travail.
Dans les rayons, je côtoyais des gens qui avaient, pour certain, un fort caractère et auprès desquels il fallait s’imposer pour obtenir les informations souhaitées.
Bien sûr en plus des cadres de rayons, je rencontrais les vendeurs et les démonstrateurs. Avec certains, les relations étaient très amicales et nous partagions de bon moments à discuter de choses et d’autres. J’en revois certains dans les pages des bulletins…
Nous étions souvent en relation téléphonique avec l’entrepôt d’Ivry et son « Client service ». Il y avait là quelques énergumènes gratinés, mais les relations étaient excellentes.
On avait parfois l’impression d être dans une pension de famille, avec un climat somme toute, bon enfant.
Pour mon premier emploi, je n’ai pas vraiment été malheureux. J’ai ensuite changé de service. Mais ça, c’est une autre histoire…
Mémoires du BHV : Didier Zellvégre et le Casage 1/2
Didier, j'ai l'impression de t'avoir toujours connu et pourtant.... Parle nous de ta carrière.
"Ma carrière a débuté en 1972 à 19 ans...J'ai travaillé 7 ans dans ce premier poste, puis 6 ans au BDN (Bureau des nomenclatures) avant de faire un FONGECIF sur 9 mois pour préparer un BTS Informatique.
J'ai ensuite intégré la Direction Comptable sous la direction de Y. de Lambilly qui m'a fait passer à l'encadrement quelques années plus tard.
J'ai ensuite pris le poste de Correspondant Informatique, puis j'ai mené le projet de passage à l'Euro pour le BHV.
En 2004, j'ai intégré les galeries Lafayette, toujours à la Direction Comptable, pour terminer en 2011 comme responsable du Domaine Achats."
Didier : ce mot Casage ? Curieux, non ?
Le mot "Casage" vient des casiers en bois et du travail de tri/rangement dans des cases
Didier : Parle nous de ce casage, tes impressions de jeune arrivé au BHV.
LE CASAGE – mes premiers pas
Je venais tout juste d’obtenir mon bac et je devais trouver du travail. Après avoir visité quelques places de Paris, j’arrivai au BHV.
Un court entretien suffit pour que mon interlocutrice me dise : « Eh bien c’est d’accord ! Vous commencez mardi. Vous serez affecté au service du casage». Elle s’appelait Maddy Verdon…
Le service travaillait du mardi au samedi. Je me disais que c’était bien d’avoir son lundi. Cela permettait de faire pas mal de choses.
Le mardi suivant, je me présentai donc à 8 h précises pour mon premier emploi.
Les horaires étaient stricts : 8h – 12h 12h45 – 16h45
Le service était situé derrière le quai de réception des marchandises, au fond d’une cour sise au 14 rue du temple.
Le chef de service s’appelait André Gauthier et son accueil fut un peu distant. Il faut dire que cheveux longs, pantalons « pattes d’eph » et blouson de cuir de moto faisaient partie de mon personnage, il est vrai peu engageant. Lui qui était en costume trois pièces, cela devait heurter sa sensibilité…

Je me souviens de cette odeur de vieux lino et de bois ciré du service.
Un petit coup de blues m’envahit soudain et je me demandais ce que je faisais là !
Le sous chef ou chef de file s’appelait aussi M. Gauthier, mais lui c’était Jean. Il portait une blouse bleue marine avec des poches sur les côtés. Sous des abords bourrus, il cachait en fait une âme sensible et un cœur d’or, ce qu’il prouva beaucoup plus tard.
La mission du service :
C'était le suivi des commandes passées par les Collectivités en général. Elles étaient gérées par le service DHC (Département Hôtels Collectivités) et bénéficiaient d’un escompte de 10% sur leurs achats.
Il fallait surtout s’occuper des commandes concernant les marchandises non disponibles qui faisaient alors l’objet d’un « Notage », autrement dit une réservation sur la prochaine livraison fournisseur.
Ce notage était glissé dans un carnet « DHC » puis positionné dans une case en bois selon un certain ordre.
J’étais employé comme « réclamateur » et devais relancer les rayons pour savoir où en était le fameux notage, dans combien de temps la marchandise serait livrée.
Le service s’occupait également des achats effectués par les employés pour les marchandises à livrer. On établissait alors un petit livret bleu (ou vert ??) qui était lui aussi positionné dans une case avant traitement de réclamation.
Ce qui me plaisait, c’était de vagabonder dans le magasin pour aller rencontrer les acheteurs, les chefs de vente, les chefs de rayon, etc…J’en profitai toujours pour passer au rayon Disques pour voir les nouveautés.
Petit à petit je connaissais le magasin par cœur du sous sol au 6 ème étage.
Je connaissais même les différentes parties des sous sols, même « l’église ».
(Didier, Bravo car plus d'un s'y est perdu....)
Je finis par connaître aussi la majeure partie des acteurs du magasin avec qui j’avais instauré une relation de confiance.
Je suis resté 7 années dans ce service qui a subi au fil des ans de profondes modifications pour finalement disparaître.
Plusieurs responsables se sont succédés à la tête du service et j’ai même retravaillé avec certains d’entre eux quelques années plus tard…
La vie du service, les collègues et les anecdotes croustillantes feront l’objet d’un autre article.
Tout comme mon changement de service, c’est une autre histoire.
Finalement, je garde de cette période un souvenir ému et le « casage » restera longtemps dans ma mémoire.
Merci Didier pour cette partie d'Histoire du BHV, un peu sortie de nos esprits et rendez-vous pour la suite dans un prochain article.
Il est vrai que 1970/72 étaient des années encore chouchou.
Les chanson de Claude François : le Lundi au soleil ou il ya du soleil sur la France de Stone et Charden nous laissaient à notre esprit vagabond...
2012 10 31 Monoprix fête ses 80 ans avant son intégration dans Casino
Par Philippe Bertrand | 31/10 | Les échos.fr
Le groupe fondé en 1932 par Max Heilbronn, le gendre du fondateur des Galeries Lafayette, Théophile Bader, célèbre son histoire de pionnier de la distribution française quelques mois avant de changer de propriétaire et de président.
Monoprix a fêté lundi ses quatre-vingts ans. Sans flonflons, mais avec un rappel de la riche histoire de l'enseigne de centre-ville, fort opportun de la part de ses dirigeants et notamment de la part de son directeur général, Stéphane Maquaire (lire ci-dessous). Le réseau de magasins cher aux citadines en général et aux Parisiennes en particulier va en effet connaître dès l'an prochain une profonde rupture avec sa prise de contrôle totale par Casino. Le 29 juin dernier, Philippe Houzé, le président des Galeries Lafayette, et Jean-Charles Naouri, son homologue chez Casino, ont signé un protocole d'accord prévoyant « la cession par Groupe Galeries Lafayette de cette participation d'ici au 30 octobre 2013, au prix de 1,175 milliard d'euros ». Cela marquait la fin d'une querelle assez vive entre les deux actionnaires sur la valorisation de l'entreprise. Le transfert commencera à être, symboliquement, opéré, à la fin de l'année lorsque Jean-Charles Naouri prendra la présidence du conseil de Monoprix.
Si cela fait déjà quinze ans que les 20.000 collaborateurs de l'enseigne travaillent déjà, de près ou de loin, avec leur nouveau propriétaire, qui les a aidés à reprendre le concurrent Prisunic en 1997 et leur a ouvert les portes de sa centrale d'achats alimentaires, ils devront désormais compter avec un groupe qui, contrairement aux Galeries, opère déjà sur le même terrain que le leur : la proximité. Monoprix était le bébé des Galeries et de Philippe Houzé. Il va devenir le cousin des Franprix, Casino Supermarchés et autres Leader Price. Soit plus de 2.000 magasins en partie concurrents, sans compter les 6.000 Petit Casino.
Tout l'enjeu pour les équipes de Monoprix sera de préserver l'héritage et de conserver un concept très spécifique offrant tout sous le même toit en centre-ville, avec une sélection de produits pointue et une forte relation aux clients.
P. B.
Les Chiffres clefs
A partir d'un premier magasin ouvert en 1932, Monoprix est aujourd'hui un groupe de 450 points de vente, à la fin 2011, pour un chiffre d'affaires de 4,1 milliards d'euros et 300 millions de résultat opérationnel. Son parc de magasins se répartit en six enseignes :
-Monoprix, 292
-Monop', 68
-DailyMonop',18
-BeautyMonop', 6
-Monop'Station, 3
-Naturalia, 63
Monique Lahoste : Poésie d'automne.
Les circonstances de la vie n’ont pas permis à Monique de nous écrire pendant quelques mois. Elle nous revient avec ce magnifique poème : Évoquant ici, la fin de l’été, les couleurs de l’automne, s’achevant sur une note de Toussaint.
C’est superbe….. Merci.
Agonie
Le littoral a refoulé ses hordes de touristes,
balayé la plage de ses baraques à frites,
débranché la sono des fêtards éméchés,
rendu la nuit aux riverains côtiers.
A contre-pied s'en va l’été…
Volant d'ultimes coups de chaleur,
Septembre exhale ses senteurs d'automne;
L'été retient son souffle, tremble et frissonne,
jetant çà et là des orages d'humeur.
A contrecœur l'été se meurt...
L'été s'enfonce dans les vagues grises
qui lèchent la plage et agonisent.
Noyé de brumes matinales,
il rampe vers d'autre littoral.
A contre-pas l'été s'en va.
Il va par l'océan porter vers d'autres rives,
la douce tiédeur de la saison tardive,
il va roussir les champs, les feuilles de l'érable
et au pays lointain fleurir l'été indien.
L'été s'efface pour laisser place.
Déjà l'automne a planté ses couleurs,
enchante le promeneur,
la lumière va vers son déclin,
le jour capitule bien avant l'heure
tardant à s'allumer matin.
L'été s'endort, l'été est mort.
Bientôt sera le temps de la nature en pleurs.
Le vent décoiffera les arbres, la pluie fouettera le marcheur,
la campagne offrira son squelette en lambeaux,
il sera temps pour nous de fleurir les tombeaux.
(Septembre 2011)
Mémoire du BHV : BHV & Macy's par Jean Delefosse
Connaître mieux le BHV Paris en le comparant à MACY'S, 3éme lieu le plus visité à New-York. Grace à cette étude intéressante, Jean Delefosse nous permet de visualiser la gestion du GRAND-MAGASIN dans les années 1951-1952.
60 ans,
déjà !...
Licencié en droit, diplômé de Sciences Po, Jean Delefosse entre en 1949 au BHV et fera comme bien d’autres, les différentes étapes évolutives du métier au BHV : Stage, secrétaire de rayon pendant quelques mois, chef de vente avant de finir à la Direction d’Exploitation et prendre sa retraite en 1983. C’est avec plaisir que j’ai pu converser avec Jean.
En 1951, l’opportunité lui est donnée, après avoir réussi et être arrivé premier à un concours d’Etudes commerciales de faire un stage chez Macy's à New-York.
A son retour au BHV au rayon Blanc, Jean Delefosse aura l’occasion de faire paraître
un article dans le journal « Vendre. ». Article intéressant puisqu’il permet de connaître par comparaison, les points communs et les différences entre le BHV et le plus grand magasin du
monde. En voici un extrait.
A Herald Square, au cœur même de Mahattan, Macy’s s’étend sur tout le Block formé par l’intersection de Broadway et de la Cinquième avenue par les 34 et 35e rues. Il dresse la masse de ses bâtiments sur une hauteur qui va de 10 étages dans la partie ancienne à 20 étages dans les additions plus récentes ; trois lignes de métro, quatre d’autobus et la Gare de Pennsylvanie facilitent l’accès du plus grand magasin au Monde.

Nous ne saurions mieux faire pour le situer que de le présenter à l’américaine par quelques chiffres :
Sur une surface de 185 000m² consacrée pour moitié aux services, pour moitié à la vente :
- 180 rayons offrent 400 000 articles à la convoitise
- de 150 000 visiteurs et réalisent environ
- 45 millions de débits annuels représentant pour 1950 :
- 175 millions de dollars (avec la parité du dollar de l’époque : 70 milliards de Francs : 10,7 milliards d’Euros !)
- Il ne faut pas moins de 11 000 employés, montant jusqu’à 21 000 en décembre.
- La circulation est facilitée par 58 escalators….
Avec sa pharmacie, sa banque, son bureau de poste, son restaurant, son bureau de tabac, son théâtre d’enfants, son centre d’enseignement ménager, son standard téléphonique (+ de 30 personnes avec 25 000 communications journalières), c’est une véritable petite ville.
Le rôle de l'acheteur
A…. L’acheteur achète pour un ou plusieurs rayons. Il jouit d’un prestige professionnel et social inconnus en France. Le titre d’acheteur aux USA est aussi envié et respecté que peut l’être en France, un titre de haut fonctionnaire. Le commerce de détail est une science qu’on apprend dans les universités et la plupart des acheteurs ont fait des études supérieures.
Quoi qu’il en soit la place paie.
Les méthodes d’achats ne différent pas sensiblement des nôtres.
Les acheteurs reçoivent périodiquement dans leur bureau du « sample room », une fois tous les quinze jours, tous les huit jours ou même deux fois par semaine s’il est nécessaire et selon la saison et les besoins.
Ils reçoivent aussi quotidiennement les fournisseurs déjà référencés au bureau ou sur le rayon. Bien entendu, ils se déplacent fréquemment.
Tout comme chez nous, ils établissent des prévisions semestrielles et reçoivent des crédits mensuels.
Rappelons que nous sommes en 1951-1952
…. Une particularité notable des méthodes d’achat me parait être la tendance à penser « Prix » plutôt qu’article….
En France, en général, on présente un article dont on discute ensuite le prix. Aux USA le processus est inverse : on fixe un prix et on y inclut un article dont les caractéristiques donneront matière à discussion.
Les prix de vente sont établis par l’acheteur ou ses adjoints dès le passage de l’ordre…
Les articles de nouveauté sont toujours soumis à l’approbation de la « stylist » dont les décisions sont pratiquement sans appel et souvent à celle du bureau des Standards qui contrôle la qualité marchande.
L’acheteur est aidé dans sa tâche par des états quotidiens, analogues aux nôtres quand au chiffre d’affaires réalisé, aux engagements, aux rentrées, etc… Mais aussi par les données quotidiennes du contrôle unitaire des ventes communiquées par le « Merchandise Control » qui assurent l’inventaire permanent du rayon.
Signalons encore, comme signe particulier :
Les nombreuses étiquettes indiquant la composition des tissus. (Inconnu à cette époque en France).
Quant au style de la confection féminine, c’est Paris qui donne le ton, mais le Paris de la Haute Couture.

La New-Yorkaise porte un vêtement proche de la Haute couture. Si malgré tout, la Parisienne demeure souvent plus élégante, c’est bien à sa manière de le porter, plus qu’à son vêtement lui-même…
Merci Jean Delefosse de nous avoir communiqué cette étude, si bien décrite. La conclusion est bien jolie!
Le grand Magasin BHV comme les autres grands magasins de Paris ne pouvaient pas se mesurer au gigantisme New-Yorkais.
2012 10 23 « Nous réinventons le BHV »
Paul Delaoutre, directeur général de la branche grands magasins du groupe Galeries Lafayette, nous présente le futur BHV Rivoli. Et son nouveau nom : BHV Marais.
Le PARISIEN : PROPOS RECUEILLIS PAR ÉRIC LE MITOUARD | Publié le 23.10.2012,
A la tête
des Galeries Lafayette et du BHV depuis septembre 2003, Paul Delaoutre gère deux des grands magasins phares de Paris. Après celui du boulevard Haussmann (IXe), qui a conquis la clientèle
touristique et flirte avec des résultats positifs à deux chiffres, c’est au tour de la rue de Rivoli (IVe) de se transformer.
C’est le grand chambardement au Bazar de l’Hôtel de Ville avec des travaux à tous les étages.
PAUL
DELAOUTRE. On a avec le BHV Rivoli
un lieu mythique, une clientèle très importante qui vient de toute la région pour la décoration et le bricolage. Celle du Marais, aussi, qui répond à chaque nouveauté haut de gamme, que ce
soit pour le BHV homme, la mode femme ou les parfums d’exception… Et il y a la clientèle de bureaux qui y trouve des choses pratiques du quotidien. Tout cela se mélange. Mais on sent un besoin de
renouveau. Notre défi est de cibler les urbains créatifs qui ont envie d’originalité. C’est pour cela que l’on a entrepris de réinventer le BHV.
Cela consiste à répondre aux besoins des bobos? C’est la fin du caractère populaire du BHV?
Si populaire veut dire bas de gamme et ennuyeux, oui, c’est la fin. Si populaire
veut dire ouvert à tous avec de l’authenticité et de la créativité, nous le resterons.
Populaire peut aussi vouloir dire prix bas.
Soyons clairs, le BHV n’a jamais été le Tati du bricolage ou de la décoration. On est déjà sur une offre de qualité, et un service
important qui se paye. Tout en montant en gamme, il n’y a pas de plan pour augmenter les prix. Mais on n’est pas non plus sur une politique de discount.
L’étage bricolage est-il menacé?
C’est l’âme du BHV. Il y a trois ans, il a été refait sans que cela se remarque. Nous venons d’y descendre la peinture (qui était
jusqu’à maintenant à l’étage décoration) et, depuis, nous faisons + 20% de ventes.
L’âme du BHV, c’est aussi son nom. Vous allez le changer?
Je vous rassure, le BHV s’appellera toujours BHV. Mais il y aura une évolution. Aujourd’hui, on l’appelle le BHV
Rivoli, notre objectif est de nous tourner davantage vers le Marais. Le nom de « BHV Marais » sera donc plus approprié. Il entrera en vigueur en septembre 2013.
A quel rythme avancez-vous?
Pour pouvoir refaire entièrement le magasin, nous devons libérer des surfaces pour les travaux tout en continuant à rester ouverts. Pendant un an
et demi, il y aura ainsi constamment 10% du lieu fermé.
Quel sera le style du BHV Marais?
On ne crée pas un musée du haut de gamme. Cela ne va pas devenir 100% mode. La diversité reste très importante. On joue la différence. Dans
le magasin principal, nous allons nous approcher du style du BHV homme : il y aura une ambiance loft. Ce sera un magasin où l’on s’étonne. Le bricolage restera au sous-sol. Au rez-de-chaussée et
au premier étage, il va y avoir la mode et la chaussure (sur 600 m2), une nouveauté au BHV. Au deuxième étage, le loisir et la culture. Nous allons organiser ces trois étages en boutique avec un
concept de balades dans le Marais. On y introduit l’idée de rues avec des grandes dalles de granit au sol autour de boutiques. Nous gardons aussi les poutres métalliques d’origine. Au troisième
nous allons créer la grande cuisine : nous souhaitons devenir une référence mondiale sur 4200 m2, avec une école de cuisine et une épicerie. Au quatrième la décoration, au cinquième le jouet.
Enfin, au sixième, on crée l’espace du bien-dormir.
La ménagère retrouvera-t-elle ses produits d’entretien au BHV?
Le client qui cherche des produits qui sortent de l’ordinaire y trouvera son compte. Mais notre vocation n’est
pas d’être un Franprix ou un Castorama. Nous allons dépenser 35 M€ d’aménagement. Notre projet est tout simplement de créer un nouveau grand magasin pour les Parisiens.
Le Parisien
Critique Littéraire ...l'affaire d'Antoine Eminian
Antoine Eminian nous a déjà proposé une douzaine de critiques de livres pour Rezo-Bazar, en abordant différents genres littéraires : le thriller avec « Avant d’aller dormir » de S.J.Watson, les voyages et explorations avec « Dictionnaire amoureux des explorateurs » de Michel Le Bris ou bien plus simplement les romans avec des auteurs aussi variés que Philip Roth, Jim Harrison, Jules Romains ou Christine Orban et j’en passe. Une courte interview s’imposait.

Antoine, je devine que tu dois beaucoup lire et depuis longtemps ?
C’est exact, encore que ce soit relatif, mais disons que je lis un bouquin par semaine. Tout petit, comme Obélix tombé dans la marmite de potion magique, moi je suis tombé dans les livres et je ne m’en suis jamais remis.
Et, si on se souvient qu’à l’époque de mon enfance (je suis né en 1952) la télévision n’est arrivée dans nos foyers qu’après que je sache lire, tout devient évident. Enfant, les livres m’ouvraient les portes du monde et qui aurait eu envie de les refermer ?
As-tu des genres littéraires préférés ?
En fait, ça dépend des époques. Aux différents âges de la vie nos intérêts évoluent et nos goûts changent, c’est aussi valable pour le choix de mes lectures. Pour faire court, disons que dans ma bibliothèque (j’ai dépassé les deux milles livres cette année) tu trouveras aussi bien tous les Harry Potter (si ! si !) que le marquis de Sade ; Raymond Chandler et Balzac, le Livre des Morts Tibétains et tous les Tintin, l’Histoire de France de Michelet et des bouquins du philosophe Michel Foucault, les romans d’Umberto Eco ou de Stephen King. Beaucoup de romanciers américains de Caldwell à Jim Harrison. Tous les genres pour tous les goûts.
Aujourd’hui, après avoir butiné à droite et à gauche, j’en reviens aux classiques et je me délecte particulièrement des écrivains ayant du style, Balzac, Proust, le XIXe siècle en général. Lire un texte bien écrit qui roule en bouche ou distille une petite musique muette, c’est pour moi le comble du bonheur.
Les critiques de livres parues dans Rézo-Bazar ont-elles été écrites spécialement pour nous ?
J’avouerai que non. En fait depuis cinq ans à peu près, j’ai découvert le plaisir d’écrire des critiques des livres que j’avais lus. Ca a redoublé mon plaisir de lire, car maintenant je lis en pensant à ma future critique, crayon en main je prends des notes au fur et à mesure que je lis un ouvrage. J’ai commencé par les placer chez Amazon qui en contrepartie me file régulièrement des bouquins gratuitement et un autre site sur Internet qui m’a contacté, en fait autant contre un article chez eux aussi. Du coup j’ai décidé de me lancer dans le grand bain.
C'est-à-dire ?
Je viens de créer un blog entièrement dédié aux livres. J’y ai placé toutes mes critiques (245 à ce jour) et il y en aura une nouvelle chaque semaine. J’ai prévu aussi d’écrire quelques textes liés aux livres (mon avis sur les liseuses électroniques, par exemple). Il y a aussi un « Top » de mes derniers coups de cœur de lectures. Dingue de lectures et de livres, j’espère faire partager ma passion aux autres. Car n’oubliez jamais cette vérité, « on n’est jamais seul avec un livre ».
Antoine, tu nous en as trop dit ou pas assez, où peut-on trouver ton blog ?
Il s’appelle LE BOUQUINEUR et il se trouve à cette adresse http://lebouquineur.hautetfort.com/
Alors, maintenant, Antoine a besoin de vous.
Afin de créer un frémissement sur la Toile et faire repérer ce blog par Google et les autres moteurs de recherches, pouvez-vous aller y jeter un œil pour en lire quelques pages et éventuellement le faire connaître autour de vous…
Il vous en remercie par avance.
On y va de suite !
http://lebouquineur.hautetfort.com/